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Sport - Page 73

  • BELLES DE COURSE : LA VAILLANTE RUSH

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    Une course de 22.000 kilomètres qui dure 3 semaines et traverse de vastes étendues du Nord du Canada à Ushuaia, ça ne vous dit rien ? « La course du siècle » ! C’est tout  simplement le concept  qu’inventa Jean Graton dans l’album « Rush », paru en 1972 après avoir été publié par épisodes de deux planches dans le journal de Tintin, l’hebdomadaire des jeunes de 7 à 77 ans. Une course qui rappelle un peu le Londres – Sydney de 1968, ou encore un rallye-raid six ans avant le premier Paris-Dakar.

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    Les voitures ne sont pas des 4x4 ni des buggies, mais des machines proches des voitures de rallye traditionnelles équipées pour faire face à tous les types de terrains au programme. Le lecteur de l’album rencontrera donc des Porsche 911, des DS, des Ford Escort, et bien sûr des Vaillante. Parmi les machines engagées pour les pilotes du maître de la Jonquière, deux superbes Rush, des GT fabuleusement belles. N’oublions pas qu’à cette époque, la réglementation des épreuves sur route était différente d’aujourd’hui. Les Porsche 911 participaient à tous les rallyes du championnat du monde, comme les Berlinettes. Quant aux superbes Ferrari Daytona GTB 4, elles apparaissaient dans certaines courses sur route telles que le Tour de France Auto.

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    La Rush est à mon sens une des plus belles voitures inventées par Jean Graton. A l’époque de la publication de l’album « Rush », je l’imaginais volontiers au départ des 24 Heures du Mans se battant avec les Ferrari Daytona GTB4 pour la victoire en groupe 4. Les Rush connaîtront une course difficile dans cette aventure de Michel Vaillant. L’une est confiée à l’équipage Michel Vaillant – François Cevert, l’autre à Steve Warson et Chuck Danver. Face à eux, les Leader des ignobles Cramer  et Hawkins, si méchants qu’ils sont prêts à truquer les courses et à causer des accidents pour gagner. Un truc inconcevable dans la réalité, n’est-ce pas ? Sur la couverture de l’album Rush, c’est d’ailleurs une Leader qui réalise une cascade involontaire.

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    La Rush rappelle l’esprit du concept  Carabo d’Alfa Roméo carrossée par Bertone 

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    ...et aussi  la future Lotus  Esprit

    J'avoue avoir ressenti un choc quand j'ai vu la Rush dans les pages de Tintin. Je pensais alors qu'aucune vraie GT n'était aussi belle. Quel dommage qu'aucun bon sorcier ne l'ait fait glisser de l'univers parallèle de Michel Vaillant à celui des épreuves en circuit et des courses de côtes !

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    Merci encore au magazine Tintin et à Jean Graton de l’avoir fait naître, fût-ce sur papier.

     

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    Le journal Tintin s’impliqua d’ailleurs dans le sport automobile, non seulement comme support publiant des bandes dessinées dans cet univers merveilleux, mais aussi comme média traitant très sérieusement ce sujet, et même comme sponsor comme le prouve l’Alfa Roméo  2000 GTV qui apparaît ci-dessus en parc fermé à Dinard avant le départ du Grand National Tour Auto 1973 (une épreuve que j’ai  évoquée sur ce blog : http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/05/25/ambiance-grand-national-tour-auto-1973.html ) Redoutable bête de compétition dans sa catégorie, l’Alfa 2000 GTV mérite également sa place dans une chronique axée sur le design car elle fait indiscutablement partie des belles de course…

    Les nouvelles publications de CIRCUIT MORTEL sont désormais mises en ligne sur http://circuitmortel.com

    Thierry Le Bras

  • QUAND LA TRIUMPH SPITFIRE FAISAIT PLANER LA JEUNESSE

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    1962 : Triumph lance une petite sportive qui va faire grand bruit, comme son moteur. C’est un roadster typiquement anglais, avec un long capot, une capote pas toujours étanche, un joli tableau de bord en bois et un essieu arrière rigide peu rigoureux. Le moteur de 1147 cm3 développe 61 ch. La machine ne dépasse pas les 145 km/h.

     

    En 1964, la Spitfire 4 laisse place à la Spitfire MKII. Elle gagne 6 chevaux et 8 km/h. Autant l’avouer, la Spitfire ne rivalisera jamais en performances pures avec les R8G, Lotus Elan, Cortina Lotus, Matra Jet, Fiat Abarth, Alpine, Alfa Roméo Giulia, Cooper S ou DS 21. Elle n’en connaîtra pas moins un succès commercial et médiatique considérable.

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    Comme le glorieux chasseur dont elle porte le nom, elle enchante les sens. Son moteur produit des vrombissements superbes qui la font passer pour un authentique bolide. Ses formes en mettent plein les yeux aux copains, aux voisins, aux badauds, et surtout aux filles. Son pilotage produit des sensations fortes, d’autant que la belle possède son caractère et ne laisse pas facilement son conducteur mener la danse. Mais elle sait vite se faire pardonner. La Spitfire, c’est le bonheur absolu cheveux au vent, le piège à filles idéal, ou encore l’arme de séduction de la jeune femme qui vit à 100 à l’heure sur les traces de Françoise Sagan. La Triumph Spitfire, c’est la voiture Nouvelle vague par excellence. Le rêve des teen-agers, la machine de laquelle ils disent « j’inviterai la belle fille à monter dedans ». En plus, elle affiche un tarif bien plus raisonnable que les vraies bêtes de course, ces machines qui peuvent s’aligner avec des chances de succès en course de côte, en rallye, voire à Montlhéry ou à Chrarade, mais qui exigent de leurs admirateurs des portefeuilles plus épais. Alors, forcément, la recette alléchante mijotée par Triumph trouve sa clientèle.

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    La Spitfire ne connut pas une grande carrière en compétition. Mais elle fut tout de même engagée au Monte-Carlo et au Mans. En 1965, Triumph aligna 4 Spitfire dans la Sarthe. Leur puissance était portée à 109 ch et, grâce à ce regain de vigueur et à un hard-top qui améliorait leur coefficient de pénétration dans l’air, elles atteignaient les 230 km/h dans les Hunaudières. Elles furent confiées à des équipages de qualité :

    - la 52 à David Hobbs et Rob Slotemaker ;

    - la 53 à Peter Bolton et William Bradley ;

    - la 54 à Claude Dubois  et Jean-François Piot ;

    - la 60 à Jean-Jacques Thuner et Simo Lampinen.

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    La 52 et la 53 furent contraintes à l’abandon. Mais la 60 et la 54 réussirent un joli tir groupé en terminant aux 13ème  et 14ème  places du général. La 60 s’adjugea au passage la victoire en catégorie GT moins de 1300 cm3. Un beau résultat pour des voitures issues d’un modèle de grande série développant moins de 110 chevaux.

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    La Spitfire correspondait parfaitement à l’esprit de son époque, le tourbillon des sixties. Imaginez vous une minute au volant d’une Spitfire sur une route de campagne. Le vent vous décoiffe. Vous jouez avec l’accélérateur et le levier de vitesses. A la radio, France Gall chante « Poupée de cire, poupée de son », le tube composé par Gainsbourg avec lequel elle vient de triompher à l’Eurovision. Vous avez 20 ans. Les filles sont jolies. Elle n’est pas belle la vie en Spitfire ???

    Vous pouvez également me retrouver sur http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/ , http://circuitmortel.com , https://gotmdm.com/driver/

    Thierry Le Bras

  • N’oublions pas les grands classiques : Gordini

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    Christian Galopin à l’Armor 1975

    La lecture assidue des grands classiques à l’adolescence permet, dit-on, de comprendre l’âme humaine.

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    Hervé Poulain à l’Armor 1974

    Le visuel des R8 et R12 Gordini rappelle, quant à lui, les fondamentaux du sport automobile. De l’attaque, du spectacle, des souvenirs éblouissants, un sport automobile encore accessible. A l’exception de la voiture de Didier Pironi au Tour de Corse 1975, les photos qui illustrent cette note ont toutes été prises par mes soins à la Course de côte de Saint-Germain sur Ille, au Rallye d’Armor et à la Course de côte de  Saint-Gouëno entre 1973 et 1976.

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    La R8 Gordini et la R12 Gordini furent des voitures de compétition issues de la grande série et transformées en bêtes de course par un sorcier. Elles ne devenaient pas citrouilles au douzième coup de minuit et c’est heureux pour les pilotes qui disputaient des rallyes de nuit ! Leur philosophie permit à quantité de grands pilotes d’affiner leur coup de volant et d’accéder à des équipes d’usine. Les Renault Gordini offrirent aussi des joies terribles – j’emploie volontairement les mots qu’Enzo Ferrari choisit comme titre à sa biographie – à plusieurs générations de pilotes amateurs, et c’est tout aussi important.

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    Dans la littérature, il existe de bons sorciers comme Harry Potter et de mauvais sorciers comme Voldemort. Dans le sport automobile, il existe également de bons sorciers comme Amédée Gordini et d’autres très méchants. On a même vu un sorcier sulfureux truquer les résultats d’un Grand-Prix à Singapour. Ses armes maléfiques, la menace d’un coup de balais contre un pilote sacrifié, une potion de complaisance à une certaine presse asservie aux intérêts mercantiles, et la complaisance politique d’un pouvoir dit sportif.

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    Didier Pironi au Tour de Corse 1975

    En lisant après le Grand-Prix de Monaco que pour Bernie Ecclestone, gérer la F1 de façon raisonnable financièrement, c’est aller loger sur le yacht de son cher ami et triste compère Briatore en Principauté plutôt que dans un palace, je me suis demandé si le grand argentier de la Formule reine et le grand truqueur de Grands-Prix savaient que des pilotes de F1 comme Jean-Pierre Jarier (en coupe) ou Didier Pironi (au Tour de Corse 1975) avaient couru en Gordini. En tout cas, l’Écurie Renault se porte drôlement mieux depuis que le père Flavio et son pilote fétiche sont partis. Ce qui serait franchement excitant, ce serait que Kimi Räikkönen y rejoigne Vittaly Petrov en 2011 et que ces deux pilotes enthousiasmants réalisent des doublés. La venue de Kimi chez Renault est possible. Les rumeurs insistantes de refroidissement des relations entre Kubica et Renault confortent sa crédibilité. En tout cas, les deux voitures de l’écurie au losange marchent maintenant, alors qu’avant, la seconde connaissait toujours des problèmes, comme pour mettre artificiellement la première en valeur... Quand elle n’était pas projetée dans un mur pour aider le pilote de la première bien sûr. Du temps des R8 G et R12 G, le moindre manquement au règlement était sanctionné par plusieurs mois de suspension de licence. Sous le règne de ces Messieurs, le Stepney Gate a valu des félicitations du président de la FIA à son principal bénéficiaire, un individu qui a aussi affirmé sans baisser les yeux ni rougir qu’il méritait sa victoire de Singapour 2008 malgré l’accident provoqué par Piquet Jr.  Quelle insulte aux valeurs du sport en général. Quelle honte pour notre  sport favori et ceux qui ont fabriqué son histoire ! Oserai-je parodier Sardou dans Vladimir Illitch  et écrire : Gordini, réveille toi, ils sont devenus fous !

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    L’histoire Gordini vous passionne ? Pour découvrir quelques secrets du sorcier qui transforma tant de voitures en bêtes à gagner, n’hésitez pas à cliquer au plus vite sur un excellent portail :

    http://www.r8gordini.com

    Et pour un clin d’œil à la R8 Gordini par le biais d’une fiction humoristique largement illustrée en 4 chapitres rendez- vous sur :

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    Chapitre 1 : http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/09/30/le-clin-d-oeil-de-philippe-georjan-a-la-r8-gorde-1.html

    Chapitre 2 : http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/10/02/le-clin-d-oeil-de-philippe-georjan-a-la-r8-gorde-2.html

    Chapitre 3 : http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/10/05/le-clin-d-oeil-de-philippe-georjan-a-la-r8-gorde-3.html

    Chapitre 4 : http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/10/08/le-clin-d-oeil-de-philippe-georjan-a-la-r8-gorde.html

    Thierry Le Bras