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Sport - Page 122

  • MONT-DORE CHAMBON SUR LAC, UNE SACRÉE COURSE DE CÔTE

    Une super épreuve

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    DOCU-FICTION

     

    « Mon père, mon cousin, mon frère aîné et des amis proches de la famille comme Freddy Vivien ont couru et courent encore bien sûr, raconte Fabien Trélor. Aussi loin que remontent mes souvenirs, je me rappelle de week-ends sur les circuits, les rallyes et les courses de côtes. Il a toujours été évident pour moi que je ferais de la compétition automobile, et c’est naturellement ce qui est arrivé. »

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    Fabien est le cousin de David Sarel, le héros de nombreux romans, nouvelles et feuilletons de Thierry Le Bras. David y apparaît à diverses époques de sa vie, depuis son adolescence jusqu’à la période contemporaine. Et comme tout personnage qui vit dans un univers, fût-il parallèle, il a des amis, une famille, des relations, des ennemis aussi. Fabien et Arnaud Trélor occupent une place particulière dans le cœur de David. Ils sont plus que des cousins, des petits frères qu’il adore. cette relation apparaît d’ailleurs clairement dans CHICANES ET DÉRAPAGES DE LORIENT AU MANS  (présenté ici http://bit.ly/1dCEZDi et disponible en version papier chez http://amzn.to/1uvUq6o )

     

    Un souvenir fort de Fabien au Mont-Dore

     

    Quelques années ont passé et Fabien a disputé de nombreuses épreuves dont Le Mont-Dore maintenant. Mais il se rappelle encore très bien l’édition 2002 de cette course magnifique.

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    « J’avais 17 ans, témoigne-t-il. Je ne pilotais pas encore, mais je naviguais quelquefois mon frère Arnaud en rallye. Arnaud a cinq ans de plus que moi. Il pilotait un coupé  Vivia 2000 groupe N cette année-là et il marchait déjà très fort. Bien entendu, je l’ai accompagné au Mont-Dore. »

     

    La Course de côte du Mont-Dore / Chambon-sur-Lac se déroule traditionnellement le deuxième week-end du mois d’août, en pleine période de vacances, ce qui lui permet de faire le plein d’engagés. La lutte est acharnée dans toutes les catégories.

     

    « Nous sommes arrivés le mardi midi, raconte Fabien. Nous nous sommes installés dans un camping à la ferme tenu par de vieux amis de la famille. Leur terrain et leur auberge sont dans le Vallée de Chaudefour à quelques centaines de mètres du départ de l’épreuve. C’est sympa et pratique. Nous comptions aménager notre emploi du temps entre les reconnaissances du circuit, un peu de sport (tennis, randonnées en montage, promenades avec des VTT de location), quelques baignades et séances de farniente-bronzing sur les plages aménagées autour du Lac Chambon. Un programme bien cool. »

     

    Arnaud et Fabien  n’avaient oublié qu’une chose, les aléas météorologiques.

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    « Nous avons monté notre tente sous la pluie, reprend Fabien. Cela ne nous a pas inquiétés. Le temps change vite en montagne. Et puis nous étions début août, l’époque idéale pour trouver le soleil. Une fois notre campement installé, nous sommes allés déjeuner à la ferme auberge auprès du camping. Leur omelette au jambon de pays est un régal. Et leur tarte aux myrtilles aussi. L’après-midi, nous avons reconnu le circuit. Prudemment. Les pilotes ne reconnaissent plus comme auparavant. Mon père m’a raconté que la première fois qu’il a couru au Mont-Dore en 1977, il pilotait une Alfa-Roméo 2000 GTV. En soirée, tous les pilotes se mettaient à reconnaître avec les voitures de course. Mon père se souvient s’être fait doubler par un proto 2 litres pendant les reconnaissances alors qu’il allumait déjà fort avec l’Alfa. Si on osait faire ça aujourd’hui, on finirait  derrière les barreaux. Les temps ont bien changé… Dans un sens, c’est sans doute mieux pour la sécurité. Nous avons donc roulé en respectant presque le code de la route avec la petite Rover de série qu’utilisait mon frère au quotidien. Mais une fois les reconnaissances terminées, nous nous sommes demandés quoi faire car il pleuvait toujours. Alors, nous sommes allés boire un pot au Mont-Dore, une très jolie commune. Le soir, nous étions invités au motor-home d’une  autre équipe de Morbihannais et nous sommes rentrés assez tard au camping »

     

    Les deux frères Trélor n’étaient pas au bout de leurs surprises.

     

    « C’est le froid qui nous a réveillés le lendemain matin, poursuit Fabien. Nous avions amené des sacs de couchage assez légers. Au petit jour, il faisait très froid sous la tente. Heureusement, nous avions aussi prévu des couvertures, au cas où… Nous les avons installées. En prenant le petit déjeuner à la ferme auberge, nous avons compris pourquoi nous avions dû nous équiper plus chaudement. Il faisait cinq degrés. Une vraie température hivernale ! Notre tente igloo portait bien son nom. »

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    Les conditions météorologiques ne s’améliorèrent pas beaucoup pendant la semaine.

     

    « Le mercredi, il a plu toute la journée, commente Fabien. Au point que nous sommes allés au cinéma l’après-midi. Aucune activité de plein air n’était envisageable. Heureusement qu’Arnaud et moi, nous aimons la lecture, car le soir, nous rentrions bien vite nous mettre dans nos sacs de couchage avec un bon bouquin. »

     

    Et le jour de la course ?

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    « Le matin, des accompagnateurs du team morbihannais qui nous avait déjà invités à plusieurs reprises m’a amené au haut du circuit. Nous nous sommes installés dans un droite sympa près de l’arrivée. Comme ça, nous pouvions rejoindre facilement les pilotes que nous suivions après leurs montées. En plus, les bons prennent de gros appuis à cet endroit. Arnaud, qui bombardait fort avec sa Vivia 2000, y faisait lever nettement la roue avant droite. J’ai réussi de bonnes photos d’ailleurs. Il ne pleuvait plus. Mais la surprise, ce fut le vent et la température. Au haut du circuit, il faisait trois degrés et ça soufflait bien. J’ai eu froid toute la matinée avec mon blouson Vivia qui n’était pas un vêtement de sports d’hiver. Les VHC et les voitures du groupe F passaient avant les autres catégories dont le groupe N où courait mon frère.

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    Après la deuxième montée d’essais, je suis redescendu avec Arnaud dans la Vivia. C’était un moment sympa, d’autant qu’Arnaud s’était placé en tête de sa catégorie. Tu vois que les spectateurs scrutent les voitures pour discerner les visages des pilotes qui roulent très doucement et ne portent pas de casque. Dis donc, tu as attrapé des coups de soleil m’a fait observer Arnaud lorsque nous sommes descendus de la Vivia. Je remarquais en effet que mon visage me brûlait un peu. Deux heures plus tard, c’était pire. Les quelques rayons de soleil qui perçaient les nuages se révélaient traîtres. Heureusement que sur l’insistance de ma mère, nous avions emporté des tubes de biaphine et  de la crème solaire. Ma mère se souvenait de courses au Mont-Dore dans des conditions caniculaires, notamment de l’édition 1983 où des copains de mes parents avaient attrapé des coups de soleil sévères. Elle ne se doutait pas que sa prévoyance me servirait dans des conditions bien différentes de celles qu’elle craignait. Le lendemain, la piste était toujours sèche et quelques rayons de soleil perçaient les nuages de temps en temps. Je me suis installé à l’ombre, au bas du circuit, au virage du transformateur. Un passage délicat aussi. Arnaud m’y a gratifié de magnifiques passages en légère dérive des quatre roues. J’ai trouvé qu’il passait un peu mieux que ses principaux rivaux. J’ai redouté  de me montrer subjectif et trop optimiste. C’était mon frère.

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    « A la deuxième montée, j’ai eu encore plus peur. La course a été arrêtée une quarantaine de secondes après son départ. Était-il sorti de la route ? Non. C’était une Mégane  partie juste avant lui qui avait fait un tête à queue peu après la carrière. Rien de grave. Le pilote s’en sortait indemne et la voiture n’était pas trop abîmée.. Arnaud est redescendu et il est reparti une troisième fois puisqu’il n’avait pas pu boucler sa seconde montée. Le cœur battant, j’ai attendu le verdict du chrono. Le temps m’a paru long, très long. Pourtant j’avais l’habitude de ces situations depuis le temps que j’allais sur les circuits avec ma famille et nos amis. Le speaker a hésité. Le classement se faisait à l’addition des temps des deux montées. Oui, c’est bien ça, c’est sûr maintenant, Arnaud Trélor remporte la classe 1600 à 2000 du groupe N devant l’Italien Ricardo Valvini sur Clio Williams et l’Autrichien Hans Wallenegr sur Honda Integra Type R. Une très belle performance  pour le jeune Arnaud Trélor qui etc… Le soir, nous avons fêté ça dignement, conclut Fabien. Nous nous moquions bien qu’il ait fait mauvais toute la semaine. De toute façon, nous avons toujours adoré le Mont-Dore dans la famille et c’est une histoire d’amour qui n’est pas près de s’arrêter… »

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    NOTE MODIFIÉE LE 8 AOÛT 2014

     

    La course de côte du Mont-Dore m’a inspiré un polar dans l’univers de la course automobile. L’histoire s’intitule LE PACTE DU TRICHEUR. Elle se déroule en Auvergne. La course emprunte le tracé de la route du Col de la Croix Saint-Robert. 

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    Après la fiction, des annexes abordent la question des superstitions des pilotes en se fondant sur des anecdotes véridiques mettant en scène des pilotes d’hier et d’aujourd’hui.

     

    Le livre est disponible en cliquant sur http://amzn.to/1jAhsoF

     

    Je vous invite également à lire (gratuitement) cette courte histoire illustrée qui se déroule pendant une édition de la course de côte du Mont-Dore Chambon-Sur-Lac

    http://0z.fr/U10ZB

     

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    Thierry Le Bras

  • JEAN TODT, UN VRAI GENTLEMAN

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    Denis Vaillant, manager du Team Hervieux, avec son pilote Stéphane Dréan

    Denis Vaillant, que les amateurs de Rallycross connaissent bien comme manager du Team Hervieux qui fait courir Stéphane Dréan, s’occupa en 1994 de l’équipe bretonne Chotard qui engageait une Porsche 962 aux 24 Heures du Mans.

    « J’en ai gardé de super souvenirs, raconte volontiers Denis. Par exemple, j’ai rencontré Jean Todt au début de la semaine. A l’époque, il n’était pas encore chez Ferrari. Il gérait le programme des Peugeot 905 en endurance. C’est un homme charmant en plus d’être un grand manager. En sortant d’un briefing auquel j’étais assis à côté de lui, il m’a demandé si j’avais compris toutes les instructions données aux équipes. Ce n’était pas le cas, loin de là. C’était la première fois que je dirigeais un team au Mans. Alors, Jean Todt a pris le temps de tout m’expliquer et m’a donné ses conseils pour la course. A la fin, il m’a proposé son aide si nous avions besoin de quelque chose et m’a donné une carte de visite signée de sa main avec le message de l’appeler immédiatement si je le demandais. Cela signifiait que si nous avions un problème, nous pouvions aller voir le patron de l’équipe Peugeot ! Dans la nuit du samedi au dimanche justement, nous avons connu un problème de freins sur la 962. J’ai fait arrêter la voiture. Nous étions une équipe de gentlemen drivers. Nous étions là pour nous faire plaisir, pas pour finir la course dans un rail. Je me suis souvenu de l’invitation de Jean Todt. Je suis allé chez Peugeot avec ma carte de visite signée. Quelques secondes après l’avoir présentée à l’entrée, Jean Todt est arrivé. Il était super occupé puisqu’il était en train de gagner les 24 Heures avec les 905, mais il a quand même pris le temps de m’écouter. Je lui ai expliqué mon problème. Il m’a dit, tu vas aller chez Porsche (1) avec un de mes gars, ils vont envoyer quelqu’un voir ta voiture. Je me suis retrouvé avec un des mécanos de Peugeot qui avait travaillé auparavant chez un des teams que Stuttgart suivait de près. Et là, un des gars de chez Porsche est venu voir notre voiture pendant que le mécano délégué par Jean Todt repartait au stand Peugeot. Le mécanicien de chez Porsche a examiné notre 962 et nous a conseillé de la faire repartir. Nous ne risquions rien pour le moment. Il nous a expliqué les signes auxquels il faudrait prendre garde si ça s’aggravait. Il nous a bien conseillés, notre voiture est allée au bout sans problème. Comme quoi l’esprit d’entraide dans le sport auto n’est pas un vain mot. »

    (1) il s’agissait d’un des teams privés proches de la firme de Stuttgart

    NOTE MODIFIÉE LE 13  NOVEMBRE 2012

     

    Denis Vaillant, team manager, et Stéphane Dréan, pilote de Rallycross, sont non seulement des acteurs réels du monde de la course automobile, mais aussi des personnages de roman. Proches du Clan Vivia dans deux romans de Thierry Le Bras, ils jouent leurs rôles respectifs de Team-manager et de pilote.

    Jean Todt, F1, Le Mans, 24 Heures du Mans, Team Hervieux, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Team Vivia

     Dans « Circuit Mortel à Lohéac », le Team Hervieux engage une Porsche 911 4 roues motrices aux 24 Heures de Lohéac, une épreuve disputée sur une série de manches se déroulant de 16 heures le samedi à 16 heures le dimanche. Stéphane Dréan et Didier Caradec, pilotes de la 911 aux couleurs blanc et rouge de l’entreprise O.Hervieux, s’avèrent les rivaux les plus dangereux de la Vivia GT de leurs amis Freddy Vivien et Eric Trélor. Mais ce que Denis, Stéphane et Didier ignorent le jour de l’épreuve, c’est que l’équipe Vivia est sous le coup de terribles menaces et que ses membres risquent la mort avant la fin du week-end s’ils ne découvrent pas l’identité de leurs ennemi : http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/30/un-roman-a-lohéac.html 

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    Dans « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans », le Team Hervieux engage une Vivia Côte Sauvage dans les épreuves du Championnat LMS et aux 24 Heures du Mans. Les Automobiles Vivia entendent frapper fort aux 24 Heures. Aussi, en plus des trois voitures officielles engagées en LMP2, LMGT1 et LMGT2, Vivia apporte son soutien à deux écuries privées, le Team Hervieux de Denis Vaillant et l’Écurie Calymoun de Caty Caly dont la Vivia Côte Sauvage arbore les couleurs roses et noires de la marque de vêtements de fitness en fibre bio cent pour cent bambou créée par Caty et son associé Moundir (un ancien de Koh-Lanta). Mais une fois encore, l’avocat pilote David Sarel, son parrain Éric Trélor, l’ex-champion de Formule 1 Freddy Vivien et tous leurs proches sont frappés par le sort. Car un ennemi diabolique ne recule devant rien pour empêcher les Vivia de prendre le départ. Un ami de David a été assassiné à l’usine Vivia. L’ennemi ne plaisante pas. Qui veut encore la peau du Clan Vivia ? http://sebsarraude.tumblr.com/post/23431276990/chicanes-et-derapages 
     
    Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Caty Caly ne sont pas les seuls acteurs réels du monde du sport automobile dans ce scénario. Au fil des pages, le lecteur croisera aussi Bastien Brière, Julien Mouthon, Pierre-Yves Prié et quelques autres pilotes.

    Ces livres sont édités par les Éditions Astoure (diffusées pas Breizh).

    Thierry Le Bras

  • IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RONNIE

    medium_VIGNETTE_CAMARO_NOIRE.jpgFICTION

    Cet été , Éric Trélor, personnage récurrent des Aventures de David Sarel, évoque avec le journaliste Sébastien Ménier des souvenirs de sa carrière de gentleman driver.

    Ces jours-ci, Éric raconte Ronnie, un pilote particulièrement attachant qu’il a bien connu. Le lecteur observera que gentleman driver ne signifie pas pilote lent, loin s’en faut, mais seulement pilote qui exerce un autre métier. Car si CIRCUIT MORTEL suit de près un certain nombre de pilotes attachants qui atteignent le plus haut niveau, le blog s’intéresse également aux purs amateurs, ceux qui ne prennent le volant que par passion, sans enjeu de carrière à la clé.

    Sébastien Ménier : Peux-tu nous rappeler la raison qui a valu son surnom à Ronnie ?
    Éric Trélor : Ronnie se prénommait Ronan en réalité. Mais il était fasciné par Ronnie Peterson, un pilote suédois qui possédait un tempérament d’attaquant. Comme il était blond et costaud comme son pilote favori, Ronan, précédemment appelé Roro, est naturellement devenu Ronnie.

    Sébastien Ménier : Raconte nous un peu les débuts de sa carrière de pilote.
    Éric Trélor : Ronnie était un copain depuis l’enfance. Il avait un an de plus que moi. Lorsque nous étions gamins, Freddy (1) et moi discutions souvent de nos projets de course auto plus tard. Nous avons passé le virus à Ronnie. A seize ans, mon grand-père Victor l’a fait embaucher comme apprenti dans l’entreprise de carrosserie qu’il avait créée à Lanester. Mon grand-père était en retraite, mais son successeur l’a écouté. Ronnie a commencé à piloter en compétition sept ans plus tard, en 1976, avec un coupé Simca 1200 S engagé en groupe 3. Il est vite devenu un candidat aux victoires de catégorie.

    Sébastien Ménier : Quelles étaient les principales qualités de Ronnie en course ?
    Éric Trélor : Ronnie n’avait peur de rien. Il avait un cœur énorme comme on dit dans le milieu. En plus, il pilotait de manière très spectaculaire. C’était un attaquant, un freineur, un acrobate. Paradoxalement, c’était aussi son point faible parce qu’il lui est arrivé plusieurs fois de se ralentir et de faire des figures tellement il attaquait. Sans compter quelques grosses sorties de route.

    Sébastien Ménier : Pourtant, on a l’impression qu’il n’a pas eu le palmarès auquel il aurait pu prétendre. J’ai l’impression qu’il est resté en retrait par rapport à toi, à Luc Crillon (2), voire à Jacques Dumoulin (3).
    Éric Trélor : Ronnie n’a pas toujours fait les meilleurs choix. Après deux saisons avec la 1200 S, il a acheté une énorme Camaro groupe 1 en 1978. Sa voiture épatait le public et faisait le spectacle, mais elle ne pouvait que très rarement lutter contre les Escort RS 2000. Cette année-là, j’ai commencé la saison avec une Opel Kadett GTE 2 litres en attendant l’homologation de la Vivia 1,6 en groupe 3. Ma voiture venait de chez Irmscher en Allemagne. C’était une vraie bombe et elle tenait incroyablement le pavé. Après l’homologation de la Vivia, Freddy et moi avons proposé à Ronnie de lui prêter la Kadett toute la saison. Il n’a pas voulu. Il était convaincu qu’il ferait progresser sa Camaro et qu’elle deviendrait irrésistible en groupe 1. Pourtant, il y avait quelques bons coups à faire avec la Kadett. En début de saison, j’ai remporté deux fois le groupe 1 avec en course de côte à son volant. Sans compter trois victoires de groupe en rallye. Les Escort avaient reçu des solutions moteurs, mais la plupart des préparateurs de l’Ouest n’avaient pas encore trouvé les bons réglages de suspensions. Je me rappelle d’ailleurs que Jacques Dumoulin – passé à l’Escort - et Pierre Sapeur – qui avait conservé la sienne - étaient fous quand je les ai tapés. Ils avaient encore plus hâte que moi de me voir passer en groupe 3 sur la Vivia.

    Sébastien Ménier : Comment s’est organisé Ronnie ensuite ?
    Éric Trélor : Il a commis une nouvelle erreur. En 1979, je suis passé en groupe 4 avec un coupé Vivia 1,6 développé dans cette catégorie. Nous avons proposé à Ronnie de mettre la groupe 3 à sa disposition. Nous lui passions la voiture et les pièces qu’il voulait. Il s’occupait de la maintenance. Il a refusé. Je crois qu’il a pensé que nous le prenions un peu en pitié. Il nous a dit vouloir y arriver par ses propres moyens. Ronnie était quelque part un écorché vif. Du coup, c’est Luc Crillon qui a récupéré la groupe 3. Il a donné toute satisfaction d’ailleurs.

    Sébastien Ménier : Comment Ronnie a-t-il géré sa carrière de pilote ?
    Éric Trélor : Il s’est obstiné une saison de plus avec la Camaro, en remportant quelques victoires de classe des voitures de plus de deux litres en groupe 1, mais presque toujours derrière les meilleures 2 litres au groupe à part tout de même deux courses en circuit et trois fois en côte. Après, il a monté une Matra Murena 1,6 groupe 4 avec laquelle il courait dans la même catégorie que moi. Bien sûr, la Matra n’a jamais battu la Vivia. Le développement de la Vivia en groupe 4 était suivi par l’usine alors que sa transformation restait une œuvre artisanale, fût-elle très réussie. Il ne s’en formalisait pas et nos relations amicales n’en souffrirent pas. Mais je sentais qu’il aurait aimé être devant au moins une fois de temps en temps, un peu comme quand il rêvait de battre Luc au scratch deux ans plus tôt.

    Sébastien Ménier : Parvint-il d’ailleurs à battre Luc Crillon ?
    Éric Trélor : Etonnamment, oui, dans une course de côte régionale près de Vitré en septembre 1977. Là, Ronnie a tapé toutes les Rallye 2, dont celle de Luc qui remporta pourtant la catégorie des moins de 1.300 cm3 en groupe 1. En vérité, Ronnie avait utilisé un subterfuge qu’il a avoué quelques années plus tard. Il a monté un arbre à cames de groupe 2 sur sa voiture. Ainsi, il gagnait quelques chevaux qui ont fait la différence. A la stupéfaction générale, une Simca 1200 S devançait toutes les Rallye 2 ! C’était une première. Luc était stupéfait. Mais il a joué le jeu et il payé une bouffe à Ronnie, pas dans une pizzéria, dans un super resto ! Les courses suivantes, Ronnie a remis sa voiture en conformité et il a terminé à nouveau derrière les meilleures Rallye 2 dont celle de Luc. Ceci dit, en 1978, Ronnie eut au moins la satisfaction avec sa Camaro de terminer toutes les épreuves devant Luc qui était passé à la Rallye 3. Luc faisait moins le fier bien qu’il ait eu l’excuse de piloter une petite cylindrée. Et Ronnie commit beaucoup moins de fautes parce qu’il ne sentait plus la pression de Luc. Après, quand il courait dans la même catégorie que moi, les choses étaient différentes. C’était logique que je le batte compte tenu du matériel dont je disposais. Je ne l’aurais pas provoqué dans des épreuves de force ni en course à pied. Il nageait le crawl plus vite que moi, mais je le dominais au tennis et au ping-pong. Il ne se sentait pas surpassé dans tous les sports comme ça avait été le cas avec Luc. Et nous n’entretenions pas le même rapport de défi permanent.

    A suivre …

    (1) Freddy Vivien, personnage récurrent des Aventure de David Sarel,. Freddy pilota en F1 de 1977 à 1992 et créateur des Automobiles Vivia avec Éric Trélor

    (2) Luc Crilllon, pilote Vivia dans Circuit Mortel à Lohéac et Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans

    (3) Jacques Dumoulin, pilote amateur d’excellent niveau qui apparaît dans divers scenarii qui se déroulent dans l’univers de David Sarel, notamment Duel au soleil des coteaux mis en ligne la semaine dernière sur ce blog. A noter qu’après sa carrière de pilote, Jacques est devenu chef de stand chez Vivia pour les courses d’endurance.
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    Vous aimez les émotions que procure la course automobile et vous souhaitez les retrouver dans des fictions ?

    C’est possible. Découvrez les nouvelles et romans rédigés par Thierry Le Bras qui mettent en scène l’avocat –pilote David Sarel, un personnage au caractère très fort :
    - des nouvelles (fictions courtes) sont en ligne dans les archives de ce blog ;
    - les romans, pour l’instant « Circuit mortel à Lohéac », « Faits d’enfer à Carnac » et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » ont été édités par les Éditions Astoure (diffusées par Breizh).