27.11.2009

ROUNDS CHOCS POUR RONNIE

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A l’entrée en vigueur en F1 des nouvelles règles de qualification en trois phases, Felipe Massa employa les termes de KO tous les quarts d’heure, ce qui traduit l’atmosphère électrique d’un combat de boxe. Une ambiance que Claude Nougaro chanta admirablement dans « Quatre boules de cuir »

Quatre boules de cuir

Sur quatre pieds de guerre

Bombardent le plexus, boxe, boxe

L'angle du maxillaire

Quatre boules de cuir

Dans la cage du ring…

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« La Formule 1, c’est comme la bagarre de rue, déclare Olivier Panis. Lorsque tu y arrives, c’est que tu as pris la place de quelqu’un. Il faut te battre pour toi et essayer d’y rester. » (1)

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Avant de débuter sa seconde saison dans la discipline reine, le pourtant très policé Nico Rosberg compara le milieu de la F1 à un « parc de requins ».

En 2005, à l’arrivée du Grand Prix d’Imola, Coulthard perdit tout flegme et ignora les bases du savoir-vivre élémentaire pour s’en prendre brutalement à Felipe Massa qui l’avait doublé de manière un peu musclée à son goût. L’Écossais avait oublié l’inélégance et l’irresponsabilité dont il fit preuve en sortant son équipier Mika Häkkinen qui se battait pour le titre au premier virage d’un certain GP de Spa. Dans son altercation avec Felipe, Coulthard m’a rappelé les errances de Mike Tyson le 18 juin 1997 quand, désemparé et complètement à la dérive, il ne trouva rien d’autre à faire que mordre les oreilles d’Evander Holyfield pour tenter de dissimuler son humiliation. En agressant Felipe Massa, Coulthard interpréta avec naturel le rôle du bad boy ridicule, du compétiteur usé et impuissant qu’il avait déjà été face à la modeste Arrows du rookie Bernoldi au Grand-Prix de Monaco 2000. A sa décharge, je mentionnerai tout de même qu’il a dû beaucoup souffrir d’être laminé par ses équipiers successifs chez McLaren. Des humiliations publiques sévères et répétées qui expliquent sûrement aussi  les propos mesquins et empreints de jalousie qu’il tint sur Kimi Räikkönen en 2009. Des commentaires vengeurs qui rappellent des coups bas pour rester dans l’atmosphère des boules de cuir qui tournent dans la lumière. Des comportements qui illustrent la violence guerrière du milieu de la course automobile, des propos qui rappellent des déclarations de boxeurs imprégnés de la fureur des rings.

 

Car des notions de combats, d’épreuves de force s’associent inévitablement au sport automobile. Ambiance Over the top garantie.

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Ces rapprochements entre les sports de combat et la course automobile m’ont inspiré une fiction aux rebondissements cruels qui est en ligne sur CONFIDENTIEL PADDOCKS : http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-rounds-...

Dans ROUNDS CHOCS POUR RONNIE, le personnage principal annonce la couleur en soulignant la communauté de vocabulaire entre les deux catégories de disciplines. « Tu remportes des courses en poussant un autre pilote hors du ring, affirmait Ronnie. Tu te maintiens à niveau en tenant ceux qui veulent piquer ta place à distance, et d’ailleurs tu gagnes les championnats soit aux points, soir par KO. Sans compter les sensations dans la voiture. Une grosse auto te secoue comme un sparring-partner. Et si tu ne peux plus rien faire pour gagner, tu rends les armes, tu jettes l’éponge ».

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Ronnie sait ce dont il parle. Amateur de défis physiques durant sa jeunesse, il pratiquait volontiers la lutte. Vague camarade et surtout tête de turc d’un catcheur professionnel deus fois plus gros que lui, il apprit à ses dépens  les souffrances du gladiateur terrassé.

Les parallèles entre la coures auto et les disciplines de combat sont … frappants. Le pilote est un guerrier, comme le boxeur, le lutteur ou le catcheur. Les classes de cylindrées ressemblent aux catégories de poids. Les pratiquants se livrent à des bras de fer, se rendent coup pour coup, se lancent dans des mano a mano. Parfois, ils cherchent leur second souffle. Toujours, ils jettent toutes leurs forces dans la bataille. Enfin, un pilote émoussé qui se fait tourner autour par des rookies ressemble à un boxeur fini qui s’accroche en vain.

 

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Tous ces parallèles, vous les trouverez dans le récit largement illustré vers lequel vous pilote le lien qui suit :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-rounds-...

 

Le texte se termine par une course féroce, un duel d’anthologie dans le monde du VHC entre deux Alfa Roméo Guilia TZ pilotées par des équipes de lutteurs assoiffés de victoires sur le ring du Castellet.

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Une vingtaine de photos pour la plupart inédites de voitures et motos des années 60, 70, 80 illustrent cette note qui aussi de nombreuses infos sur l’Alfa Roméo GTZ, véritable bête de course !

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 Sans oublier un P38.  Les armes ne pourraient-elles pas être de rigueur dans le milieu de la course auto où l’on flingue à tout va depuis quelques saisons ? Sans omettre non plus un hommage à  Quatre boules de cuir, une magnifique chanson de Claude Nougaro.

 

L’histoire sur laquelle vous pilotera le lien ci-dessus constitue un véritable album illustré. Vous pouvez la lire en une ou plusieurs fois, et aussi l’imprimer, la copier autant de fois que vous le souhaitez et l’offrir à vos amis. A vos enfants également, surtout si en plus des bolides  et des motos qui foncent sur le bitume, ils aiment le catch, la lutte et la boxe.

 

Thierry Le Bras

 

(1) cf. OLIVIER PANIS, Passion F1, par Thierry Le Bras, page 93, Hêtre Éditions (2003)

Préface : Mikka Häkkinen, Champion du monde de F1 1998 et 1999

 

21.11.2009

RETOUR A L’AGACI 300 AVEC DIDIER PIRONI

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Photo : Ludovic Rougier

 

J’ai récemment mis en ligne une note racontant la participation de Didier Pironi à l’AGACI 300 au mois d’avril 1982 :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/10/23/di...

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Photo : Ludovic Rougier

 

Ludovic Rougier était présent à cette épreuve. Il y a réalisé de très belles photos et je le remercie vivement de m’autoriser à les mettre en ligne. Sur l’image qui suit, vous apercevrez la fumée qui commence à s’échapper des échappements. Un incident qui contraindra Didier Pironi à s’arrêter alors qu’il menait la course.

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Photo : Ludovic Rougier

L’abandon de Didier laissa le champ libre à la Porsche 917 de Divk Attwood qui remporta finalement l’épreuve devant les Lola T 70 des frères Knihgt.

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Photo : Ludovic Rougier

Ludovic Rougier se souvient d’une anecdote survenue ce week-end d’avril 1982. « Le soir des essais du samedi au moment de reprendre sa Golf GTI, Didier Pironi s'est aperçu qu'un de ses pneus était à plat, rapporte-t-il. Il n'avait de cric. Un spectateur lui en a prêté un et lui a changé sa roue. »

 

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Photo : Ludovic Rougier

 

Les spectateurs sont souvent sympas sur les circuits. Les épreuves de VHC attirent un public d’authentiques passionnés et  nul doute que le spectateur qui a aidé de Didier ce jour-là l’aura fait de bonne grâce. Il fait dire aussi que c’était un temps où les meilleurs pilotes de F1 restaient accessibles et disponibles pour le public comme pour les journalistes. La participation d’un des tout meilleurs pilotes de Formule 1 du monde à une épreuve de VHC serait difficilement imaginable aujourd’hui.

 

Thierry Le Bras

 

14.11.2009

JEAN RAGNOTTI COURT TOUJOURS

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Après une carrière superbe et éclectique qui le vit débuter en rallye, puis briller en Formule Renault et en production sur circuit, remporter le titre de champion de France de Rallycross 1977, offrir une incroyable seconde place à la petite R5 Alpine groupe 2 au Monte-Carlo 1978, devenir champion de France des rallyes en 1980 et 1984, de Superproduction en 1989, des rallyes (2 litres) en 1991, 1992, 1993 et 1994, remporter le Rallye de Monte-Carlo 1981 et le Tour de Corse en 1982 et 1985, réaliser des courses magnifiques  dans des tas d’autres épreuves comme Le Mans, Jean Ragnotti a pris sa retraite sportive en 1996.

 

Pas une retraite complète toutefois, car Jeannot court encore parfois en VHC pour le plus grand bonheur des spectateurs. Jean Ragnotti a toujours été un pilote à la fois généreux, attaquant, simple, abordable, aussi sympa avec les spectateurs qu’avec les autres pilotes, y compris les amateurs et les débutants. Un authentique seigneur de la course automobile qui malgré un talent rare n’a jamais attrapé la grosse tête.

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Jean Ragnotti participe ce week-end à la finale de la Coupe de France des rallyes VHC qui se dispute au Rallye de la Rochelle qu’il a remporté en 2007. Il y retrouve des pilotes peu connus du grand public dont certains avancent tout de même fort ainsi que d’autres anciens pros qui animèrent de nombreuses épreuves de championnat du monde ou de championnat de France comme Jean-Claude Andruet et Alaiu Serpaggi.

 

Du spectacle en perspective, d’autant que Jean Ragnotti annonce la couleur. « Mon bonheur, c’est souvent de régaler le public par de longues glissades au mépris de quelques secondes perdues en route. Alors, le matériel dont je dispose me suffit largement ».

 

Le matériel dont dispose jean Ragnotti, c’est l’Alpine  Berlinette aux couleurs Défense Mondiale équipée d’un moteur 1796 cm3 qui développe 165 chevaux. Une auto qui se sera fait remarquer à plusieurs occasions sur les routes de La Rochelle et du Tour de France Auto avant de s’attaquer au Monte-Carlo VHC 2010.

 

Texte et photos :

Thierry Le Bras

11.11.2009

LA DS NE MANQUE PAS D’HUMOUR

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Comme toutes les grandes dames, la DS ne manque d’humour.

 

La note précédente évoque son passé sur route et en course. Docu-fiction dont le narrateur est un garçon de 14 ans, elle incite à rappeler une blague relevant des plaisanteries de potaches. Dans les cours des collèges, combien de fois n’avons-nous pas entendu la plaisanterie qui suit ?

Question : qu’est-ce que le comble du mécanicien ?

Réponse : démonter une DS pour s’en faire une ID.

 

La DS a aussi joué plus finement des rôles qui nous ont fait rire au cinéma.

 

Dans Fantomas se déchaîne par exemple, l’ennemi public numéro 1 échappe à Fandor (Jean Marais) et au commissaire Juve ((Louis de Funès) en s’envolant dans une DS qui s’élève dans les airs après s’être transformée en avion à réaction. Magnifique hommage à l’aspect futuriste de la voiture. Dans Les aventures de Rabbi Jacob (toujours avec Louis de Funès), la DS joue la voiture bateau. Dans Le Grand restaurant (encore avec Louis de Funès), la DS donne la réplique à l’acteur comique pour réaliser de jolis gags.

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Mais dans le registre humoristique, une des plus belles prouesses de la DS reste à mon sens une plaisanterie réussie avec la complicité d'une femme pilote - dont je ne cite pas le nom par discrétion - lors des reconnaissances d’un grand rallye. Les victimes en furent les représentants de la maréchaussée. A cette époque, au cœur des sixties, les cinémomètres n’existaient pas encore. Mais la vitesse était tout de même limitée en agglomération (60 km/h). Il arrivait parfois que les représentants de l’ordre effectuent des contrôles au moyen d’un dispositif assez simple. Ils plaçaient à un intervalle déterminé deux fils ressemblant aux fils aujourd’hui utilisés pour le comptage des véhicules. La voiture déclenchait le chronomètre en passant sur le premier puis sur le deuxième. Le temps passé pour parcourir la distance entre les deux fils permettait de déterminer sa vitesse. Mais lors des reconnaissances d’un rallye, une pilote Citroën pila sur le premier fil pour le faire sauter, puis récidiva sur le second qui subit le même sort sous les roues presque bloquées de la DS 21. La championne fut arrêtée par des gendarmes dépités de voir leur matériel de contrôle détruit. La rallywoman qui ne manquait ni de présence d’esprit ni d’assurance leur déclara qu’elle avait cru voir des serpents sur la route et que c’était pour cette raison qu’elle avait pilé. Que pouvaient faire les gendarmes, sinon la laisser repartir ? La DS 21 redémarra en trombe à l’attaque du parcours de la spéciale.

 

Thierry Le Bras

 

06.11.2009

LE RETOUR DE LA DS CITROËN

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Un docu-fiction dans les souvenirs épiques de Philippe Georjan (14 ans en 1966)

 

Les plus fidèles visiteurs de Circuit Mortel connaissent déjà Philippe Georjan qui est apparu à plusieurs reprises sur le blog Circuit Mortel (notamment récemment dans Le clin d’œil de Philippe Georjan à la R8 Gorde). Bientôt, je  ferai partager aux lecteurs de mes romans et nouvelles la vie de Philippe et de ses proches. Mais en attendant, voici les commentaires  qu’il m’a livrés sur le retour de le DS Citroën. Car qui mieux que lui pouvait parler de la DS, un mythe automobile dont le sigle sera repris dès 2010 sur des modèles de la marque aus chevrons ?

 

Pour profiter pleinement de la DS, imaginez-vous au cœur des années 60, recréez dans votre esprit l’insouciance de ces années merveilleuses, écoutez des tubes de Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, France Gall, Serge Gainsbourg, Dalida, Michel Sardou et des autres stars qui firent les sixties.

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Vous êtes au volant d’une DS 21 d’époque. Devant vous, le petit levier d’une boite auto qui se manie presque comme la commande au volant d’une transmission de F1 futuriste. La sonnerie du portable ne vous dérangera pas. Personne n’a encore inventé ce matériel. Pas de radar à l’horizon, pas de limitations de vitesses. Rien que du plaisir. Le bonheur des années qui deviendront Vintage. Vous avez tourné le bouton du volume de l’autoradio à fond vers la droite. Vous chantez à tue-tête avec Johnny.

 

Si les mots suffisaient

Pour tout réaliser

Tout en restant assis

Avec les bras croisés

Je sais que dans une cage

Je serais enfermé

Mais c'est une autre histoire

Que de m'y faire entrer

Da-da-da-da-dam

Da-da-da-da-dam

 

Ça y est, vous êtes dans l’ambiance ?Oui ? Alors Philippe peut vous raconter la DS, ou plus exactement sa vision de la DS !

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 « Les plus jeunes ne se souviennent sans doute pas beaucoup de la DS, raconte Philippe Georjan. Mais la DS représenta une voiture à part durant les sixties et les seventies, ainsi qu’a fortiori à sa sortie en 1955. Regardez son look futuriste et comparez le aux autres grosses voitures de l’époque, les Peugeot 403, les Renault Frégate, les Simca Versailles et Chambord. Même quelques années plus tard, les lignes de la DS paraissaient plus fluides et plus modernes que celles de ses principales rivales telles que la Peugeot 404, la Renault 16, la Fiat 125, la Ford 20 M ou l’Opel Rekord. Et lorsque sa production cessa en 1975, la DS ne paraissait pas dépassée face à la Peugeot 504 ni à la Renault 30 qui débarquait dans les concessions de la marque au losange.

 

J’ai souvent roulé en DS quand j’étais gamin et adolescent car le père de mon cousin Laurent – c'est-à-dire mon oncle - était un ciroëniste convaincu. Il posséda successivement toute la gamme des DS. Je me souviens particulièrement de ses DS 21 et DS 23 qui étaient très belles et permettaient de rouler plus vite que la moyenne sur les routes.

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 Unanimement reconnue comme une grande routière, la DS connut aussi une jolie carrière en compétition. Sur le goudron, elle ne faisait pas le poids face à des berlines sportives telles que la Cortina Lotus, la BMW 1600 TI, la R8 Gordini, la NSU TT ou la Cooper S. Par contre, elle tirait remarquablement son épingle du jeu sur la terre et sur la neige. En 1965 et 1966, Laurent et moi débattions souvent avec acharnement des mérites respectifs des Cooper S et des DS 21. Je me souviens particulièrement du Monte-Carlo 1966. J’espérais une victoire Cooper. Laurent pariait sur un triomphe des DS. Nous suivîmes la course avec passion, écoutant les reportages de Radio Monte Carlo, même la nuit en cachette de nos parents dans la demeure familiale. Tous les matins, nous lisions la rubrique Sports de Ouest-France avant de partir au collège. Au début, tout se passa au mieux dans le sens de mes convictions et je ne manquais pas de charrier Laurent. Les Cooper S dominaient la course. Timo Mäkinen – déjà vainqueur en 1965 - devançant Aaltonen et Hopkirk. J’exultais. Je voulais faire de la compétition plus tard. Je m’imaginais débutant sur une Cooper S sans réaliser encore que l’évolution de la production et des homologations me conduirait fatalement à choisir un autre modèle. Il était déjà convenu que mon cousin me naviguerait en rallye. Mais si Laurent se voyait très bien dans le rôle de navigateur sur Cooper S,  il voulait voir les DS gagner tant que nous ne courions pas.

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« Laurent ne tarda pas à obtenir sa revanche. Les trois Cooper S furent déclassées pour utilisation de phares non conformes à la réglementation routière française. La Ford Cortina Lotus de Roger Clark, quatrième à l’arrivée sur le port de Monaco, subit le même sort. De telle sorte qu’à l’issue des sanctions administratives, le gagnant était … la DS 21 de Pauli Toivonen initialement classé cinquième. Bob Neyret, quatrième, Guy Verrier, septième, et Claude Laurent, neuvième, complétaient la performance d’ensemble des DS 21. L’édition du Monte-Carlo 1966 se termina dans le tumulte et la confusion. Les pilotes britanniques refusèrent de se rendre au dîner officiel de clôture de l’épreuve. BMC et les autres concurrents anglais menacèrent de boycotter la course en 1967 de telle sorte que certains journalistes se demandèrent s’ils n’assistaient pas à la fin du Rallye de Monte-Carlo.

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 « A la maison, le débat se termina en match de catch entre Laurent et moi. C’était l’époque où le truculent Roger Couderc animait les fins de soirées du samedi soir en commentant les matchs du Petit  Prince, de l’Ange blanc, du Bourreau de Béthune, de Duranton (assisté de son valet) et des autres stars du sport spectacle très manichéen qu’était le catch français à l’époque. Mon cousin et moi étions à peu près de même force et possédions le même niveau de judo. Ce soir-là, le combat s’arrêta avant son terme lorsque nos mères commencèrent à s’énerver parce que nous ne descendions pas dîner. Je ne m’en plaignis pas. Laurent avait réussi une prise dont je ne n’arrivais pas à me sortir et je n’étais pas loin de m’avouer vaincu. En outre, nous étions déjà des gourmets éduqués dans la bonne et saine tradition de la gastronomie. C’eût été une faute de goût, un crime de lèse - savoir-vivre que de faire attendre plus longtemps le velouté de moules, le bœuf aux carottes et la salade d’ananas frais au kirch préparés par Titine, l’employée de maison de la famille. Notre brave Titine conduisait à peu près aussi mal que la sœur de Fernand Raynaud dans ses sketchs. Sa Daf automatique pardonnait heureusement toutes les erreurs et ne lui permettait pas de jouer les Pat Moss au volant. Mais si l’art de la conduite lui restait étranger, Titine cuisinait comme un chef distingué par le prestigieux Guide Michelin. Une DS, eeuuuuhhhhh… pardon, une déesse des fourneaux. Quelques années plus tard, avant de partir disputer notre premier rallye avec une R 12 Gordini, Laurent et moi répondrions à ses conseils de prudence – conseils que nous n’avions pas l’intention de suivre, naturellement – en la félicitant pour les arômes magiques de ses chefs d’œuvres culinaires qui dopaient nos sens et notre forme sans faire craindre les foudres d’un contrôle anti-dopage.

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« Le lecteur l’aura compris, ce ne serait ni en Cooper S ni en DS 21 que nous ferions nos armes en rallye. Mais en 1966, nous nous passionnions à l’extrême pour les mérites comparés de ces remarquables voitures. Contrairement à la soupe, la vengeance est un plat qui se mange froid. J’aurais la mienne au Monte-Carlo suivant, en 1967, lorsqu’Aaltonen s’imposerait sans qu’un déclassement au profit des DS vienne cette fois le priver de la victoire.

 

La DS 21 a également brillé au Marathon Londres Sydney de 1968.

(cf. l’évocation de cette course sur Circuit Mortel : http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/01/18/la...

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Si les DS 19, 21 et 23 participèrent  à des compétitions, elles furent aussi les voitures de tourisme favorites  de nombreux pilotes. Deux raisons principales à cela. D’une part, elles offraient un confort remarquable, tout au moins aux places avant. Derrière, les passagers avaient parfois mal au cœur car la tendance naturelle de la voiture à monter et à descendre comme sur des vagues océaniques un jour de tempête donnait le mal de mer. D’autre part, c’était la meilleure voiture tractrice du marché grâce à sa fameuse suspension hydro. Quantité de monoplaces, prototypes, GT ou voitures dites de tourisme de série voyagèrent sur plateau de circuits en rallyes et en courses de côtes derrière une DS !

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« Je me rappelle à ce sujet une anecdote rapportée pat les frères Tourquen en 1973. L’un, Jean-Jacques, pilotait une Alpine groupe 4 en rallye et en course de côte. L’autre, Serge, le naviguait en rallye et l’accompagnait sur toutes les courses de côtes. Ils tractaient l’Alpine avec une DS 23 injection électronique de couleur bordeaux métallisé. Un dimanche soir, en rentrant d’une course de côte, ils se sont fait radariser à 135 à l’entrée d’une agglomération. C’était la tombée de la nuit. Le flic planqué dans son Estafette Magasins bleus dans une entrée de maison a juste vu une DS couleur sombre. A la récupération, les frères Tourquen ont joué les victimes indignées d’une erreur judiciaire. « Quoi ? A 135 pour 60, mais vous n’y pensez pas. Avec le plateau derrière, on ne peut pas dépasser le 80, mon bon monsieur… Mais maintenant que vous le dites, on s’est fait doubler par une autre DS, sans plateau celle-là, qui a pilé devant nous pour tourner dans une petite rue. C’est celui-là que vous avez dû prendre. Il envoyait le gars, et à la façon dont il s’est barré dans la ruelle, il ne devait se sentir tranquille. C’est peut-être une voiture volée ». Naturellement, il n’y avait pas d’autre DS. La berline Citroën était bien capable de rouler à 135 et même plus avec une Alpine sur plateau en remorque. Les frères Tourquen s’en sont tirés au bénéfice du doute et parce que les gendarmes ne croyaient pas possible qu’une DS avec plateau ait pu rouler à cette vitesse-là.

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« La nouvelle génération de DS qui va sortir en 2010 ne vivra pas les mêmes aventures, c’est certain. Mais elle correspond à un sympathique  retour de la mode des années 50, 60 et 70. Le monde du spectacle exploite cette tendance  liée à la nostalgie d’années de tourbillons et d’insouciance. Le 50ème anniversaire de Salut les Copains est dignement célébré. Jean-Marie Périer, Jean-Jacques Debout et d’autres témoins de cette belle époque sont régulièrement invités sur les plateaux de télévision pour raconter leurs souvenirs. Les tournées Âge tendre et têtes de bois apporte une superbe illustration du retour en force de l’esprit Vintage, tout comme l’arrivée massive chez les diffuseurs de presse des DVD des séries télévisées des sixties. Même Zorro s’accapare un créneau de prime time le dimanche soir sur une grande chaîne de télévision. VW avec un modèle inspiré de la Coccinelle, BMW avec la nouvelle Mini Cooper, Fiat avec la nouvelle 500 qui fait chavirer les cœurs ont su surfer sur cette vague. Citroën a certainement raison de rappeler une belle page de son histoire en réveillant le sigle DS. Une franche déception toutefois. Les futures DS ne seront que des versions haut de gamme des modèles Citroën. Nous aurions tant aimé une vraie DS à la fois Vintage et moderne ! Sébastien Loeb a beaucoup apporté à l’image de Citroën. Il a aidé la marque aux chevrons à rajeunir sa clientèle. Souhaitons qu’une note de fantaisie et de rétro alliée aux succès sportifs de notre Seb national contribuent à tirer Citroën vers le haut, d’autant qu’en cette période de crise économique, toute bonne nouvelle pour la santé d’une entreprise est aussi synonyme d’espoirs au niveau de l’emploi.

 

Thierry Le Bras

(ou plutôt, comme les personnages de fiction vivent dans un univers parallèle où ils entraînent leur créateur et leurs lecteurs, je devrais plutôt terminer ce texte en inscrivant la mention Propos recueillis par Thierry Le Bras)

 

31.10.2009

GRIGRIS ET MISTIGRIS EN SPORT AUTOMOBILE

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 Dans l’esprit des amateurs, le sport automobile s’associe traditionnellement à des sensations de plaisir intense au volant, à des duels magnifiques, à la maîtrise de machines extraordinaires, à des exploits, à des joies intenses ou à des déceptions cruelles, à des enjeux financiers considérables, et parfois hélas à des drames.

 

Mais le monde de la course auto est également un monde de superstitions. Pour le raconter, je vous propose un docu-fiction mettant en scène des personnages récurrents de mes romans. Les lecteurs habituels des livres dont David Sarel est le héros connaissent Sébastien Ménier, l’ami journaliste qui partagea la plupart de ses aventures. Sébastien interviewe ici David.

 

Le DOCU-FICTION n’est ici qu’une technique de présentation. Les anecdotes rapportées sont authentiques, tout comme les noms des pilotes concernés.

 

Halloweenement vôtre, je vous souhaite une bonne lecture et un sommeil sans cauchemar la nuit prochaine.

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Sébastien Ménier : Le monde de la course automobile conserve la réputation d’un univers de superstitions. Ce caractère ne s’avère-t-il pas en contradiction totale avec la technologie, le rationalisme et l’extrême précision que requiert la compétition, surtout en F1 ?

David Sarel : En effet, le monde de la F1 n’échappe pas à certaines croyances, comme d’ailleurs tous les sports mécaniques. Les superstitions, les rites et les coutumes servent à rassurer l’homme face à ses doutes et à ses craintes. Je pense donc que la superstition en F1 répond à une logique. D’abord, les pilotes prennent des risques, même si la sécurité des monoplaces contemporaines a beaucoup évolué. En outre, si les F1 modernes utilisent des technologies de pointe, la recherche des performances contraint les ingénieurs à exploiter le règlement au maximum aux dépens de la fiabilité. Colin Chapman, le fondateur de Lotus, disait que la F1 parfaite, c’était celle qui franchissait la ligne d’arrivée en tête et tombait en panne juste après le drapeau à damier. Cela signifiait que les ingénieurs avaient trouvé la limite de la performance et de la fiabilité. Mais en cherchant cette extrême limite, on risque bien sûr la défaillance mécanique. Le pilote redoute donc la panne. Demande à Kimi Räikkönen ce qu’il en pense. Tout au cours de la saison 2005 par exemple, il se montre dominateur sur la piste et il s’inclinera au championnat par la faute des Dieux de la mécanique qui s’acharnent sur sa McLaren.

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SM : La superstition a-t-elle existé à toutes les époques de l’histoire de la F1 ?

DS : Absolument. Je donnerai des exemples de pilotes de plusieurs générations. Alberto Ascari naquit en 1918 et remporta deux titres de champion du monde, un en 1952, l’autre en 1953. Il était connu comme un homme très superstitieux et redoutait terriblement les chats noirs, au point de rester devant la porte de sa maison pendant des heures s’il trouvait un félin de cette couleur sur le paillasson. Jamais il n’aurait osé chasser le mistigri de crainte que cet acte lui porte malheur.

Au cours des années 80, Philippe Alliot définissait la superstition comme une manière de réagir face au danger. « J’ai connu l’époque où nous n’osions pas nous donner rendez-vous le dimanche soir après la course, par pure superstition, reconnaissait-il. Puis, le temps aidant, nous nous étions installés dans un confort moral, très relatif, qui nous faisait penser que nous allions rentrer dans notre famille après chaque Grand Prix. »

 

SM : Pourquoi les organisateurs d’épreuves n’attribuent-ils jamais le numéro 13, sauf si un concurrent en fait expressément la demande ?

DS : Le 13 est censé porter malheur. Cette tradition dans les sports mécaniques remonte à 1926. Paul Torchy et le Comte Massehi se sont tués en course à deux semaines d’intervalle en portant le numéro 13. Tu remarqueras que la peur du 13 ne concerne pas que le monde du sport. Dans de nombreuses villes, les numéros de rues évitent le 13. La numérotation passe de 12 à 12 bis puis 16, ou carrément de 12 à 14. Il existe tout de même quelques écuries qui réclament le 13, notamment celle d’Yves Courage dans les courses d’endurance. Mais lorsqu’il baptisait ses voitures par un numéro accolé à la marque Lotus, Colin Chapman passa directement de la 12 à la 14 en ignorant le 13.

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Le numéro 17 est la seule superstition, témoigne le pilote italien Beppe Gabbiani

 

SM : D’autres numéros sont-ils associés à de telles craintes ?

DS : Objectivement, oui. En Italie, c’est le 17 qui est présumé attirer le malheur. Sans doute à cause de l’anagramme de son écriture en chiffres romains. XVII devient VIXI, ce qui se traduit par j’ai vécu, donc je suis mort. Beppe Gabbiani reconnaît qu’il n’a jamais aimé le numéro 17

Au Japon, le 42 terroriserait un pilote. Dans la langue du Pays du soleil levant, 42 se prononce shi ni, soit presque shi nu qui veut dire mourir. Une histoire très curieuse conforte cette croyance. Au Grand Prix du Japon 1963, Masao Asano pilote l’Austin Healey N° 42. Il rit de ce qu’il considère comme une vieille superstition ridicule. Il prend la tête de la course d’entrée. Soudain, l’Austin lui échappe, défonce les barrières de sécurité et termine sa course dans un ravin. Masao périt dans l’accident. Un an plus tard, les spectateurs se pressent autour du circuit pour l’édition suivante du GP du Japon. Cette fois, les organisateurs n’ont pas attribué de numéro 42. Le classement des voitures ne fait pas encore appel à l’électronique embarquée. Des crieurs placés au bord de la piste hurlent les numéros des bolides qu’ils voient passer à des officiels qui les notent. Surprise, à la fin de la course, une voiture portant le numéro 42 a couvert huit tours. Personne ne saura la décrire, pas plus que le casque de son pilote. Masao Asano aurait-il obtenu du Maître du Paradis des pilotes l’autorisation de redescendre sur terre le temps de courir sa dernière course ?Je préciserai que si le 13, le 17 et le 42 s’associent à des notions de malheur, d’autres nombres bénéficient d’une meilleure réputation. En Chine par exemple, le chiffre 8 porte bonheur et apporte la fortune. Résultat, une plaque minéralogique APC 888 mise aux enchères fut adjugée au prix de 26.000 €. Si un team chinois s’engage au Mans, il tentera sans doute d’obtenir le numéro 8 ou le 88.

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Malgré le numéro 8 de son Audi, Pierre Kaffer connaîtra de nombreux soucis aux 24 Heures du Mans 2004

 

SM : A part les nombres maudits, quelles sont les superstitions les plus redoutées dans le monde de la F1 ?

DS : Certainement le chat noir. N’affirme-t-on pas encore de nos jours qu’un chat noir s’est installé dans le cockpit lorsqu’un pilote connaît une série de problèmes mécaniques ? Et c’est parfois difficile de se débarrasser du mistigri.

Par ailleurs, certains pilotes cèdent à une croyance qui leur est propre. Marie-Claude Beaumont ne voulait pas courir avec une voiture verte. Ne me demande pas pourquoi, je n’en sais rien. Damien Brémant (*) , le pilote de F1 de l’Écurie Priceley (**), ne veut pas d’une voiture de tourisme rouge, ni de manière permanente, ni en location dans les régions où il part disputer des Grands Prix. La raison de cette superstition est liée à deux événements de sa vie personnelle que je rapporte parce qu’il s’en est ouvert récemment à tes confrères. La mère de Damien courait en Rallycross. Elle est décédée d’un infarctus un week-end de course sous les yeux de Damien après la fin d’une manche. Damien était adolescent à cette époque. Madame Brémant venait d’acheter une nouvelle voiture de tourisme, une BMW rouge dont elle avait pris livraison à la concession la veille de l’épreuve. Puis plus tard, l’année où il débuta en F1, Damien se fit attribuer une Yamamodo (**) rouge au Grand Prix d’Espagne. En se rendant du circuit à l’hôtel le vendredi soir, il fut percuté par un camion volé qui brûlait un feu rouge. Le conducteur du camion prit la fuite à pied. Damien ne parvint pas à sortir de la voiture. Il fallut le désincarcérer. Par chance, il ne souffrit d’aucune blessure trop grave mais seulement de côtes cassées et de nombreuses contusions. Il ne put pas disputer le Grand Prix. Depuis, Damien ne veut plus de voiture de tourisme rouge.

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SM : Existerait-il au plan général des couleurs maudites au même titre que des numéros terrifiants ?

DS : A ma connaissance non. J’ai lu qu’il exista longtemps une superstition selon laquelle une voiture verte ne pouvait pas gagner les 500 miles d’Indianapolis. Mais un des plus grands pilotes de tous les temps lui a tordu le cou. En 1965, l’Écurie Lotus de Colin Chapman veut gagner à Indy. Le team anglais tient tant à cette course qu’il a tiré un trait sur le prestigieux Grand Prix de Monaco. Jim Clark pilotera la nouvelle Lotus 38 numéro 82. La carrosserie est verte avec une large bande jaune. Il remporte la course avec sa voiture verte, mettant un terme définitif à la superstition.

 

SM : Normal, le vert, c’est la couleur de l’espérance après tout…

DS : Ce fut sans doute ce que pensa Alan Jones. Il portait toujours un slip vert lorsqu’il courait en F 1.

 

SM : L’équipement de la personne devient donc objet de superstition ?

DS : Plus souvent que tu le penses. Maurice Trintignant portait constamment un bonnet de laine avec un pompon porte-bonheur et serrait contre lui un petit ours en peluche. Nico Rosberg fit une déclaration amusante au début de sa carrière en F1. « Je suis plutôt superstitieux. Je possédais une paire de chaussures de course, et mes résultats étaient à ce point bons quand je les portais que je me suis dit qu’elles contribuaient peut-être à me faire rouler vite. J’ai donc continué à les porter même quand elles ont été trouées ».

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"Après sa victoire au dernier Grand Prix de la saison 2006, Felipe Massa révéla un de ses secrets. « Si mon week-end commence bien, j’utilise le même caleçon le samedi. Si cette journée s’avère être bonne également, je le remets le dimanche. C’est ce que j’ai fait au Brésil. ».

Longtemps, le pilote motocycliste Valentino Rossi qui pensa un temps rejoindre les rangs de la Formule 1 soumettait ses combinaisons à un rite particulier. Lorsqu’il mettait une combinaison neuve, il se roulait avec sur le goudron afin de montrer au cuir à quel point le bitume était dur. Mais un jour, il chuta avec une combinaison qu’il avait étrennée de cette manière. Il considéra alors que le rite ne fonctionnait plus et l’abandonna.

 

SM : Peut-on parler de superstitions dans la gestuelle des pilotes ?

DS : Absolument. Valentino Rossi justement effectue toujours une série de gestes quand il s’assoit sur sa moto avant un départ. Il tire sur ses gants, il ajuste son casque, il s’accroupit face à la roue arrière pour en vérifier l’axe. C’est une forme de superstition. Freddy Vivien (*) s’avouait superstitieux lorsqu’il courait en F1. Il enfilait toujours la manche droite de sa combinaison avant la gauche, faisait coulisser deux fois la fermeture éclair, laçait puis relaçait ses bottines, sans parler des manies d’un jour, comme garer sa voiture de tourisme à une place précise dans le parking tout un week-end parce qu’il avait réalisé la position de pointe après l’avoir rangée à cette fameuse place.

Tout ça parce que les pilotes guettent un signe rassurant qui leur annonce la victoire et leur garantit qu’ils ne vont pas se planter.

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SM : Quelles sont tes propres superstitions ?

DS : Un peu le chat noir, je l’avoue. Autrement, j’ai gardé les mêmes couleurs de casque depuis mes débuts en karting quand j’étais gamin. Un fond bleu métal foncé avec un liseré orange dessiné autour de la visière. J’ai aussi une manie. En rallye, je fais le tour de la voiture dans le parc fermé avant de monter dedans. En fait, c’est mon pote Nick (*) qui me navigue toujours en rallye qui s’en est aperçu. Moi je le fais machinalement.

 

SM : Et un objet fétiche, un bracelet par exemple ?

DS : Tu es observateur. C’est vrai. Je porte toujours au bras droit un bracelet en poils d’éléphant.

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"Comme Michael Schumacher, Damien Brémant (*), Alain Delon, Nicolas Sarkozy, Daniéla Merle (*), des personnes que j’admire, j’ai cédé à cette mode issue d’une vieille légende qui veut que le porteur d’un tel bracelet sera protégé contre la maladie et connaîtra une grande fortune. Les nœuds constituant ce bracelet symbolisent les forces de la vie – le soleil, le vent, le feu et l’eau – et le cycle des saisons. Il en ressort un équilibre qui mélange la terre et la nature, ce qui permet au porteur de se sentir en symbiose avec les éléments et la vie. La bonne fortune le protège et le guide.

 

SM : Une question délicate. Crois-tu que les superstitions soient fondées ?

DS : Je te répondrai d’abord par une citation de Balzac. « Aujourd’hui, tant de faits avérés authentiques sont issus des sciences occultes, écrivit l’auteur de la Comédie humaine au XIXème siècle. Un jour ces sciences seront professées comme on professe la chimie et l’astronomie. »

« Nous comprendrons sans doute dans l’avenir des événements qui nous paraissent mystérieux aujourd’hui. Mais la force – ou la faiblesse – de l’esprit génère parfois des phénomènes étranges. Sans oublier le rôle de la confiance du pilote. Un pilote motivé et serein risquera moins l’accident qu’un pilote tendu et mal dans sa peau. A titre d’exemple, François Cevert est mort dans des circonstances où il se croyait trahi par Ken Tyrell.

Je crois donc sincèrement que le respect d’un rite influence l’état mental du pilote et en conséquence ses performances et sa sécurité.

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« Je n’écarte cependant pas totalement l’inexplicable, le rôle d’éléments quasi surnaturels dans la destinée. L’exemple d’Alberto Ascari interpelle les esprits les plus rationnels. Le père d’Alberto Ascari, pilote automobile lui-aussi, se tua à Montlhéry un 26 de l’année 1926 à l’âge de 37 ans. En 1955, Albert qui approche de l’âge où son père disparut ne veut pas courir un 26. Au Grand Prix de Monaco, sa Lancia numéro 26 plonge dans le port. Il s’en tire de justesse. Quelques jours plus tard, il se rend au circuit de Monza où son jeune compatriote Eugenio Castelloti peaufine les réglages d'une Ferrari 750 catégorie sport qu'il doit partager avec lui à l'occasion des prochains 1000 kilomètres de Monza. Alberto ne pense pas participer à cette séance d’essais. Il n’a pas amené le casque bleu qu’il porte toujours en course parce qu’il est censé lui porter chance. Nous sommes le 26 mai 1955. Jamais Alberto n’aurait conduit en compétition un 26 cette année-là. Mais il ne s’agit que d’une séance d’essais… Le pilote italien ne résiste pas à l’envie de tester le bolide. Il s’élance sur la piste en tenue de ville et sans casque. Dès le deuxième tour, la Ferrari lui échappe et sort de la piste. Le pilote est éjecté à plus de dix mètres de sa voiture. Trente ans après son père, Alberto Ascari trouve la mort au volant un 26 de sa trente-septième année… Hasard ou malédiction ?

Et je conclurai en citant une étude très sérieuse des biorythmes effectuée en 1973 par l’American Society of Safety Engineers Journal et reprise dans le magazine Monde inconnu dans son numéro 9 du mois d’août 1990 (***). L’étude porta sur 1.000 accidents impliquant des pilotes d’avions, des pilotes de F1, des conducteurs de trains, des chauffeurs routiers et des personnes que leurs professions contraignaient à parcourir régulièrement des kilométrages importants. Elle révéla que 90% des sinistres étaient intervenus un jour considéré comme critique par l’étude du biorythme. Troublant n’est-ce pas ? »

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Le fantastique vous intéresse ? Ses rapports avec l’automobile vous fascinent ? Alors, rendez-vous sur CONFIDENTIEL PADDOCKS. Cliquez sans perdre  une seconde sur :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-a-l-app...

 

Vous y découvrirez l’histoire incroyable de la voiture de James Dean dont il est permis de se demander si elle ne fut pas victime d’une véritable malédiction mécanique !

 

(*) personnage de fiction appartenant à l’univers des Aventures de David Sarel

(**) marque de fiction

(***) les lecteurs l’auront compris, David Sarel s’aide de notes dans ses réponses. Le schéma de l’interview, préparé à l’avance avec son ami Sébastien Ménier, lui permettant d’aborder les questions qu’il souhaitait traiter

 

Thierry Le Bras

 

28.10.2009

JOHN ET JENSON BUTTON, ou les valeurs du Rallycross

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John Button brilla en Rallycross

 

Jenson Button a remporté le titre de Champion du monde de F1 2009 dès le Brésil, avant le Grand-Prix d’Abu Dhabi qui se disputera ce week-end.

 

Jenson est le fils d’un ancien pilote anglais de Rallycross. En qualité de Breton presque voisin de Lohéac où l’Écurie Bretagne, le Comité des fêtes de Lohéac et Michel Hommel, lancèrent le Rallycross en France, je ne pouvais pas ne pas souligner ce fait.

 

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John et Jenson, la belle histoire d’un père et d’un fils

 

D’autant que le passé sportif de John Button a forcément contribué à l’éducation qu’il donna à son fils Jenson et aux valeurs qu’il lui inculqua. « L’esprit du Rallycross, c’est  la guerre sur la piste, mais le respect et l’amitié en dehors », affirme Jean-Luc Pailler, onze fois Champion de France et une fois Champion d’Europe de Rallycross. C’est tout à fait Jenson ! Sa philosophie de la course respire ce principe. Sa course agressive au Brésil puis ses accolades avec Rubens Barrichello et les félicitations qu’il reçut de nombreux autres pilotes soulignent cette parenté avec l’esprit du Rallycross. Ça fait du bien dans une F1 où les mauvais actes et comportements de certains – toujours les mêmes – ne donnent pas l’image du monde de gentlemen qu’auraient appelé les Fangio, Moss, Hawthorn, Clark, Brabham, McLaren, Hill, Ickx ou Stewart…

 

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Jenson Button, un sportif accompli qui pratique aussi le triathlon

 

John Button a beaucoup soutenu son fils. Toujours présent dans les stands comme Anthony Hamilton, le père de l’autre Champion du monde britannique en activité en F1. La comparaison entre les papas des champions du monde anglais se limitera cependant à l’amour pour leurs fils et à leur présence sur les courses. Car si Anthony Hamilton a découvert la compétition avec son fils et s’est impliqué dans les aspects financiers de sa carrière, John est foncièrement un pilote anglais mû par le fighting spirit hérité des glorieux aînés qui firent la réputation des pilotes britanniques. John s’est distingué en Rallycross, une discipline de furieux. Il sait ce que ressent un pilote quand il pose les fesses dans un baquet et sangle son harnais. Il connaît la joie immense de franchir la ligne d’arrivée en tête comme les week-ends où tout va mal dès les premiers tours de roues de la première séance d’essai jusqu’au dimanche soir.

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Jenson fait partie des grands pilotes, c’est incontestable

 

Puis John Button s’est intéressé au karting. Il a préparé les karts de Jenson, l’a amené de course en course, a préparé d’autres karts pour faire bouillir la marmite. Car contrairement à ce qu’ont parfois voulu faire croire certains détracteurs, Jenson n’a rien d’un enfant gâté. Son père et lui ont connu des périodes financièrement difficiles, des moments où il fallait emprunter aux copains pour mettre du carburant dans le camion pour rentrer le dimanche soir après les courses. Jenson a été élevé par son père après le divorce de ses parents. Le père et le fils ont traversé beaucoup d’épreuves ensemble. Et ils ont vécu ce qui soude le mieux un père et un fils, le partage d’une passion. Une relation qui explique aussi pourquoi John Button, quoique très présent, ne donne jamais l’impression d’empiéter sur la liberté de son fils ni d’entraver son épanouissement.

 

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Jenson Button, le Champion du monde 2009

 

Pour en savoir plus sur Jenson et découvrir une analyse de sa carrière et de sa saison, je vous invite à une visite sur CONFIDENTIEL PADDOCKS,  le blog de Patrice Dusablon :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-quand-l...

 

Jenson Button est un beau Champion du monde de F1. Son nom fait honneur à la liste de patronymes qui figurent sur ce prestigieux palmarès.

 

Thierry Le Bras

 

23.10.2009

DIDIER PIRONI A L'AGACI 300

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Photo : José Martins Pirès

 

1982 : Didier Pironi réussit une saison exceptionnelle en F1. Il est l’homme fort du peloton. Il va pourtant s’autoriser une récréation au volant d’un VHC, une Ferrari P4 appartenant à David Piper.

 

Johnny Rives suivit de près cet épisode original de la carrière de Didier. Les articles qu’il publia dans L’Équipe les 17, 19 et 20 avril 1982 m’ont beaucoup aidé dans la rédaction de ce texte. Ils n’indiquent malheureusement pas comment Didier et David Piper étaient entrés en contact.

 

Le contexte

 

L’AGACI 300 se disputait sur l’autodrome de Linas-Montlhéry. Didier Pironi participait à la course vedette du meeting, le Trophée Léonard Parfums, ouvert aux voitures dites « Super Sports Cars ». L’épreuve se courait sur 15 tours, soit 51,075 km.

 

Signalons que l’épreuve était organisée le dimanche 18 avril 1982, soit une semaine avant le fameux Grand Prix d’Imola qui donnerait lieu au duel fratricide que Didier remporterait face à son équipier Gilles Villeneuve.

 

Une rumeur circulait dans la presse depuis quelques jours. Ferrari aurait envisagé de renoncer à la F1 très prochainement. Interrogé par Johnny Rives, Didier tint à mettre les choses au point.

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« Je n’y crois pas du tout, commenta le pilote français. Je suis persuadé qu’il ne se passera rien avant la fin de la saison. Car si cela devait arriver bientôt, je suis persuadé que Gilles Villeneuve et moi aurions été prévenus. »

 

Didier n’excluait toutefois pas un changement d’orientation de la Scuderia pour les saisons suivantes si la F1 n’adoptait pas un règlement équitable et stable.

 

Une vraie course

 

Les courses de VHC n’avaient pas encore atteint la notoriété qu’elles connurent ensuite chez nous.

           

Si Didier Pironi partait favori au volant de sa Ferrari P 4 de 1967, Dick Attwood, vainqueur des 24 Heures du Mans 1970, entendait bien lui donner la réplique avec sa Porsche 917 de 1971. La P 4 et la 917 n’étaient pas encore de vénérables grands mères. L’une fêtait son quinzième anniversaire tandis que l’autre entrait seulement dans sa onzième année.

 

David Piper, propriétaire de la P 4 confiée à Didier, s’était engagé sur une Ferrari 275 LM. Les frères Mike et Richard Knight pilotaient des Lola T 70. Beurlys retrouvait une Ford GT 40.

 

Aux essais le samedi, Didier s’attribua la pole position en tournant deux secondes au tour plus vite que la Porsche 917 d’Attwood. Seul problème, le moteur Ferrari émettait des bouffées de fumée.

 

Comme prévu, Didier Pironi se détacha dès le départ de la course le lendemain. Au septième tour, il comptait huit secondes d’avance sur la Porsche 917. Soudain, un bruit de moteur l’inquiéta. En grand professionnel soucieux de la voiture qui lui était confiée par un collectionneur, il coupa le contact pour ne pas risquer de casser le moteur. La course fut donc remportée par Dick Attwood devant les Lola T 70 des frères Knihgt.

 

Une voiture agréable

 

Didier conserverait un bon souvenir de cette expérience originale. Pour preuve, ses déclarations à Johnny Rives après la course.

 

« Je ne me souvenais plus que cela pouvait exister de piloter de cette façon. Depuis trois ans en F1, nous sommes contraints à un pilotage ultra-précis, évitant les glissades car elles font perdre du temps. C’en est à un point qu’il faut parfois se forcer pour aller vite. J’en arrivais à oublier qu’on peut conduire autrement.

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Photo : Thierry Le Bras

 

« Mon contact avec la Ferrari P 4 de Piper à Montlhéry m’a permis de mesurer à quel point nous sommes éloignés d’une notion à mon avis plus saine de la conduite en course. Cette voiture était équipée de pneus modernes, des Avon dernier modèle. J’ai été enchanté de son comportement, car ils permettent d’aborder un virage un peu trop vite et de corriger par des glissades qui ont l’avantage d’être spectaculaires et de ne pas faire perdre de temps. Les zones de freinage sont plus allongées qu’en F1. Dans les virages, ça glisse et le pilote contrôle. Il flirte avec la limite impunément, il la situe mieux, ce qui lui permet de frôler les bordures en toute sécurité.

« En F1, nous n’avons plus du tout de plaisir. Pour être efficace, il faut éviter de faire du spectacle. En outre, les suspensions sont tellement dures qu’on est secoués sèchement à bord, au point de parfois manquer une pédale ou le levier de vitesses lors de manœuvres. Ce qui provoque des fautes stupides et se paye cher. En outre, la limite est moins perceptible à cause de l’effet de sol, car elle dépend du contact des jupes avec le sol, lequel varie avec les inégalités de celui-ci. »

 

Précisons enfin que Didier Pironi avait bouclé son meilleur tour en course en 1’26’’86, soit à une moyenne de 141,09 km/h et que Dick Attwood remporta la course à une moyenne de 135,702 km/h.

 

Merci à José Martins Pirès qui a eu la gentillesse de me faire parvenir la photo de Didier au volant de la Ferrari P4 sur le circuit de Montlhéry

 

Thierry Le Bras

 

17.10.2009

LE RETOUR DE GORDINI ?

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Le moyen-âge redoutait les sorciers et leur prêtait des intentions et pouvoirs maléfiques. Notre époque se passionne au contraire pour les bons sorciers. Lorsqu’Elisabeth Montgomery interpréta le rôle de Samantha Stephens, elle donna leurs lettres de noblesse aux pouvoirs surnaturels en bougeant son joli petit nez. Elle nous entraîna avec enthousiasme dans l’univers magique de Ma sorcière bien aimée. Plus récemment, les 3 belles filles de Charmed se battirent contre les forces des ténèbres afin de protéger le monde des démons les plus maléfiques. Quant à Harry Potter, il a suivi le cycle complet de l’École des sorciers de Poudlard et s’est posé en rempart contre les soldats du mal.

 

Mais bien avant ces héros de fiction, un homme assura la transition entre les sorciers nuisibles  et les sorciers protecteurs. Je veux parler du sorcier Amédée Gordini, celui sans qui nous autres, pauvres moldus, aurions été privés d’objets magiques tels que la R8 et la R12 Gordini.

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Pour ceux qui se souviennent d’un temps où les radars ne persécutaient pas encore les automobilistes , le nom Gordini évoque des saveurs aux épices d’émotions remplies de plaisir et de temps forts. Rien ne prédisposait pourtant le petit Amadéeo à entrer dans l’histoire. Enfant pauvre, il commença à travailler chez un forgeron à l’âge de 10 ans. Les années passèrent et le don de la mécanique s’épanouit chez Amédée.

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En 1930, nous le retrouvons en France comme pilote d’une Simca-Fiat préparée par ses soins, Il gagne des courses. Simca lui fait confiance. Il prépare les Simca 5 et les Simca 8 qui représentent la marque en compétition.

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Aux 24 Heures du Mans 1939, il remporte sa catégorie et la 10ème place au général. En 1945, Gordini remporte la première épreuve de l’après-guerre au volant de sa vieille Simca 8. Simca lui renouvelle sa confiance. D’autres triomphes viendront, notamment avec ses monoplaces qui tiennent la dragée haute aux Ferrari et Maserati.

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 En 1952, Jean Behra et sa Gordini battront même les Ferrari à Reims. La monoplace bleue sortie du chapeau du sorcier porte haut les couleurs de la France en compétition.

 

Mais le monde change. Gordini n’est pas un homme d’affaires.  Il ne parvient pas à trouver les moyens de continuer à rivaliser avec Ferrari et Mercedes. Les monoplaces bleues quittent les circuits. Le Sorcier met sa magie au service de Renault. Sa magie produira la Dauphine Gordini, la R8 Gordini, la R12 Gordini, la R17 Gordini ainsi que les mécaniques qui équiperont les Alpine en rallye comme en circuit.

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 Le sigle Gordini pourrait réapparaître bientôt sur des modèles sportifs de la marque au losange. Une bonne idée dans une période où le Vintage fait fureur. BMW avec sa mini, VW avec sa nouvelle Coccinelle, Fiat avec sa 500, et Citroën avec les séries DS ont su surfer sur cette tendance. Lancée en mars dernier par Stephen Norman, la nouvelle a été reprise le 3 octobre 2009 par Aujourd’hui en France – Le Parisien, partenaire de Renault en F1 et défenseur à ce titre de l’image de l’écurie comme d’autres médias influents, notamment TF1 et Europe 1.

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Après le Crash Gate organisé par Briatore au service de  son pilote préféré dont il gère aussi une partie des intérêts, la marque au losange a besoin de redorer son blason. Dommage que monsieur Briatore ait confondu ses intérêts personnels et ceux des pilotes qu’il manageait avec ceux du Losange. Dommage aussi que son aversion des pilotes français nous ait privés de voir des garçons comme Franck Montagny, Loïc Duval ou Sébastien Bourdais dans le baquet d’une Renault. Dommage encore que des gougnafiers d’Enstone aient terni par ricochet l’image des ateliers de Viry-Châtillon qui savent fabriquer des moteurs de tout premier ordre et les mettre au service de pilotes qui n’ont pas besoin de tricher pour monter sur les podiums comme l’ont brillamment démontré Sebastian Vettel et Mark Webber cette année. Mais il est trop tard pour réécrire ce triste chapitre de l’histoire sportive de Renault. Mieux vaut se souvenir de pages plus éloignées dans le temps et se tourner vers le futur.

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Nous, les R8 G et les R12 Gordini, nous avons adoré. Tout comme l’époque des exploits des pilotes dirigés par Jacques Cheinisse et Gérard Larrousse. Et aussi comme les fous furieux qui pilotent leurs Clio groupe N, groupe A, Super 1600 ou R3 à la limite en rallye, en rallycross, en circuit ou en course de côte.

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Alors, que des Renault Gordini viennent nous rappeler de belles heures de Renault en course auto, on en redemande. J’ai récemment consacré une petite fiction en 4 chapitres à la R8 Gordini qui permit à de nombreux pilotes de se révéler en compétition (cf. les 4 notes Clin d’œil à la R8 Gorde dans les notes récentes).

 

Impossible de conclure cette note rendant hommage à Gordini sans vous inviter à surfer sur le portail R8 Gordini : http://www.r8gordini.com

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Vous y trouverez des infos, des news, des explications techniques, des photos, des pages d’histoire, des rubriques qui nourriront voluptueusement votre amour de la R8 Gordini et d’autres modèles ultra-sportifs nés à Dieppe ou dans les ateliers du Losange. Vous voyagerez avec les Gordinistes au gré des manifestations ouvertes aux amateurs de la marque. Le voyage vous conduira jusqu’en Finlande, en compagnie d’un passionné de R8 Gorde qui connaît bien le Champion du monde de F1 2007, Kimi Räikkönen.

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Et j’oserai une petite suggestion. Messieurs les décideurs de chez Renault. si vous nous ressuscitiez aussi des Alpine ? Une descendante à la Berlinette nous ravirait. Et dans cette époque Vintage, votre équipe marketing trouverait bien le moyen de rentabiliser le projet.

 

Thierry Le Bras

14.10.2009

CONFIDENTIEL PADDOCKS

  

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 Le Web permet à des passionnés de sport auto de raconter leurs expériences, qu’elles soient d’hier ou d’aujourd’hui, de mettre en ligne des photos qui évoquent des temps forts, de réveiller des souvenirs ou/et la curiosité de ceux qui surfent sur la toile.

 Je vous invite aujourd’hui à découvrir CONFIDENTIEL PADDOCKS, le nouveau blog ouvert par le Québecois Patrice Dusablon.

http://confidentielpaddocks.over-blog.com

 

CONFIDENTIEL PADDOCKS couvrira  la course automobile en général. Contrairement aux sites spécialisés, par exemple F1-Live ou Nascar.com, CONFIDENTIEL PADDOCKS se veut un blog qui traite d'une multitude de disciplines, même si la F1 et la Nascar y sont particulièrement à l'honneur. En outre, vous y retrouverez des récits de courses historiques et des tranches de vie  d'anciens pilotes. Enfin, vous y découvrirez également des fictions dans l'univers de la course.

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 Le traitement à chaud de l’actualité est l'apanage des sites spécialisés, Ceux qui travaillent sérieusement et apportent une info réelle et de première main sur ce créneau disposent d’une rédaction importante ainsi que  des accords avec des agences de presse qui se déplacent sur tous les Grands-Prix et sont en contact permanent et personnel avec les principaux acteurs de la F1. CONFIDENTIEL PADDOCKS privilégie une autre approche. Les rédacteurs ont leurs sources et leurs contacts, bien sûr, mais ils ne vivent ni officiellement ni officieusement de leurs interventions sur quelque sites ou forums F1 que ce soit. Ils ne se relaient pas 24 heures sur 24 comme des veilleurs  pour passer des messages partout. Mais leur indépendance financière par rapport aux intérêts d’acteurs de la F1 garantit justement leur honnêteté intellectuelle et leur indépendance. Cette situation ne leur permet donc pas d’annoncer les scoops à la vitesse de l’AFP ou de CAPSIS International, mais CONFIDENTIEL PADDOCKS ambitionne plutôt d’apporter un vrai plus en fournissant à ses lecteurs des analyses inédites et des éditoriaux réfléchis sur le sport automobile. Conformément à cette philosophie, vous trouverez sur ce blog des sujets ciblés assortis d’analyses approfondies sur notre sport favori. Bref, un contenu inédit et surtout varié qui permettra aux fans de course automobile de partager leurs passions avec d'autres internautes dans un environnement où la diversité d'opinion est la bienvenue et, surtout, où le respect est la règle d'or.

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 Beaucoup de ceux qui  s’intéressent  non seulement à la course Vintage mais aussi aux épreuves contemporaines et notamment à la F1 auront observé qu’il existe sur certaines plateformes des agressions systématiques des supporters de certains pilotes, particulièrement Lewis Hamilton et Kimi Räikkönen. Des actions de lobbying de grande envergure et d’une violence verbale inouïe ont été entreprises pour tenter de les discréditer et de décourager les amateurs de F1 qui les estiment d’intervenir sur les sites, blogs et forums. Les plus connaisseurs auront reconnu des méthodes dignes d’un lynchage médiatique de Lewis et de Kimi. Une chasse à courre malhonnête, perfide, ignoble, qui a découragé et dégoûté beaucoup d’intervenants sur le Net. Sur CONFIDENCES PADDOCKS, les supporters de ces pilotes et des autres peuvent s’exprimer sans crainte. L’administration du blog les protégera des agressions qu’ils ont pu constater ou subir ailleurs.

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 Compte tenu de l’orientation de Circuit Mortel, les visiteurs de mon blog y recherchent  des sujets sur la course et l’automobile Vintage plus que des actualités. Ils trouveront des chroniques er des images historiques qui leur feront plaisir sur CONFIDENTIEL PADDOCKS. Je prêterai en effet ma plume, ou plutôt mon clavier à ce nouveau blog dont l’approche et la philosophie m’ont séduit.

 Les lecteurs de mes romans (1) connaissent déjà Éric Trélor, le parrain de David Sarel, un de mes principaux héros récurrents, ainsi que Freddy Vivien. Mais Ronnie n’est apparu jusqu’à présent que dans quelques nouvelles sur le Net. Pourtant, lui-aussi est un personnage attachant dont des tranches de vie méritent d’être rapportées. Ce sera le cas régulièrement sur CONFIDENTIEL PADDOCKS. Ronnie est un pilote au gros cœur, mais surtout un type simple, sain et généreux qui rappellera à chaque lecteur un bon copain qu’il a connu dans le sport automobile ou ailleurs. Une histoire le mettant en scène est déjà ne ligne.

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 Elle se déroule en 1964. Outre le cadre de la fiction, vous trouverez des Peugeot 403 et 404, une belle brune qui ne compte pas pour des prunes, un départ de course très chaud et un premier virage source d’incidents de course, des images d’Aston Martin, de Jaguar Type E, de Volvo 122 S, d’une Matra…

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-3665934...

  

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Ronnie est toujours resté proche d’Éric et de Freddy mais il n’a jamais voulu devenir pilote Vivia car il entendait montrer à tous, à commencer par ses meilleurs amis, qu’il pouvait réussir tout seul en sport automobile. Dominique a partagé ses aventures automobiles et lui fit l’assistance lors de toutes les courses auxquelles il participa sans en manquer une seule. Je me ferai le plus fidèlement possible l’interprète de Freddy, Éric et Dominique pour vous raconter Ronnie.

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Le concept de ces fictions rédigées pour CONFIDENTIEL PADDOCKS intègrera à chaque fois la présence d’une jolie fille et une référence historique. Je vous laisse découvrir la jolie brune qui compte pas pour des prunes en cliquant sur le lien ci-dessus. Et pour vous y inciter un peu plus, je vous donne un indice sur le point d’histoire. Dans cet épisode de la vie de Ronnie, le dernier tiers du texte retrace la vie et la carrière d’un grand champion disparu, Mike Hatwhorn. Le prochain épisode évoquera largement une jolie brune aux yeux d’émeraude qui s’impriment dans la mémoire ainsi que l’Alfa Roméo Giulia TZ 1965.

 

CONFIDENTIEL PADDOCKS vous accueillera avec convivialité. Alors n’hésitez pas à le visiter et à y intervenir.

 

Thierry Le Bras

 

(1) Vous aimez les émotions que procure la course automobile et vous souhaitez les retrouver dans des fictions ?

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C’est possible, découvrez  les romans rédigés par Thierry Le Bras qui mettent en scène l’avocat –pilote David Sarel : « Circuit mortel à Lohéac », « Faits d’enfer à Carnac » et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » ont été édités par Astoure (diffusion Breizh).

 

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