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09/08/2007

JEAN TODT, UN VRAI GENTLEMAN

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Denis Vaillant, manager du Team Hervieux, avec son pilote Stéphane Dréan

Denis Vaillant, que les amateurs de Rallycross connaissent bien comme manager du Team Hervieux qui fait courir Stéphane Dréan, s’occupa en 1994 de l’équipe bretonne Chotard qui engageait une Porsche 962 aux 24 Heures du Mans.

« J’en ai gardé de super souvenirs, raconte volontiers Denis. Par exemple, j’ai rencontré Jean Todt au début de la semaine. A l’époque, il n’était pas encore chez Ferrari. Il gérait le programme des Peugeot 905 en endurance. C’est un homme charmant en plus d’être un grand manager. En sortant d’un briefing auquel j’étais assis à côté de lui, il m’a demandé si j’avais compris toutes les instructions données aux équipes. Ce n’était pas le cas, loin de là. C’était la première fois que je dirigeais un team au Mans. Alors, Jean Todt a pris le temps de tout m’expliquer et m’a donné ses conseils pour la course. A la fin, il m’a proposé son aide si nous avions besoin de quelque chose et m’a donné une carte de visite signée de sa main avec le message de l’appeler immédiatement si je le demandais. Cela signifiait que si nous avions un problème, nous pouvions aller voir le patron de l’équipe Peugeot ! Dans la nuit du samedi au dimanche justement, nous avons connu un problème de freins sur la 962. J’ai fait arrêter la voiture. Nous étions une équipe de gentlemen drivers. Nous étions là pour nous faire plaisir, pas pour finir la course dans un rail. Je me suis souvenu de l’invitation de Jean Todt. Je suis allé chez Peugeot avec ma carte de visite signée. Quelques secondes après l’avoir présentée à l’entrée, Jean Todt est arrivé. Il était super occupé puisqu’il était en train de gagner les 24 Heures avec les 905, mais il a quand même pris le temps de m’écouter. Je lui ai expliqué mon problème. Il m’a dit, tu vas aller chez Porsche (1) avec un de mes gars, ils vont envoyer quelqu’un voir ta voiture. Je me suis retrouvé avec un des mécanos de Peugeot qui avait travaillé auparavant chez un des teams que Stuttgart suivait de près. Et là, un des gars de chez Porsche est venu voir notre voiture pendant que le mécano délégué par Jean Todt repartait au stand Peugeot. Le mécanicien de chez Porsche a examiné notre 962 et nous a conseillé de la faire repartir. Nous ne risquions rien pour le moment. Il nous a expliqué les signes auxquels il faudrait prendre garde si ça s’aggravait. Il nous a bien conseillés, notre voiture est allée au bout sans problème. Comme quoi l’esprit d’entraide dans le sport auto n’est pas un vain mot. »

(1) il s’agissait d’un des teams privés proches de la firme de Stuttgart

NOTE MODIFIÉE LE 13  NOVEMBRE 2012

 

Denis Vaillant, team manager, et Stéphane Dréan, pilote de Rallycross, sont non seulement des acteurs réels du monde de la course automobile, mais aussi des personnages de roman. Proches du Clan Vivia dans deux romans de Thierry Le Bras, ils jouent leurs rôles respectifs de Team-manager et de pilote.

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 Dans « Circuit Mortel à Lohéac », le Team Hervieux engage une Porsche 911 4 roues motrices aux 24 Heures de Lohéac, une épreuve disputée sur une série de manches se déroulant de 16 heures le samedi à 16 heures le dimanche. Stéphane Dréan et Didier Caradec, pilotes de la 911 aux couleurs blanc et rouge de l’entreprise O.Hervieux, s’avèrent les rivaux les plus dangereux de la Vivia GT de leurs amis Freddy Vivien et Eric Trélor. Mais ce que Denis, Stéphane et Didier ignorent le jour de l’épreuve, c’est que l’équipe Vivia est sous le coup de terribles menaces et que ses membres risquent la mort avant la fin du week-end s’ils ne découvrent pas l’identité de leurs ennemi : http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/30/un-roman-a-lohéac.html 

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Dans « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans », le Team Hervieux engage une Vivia Côte Sauvage dans les épreuves du Championnat LMS et aux 24 Heures du Mans. Les Automobiles Vivia entendent frapper fort aux 24 Heures. Aussi, en plus des trois voitures officielles engagées en LMP2, LMGT1 et LMGT2, Vivia apporte son soutien à deux écuries privées, le Team Hervieux de Denis Vaillant et l’Écurie Calymoun de Caty Caly dont la Vivia Côte Sauvage arbore les couleurs roses et noires de la marque de vêtements de fitness en fibre bio cent pour cent bambou créée par Caty et son associé Moundir (un ancien de Koh-Lanta). Mais une fois encore, l’avocat pilote David Sarel, son parrain Éric Trélor, l’ex-champion de Formule 1 Freddy Vivien et tous leurs proches sont frappés par le sort. Car un ennemi diabolique ne recule devant rien pour empêcher les Vivia de prendre le départ. Un ami de David a été assassiné à l’usine Vivia. L’ennemi ne plaisante pas. Qui veut encore la peau du Clan Vivia ? http://sebsarraude.tumblr.com/post/23431276990/chicanes-et-derapages 
 
Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Caty Caly ne sont pas les seuls acteurs réels du monde du sport automobile dans ce scénario. Au fil des pages, le lecteur croisera aussi Bastien Brière, Julien Mouthon, Pierre-Yves Prié et quelques autres pilotes.

Ces livres sont édités par les Éditions Astoure (diffusées pas Breizh).

Thierry Le Bras

30/07/2007

LA R 12 GORDINI, VOITURE PASSION

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CIRCUIT MORTEL, C’EST AUSSI LE RENDEZ-VOUS DE TOUS LES FANS DE VOITURES PASSIONS

Vous avez des souvenirs liés à la R 12 Gord ? Laissez vos commentaires !

La 12 Gord assuma le poids d’un lourd héritage : succéder au mythe R 8 Gordini, la première voiture populaire conçue pour la compétition.

La 12 Gord partait avec des handicaps : une voiture encombrante, traction avant à une époque où voiture sportive rimait avec roues arrière motrices. Utilisée en Coupe Gordini jusqu’à l’avènement de la R 5 Alpine, la 12 Gord joua pourtant bravement son rôle. Elle se distingua aussi en Groupe 2, classe 1301 – 1600 cm3, tant en rallye qu’en course de côte.

Parmi les pilotes renommés qui coururent en R 12 Gordin, figure Didier Pironi. C’était au Tour de Corse 1975 (j’y reviendrai).

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Comme son aînée, la R 12 Gord suscita bien des passions. Je mes souviens de copains qui, à la fin des années 70 et au début des années 80 ne juraient que par la berline Renault. N’est-ce pas Messieurs Dominique Gourden, Philippe Paviot (ci-dessus), Gilles Mosconi ? Très saine, agréable à piloter, performante, la R 12 Gordini valait beaucoup mieux que son image.

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Dans un univers parallèle, elle sera aussi la première voiture que Philippe Georjan, un de mes héros de fiction récurrents, pilotera en compétition après avoir débuté le rallye en qualité de navigateur de son ami Xavier.

 

Pour les techniciens, nous rappellerons les caractéristiques de la version 1973 (origine) :
* 4 cylindres en ligne de 1.565 cm3 (77 x 84) ; soupapes en tête en V, arbre à cames latéral, bloc et culasse alu, 2 carbu Horiz ; boite 5 vitesses ; 113 ch DIN à 4.500 tr/mn ; 980 kg.

 

NOTE MODIFIEE LE 6 JUILLET 2015

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

La première aventure commune de Xavier et Philippe, au Mans, quand le cadet ne jouait encore qu’un rôle de supporter inconditionnel  http://amzn.to/1nCwZYd

 

Quand Philippe Georjan découvrait qu’en course automobile comme ailleurs, le crime paye souvent  http://0z.fr/110Cx

 

Le portail d’une autre Gordini, la fameuse R8G  http://www.r8gordini.com/

 

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Et pourquoi pas sur Facebook ?

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Thierry Le Bras

13:45 Publié dans Livre, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : r12 gordini, r12 g, gordini, philippe georjan, rallye, vintage |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Imprimer |

27/07/2007

DUEL AU SOLEIL DES COTEAUX (4/4)

FEUILLETON AUTOMOILE

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 Suite des 3 premier épisodes en ligne ICI

1 - http://bit.ly/1trq9Df

2 - http://bit.ly/1vJ6dTB

3 - http://bit.ly/1vjuSMr

Quelques fictions en plus d’infos sur la course auto, tel est le programme du blog CIRCUIT MORTEL Bien sûr, les histoires qui se déroulent dans l’univers de David Sarel, le héros récurrent de mes romans, sont privilégiées. Éric Trélor, parrain de David Sarel, raconte ici au journaliste Sébastien Ménier une course de côte qui l’a particulièrement marqué au début de sa carrière de gentleman driver.

Sébastien Ménier : La tension monte avant le départ, je présume.
Éric Trélor : Oui, forcément. Les courses de côte étaient courtes. Souvent moins de 2 kilomètres. Cela veut dire qu’une erreur ne se rattrape pas. Il faut réussir le parcours absolument parfait, à limite de ce qui est possible partout. Le stress pour moi, c’était toujours quand il restait six ou sept voitures devant. Là, je mettais ma cagoule, mes gants, mon casque, et je rentrais dans la phase finale de la concentration. Après quand il ne reste plus que deux ou trois voitures à partir avant toi, tout va bien. Tu es déjà entré dans la course. Puis on te fait signe d’avancer sur la ligne de départ. Le starter t’annonce les 30 secondes en croisant les index des deux mains, puis les dix avec les dix doigts devant le pare-brise. Tu as enclenché la première. Le starter effectue le décompte des cinq dernières secondes en repliant un à un les doigts de la main devant ton pare-brise. Tu fais monter le moteur dans les tours au rythme du décompte. Ça y est, il te libère. Tu es en course.

Sébastien Ménier : Ton cœur bat plus vite.
Éric Trélor : Tu ne t’en rends même pas compte. Tu montes les vitesses et tu soignes les trajectoires. A Pouillé, les deux premiers virages passaient à fond, mais il y a tout de même quelques millièmes à gagner en passant propre. Puis c’est le freinage avant le gauche. Je freine tard, je rentre une vitesse, je ré-accélère et je plonge dans l’accotement à gauche ce qui secoue un peu l’Alfa. Je sors en dérive. Je sens que l’arrière s’appuie sur les bottes de paille à l’extérieur. Je me régale au volant. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, personne ne peut aller plus vite que moi avec une Alfa. Le temps passe vite. J’arrive déjà au haut du circuit. J’ai franchi la ligne d’arrivée. Je roule jusqu’au parc d’arrivée, un simple champ. Je me gare derrière l’Alfa blanche de Jacques et je cours au panneau d’affichage. Mon temps n’est pas encore tombé. Luc m’annonce qu’il est en tête des Rallye 2. Il ajoute que Jacques a raté son freinage avant le gauche de la descente. Il a bloqué les roues au point de dégager un nuage de fumée (de la gomme brûlée) et frôlé la grosse sortie. Je vois que mon principal rival dans la catégorie des 2 litres groupe 1 a l’air déçu. Pour l’instant, Pierre Sapeur sur l’Escort 2000 RS devance Christine Verrec et sa Triumph de 3 dixièmes et Jacques de plus d’une seconde. Pierre et Christine attendent mon temps avec autant d’angoisse que moi. Il tombe enfin. Je colle six dixièmes à Pierre. Le pilote de l’Escort 2000 RS me félicite, non sans une petite pointe d’amertume. « Là, je ne suis plus, marmonne-t-il. Ça devient déraisonnable, complètement dingue. Je cours pour m’amuser moi. Je ne veux pas y laisser ma peau. » Je le laisse dire. Je crois effectivement que Pierre n’ira pas au-delà d’un certain degré de risque, mais je sais que Jacques, comme moi, est capable d’aller chercher les derniers centièmes, la limite, très, très loin. Sans prétention, ce n’est pas pour rien que nous sommes les hommes à battre dans la catégorie alors que nous n’avons probablement plus les meilleures voitures. Je n’ai pas encore gagné. Il reste une montée de course. Tout peut arriver. D’autant que la rage qu’expriment les yeux de Christine annonce qu’elle pourrait bien trouver la force mentale qui lui permettra de martyriser sa Triumph Dolomite et de venir nous disputer la victoire. Sa voiture développe tout de même 50 chevaux de plus que les nôtres. Un sacré avantage dont elle n’a toujours pas trouvé le mode d’emploi en côte.

Sébastien Ménier : Tu nous a confié tout à l’heure qu’elle réalisait des performances en circuit. Pourquoi n’y parvenait-elle pas dans une autre discipline ?
Éric Trélor La Triumph Dolomite exigeait un pilotage particulier. C’était une voiture brutale. Il fallait la balancer sans hésitation dans les virages, la faire glisser, faire lever les roues. Sur les routes étroites qu’empruntaient les parcours de courses de côtes, ce n’était pas très sécurisant.

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Sébastien Ménier : Que se passe-t-il entre les deux montées ?
Éric Trélor : Une fois les trois litres groupe 1 passées, 5 Commodore dont 4 réaliseront un moins bon temps que moi, nous redescendons en empruntant le tracé du circuit à l’envers.. Mikaël, Stéphane et sa compagne Marianne s’étaient placés dans l’enfilade au début de la montée. Je ralentis et nous échangeons des signes. Je vois qu’ils sont très enthousiastes. Je gare la voiture en bas du circuit. Michel et André sont sur la ligne de départ. Ils contrôleront que tout va bien sur l’Alfa tout à l’heure. Luc Crillon dispose d’une moto de cross 125 que son mécano a embarquée dans son camion d’assistance. Il me propose de m’amener à l’enfilade où sont nos amis. Nous disposons d’une bonne heure et demie avant de repartir. J’accepte avec joie. Une fois rendu sur place, je rejoins Mikaël, Stéphane et Marianne. Les voitures du groupe 2 sont en train d’en découdre. Mikaël me commente la course de mes principaux adversaires. Il ne voit pas qui pourrait me battre aujourd’hui. Les concurrents du groupe 3 vont bientôt s’élancer. Parmi eux, Ronnie qui vise deux objectifs. D’une part, battre les autres coupés Simca 1200 S et Fiat X 1/9 qui s’affrontent dans sa catégorie. Et d’autre part, devancer la meilleure Rallye 2, en l’occurrence celle de Luc. Ronnie fait un complexe vis à vis de Luc qu’il croit meilleur pilote que lui. Ronnie attaque très fort, il pilote même comme une brute. C’est un bon. Mais il redoute qu’il lui manque la petite étincelle que possède Luc et qui permet de jouer la gagne dans les catégories les plus relevées. En outre, comme lui, Luc est un gars costaud, qui n’a peur de rien. Aussi brun que Ronnie est blond, Luc domine son copain dans tous les exercices. Pas facilement mais que ce soit au tennis, à vélo, au bras de fer, à la lutte, en natation, Luc finit généralement par l'emporter… Ronnie accepte tous les défis de Luc et les perd presque tous, avec souvent une bouffe dans une pizzéria à la clef. Alors Ronnie voudrait avoir sa revanche, au moins une fois. J’aimerais d’ailleurs bien qu’il y parvienne. J’apprécie beaucoup Ronnie. Je le connais depuis l’école communale. Nous étions voisins. Contrairement à Luc qui se prépare à devenir prof de sport, Ronnie a quitté l’école de bonne heure. Il est devenu carrossier et travaille dans l’entreprise qu’avait montée mon grand-père Victor. C’est d’ailleurs mon grand-père qui l’a fait embaucher par son successeur comme apprenti l’année de ses 16 ans. Mon grand-père est mort trois ans plus tard. Ronnie est resté dans l’entreprise. Je sais qu’il rêve de la racheter un jour au patron actuel, un ancien ouvrier de la boite qui est à moins de dix ans de la retraite. Je souhaite qu’il réussisse ce défi et je l’encourage dans l’objectif professionnel qu’il s’est fixé car je sens que quelque part, l’idée plairait à mon grand-père. Mais nous n’en sommes pas là. La mission de Ronnie aujourd’hui, il l’a déjà acceptée, c’est de remporter au moins la catégorie des voitures du groupe 3 de moins de 1300 cm3. Il en est capable. Quoique d’un bon niveau, la lutte dans cette catégorie est moins disputée que dans les diverses classes du groupe 1 qui est un groupe de fous furieux commente le speaker chaque week-end de course. Battre les Rallye 2 où les meilleurs jouent leurs caisses à quitte ou double à chaque virage, ce sera beaucoup plus dur. D’ailleurs, dans toutes les courses de l’Hexagone, les coupés Simca 1200 S sont derrière les meilleures Rallye 2. Mais une fois de plus, Ronnie a levé le défi de Luc avec un dîner dans une pizzéria pour enjeu.

Sébastien Ménier : Pari gagné ou non ?
Éric Trélor : Objectivement, quand j’ai vu Ronnie freiner avant le gauche et placer sa voiture en appui, je me suis dit, aujourd’hui, il va y arriver. « Ben ça alors, il en a ! » a hurlé Luc. La 1200 S est partie en large dérive des quatre roues. Elle était superbe, gris clair métallisé avec des liserés orange. Mais Ronnie avait remis les chevaux un millième de seconde trop tôt. L’arrière de la 1200 S a continué à déraper sur l’herbe en faisant gicler les bottes de paille. Le pilote n’a pas levé le pied, espérant se sortir de sa situation en force, en restant soudé. Hélas, la roue arrière droite a fini par glisser dans le fossé, freinant brutalement la voiture. Du coup l’avant est venu basculer à son tour dans le fossé et le beau coupé est parti dans le champ en dévers en tonneaux par l’avant dans vacarme de tôles fracassées qui ressemblait à une série d’explosions. Trois figures plus tard, la 1200 S de Ronnie s’immobiliser sur le toit. L’attente a duré huit ou dix secondes. Compte tenu de la violence des chocs, nous étions très inquiets. Au premier tonneau, Marianne a laissé échappé un petit cri. La compagne de Stéphane connaissait bien Ronnie. Nous formions un vrai groupe d’amis. Non seulement nous nous voyions sur les circuits, mais nous nous fréquentions en dehors. « C’est de ma faute, a dit Luc d’une voix blanche. Je n’aurais pas dû le provoquer. Dès qu’il s’agit d’un pari, il ne marche pas, il court. » Luc et Ronnie étaient des têtes brûlées. Personne ne les changerait. Luc proposa de prendre la moto pour aller voir. J’allais le suivre. A cet instant, nous vîmes Ronnie sortir de sa voiture par l’emplacement du pare-brise qui avait quitté le navire, ou plutôt la caisse, au premier tonneau. Il enleva tranquillement son casque et leva la main, pouce en l’air, afin d’annoncer que tout allait bien. Nous étions soulagés.

Sébastien Ménier : Ronnie a-t-il recommencé à courir rapidement ?
Éric Trélor : Naturellement. Le week-end suivant, il faisait les Cent tours de Magny-Cours avec Luc sur la Rallye 2 (c’était une épreuve où les pilotes se relayaient). Quinze jours plus tard, il était au départ de la Course de côte de Landivisiau. Ronnie possédait deux caisses de réserve, déjà décorées, avec les faisceaux électriques installés. Il a remonté très vite sa voiture avec des copains qui bossaient à l’atelier de carrosserie. Ronnie était un peu comme Gilles Villeneuve une fois sur la piste. Je ne crois pas que son rythme cardiaque se soit beaucoup accéléré pendant l’accident. Nous sommes redescendus au départ pour le réconforter. Il ne semblait pas du tout affecté. Dès qu’il nous a vus, il a adressé une boutade à Luc en rigolant. « T’as encore gagné, enfoiré. Ben j’ai plus qu’à t’inviter au Don Camillo demain soir. » C’était tout Ronnie.

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Sébastien Ménier : Et la fin du week-end pour toi ?
Éric Trélor : Impeccable. J’ai amélioré d’un dixième dans la seconde montée. J’avais le sentiment d’avoir piloté exactement de la même manière, au millimètre près, mais je crois que le revêtement était un tout petit peu moins chaud et que le rendement des pneus s’en trouvait légèrement amélioré. Jacques s’est intercalé entre moi et Pierre, mais il restait à une demi-seconde derrière moi. Pierre était démotivé, du coup il a trop assuré et il a fait moins bien qu’à sa première montée. Quant à Christine Verrec, elle a piloté le couteau entre les dents, au point de partir en tête à queue dans l’enfilade. Elle a filé dès la fin de la course sans même venir à la remise des prix. Les Alfa 2000 GTV avaient encore battu l’Escort 2000 RS et la Triumph Dolomite. Luc a conservé la tête des Rallye 2. Lui-aussi devenait un sacré pilote.

FIN

NOTE MODIFIEE LE 14 AOÛT 2015

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Ronnie pourrait être un personnage de BD http://bit.ly/1fhtTYz

 

Quelques années plus tard, Éric et Luc au cœur d’un polar automobile lors d’un rallye en Auvergne http://bit.ly/1gDZwV5

 

Quelques sorties de route en course de côte… dont une des miennes… http://bit.ly/QIejJ9

 

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Thierry Le Bras