12.05.2012
DISPARITION DE CARROLL SHELBY
le papa de la Cobra et d’autres géantes

Pilote puis concepteur de voitures géniales, Carroll Shelby restera à jamais un formidable symbole du tourbillon automobile des sixties.
Il s’est éteint à l’âge de 89 ans à Dallas.
Souffrant de problèmes cardiaques, il avait dû mettre un terme à sa carrière de pilote automobile plus tôt que prévu. Une carrière très honorable dont un des temps forts fut une victoire aux 24 Heures du Mans 1959. L’Américain partageait alors le volant d’une Aston Martin avec Roy Salvadori.
La Cobra, impressionnante et venimeuse
Carroll Shelby voulait faire gagner des voitures américaines, Son idée, monter un gros Ford V 8 de 4,7 litres au couple extraordinaire sur le châssis Ace (A.C.) qu’il considérait excellent. Le résultat, un bolide au tempérament de feu, parfois difficile à dompter, mais d’une efficacité redoutable. Les premières Cobra accéléraient de 0 à 100 en 4,5 secondes ! Une version Coupé (baptisée Daytona), vit le jour en 1964. Six modèles originaux seulement furent construits. Puis à partir de 1965, le roadster 427 reçut un moteur 7 litres de 410 chevaux. Lors d’un essai de la bête pour le magazine Champion, Jean-Pierre Beltoise claquerait un 3,8 secondes au 0 à 100.

Je n’étais encore qu’un enfant quand une Cobra Daytona, pilotée par Dan Gurney et Bob Bondurant, battit les Ferrari au Mans dans la catégorie GT en 1964. Mais les lignes de la Cobra lift-back m’avaient fasciné, comme sa puissance brutale. La Cobra reste pour moi une des plus belles GT de tous les temps. J’en ai d’ailleurs fait une héroïne de mon prochain roman, un polar Vintage et gourmand qui se déroule en 1966 et trouve son dénouement aux 24 Heures du Mans. A cette occasion, j’imagine que le fabuleux Coupé Daytona reçoit le fameux 7 litres comme la 427.
Mustang, GT 40, des icônes inoubliables
Carroll Shelby joua d’abord involontairement un rôle expérimental pour Ford. La marque américaine avait envie de se lancer dans la compétition. Elle envisagea un moment d’acheter Ferrari. L’affaire ne se conclut pas. L’expérience menée par Carroll Shelby permit à Ford de vérifier qu’un bon V 8 issu de la série pouvait se montrer compétitif face aux mécaniques les plus pointues élaborées par Ferrari et d’autres horlogers de la mécanique de course. Carroll Shelby avait prouvé à son fournisseur de moteurs que le challenge était gagnable. En 1966, Ford lui confia la direction de son programme compétition sur les épreuves du championnat d’endurance. Il obtint de nombreuses victoires. Rappelons que cette année-là au Mans, la victoire revint à une Ford MK II pilotée par deux Néo-Zélandais, Chris Amon et Bruce McLaren. Le second nommé deviendrait lui-aussi un constructeur de génie dont le nom brille encore en Formule 1.
La collaboration entre Carroll Shelby et Ford serait longue et fructueuse. De nombreux modèles de Mustang seraient estampillés Shelby. Une Ford Shelby GT 500 est d’ailleurs prévue pour 2013.
S’il avait dû lutter contre des problèmes cardiaques et subir une transplantation en 1990, Carroll Shelby ne manquait pas de cœur. Il fait partie des personnages qui ont écrit la belle histoire de la course automobile, une histoire qui apporta et continue à offrir du bonheur à des millions d’amoureux de la compétition à travers le monde. Tous auront une pensée pour ses trois enfants et sa femme Cléo.
QUELQUES LIENS A SUIVRE
Ford MK IV, Ford MK II, Cobra…
La première victoire Ford au Mans, c’était en 1966
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/06/11/de-la-mk-ii-a-la-ford-gt-2010.html
Ambiance 1964 : une petite fiction humoristique illustrée à l’époque des Cobra
Ford GT 40, l’arme du duel contre Ferrari
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/06/15/ford-gt-40-l-arme-du-duel-contre-ferrari.html
La Shelby 350 GT présentée sur l’excellent site de Jean-Claude Besse
http://club-3ascollection63.blog.fr/2007/10/07/shelby_350_gt~3099082/
Thierry Le Bras
16:38 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carroll shelby, ac cobra, ford, gt 40, mustang, le mans, daytona |
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08.05.2012
BRAVO A LOÏC DUVAL
qui a recueilli tous les suffrages à Spa

Loïc (à droite brandissant sa coupe sur les photos), aura remporté la victoire au deuxième tour, c’est-à-dire dès sa deuxième course chez Audi.
Audi alignait quatre voitures aux six heures de Spa, deux nouvelles hybrides quatre roues motrices (e-tron quattro) et deux modèles classiques thermiques (R 18 Ultra).
La météo incertaine sur les Ardennes belges semblait favoriser les quattro. Tout comme de possibles consignes d’équipe si des modèles à technologies différentes se trouvaient roues dans roues car Audi aurait bien aimé que sa nouvelle hybride s’impose dès sa première course, impératif marketing oblige.
Stratégie et attaque
Loïc Duval partait sur un modèle classique, la R 18 Ultra numéro 3. Il était associé à Romain Dumas et Marc Gené. « Durant les essais, la voiture n’était pas complètement satisfaisante », avouera Loïc. L’équipage de la numéro 3 se contentera de la quatrième position sur la grille de départ. Mais les pilotes et l’équipe technique du Team Audi travailleront les moindres détails jusqu’au dernier moment. Ils apporteront des petites modifications. Avec succès. « En course, notre voiture s’est montrée parfaite », commentera le pilote français.

C’est Marc Gené qui prendra le départ sur la numéro 3. La piste est mouillée. Les deux e-tron quattro s’échappent. Mais dès que la piste commence à s’assécher, la 3 est la première à passer les slicks. « C’était le bon moment, nous en étions convaincus et ça a marché ! » s’enthousiasme Loïc Duval. Marc remonte en deuxième position. Il passe alors le volant à Loïc pour un double relais. Le Chartrain se montre irrésistible. Il remonte sur l’e-tron quattro de tête et double Treluyer qui la pilote à ce moment-là. Romain Dumas parachèvera le travail de ses équipiers en creusant l’écart en fin de course. Loïc n’aura pas mis longtemps à fêter son arrivée chez Audi par une victoire ! Et comme il reste humble et appliqué, il pense déjà à améliorer les performances de l’auto pour le futur.

L’autre actualité du week-end se révéla hélas moins satisfaisante pour les amateurs de sports mécaniques. Le Grand-Prix de France est à nouveau en grand danger. Et sans doute tous les sports mécaniques à assez court terme, y compris les pistes de kart qui seront accusées de contribuer au réchauffement climatique. Car si François Fillon aime le sport automobile et souhaite la renaissance d’un Grand-Prix national, il n’en est pas de même de M Hollande. Il l’a confié à au moins deux reprises durant la campagne électorale. Accords avec l’amère Joly et résurgences de symboliques obsolètes obligent, les sports mécaniques deviennent des cibles, au même titre apparemment que la grande finance. J’y reviendrai prochainement, avant que nous soyons rappelés aux urnes pour les législatives.
QUELQUES LIENS A SUIVRE
Le blog de Loïc Duval avec quelques photos complémentaires de sa superbe victoire en Belgique
http://loic-sblog.over-blog.com/
Loïc Duval aux 12 Heures de Sebring 2012
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2012/03/21/contrat-rempli-pour-loic-duval.html
(avec un clin d’œil à 1981 étranger à toute symbolique)
Gare au clavier de l’auteur…
Oh rage, oh désespoir, oh président ennemi des circuits
http://www.dailymotion.com/video/xakjwz_francois-hollande-les-circuits-de-f_news
Un ennemi des sports mécaniques explose les chronos sur route ouverte
http://www.motorevue.com/site/insolite-huchon-enfonce-le-clou-62852.html
(rappelons-nous que le triste sire récidiviste qui fend la circulation à tombeau ouvert s’était opposé avec une combativité de pit-bull à un projet de circuit en Ile de France…)
Thierry Le Bras
18:07 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loïc duval, spa, endurance, audi, gp de france, politique |
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28.04.2012
LAURENT BOURGNON PILOTE AUTOMOBILE
notamment à Lohéac !

Tout le monde connaît Laurent Bourgnon, un des meilleurs skippers des dernières décennies, le double vainqueur de la Route du Rhum. Le plus français des Suisses est aussi un pilote automobile au coup de volant incisif !
« Mener un bateau de course moderne, c’est du pilotage », affirme Laurent. Ceux qui se souviennent de Laurent à la barre de Primagaz ne démentiront pas. Rappelez-vous les premiers bords des Routes du Rhum 1994 et 1998. En équilibre sur une coque, le Primagaz de Laurent Bourgnon vole de vague en vague devant le reste de la flotte. Et il arrivera en tête à Pointe à Pitre.

Réflexes de roi, adresse diabolique, courage, détermination et rage de vaincre, des qualités qui caractérisent les coureurs au large comme les pilotes automobiles, des dons et des talents que possède Laurent Bourgnon.
De l’Andros au Dakar et au Rallycross
En 2000, Laurent Bourgnon a plusieurs projets parmi lesquels la construction d’un multicoque géant. Il aime tout ce qui va vite et procure des sensations. La course automobile fait donc partie de ses passions, comme l’ULM, l’avion et la voile. Laurent a testé son coup de volant au Challenge Andros quelques années plus tôt. Il s’est aussi lancé dans l’aventure du Dakar sur un Nissan du Team Dessoude. Il s’est classé 13ème. Un bon résultat pour une première participation. Le virus s’est installé. Il reviendra régulièrement en rallye-raid et rentrera dans le top 10 du Dakar dès 2001.

C’est justement au Dakar 2000 qu’est née l’idée de participer au Rallycross de Lohéac. A la rentrée des classes de la discipline, le week-end des 2 et 3 septembre, Laurent Bourgnon s’aligne au volant d’une Citroën ZX 4 roues motrices engagée en D1. L’auto est une des voitures de Michel Gambillon qui pilote quant à lui une nouvelle Xsara. La ZX est une vraie machine de course, une voiture d’homme. Elle développe 500 chevaux. Laurent n’éprouve aucune difficulté à la maîtriser et confirme ses qualités de pilote. Qui sait si nous ne le reverrons pas bientôt derrière le volant d’un bolide ?
Souvenirs de Lohéac 2000
Je me souviens encore très bien de de cette participation de Laurent au Rallycross de Lohéac 2000 pour des raisons personnelles. Cette épreuve coïncidait avec la sortie de « 20 ANS D’AVENTURES TRANSATLANTIQUES DE SAINT-MALO A POINTE-A-PITRE », une histoire de la Route du Rhum que j’avais écrite (sous le pseudonyme Thierry Georjan) avec la participation de François Thominet, grand passionné de course au large. Mon co-auteur a choisi de s’installer à Saint-Malo après avoir ressenti un coup de cœur pour la Cité corsaire en découvrant le Lada Poch de Loïc Peyron dans le port avant l’édition 1986 de la Route du Rhum.

J’avais demandé à Laurent de le préfacer notre livre consacré à la Route du Rhum. Il avait très gentiment accepté. Non seulement il rédigea une excellente préface, mais il nous invita à dîner à Carnac quelques semaines après la sortie.

Entre temps, j’avais aussi rencontré Laurent à Lohéac le jour de la présentation de l’épreuve et le week-end ou elle se déroulait. Lors du déjeuner servi à La Gibecière après la présentation, Laurent dédicaça à Patrick Germain, président du Rallycross et de l’Écurie Bretagne l’exemplaire de « 20 ANS D’AVENTURES TRANSATLANTIQUES DE SAINT-MALO A POINTE-A-PITRE » que je lui avais offert quelques heures plus tôt.

Cette année-là, Patrick Germain m’avait chargé avec Didier et Jacques Caradec de trouver un pilote de notoriété qui prendrait le volant de la Formule France mise à la disposition de l’organisateur. La tâche se révéla plus compliquée que prévu. Le week-end de Lohéac, de nombreux pilotes couraient dans d’autres disciplines. Certains auraient volontiers répondu présents, à commencer par David Terrien (en photo ci-dessus), notre premier choix. Mais David courait en endurance pour JMB sur une Ferrari 333 SP (il remporterait avec son équipier Christian Pescatori le championnat FIA Sportscar en fin de saison) et n’obtint pas le feu vert de son team-manager qui redoutait un accident susceptible de gâcher sa fin de saison. Emmanuel Collard se heurterait au même problème. Ce serait finalement le rallyman Bertrand Ballas qui serait le premier à accepter la proposition. David Terrien nous rendrait tout de même visite au réceptif le dimanche. Il y déjeunerait et capterait l’attention des invités présents à notre table par son approche particulièrement intelligente et réfléchie de tous les aspects du sport automobile.

Pour moi, changement de décor le lundi. Je prenais la route de Paris dès 6 heures du matin. J’animais alors la rédaction du groupe GFD qui éditait notamment les magazines PME commerces et entreprises, L’Essentiel du Commerce Associé et un Spécial Vendée Globe 2000 - 2001 pour lequel nous avions conclu un partenariat avec Philippe Jeantot. Après une réunion à notre siège de la rue Robert Estienne sur des questions juridiques et financières le matin, j’avais rendez-vous avec Catherine Chabaud l’après-midi dans les bureaux de son agence de com. J’utiliserais l’interview réalisée pour finaliser son portrait dans le numéro spécial Vendée Globe dont la sortie était programmée quelques semaines plus tard. Les vents d’Ouest me portaient naturellement de l’ambiance des circuits à celle de la course au large.
QUELQUES LIENS A SUIVRE
GARE A LA MAIN DU DIABLE, un roman-jeunesse teinté de fantastique dans le milieu de la course au large que j’ai publié (sous mon nom patronymique) en 2011
http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-nouveaute-polar-81824882.html
et :
http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-g-83517093.html
Des autos, des bateaux, des vinyles, des livres et des petits plats d’origine sixties garantie
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/07/26/vacances-sixties.html
Didier Pironi, vainqueur sur terre et sur mer
et
Le pif d’un skipper breton au secours de pilotes automobiles (nouvelle)
Quelques réflexions sur l’aérodynamique, dont une anecdote vécue par David Terrien
http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-gang-de-requins-le-retour-44474481.html
Thierry Le Bras
16:06 Publié dans Livre, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent bourgnon, rallycross, lohéac, course au large, skippers, david terrien, michel gambillon, formule france, zx, rallye-raid, dakar |
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