28.02.2008
DAVID SAREL DÉNONCE L’ARNAQUE
DOCU-FICTION
Les escrocs ne manquent décidément pas d’imagination.
L’avocat-pilote David Sarel vient de rendre un grand service à un de ses clients, Rick Ducellier. Sans une conversation anodine intervenue à la fin d’un rendez-vous professionnel aux bureaux parisiens du Cabinet d’avocats Trélor – Sarel – Larivière et associés hier matin, le frère cadet de la célèbre championne de tennis perdait sa voiture.
Rick a eu de la chance. Il n’était pas venu voir son avocat pour évoquer les modalités de vente de sa voiture, mais afin de travailler sur des opérations relatives à la chaîne de clubs de sport qu’il a créée avec sa sœur.
- Ça y est, j’ai vendu mon cabrio Vivia 3000 S, lança-t-il à David juste avant de prendre congé. Il était temps. Mon 4x4 Vivia Aventura est arrivé. J’en prend livraison cet après-midi. J’ai vendu le cabrio 3000 € de plus que la reprise que j’avais négociée avec le concessionnaire si je ne parvenais pas à le vendre moi-même. Tu vas rire, mon cabrio part à Abidjan. Toi qui es l’avocat des Automobiles Vivia, tu devrais les encourager à installer plus de concessionnaires là-bas. J’ai reçu six propositions venant de Côte d’Ivoire à la suite d’une annonce que j’avais passée sur internet.
- Tu as encore ton cabrio ? interrogea David.
- Oui, un agent mandaté par mon acheteur ivoirien vient la prendre demain. Il l’amène au Havre et elle va partir en Afrique par bateau d’après ce que j’ai compris. Ils sont réglo. J’ai déjà été payé.
- Comment ? s’inquiéta David.
- Par virement. Ils m’ont demandé mes coordonnées bancaires. J’étais un peu inquiet. Mais j’ai vérifié sur mon compte ce matin avant de venir te voir ; les 32.000 € ont bien été crédités.
- Par virement ou par chèque ?
- Ben, par virement je pense. Moi, j’ai consulté mon compte par téléphone. J’ai juste entendu qu’il y avait un crédit de 32.000 € arrivé sur mon compte hier.
- Je vois. Je vais t’expliquer ce qu’ils ont fait. Surtout, tu ne leur donnes pas la voiture. Tu es victime d’un mécanisme d’escroquerie pour lequel plus de 1.500 plaintes ont déjà été déposées ces dernières semaines. Ils n’ont pas effectué de virement sur ton compte. Ils ont déposé un chèque.
- Chèque, virement, du moment que je sois payé, ça m’est un peu égal.
- Sauf que le chèque a été volé et qu’il va être contre-passé dans deux ou trois jours. Contre-passé, ça veut dire débité si tu préfères. En fait, les escrocs opèrent avec des chéquiers volés. Tes coordonnées bancaires leur ont permis de savoir dans quelle banque et sur quel compte déposer le chèque. Dans un premier temps, ta banque l’a crédité. Toi, en contrôlant ton compte par téléphone, tu as juste entendu parmi tes opérations du 26 février « un crédit de 32.000 € ». Mais quand le fameux chèque volé va être présenté à la banque du vrai propriétaire du chéquier, il va être boulé avec la mention « opposition, chèque volé ». Quand l’info va remonter à ta banque, elle va annuler le crédit de 32.000 €. Mais ta voiture sera partie dans la nature, sans doute sur un cargo qui aura déjà quitté les eaux territoriales, et tu ne la reverras jamais. Donc, sauf si tu tiens à offrir ton cabrio à une bande f’escrocs, tu la vends 29.000 € au concessionnaire Vivia, et tu préviens la police qui arrêtera le prétendu agent mandataire quand il viendra prendre livraison de ton cabriolet. Bon, avant tu vas voir ta banque et tu vérifies l’origine de la remise.
Vérification faite, le crédit provenait bien d’un chèque volé. Sur les conseils de David, Rick a prévenu la police. Mais aucun agent mandaté ne se présenta au rendez-vous de livraison du véhicule fixé ce matin à Neuilly sur le parking d’un des clubs de sport de Rick et Caroline. Le mandataire sentit-il le piège ? Est-il en fuite ? A-t-il déjà été interpellé dans une autre affaire ? Rick et David ne le sauront sans doute jamais.
Rick a communiqué à David le premier message reçu de son acheteur :
"Bonjour Mr ou Mme
Je suis Monsieur XXXXXXXXX Directeur d'une société de ventes et locations de véhicules d'occasion ( AUTO XXXX ).
Nous achetons des véhicules haut de gamme dans le monde. Suite à d’énormes recherches sur Internet, je suis tombé sur votre véhicule qui m'intéresse et donc je voudrais vous l'acheter pour approvisionnement de mon parc sis à Abidjan.
Pour cela, je voudrais plus de renseignements sur votre véhicule, des photos et savoir aussi
si votre prix de 32.000 € est à débattre.
Ce qui est de ma part, c'est de vous informer que je règle mes factures par VIREMENT BANCAIRE. A savoir si cela vous convient.
J'ai voyagé beaucoup à travers le monde et cela ma permis de me faire des contacts , donc pour ce qui est du transfert de la voiture ne vous inquiètez pas. Je le prends à ma charge, car j'ai des connaissances dans le milieu du transite.
Alors après, le crédit de vos fonds je vous communiquerai le nom de l’agent que je mandate et qui viendra chercher la voiture.
Faites moi savoir si votre véhicule est disponible immédiatement.
JE VOUS ASSURE UNE COLLABORATION SINCERE ET FRUCTUEUSE.
JE RESTE A VOTRE DISPOSITION POUR D'EVENTUELLES INFORMATIONS.
RECEVEZ MES SALUTATIONS LES PLUS DISTINGUEES
DIRECTEUR DES VENTES
Mr XXXXXXXXX"
Rick avait envoyé des photos de son cabriolet par mail et indiqué que le prix n’était pas à débattre.
L’autre avait accepté de payer les 32.000 €, un prix légèrement supérieur à la côte du véhicule. Mais pourquoi discuter quand on paye avec un chéquier volé ?
Sans les conseils de David, l’arnaque était tout près de réussir.

- J’ai d’autres messages dans le même style, rappela Rick à David.
- Et bien nous allons nous amuser un peu, plaisanta David. Voici ce que tu vas répondre à ces bandits :
"Monsieur,
C'est avec le plus grand intérêt que j'ai pris connaissance de votre message.
C'est fou comme ce cabriolet Vivia 3000 S intéresse les Ivoiriens.
De quoi conseiller au groupe Vivia d'intensifier son implantation dans la région. Le marché semble en effet particulièrement porteur pour ses modèles.
Mais voilà. Une chaîne de télévision française vient de dévoiler un processus d'arnaque émanant de certains réseaux constitués par des Ivoiriens. La méthode ressemble beaucoup à ce que vous proposez. Bien sûr, vous ne faites sûrement pas partie d'une telle association de malfaiteurs. Mais dans le contexte actuel de l’ère suspicieuse, vous comprendrez que je refuse votre généreuse proposition.
Salutations distinguées. "
Tout à l’heure, Rick a adressé un mail à David.
- J’ai bien expédié le message à tous les auteurs de propositions douteuses. Un d’eux m’a répondu. Je te mets le texte en pièce jointe …
TEXTE DE LA PIÈCE JOINTE :
"Tu es un malin toi. J’aimerais bien discuter avec toi, mais pas dans ton pays parce que je voudrais pas que tu préviennes les policiers de chez toi pour qu’ils m’attrapent et me mettent en prison.
Amicalement quand même
XXXXX"
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Le monde de l’automobile offre parfois des scénarios pleins de suspense. Les enjeux financiers y jouent un rôle considérable.
Vous souhaitez les retrouver dans des fictions ?
C’est possible, découvrez les nouvelles et romans rédigés par Thierry Le Bras qui mettent en scène l’avocat –pilote David Sarel :
- des nouvelles (fictions courtes) sont en ligne dans les archives de ce blog ;
- les romans, pour l’instant « Circuit mortel à Lohéac », « Faits d’enfer à Carnac » et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » ont été édités par les Éditions Astoure (diffusées par Breizh).
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25.02.2008
DESCENTE AUX ARCHIVES (3)

Le contenu mis en ligne sur CIRCUIT MORTEL comporte des textes et photos variés autour de la passion de la course automobile
Grand passionné de course automobile depuis toujours, j’ai ouvert ce blog en janvier 2006 ; pour faire connaissance avec moi, cliquez sur :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/06/01/th...
J’ai d’abord évoqué un personnage récurrent de mes romans, David Sarel. D’où le titre du blog issu de celui du premier livre de la série, CIRCUIT MORTEL à Lohéac. David est un gentleman driver. Durant la semaine, il exerce la profession d’avocat. Le week-end venu, il troque sa robe de plaideur pour défendre la cause du Team Vivia sur les circuits, notamment les épreuves du championnat LMS.
Le blog contient des nouvelles (au sens littéraire du terme) mettant David et ses proches en scène. Souvent dans le cadre de la course auto, par exemple :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/04/12/da...
Certaines notes contiennent un lien qui renvoie vers des textes mis en ligne sur FANATIC F1, par exemple :
* David Sarel et les affaires de diamants :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/05/25/af...
* David Sarel chez les people :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/05/20/david-sarel-chez-les-people.html
Parfois aussi, David apparaît dans le cadre de sa lutte contre sa pire ennemie, surnommée la morue, en réalité une vulgaire prostituée sans classe et sans scrupules, une « morue couche-toi là », qui ensorcela son père et mit la main sur sa fortune après l’avoir séparé de tous ses proches et sans doute achevé sur son lit de souffrance :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/02/05/da...
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/01/22/re...
Outre les Aventures de David Sarel, j’ai créé un autre univers de fiction. Les scénarii se déroulent durant la période un peu folle et pleine d’enthousiasme des sixties. Le premier roman avec ces personnages sortira bientôt. En attendant, vous pouvez faire connaissance avec Philippe Georjan et Xavier Ferrant, les principaux héros de ces histoires, par exemple en cliquant sur :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/11/05/ic...
Mais CIRCUIT MORTEL évoque aussi des pilotes réels, surtout ceux qu’apprécie son auteur, des pilotes de tous âges, issus de toutes les disciplines, de toutes les époques, par exemple :
Bastien Brière :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/05/18/ba...
Julien Mouthon :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/12/index...
Stéphane Dréan (cf. l'avant-dernière note)
Nico Rosberg :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/11/27/ni...

Caty Caly : http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/09/06/ca...
Loïc Duval :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/02/06/lo...
Je reparlerai très bientôt de lui, sur ce blog et sur FANATIC F1
Olivier Panis :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/12/17/ol...
Mathieu Zangarelli :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/12/26/co...
Didier Pironi :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/12/19/di...
Kimi Räikkönen :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/10/22/ki...
Sébastien Loeb :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/01/28/s...
d’autres encore,
Et très bientôt Beppe Gabbiani.
La descente aux archives, ce n’est pas la descente aux enfers. Au contraire, c’est une balade dans le passé et le présent de la course automobile, du rallycross à la F1 en passant par la course de côte, le rallye, l’endurance… Sans oublier de courtes fictions dans l’univers des sixties et celui des seventies.
Alors, surfez sans modération sur CIRCUIT MORTEL, le blog des atmosphères réelles et des fictions pleines de suspense dans le monde fabuleux de la course automobile ! C’est gratuit et il n’existe aucune contre-indication médicale.
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23.02.2008
LOÏC DUVAL PLAIDE LA CAUSE DE LA FRANCE A DURBAN
Grâce à la compréhension de son équipe japonaise, Loïc s’aligne une nouvelle fois aux commandes de la voiture française ce week-end en A1 GP.
« Nous arrivons à Durban avec une motivation décuplée car nous pouvons passer en tête du championnat dès ce week-end, annonce Olivier Panis. Pour atteindre cet objectif, nous pourrons compter sur trois pilotes déterminés. Je tiens d’ailleurs à remercier l’équipe Nakajima Racing d’avoir permis à Loïc de nous rejoindre ce week-end. Merci également aux organisateurs de A1GP, qui l’ont autorisé à ne prendre le volant qu’à partir de samedi. Sur ce circuit très sélectif, notre ambition sera de ne commettre aucune erreur, de maximiser notre temps de roulage et de progresser pas à pas. Podium et victoire font, bien sûr, partie de nos objectifs ce week-end. »
Nicolas Prost et Jonathan Cochet se sont chargés des essais du vendredi. Loïc prend la suite.
« J’ai fait le maximum pour participer à cette course, et là je vais arriver à la limite pour monter dans la voiture, prévoyait-il. Durban est un circuit que j’ai découvert l’an dernier et que j’affectionne particulièrement. »
Durban est un circuit en ville. Loïc Duval s’est toujours montré à son avantage sur de tels tracés. Alors, nous y croyons très, très fort !!!
16:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.02.2008
LE TEAM HERVIEUX FOURBIT SON ARME

Après la Clio Maxi en D4, Stéphane Dréan pilotera bientôt cette superbe Clio RENAULT Sport V6 3,5 – 4 RM en Rallycross
« Quelques photos de notre future Clio réalisées le 18 février 2008 chez Gabriel Montagner », annonce Stéphane
« On peut voir que quand tout est à l'intérieur, il n'y a rien de trop, mais ça passe !!! », poursuit le pilote.
Bientôt d’autres nouvelles de la bête, de son pilote et de son team !
Vous pouvez retrouver Stéphane Dréan, Denis Vaillant et tout le Team Hervieux sur :
http://sdsport.free.fr/
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18:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.02.2008
NICO ROSBERG EN POLE
Le pilote Williams a réalisé le meilleur temps des tests hier à Barcelone
Certes, il ne s’agit que d’une séance d’essais. Durant ces tests, les écuries n’adoptent pas toutes la même configuration. Chacune travaille selon un programme qui lui est propre. Ferrari et McLaren étaient absents. Mais il est tout de même encourageant pour un team et un pilote de s’installer au haut de la feuille des temps.
Or hier, Nico a réalisé un excellent 1’30’’675. La première Red Bull signa un temps de 1’32’’599, la première Renault 1’32’’820, et la meilleure Toyota 1’33’’283.
La première victoire de Nico en Grand-Prix dès 2008 ? Pourquoi pas ? Je l’ai imaginé sur ce blog en tout cas :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/01/07/co...
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La F1 nous offre parfois des scénarios pleins de suspense. Les enjeux financiers comme les stratégies d’investissement les plus sauvages y jouent un rôle considérable.
Vous aimez les émotions que procure la course automobile et vous souhaitez les retrouver dans des fictions ? C’est possible, découvrez les nouvelles et romans rédigés par Thierry Le Bras qui mettent en scène l’avocat –pilote David Sarel :
- des nouvelles (fictions courtes) sont en ligne dans les archives de ce blog ;
- les romans, pour l’instant « Circuit mortel à Lohéac », « Faits d’enfer à Carnac » et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » ont été édités par les Éditions Astoure (diffusées par Breizh).
14:40 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
19.02.2008
LE SPORT AUTOMOBILE CONTRE LE RACISME

Lewis Hamilton a été victime d’injures racistes lors des essais privés à Barcelone
Les pilotes de F1 sont des stars. Leurs fans se passionnent pour leurs exploits. Certains d’identifient à eux. Mais lorsque des supporters vivent leur amour de l’idole comme un phénomène religieux, attention aux dérives et aux excès. Les religions souffrent des extrémistes. Le sport aussi. Et le fanatisme risque de les conduire non seulement à bâtir des cathédrales au « dieu » vénéré, mais aussi à brûler ceux qui, à leur sens, lui portent ombrage.
C’est ce qui s’est passé à Barcelone. Loin de moi l’idée de vilipender le public espagnol. Il se conduit généralement de manière très courtoise. Jamais par exemple les supporters de Rafaël Nadal ne se sont montrés irrespectueux, même lorsque leur joueur préféré était en difficulté. Roger Federer peut venir jouer en Espagne, il sera bien accueilli. Rafa, authentique seigneur du sport, donne d'ailleurs l’exemple à ses supporters en affirmant sa sympathie et son estime pour son plus redoutable rival et en se comportant en toutes circonstances en gentleman.
Sur le circuit de Barcelone, certains prétendus amateurs de F1 ont laissé transpirer leur haine du rival. Ils l’ont exprimée de la manière la plus basse qui soit, l’arme des imbéciles, le racisme.
Les stades de foot subissent trop souvent cette abomination. Jusqu’à présent, le sport automobile y avait échappé. Lewis est, il est vrai, le premier homme de couleur à courir en F1. En plus, il s ‘affirme d’entrée parmi les meilleurs de la discipline reine au point de se battre dès sa première saison pour le titre. De quoi ennuyer certains bien sûr. Ceux-là doivent enrager cette année en voyant une femme (Hillary Clinton) et un autre homme de couleur (Barack Obama) en position d’accéder à la présidence des Etats-Unis. Qu’ils ne déversent pas pour autant leur illégitime et stupide colère sur les stades ni sur les circuits, ni ailleurs ! A défaut de comprendre que le monde change, qu’ils réfrènent au moins leurs bas instincts.
La haine, un sentiment que décrivit fort justement Michel Sardou dans une chanson poignante :
Elle a la gueule d'un centurion,
Les yeux d'Hitler ou d'Attila,
Le masque de la religion,
Le sourire de Caligula.
Elle peut sortir d'une voiture,
Le poing levé sur la fureur,
Vomissant des torrents d'injures
En arborant le bras d'honneur.
Elle a le rictus de la hyène,
La haine, la haine, la haine.
Fille bâtarde de l'amour,
De la peur, de la jalousie,
Elle a engendré à son tour
La torture et la calomnie,
La haine.
Elle met des cagoules qui font peur,
La djellaba du black mosslem,
La haine, la haine.
Pas très belles les manifestations de la haine !
Malgré l’indifférence d’une partie de la presse (une observatrice obsédée par un autre pilote ne vit qu’un seul « agitateur » et s’amusa « des banderoles caustiques et teintées d’humour s’attaquant à McLaren et Hamilton »…), malgré le peu d’intérêt de Bernie Ecclestone, la FIA réagit.
Max Mosley fut avocat avant de se consacrer à d’autres fonctions. Le respect de l’être humain est sans doute plus cher à son cœur qu’à celui du grand argentier de la Formule 1.
La FIA lancera donc le 27 avril prochain, lors du Grand-Prix d’Espagne, une campagne « Racing Against Racism », Courir Contre le Racisme.
« La F1 est un sport global et multiculturel qui n’a jamais jusqu’alors rencontré ce type de problème, a annoncé un de ses porte-parole. Et la FIA ne le tolérera plus dans le futur. Nous encourageons tous ceux qui voudront soutenir notre campagne depuis les récents champions du monde jusqu’aux jeunes espoirs. »
Souhaitons en effet qu’aucun incident comparable à ceux de Barcelone ne se produise plus. A défaut, une solution existe, comme en football. Le retrait de points au concurrent dont les adorateurs dérapent et à son écurie.
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Compte tenu de la gravité du sujet, je ne terminerai pas cette note par un renvoi vers des sites et magazines que j’aime.
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18.02.2008
DIDIER PIRONI : des sites et des livres qui parlent de lui

Vous voulez en savoir plus sur Didier ? Les liens et livres ci-dessous répondront à vos attentes.
LES LIENS TOUT D'ABORD :

Didier Pironi, le petit prince de la vitesse, le site de Jan Möller, très intéressant, très complet, très bien illustré :
http://www.didierpironi.net/index2.htm
Sur MDS, un échange très intéressant sur Didier sous un texte consacré à José Dolhem. Cet échange est notamment animé par Gilles Gaignault qui connut très bien Didier et recueillit donc de nombreuses informations le concernant en direct :
http://memoiresdestands.hautetfort.com/archive/2005/10/18...
Un article évoquant les participations de Didier Pironi aux 24 Heures du Mans 1976 et 1980 :
http://www.leblogauto.com/2007/01/didier-pironi-gt-et-sev...
LES LIVRES ENSUITE :

Didier, Dreams and Nightmares,
Par Jan Möller
Éditions Mercian
(cet ouvrage est écrit en langue anglaise – il est disponible en France à la Librairie du Palmier)

Didier Pironi, la Flèche brisée
Par Martine Camus
Éditions du Palmier
Un excellent travail, très complet, bien illustré, avec de nombreuses anecdotes racontées par des pilotes qui côtoyèrent le champion.

Lettre à Didier
Par Catherine Goux
Éditions Filipacchi
Catherine Goux fut la dernière compagne de Didier. Elle est la mère de ses deux jumeaux, Didier-Gilles et Gilles-Didier qui naquirent après la disparition de Didier. Catherine Goux évoque de façon très émouvante dans ce récit sa vie avec Didier Pironi. Attention toutefois, comme le précise le site de La Librairie du Palmier, cet ouvrage ne traite pas de la carrière en F1 du champion français.

Memphis Blues
Par Patrick Mahé
Éditions Albin Michel
(pour lire la présentation de roman dans lequel apparaissent des personnages inspirés par Catherine Goux et Didier Pironi, rendez-vous sur :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/11/28/di... )
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16.02.2008
DIDIER PIRONI, ALAIN COLAS, DEUX TRAJECTOIRES PARALLÈLES (IV)

Didier Pironi et Alain Colas, deux champions qui, à la réflexion, possèdent de nombreux points communs et connurent des trajectoires parallèles.
Et pas seulement la notion de pilotage applicable tant aux monoplaces qu’aux voiliers de course, comme le fait observer Laurent Bourgnon qui, comme ses confrères, qualifie les multicoques de F1 des mers !
RENDEZ-VOUS AVEC LA MORT
Alain Colas et Didier Pironi étaient tous deux arrivés au sommet de leurs disciplines lorsque l'accident les frappa. A force de volonté, ils semblent vaincre le destin et gagner leur pari, redevenir des sportifs d'exception. Mais le sort s’acharne.
En 1976, Michel Etevenon, passionné de voile, mais aussi homme de communication et de spectacle, émet l'idée d'organiser une course transatlantique en solitaire française. Elle partira de Saint-Malo et suivra la route empruntée à partir du milieu du XVIIe siècle par les négriers qui acheminaient des esclaves jusqu'aux Antilles. Cette course sera un évènement médiatique considérable. Alain y engage son fidèle Manureva. Après dix jours de course, il est en tête et peut logiquement espérer gagner car les vents jusqu'à l'arrivée seront portants et favoriseront son trimaran par rapport à ses poursuivants les plus dangereux qui sont des monocoques. Mais le 17 novembre, sa radio reste désespérément muette. « Où es-tu Manureva » ? des paroles de Serges Gainsbourg qu’interprétera magnifiquement Alain Chamfort. « Où es-tu Manu Manuréva ? Bateau fantôme, toi qui rêvas des îles et qui jamais n'arriva Là-bas. » Personne ne le saura jamais. Le trimaran fut-il éperonné par un cargo ? Se disloqua-t-il dans la tempête ? Entra-t-il en collision avec un orque ? Ce qui est certain, c’est qu'un grand navigateur a trouvé la mort tragiquement.
LA MER EST IMPITOYABLE
Ma chanson préférée ? « J’ai fait l’amour avec la mer », répond Didier Pironi à Jacques Chancel lors d’une Radioscopie sur France Inter au printemps 1982. A cette époque, il est vrai, Didier partage la vie de Véronique Jannot. La chanteuse a écrit les paroles. Pierre Bachelet a composé la musique.
Mais la mer, c’est aussi la guerre. Rage sauvage, lames sournoises, Neptune et Éole affûtent les armes qui tueront les audacieux qui osent les défier. Jalousent-ils leur gloire et les considèrent-ils comme des rivaux ? Possible, probable même à l’examen de la longue liste de leurs victimes.
En août 1987, Didier Pironi va redevenir pilote de Formule 1 après cinq ans d’un terrible combat. La mer s’y oppose. Elle guette son moindre faux-pas. Elle ne l’épargnera pas
Les amis de Bernard Giroux présents à la course de Poole, au large de l'île de Wight en Angleterre, trouvent le journaliste mal à l'aise avant le départ. Pourtant, la course semble débuter sous les meilleurs auspices. Un moment menacé par un concurrent italien, le Colibri se détache au virement d'une bouée. Il est capable d'atteindre 190 kilomètres heure dans des conditions favorables. A une telle vitesse sur l'eau, tout peut arriver. Quelques dizaines de mètres devant le bolide apparaissent deux vagues laissées par le sillage d'un cargo. Didier Pironi ne ralentit pas sa course. Il bondit sur la première vague, aborde la seconde, saute en l'air … se retourne et retombe à l'envers. Didier Pironi et ses équipiers, Jean-Claude Guénard et Bernard Giroux, sont tués sur le coup.
A quelques années d'intervalle, deux champions ont trouvé la mort en mer dans l'exercice de leur passion. Par leur gentillesse naturelle et la façon de parler de leurs sports, ils avaient su communiquer à un grand nombre de personnes l'amour de la Formule 1, de la voile et de l'Off-Shore.
Ils étaient tous deux parfaitement conscients des risques qu'ils encouraient. Plus sans doute que leurs concurrents en raison des épreuves qu'ils avaient déjà traversées.
De la mort, Didier Pironi dit: : "elle est omniprésente entre mes parents et moi autour de la table ; nous n'en parlons jamais. Ils ont très bien compris que j'étais heureux de ma vie et n'ont rien fait pour l'entraver. Ils savent que mes passions sont un accomplissement merveilleux. Atteindre ses limites, oui, c'est merveilleux. L'unique chose qui me choque profondément en imaginant la mort, c'est le fait de manquer à quelqu'un, de ne plus être auprès de mes proches, de les rendre tristes".
Quelques jours avant le départ de la Route du Rhum, Alain Colas répond à un journaliste : "on assume sa part de risque quand on part au large On embarque un certain nombre d'équipements de sécurité précisément parce que l'on a envisagé à tête reposée le genre de dangers qu'on peut rencontrer. On a donc le sentiment de côtoyer un certain nombre de dangers réels. Mais on les assume fort bien et je crois que c'est cette capacité à assumer qui fait la dignité de l'homme".
La mort affiche parfois cruellement le prix de la passion.
Teura, la femme d’Alain Colas, lui avait donné trois enfants. Catherine Goux, la compagne de Didier Pironi, était enceinte des jumeaux qui ne connaîtraient jamais leur père. Les médias couvrent les accidents pendant quelques jours, puis l’actualité reprend ses droits. D’autres stars, d’autres drames focalisent l’attention. La vie se monte impitoyable. Le public oublie très vite. Pourtant, au-delà de l’événement médiatique, il reste des familles qui souffrent. Difficile de combler le vide laissé par les disparus. Je ne crois pas que la célébrité calme la douleur. Didier et Alain étaient des compagnons, des fils, des frères, des pères (ou futur père), des hommes de qualité qui aimaient leurs proches et que leurs proches aimaient. Ceux qui ont suivi leurs carrières, qui se sont réjouis de leurs performances, qui ont pensé à eux et à leurs familles dans les moments difficiles, ne les oublient pas.
Thierry Le Bras
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Pour des informations complètes sur Didier, rendez-vous sur :

Didier Pironi, le petit prince de la vitesse, le site de Jan Möller, très intéressant, très complet, très bien illustré :
http://www.didierpironi.net/index2.htm
Je signale dès à présent que Jan est aussi l’auteur d’un ouvrage de référence sur Didier :
Didier, Dreams and NightmaresÉditions Mercian
(cet ouvrage est écrit en langue anglaise – il est disponible en France à la Librairie du Palmier)
Je mettrai en ligne la semaine prochaine une bibliographie complète concernant Didier.
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Les fictions dans l’univers à la fois passionnant et cruel du sport automobile vous passionnent ? Retrouvez les dans les romans de Thierry Le Bras qui racontent les aventures de l’avocat-pilote David Sarel. Didier Pironi est cité dans les deux ouvrages dont les références suivent car il représente pour le personnage principal une référence et un modèle à suivre :
« Circuit mortel à Lohéac » et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » sont publiés aux Éditions Astoure (diffusées par Breizh).
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14.02.2008
DIDIER PIRONI, ALAIN COLAS, DEUX TRAJECTOIRES PARALLÈLES (III)

Didier Pironi et Alain Colas, deux champions qui, à la réflexion, possèdent de nombreux points communs et connurent des trajectoires parallèles.
Et pas seulement la notion de pilotage applicable tant aux monoplaces qu’aux voiliers de course, comme le fait observer Laurent Bourgnon qui, comme ses confrères, qualifie les multicoques de F1 des mers !
LA FORCE DE LA VOLONTÉ
Didier Pironi et Alain Colas vont se battre. Ils portent en eux de grands projets auxquels ils ne renonceront jamais.
Hospitalisé au C.H.U. de Nantes, Alain Colas subit une opération chirurgicale de 7 heures. A peine sorti de l'anesthésie, il déclare à son frère Jeff et à leurs proches: "Je vais expliquer ce qui est arrivé. Après, on ne parlera plus de l'accident. Dans un an, c'est le départ de la Transat et j'y serai avec le grand bateau. Une seule chose compte, réaliser ce projet". Il transforme sa chambre d'hôpital en bureau et s'efforce de ne rien laisser paraître qui puisse trahir la gravité de son état. Ses partenaires lui conservent toute leur confiance.
Alain sera bien au départ de la Transat 1976.. Il vit une course terrible, car les concurrents essuient 5 fortes dépressions consécutives si fortes qu’Éric Tabarly fait demi-tour, avant de décider quelques heures plus tard de reprendre la route de Newport. Le pied blessé d’Alain le fait horriblement souffrir. A quelques centaines de milles de Newport, il est en tête, mais il ne le sait pas. Il capte un message radio erroné sur la position de Tabarly et, se croyant vaincu, fait escale 36 heures à Terre-Neuve pour remplacer les voiles. Malgré le temps perdu, il franchit la ligne d'arrivée seulement 7 heures 28 minutes derrière le vainqueur. Le retour était presque gagnant.
Après son terrible accident, Didier Pironi manifeste le même acharnement à réaliser son projet, redevenir pilote de Formule 1. Ses blessures sont encore plus graves que celles d'Alain Colas. Leur guérison demandera donc plus de temps. Après les premiers soins à l’hôpital d'Heidelberg, il est soigné par le professeur Letournel dont il devient un ami. Il subit 35 interventions chirurgicales, 6 greffes osseuses, et passe plus de 100 nuits à l'hôpital. Le traitement de sa jambe droite, la plus touchée, s'échelonnera sur une durée de 4 ans.
Il ne renoncera jamais à l'intention de revenir en Formule 1 dans une écurie de pointe. Dès qu'il peut marcher, il commande à Tico Martini un pédalier de monoplace dans le but de s'entraîner aux mouvements qu'un pilote doit accomplir. A plusieurs reprises, il s'essaye secrètement au pilotage de monoplaces. Ce sera d'abord au volant de voitures appartenant à un collectionneur, avant de piloter une A.G.S. au Castellet en août 1986 et une Ligier à Dijon en septembre de la même année. « Il avait conservé sa vision de pilote d'exception », témoigne Gérard Larrousse. De sérieux contacts seront engagés avec l'écurie McLaren pour la saison 1987. Ils n'aboutiront pas, pour des motifs étrangers à la volonté des principaux contractants. Des raisons qui s’appellent le veto d’un certain Prost. Mais au mois d'août 1987, Didier Pironi a un contrat de Formule 1 en poche pour l'année 1988. « Quelques jours avant sa disparition, il s’est mis d’accord avec l’équipe Larrousse-Calmels pour laquelle il a servi de pierre angulaire pour la motorisation Lamborghini », rapporte Christian Courtel.
En attendant de revenir à la formule reine du sport automobile, Didier s'engage dans le championnat d'Europe d'Off Shore. Dans cette discipline, il peut piloter sans se servir de ses jambes en cours de rééducation.
Début 1987, il se fait construire un bateau révolutionnaire en carbone monolithique. Il le baptise Colibri. Didier Pironi calque l'organisation de son équipe sur celle des teams de Formule 1 et se fixa un objectif: devenir champion du monde de Off Shore.
Comme Alain Colas avec son monocoque géant, Didier Pironi choisit la voie de la difficulté. Le Colibri, que Bernard Giroux, son navigateur, qualifie de « véritable obus », est un bateau étroit, léger, qui menace toujours de se coucher sur le côté ou de s'envoler. Dangereux certes. « Plus encore que la F1 », reconnaît Didier. Mais il représente une arme de compétition redoutable entre les mains de son pilote. D’ailleurs, après quelques courses de mise au point, Didier remporte l'épreuve de championnat d'Europe organisée en Suède. Didier Pironi a démontré la force de son équipe, la justesse de son choix et ses talents de pilote sur mer. Il croit à ses chances de remporter le Championnat du monde devant les Italiens, jusqu'alors spécialistes incontestés de la discipline.
DES HOMMES D’AFFAIRES AVISÉS
Didier ne chôme pas durant sa rééducation. Il met son intelligence et son énergie au service du monde des affaires.
Il s’occupe de la société familiale avec sa mère et son demi-frère José, d’une exploitation forestière dont il est propriétaire dans la région de Rambouillet, d’une société de distribution de cassettes vidéo. Il devient chroniqueur et commentateur pour L’Équipe Magazine, pour TF1, pour Canal +.
Mais il lui fait un challenge plus excitant. Il le trouve en devenant l’importateur exclusif des bateaux Lamborghini. Et il rachète à Saint-Tropez un chantier qui vend, loue, répare et assure le gardiennage de off-shore. Pour ce faire, il constitue une société avec José comme associé. Elle s’appelle Leader. Pourquoi Leader ? Clin d’œil à Jean Graton, le créateur des albums de Michel Vaillant. Didier apparaît souvent dans les aventures du pilote français et ses liens d’amitié avec Michel sont régulièrement évoqués. Parmi les clients de cette société figurera un autre Michel, Michel Sardou, qui s’initiera au off-shore avec Didier, lui en achètera un, puis le revendra immédiatement après la mort du pilote, trouvant l’engin trop dangereux.
Gageons en outre que le rôle que Didier s’apprêtait à jouer chez Larrousse – Calmels aurait dépassé celui d’un simple pilote.
Pour sa part, Alain Colas est sans doute le premier skipper à comprendre qu’au plus haut niveau, l’engagement d’un voilier de course est une entreprise. Lorsqu’il prépare son tour du monde en solitaire sur Manureva, il innove en matière de communication. Il ne cherche pas de sponsors au sens strict, mais des partenaires auxquels il apportera une prestation en contrepartie de l’argent reçu. Son talent de narrateur assurera le succès de l’opération. Il obtient la confiance de trois organes de presse. Une chaîne de télévision achète le film qu’il tournera lui-même durant son périple. RTL diffusera sur les ondes les interviews qu’il communiquera au moyen d‘un radio-téléphone, et le journal Tintin publiera régulièrement le récit de son voyage. Au retour, après 168 jours de mer, il enchaîne inlassablement les conférences et travaille à son grand projet, la mise en chantier de son monocoque géant qui mesurera 72 mètres.
Un des arguments qui servira à convaincre les partenaires sera la prise de conscience de la crise de l’énergie. Le voilier géant ne sera pas qu’un monstre programmé pour gagner des courses. Parmi les énergies de substitution au pétrole figure le vent, totalement gratuit. Et le clipper des temps modernes qu’imagine Alain Colas bénéficiera d’une capacité de transport supérieure à celle d’un Boeing 747 ou de nombreux cargos. Il faudra beaucoup d’argent pour construire le bateau. Alain obtient grâce à l’aide de Gaston Deferre des espaces publicitaires gratuits dans le presse du Sud-Est. Au printemps 1975, le financement est bouclé. Gilbert Trigano se laisse convaincre. Il y voit un outil de communication fantastique pour le Club Méditerranée.
Après sa défaite à la Transat anglaise 1976, Alain ne se laisse pas abattre. Il conçoit immédiatement de nouveaux projets pour le Grand bateau. Sa popularité est énorme. Il est réclamé partout. « Je suggère d’organiser une tournée du bateau dans les ports, témoigne son ami et collaborateur Maurice Hérat. L’idée enthousiasme Alain. L’opération se met en place. Elle s’appellera « Bienvenue à bord. » La tournée s’organise comme celle d’une star du show-bizz. Europe 1 s’y associe. L’arrivée de Club Méditerranée sera annoncée sur les ondes plusieurs fois par jour. Nous vivons à un rythme d’enfer, mais l’argent rentre. »
Lorsqu il disparaîtra en mer le 16 novembre 1978, certains journalistes insinueront qu’il a mis en scène sa disparition pour fuir ses créanciers. « Vengeance, rétorque Maurice. Alain gérait personnellement ses rapports avec les médias et leur vendait des reportages et des images. Certains journalistes ne le lui ont jamais pardonné. »
Maurice dément aussi les difficultés financières. « Cette thèse est aussi fausse que méprisable. D’ailleurs, si Alain avait été poursuivi par les créanciers, son Manureva que tout le monde savait à Saint-Malo avant le départ de la première Route du Rhum aurait fait l’objet de mesures de saisies conservatoires. »
L’entreprise d’Alain tourne bien. Quant à l’exploitation du grand bateau, coûteuse certes, elle s’équilibre grâce à une location au profit du Club Méditerranée en Polynésie. C’est d’ailleurs à cause de ce contrat qu’Alain prend le départ de la Route du Rhum avec Manureva et pas avec son monocoque géant.
Mais comme Didier, Alain ne fait pas l’unanimité parmi ses pairs. Leurs qualités suscitent mesquineries et jalousies. Trop intelligents, trop cultivés, trop élégants, trop bien élevés, trop doués dans tous les domaines, le sport, leur métier de coureurs, la communication. Trop aimés du public aussi.
Thierry Le Bras
A suivre
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Didier Pironi, le petit prince de la vitesse, le site de Jan Möller, très intéressant, très complet, très bien illustré :
http://www.didierpironi.net/index2.htm
Je signale dès à présent que Jan est aussi l’auteur d’un ouvrage de référence sur Didier :
Didier, Dreams and Nightmares
Éditions Mercian
(cet ouvrage est écrit en langue anglaise – il est disponible en France à la Librairie du Palmier)
Je mentionnerai à la fin de cette série d’articles une très bibliographie complète concernant Didier.
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Les fictions dans l’univers à la fois passionnant et cruel du sport automobile vous passionnent ? Retrouvez les dans les romans de Thierry Le Bras qui raconte les aventures de l’avocat-pilote David Sarel. Didier Pironi est cité dans les deux ouvrages dont les références suivent car il représente pour le personnage principal une référence et un modèle à suivre :
« Circuit mortel à Lohéac » et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » sont publiés aux Éditions Astoure (diffusées par Breizh).
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11.02.2008
DIDIER PIRONI, ALAIN COLAS, DEUX TRAJECTOIRES PARALLÈLES (II)
Didier Pironi et Alain Colas, deux champions qui, à la réflexion, possèdent de nombreux points communs et connurent des trajectoires parallèles.
Et pas seulement la notion de pilotage applicable tant aux monoplaces qu’aux voiliers de course, comme le fait observer Laurent Bourgnon qui, comme ses confrères, qualifie les multicoques de F1 des mers !
LA PREMIÈRE MARQUE DU DESTIN
L'injustice de l'accident frappe Alain Colas pendant le week-end de la Pentecôte 1975. Une sortie tranquille avec quelques journalistes, des copains et la famille. Le vent est faible, la mer calme, rien de fâcheux ne semble pouvoir se produire. La décontraction gagne l'équipage. Arrivé en vue du quai de La Trinité, Alain Colas remarque que la foule a envahi le rivage et attend son retour. Il ne s'attend pas à un pareil accueil. Afin de remercier le public, de lui témoigner sa sympathie, il décide d'offrir aux spectateurs présents l'image de Manureva entrant dans le port sous voiles.
Mais Lorsqu'il donne l'ordre d'affaler la grand voile, celle-ci refuse de descendre. Manureva (nouveau nom de l’ex Pen Duick IV) s'approche dangereusement des bateaux au mouillage dans le port. Son défaut de maniabilité interdit toute manœuvre de virement de bord. Alain Colas confie la barre à un équipier, court vers l'avant et jette l'ancre dans le but de stopper la machine. « Ce jour là, en raison de la décontraction régnant à bord, les procédures de préparation du bateau n'ont pas été respectées, me racontera Maurice Hérat, un de ses équipiers, quelques années plus tard. Le bout de l'ancre a été lové à l'envers. Une boucle se forme autour du pied d'Alain. Le cordage entraîné par le poids de l'ancre se transforme en scie, labourant les chairs, puis l'os. L'ancre se plante dans la vase, le bateau s'arrête, mais le pied de son skipper est pratiquement arraché. Alain Colas lutte pour ne pas perdre connaissance et coupe lui-même le cordage qui emprisonne son pied. Il trouve encore la force de demander à ses équipiers d'annoncer l'accident à sa famille avec précautions, et de prévenir les sponsors qu'il poursuit le projet de construction de son monocoque géant. »
SUR TERRE COMME SUR MER
En août 1982, Didier Pironi se montre de plus en plus confiant en ses chances d'obtenir le titre de champion du monde des conducteurs. Certes, il sait que tout peut encore se produire; il l'a d'ailleurs mentionné lors d'un "Grand Echiquier" que Jacques Chancel lui a consacré. Lors de la première séance d'essais du Grand Prix d'Allemagne à Hockenheim, il réalise le meilleur temps sur une piste sèche. Le lendemain matin, 7 août, des trombes d'eau s'abattent sur le circuit. C'est dans les conditions de course les plus difficiles que l'on reconnaît les authentiques champions. Lorsque Didier prend la piste, il réalise un véritable festival sur une piste détrempée, inscrivant sa Ferrari dans de longues glissades des quatre roues qui enthousiasment les spectateurs admiratifs devant tant de maîtrise.
Soudain, roulant à une vitesse de 280 kilomètres heure, Didier Pironi rattrape un pilote plus lent. Le nuage d'eau soulevé par la voiture qu'il va doubler masque la Renault de Prost progressant à très faible vitesse (Prost n'a jamais aimer piloter sous la pluie). Lorsqu'il la voit enfin, il est trop tard. La Ferrari s'envole, puis s'écrase en retombant sur le sol. Les jambes du pilote sont broyées et les artères sectionnées. Le spectacle est si abominable que Nelson Piquet manque de s'évanouir en découvrant l'état de son camarade. Pourtant, coincé dans les débris de sa Ferrari, Didier Pironi lutte encore, comme l'a fait Alain Colas lors de son accident à La Trinité. Les médecins veulent l'amputer sur place. Resté conscient malgré la douleur, il s'y oppose et leur demande de sauver ses jambes. Ils suivent ses recommandations sans grande conviction. Didier Pironi ne sera pas champion du monde des conducteurs en 1982. Il termine cependant second du championnat - à 5 points seulement de Keke Rosberg, et devant Prost - quoiqu'il ait manqué les cinq derniers Grands Prix.
A la fin de la saison 1982, Didier reçoit un cadeau d’Enzo Ferrari. Il s’agit d’une statuette en bronze représentant le Cheval cabré. Une inscription lui donne une valeur particulière : « A Didier Pironi, le vrai champion du monde. » Il apprécie la valeur symbolique du geste et l’estime du Commendatore. Mais il ne se fait pas d’illusions sur ce que retiendra l’histoire. « Je me rends bien compte qu’en dépit du titre moral que l’on m’a amicalement décerné, le vrai champion du monde est Keke Rosberg, pas Didier Pironi. Et c’est tout à fait normal… »
Thierry Le Bras
A suivre
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Didier Pironi, le petit prince de la vitesse, le site de Jan Möller, très intéressant, très complet, très bien illustré :
http://www.didierpironi.net/index2.htm
Je signale dès à présent que Jan est aussi l’auteur d’un ouvrage de référence sur Didier :
Didier, Dreams and Nightmares
Éditions Mercian
(cet ouvrage est écrit en langue anglaise – il est disponible en France à la Librairie du Palmier)
Je mentionnerai à la fin de cette série d’articles une très bibliographie complète concernant Didier.
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Les fictions dans l’univers à la fois passionnant et cruel du sport automobile vous passionnent ? Retrouvez les dans les romans de Thierry Le Bras qui racontent les aventures de l’avocat-pilote David Sarel. Didier Pironi est cité dans les deux ouvrages dont les références suivent car il représente pour le personnage principal une référence et un modèle à suivre :
« Circuit mortel à Lohéac » et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » sont publiés aux Éditions Astoure (diffusées par Breizh).
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