05.11.2007
ICÔNES DES SIXTIES (2)
Monstres conçus pour la course, automobiles directement issues de la série, de nombreuses catégories de voitures trouvaient leur place en compétition
« A cette époque des sixties, il était encore possible de courir avec sa voiture de tous les jours, raconte Philippe Georjan (1). Pas de plateau obligatoire, pas de slicks, juste un arceau, un coupe-circuit, un extincteur et des harnais de sécurité, et les gentlemen-drivers pouvaient s’aligner au départ. Des Fiat 850 et des DS 21 connurent leurs heures de gloire en rallye, sans oublier bien sûr les fameuses R 8 Gordini. Bien sûr, des voitures plus prestigieuses s’illustraient, les Ford GT 40 par exemple.
« Je me souviens particulièrement bien de la Ford GT 40. Mon ami Xavier Ferrant en pilota une en endurance durant les saisons 1967 et 1968. C’était une voiture impressionnante avec son gros V 8 américain qui rugissait dans une gamme de sons rauques qui respiraient la force rageuse et la volonté de propulser l’auto comme une balle dans les lignes droites. Mais même cette voiture se montrait plus docile que les protos d’aujourd’hui. Au Mans 1968 par exemple, Xavier l’a amenée et ramenée du circuit aux vérifications, place des Jacobins par la route. Je m’en souviens très bien parce que j’étais monté à côté de lui. C’était marrant de passer à côté des R4, des 2 cv, des R16 et des autres voitures de tourisme de l’époque avec la GT 40 dont le pavillon arrivait à la hauteur des glaces des voitures de tourisme… J’avais 16 ans à l’époque. Je n’imaginais pas que quelques années plus tard, il faudrait des batteries d’ordinateurs pour faire démarrer un proto et que des ingénieurs modifieraient leurs réglages à distance depuis des hélicoptères survolant les voitures dans la ligne droite des Hunaudières. D’ailleurs, pour moi à l’époque, un ordinateur, c’était un gros truc énorme, au moins de la taille d’une salle à manger, qui crachait des cartes perforées. C’était bon pour le Pentagone, pour Ford, pas pour des écuries, et encore moins pour des particuliers.
« 1968, c’était aussi l’année des événements. A la suite des grèves, les 24 Heures du Mans se retrouvèrent reportées au mois de septembre. La course se déroula dans des conditions différentes, une température plus fraîche, une nuit plus longue. Mais une course toujours aussi passionnante. Cette année-là, elle ne réussit pas à Xavier et à son équipier Dany de Suliac. Les soucis techniques s’abattirent sur eux au début de la nuit et ils ne purent pas refaire leur retard malgré une fin de course menée au rythme d’un Grand Prix. Il faut réunir tant de conditions pour remporter une course comme Le Mans qu’aucune équipe ne peut y parvenir à chaque édition. Bien que déçus, nous nous disions – avec raison - que ce n’était que partie remise.
« Les variétés s’intéressaient aux bandits cette année-là. La superbe Sylvie Vartan s’en prenait à Baby Capone. Johnny Hallyday racontait Bonnie and Clyde. Joe Dassin évoquait la Bande à Bonnot. Ces artistes ne se limitaient cependant pas aux récits de la pègre. Sylvie se souvenait aussi de sa rivière, La Maritza, et affolait les cœurs avec Comme un garçon. Françoise Hardy pensait à la fin de l’amour en se demandait Comment te dire adieu. Claude François ignorait encore que son Comme d’habitude deviendrait un triomphe planétaire, et Mireille Mathieu chantait son accent provençal, celui qu’on attrape en naissant du côte de Marseille.
« J’ai toujours conservé une tendresse particulière pour cette époque des sixties et des seventies. Je ne suis pas le seul si j’en crois leur retour à la mode !
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(1) Philippe Georjan est le héros d’une nouvelle série de romans que prépare Thierry Le Bras. Ces scénarii se déroulent durant les sixties. Vous pouvez déjà lire des nouvelles mettant ce personnage et ses proches en scène :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/07/31/la...
Philippe Georjan ne remplace pas David Sarel, héros récurrent et contemporain dont Thierry Le Bras raconte les aventures dans d’autres romans et nouvelles. En attendant un nouveau roman mettant en scène l’avocat pilote du clan Vivia dès l’année prochaine, vous pouvez bien sûr lire des nouvelles et docu-fictions le mettant en scène dans les archives de ce blog. Sans oublier bien sûr les romans déjà parus (Éditions Astoure, diffusées par Breizh) , « Circuit mortel à Lohéac », « Faits d’enfer à Carnac », et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans ».
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