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19/09/2011

MORUE SAUCE PIQUANTE AU MENU DU PILOTE AUTOMOBILE

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 Cuisine et course automobile font bon ménage. Je le répète une nouvelle fois car  j’ai observé que les gentlemen drivers sont souvent des gastronomes avertis. Tout comme un des plus grands espoirs du sport automobile français, Romain Grosjean. Après sa carrière en sport automobile, Romain projette d’acheter un restaurant et d’y œuvrer comme chef ! Jenson Button quant à lui a déjà inauguré son restaurant à Londres. Mettront-ils de la morue sauce piquante à leurs cartes ?

 En fin de note, vous trouverez des liens vers des vidéos de l’ouverture du restaurant de Jenson Button, d’un portrait de Romain Grosjean le montrant entre autre en cuisine, et de Jarno Trulli présentant ses vins.

 La dualité course automobile – art de vivre se trouve au cœur d’un prochain polar vintage et gourmand que je compte très bientôt publier. En attendant et pour célébrer dignement la première Fête de la gastronomie (pas moins de 2.000 festivités sont prévues le 23 septembre), je vous invite à lire une petite fiction. Elle est en parfaite adéquation avec le thème de Circuit mortel car le héros en est David Sarel, l’avocat pilote dont les lecteurs de mes romans ont déjà suivi les aventures à Lohéac, au rallye du Mans et aux 24 Heures du Mans.

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 Les lecteurs des Aventures de David Sarel le savent, l’avocat-pilote lorientais doit faire face depuis son adolescence à la haine implacable et active de Soizick Pierret, la seconde épouse de son père, une aventurière sans scrupules surnommée la morue, un escroc en jupon qui a détourné toute la fortune de son époux avant « d’accélérer » sa mort (1). David s’entretient ici avec deux amis, le journaliste Sébastien Ménier et le privé Benjamin Boden, ex-lieutenant du 36 quai des orfèvres converti à la nouvelle cuisine de l’intelligence économique.

 Bon appétit de lecture. Et n’hésitez pas à mettre votre grain de sel en postant un commentaire.

 Comment naît une morue ?

 Comment Soizick Pierret, l’abominable marâtre de David était-elle née à l’état de morue ? La question intriguait Sébastien, le journaliste.

 - C’est simple, précise David. Une morue, c’est une pute bas de gamme et vulgaire. Tout Soizick Pierret, la deuxième femme de mon père. J’ai commencé à faire circuler ce doux surnom sur elle quand elle est devenue sa maîtresse. A partir de là, tout le monde l’a appelée comme ça, à part sa grande copine Valentine Sorbet, une gourde toute cabossée qui sert de boniche à la morue sans même s’en rendre compte.

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 - Tu n’as pas eu envie de mettre les pieds dans le plat de morue quand tu as compris qu’elle prenait ton père pour un pigeon à rôtir ? interroge Sébastien.

 - Non, elle l’avait déjà retourné comme une crêpe. Mais j’ai quand même livré quelques plats empoisonnés à la morue. Une année, j’ai fait circuler partout un pamphlet sur elle. Je l’avais écrit en m’inspirant de Voltaire. Je m’en souviens encore très bien. Elle aussi, je pense : 

L’autre jour le long d’un muret,

Un serpent piqua Soizick Pierret.

Savez-vous ce qui arriva ?

Ce fut le serpent qui creva.

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 Le pamphlet fit beaucoup rire dans le quartier de la morue comme dans les entreprises de Grégoire, le père de David. La marâtre ne brillant ni par l’amabilité, ni par la beauté, ni par l’intelligence, le pamphlet fit un tabac. Soizick Pierret devint la morue sauce piquante. Enfin sauf pour ses amants, sa copine Valentine Sorbet et le père de David. Encore qu’un doute subsiste en ce qui concerne Grégoire, feu le papa de David. Une de ses maîtresses témoigne l’avoir vu rigoler de la satire en fumant un Havane.

 La morue sauce piquante n’est pas un met recherché

- Tu oublies des qualificatifs à son sujet, complète Benjamin. Durant mon enquête sur elle, j’ai aussi entendu vieille poule, pintade, dinde, joues de coche en gelée. Un petit excité rouge comme du Beaujolais qu’elle prend pour un ami m’a affirmé qu’elle faisait du lard depuis qu’elle était débarrassée de ton père. Il se dit choqué qu’elle ne lui ait jamais accordé une miette d’affection alors que lui, il la gavait d’oseille. Une de ses voisines avoue qu’elle espère bien que la morue se fera prendre la main dans le pot de confiture et que ce sera le début de sa déconfiture. Elle est bien cuite. En plus, avec les derniers indices que j’ai récoltés, on va lui mettre une marmite, l’aplatir comme une galette, en faire de la marmelade.  

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- D’autres la traitent de boudin, persifle cruellement David. Tout le monde se moque ouvertement de son QI d’huitre ou ironise sur sa tête de vache prête à être accommodée sauce vinaigrette, Sa famille reproche à cette peau de vache de garder tout le gâteau pour elle et de ne jamais filer un radis aux autres.

 - Jusqu’à présent, ça a été la fête de la morue, regrette Sébastien. Elle a engrangé tout le blé et elle a envoyé ton père bouffer les pissenlits par la racine.

 - Pas faux, admet David. Elle s’est sucrée au passage la bestiole. L’addition est salée pour moi et pour Florent, le fils caché que mon père a eu avec une nana bonne pâte. C’est sans doute ce qu’on appelle un mélange sucré-salé. Une nouvelle recette de pâtisserie financière à l’arôme de morue. Quand je pense que mon père adorait la pêche et qu’il a mordu à la ligne de cette prédatrice. Au fond, il s’est fait pêcher par une morue qui a fait des tas de salades.

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 - Donc, il est grand temps de faire sa fête à la morue, intervient Benjamin… Il va falloir l’assaisonner parce qu’elle n’est pas bien appétissante.

 - Quand les flics la mettront au frigo, je ferai monter la mayonnaise prévient Sébastien. Les canards où je bosse et ceux de mes potes vont  faire leurs choux gras de ses déboires. En pimentant judicieusement l’histoire sur  les réseaux sociaux, ce qui fait partie de la cuisine médiatique traditionnelle, on servira la soupe au grand public. De la bouillabaisse à la morue bien sûr ! Ce sera le plat du jour des Internautes.

 Morue, patates et sorbet

 La morue serait-elle indigeste, même bien accompagnée ? C’est ce pensent en tout cas Sébastien et David.

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 - Quand on parle de plat du jour, poursuit Sébastien, celui du bistrot en face des bureaux vendredi dernier, c’était de la morue aux patates. Je me suis dit que le chef avait cuisiné la morue et sa famille. J’ai préféré commander un steak frites. Même avec un Podere Castorani  en provenance du vignoble de Jarno Trulli, ça craignait. Je n’avais pas envie de récolter  une intoxication alimentaire.

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 - Sa copine Valentine Sorbet fondrait en larmes si elle t’entendait, s’esclaffe David. Mais tu as bien fait de te méfier. Moi-aussi je suis suspicieux quand je vois de la morue au menu. Je n’en mange que si j’ai entièrement confiance dans le chef et la traçabilité de la marchandise. La morue pas fraiche, c’est tout flasque, ça pue et c’est trop toxique. Peut-être que je me laisserai tenter si j’en vois au Victus, le restaurant que Jenson Button vient d’ouvrir à Harrogate, dans le North Yorkshire. Jenson est un ambassadeur de la nourriture saine et c’est quelqu’un de foncièrement honnête. Zéro risque quant  à la qualité des produits servis dans un restaurant auquel il s’est associé.

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 - Elles sont gratinées celles-là, enchérit Benjamin.

 - Tant qu’elles ne retombent pas comme un soufflé, conclut Sébastien…

 Que va-t-il arriver dans le duel à mort qui se prépare entre David et la nageuse en eau trouble ? David rêve de réduire sa vieille ennemie en tartare de morue. Il va la mettre sur le grill. Qu’elle soit dure à cuire ne le dérange pas. David est patient et s’amuse à la faire mijoter à petit feu. Il se battra comme un samouraï, avec autant de rage que Kobayashi, fils d’un cuisinier japonais, sur les pistes de F1. La morue peut se faire du sushi. Bon, magnanime, il ne prévoit pas de faire de l’huile avec son foie. L’ignoble grognasse le traite d’avocat marron et elle aimerait le transformer en chair à saucisse. Un duel à suivre dans les prochains thrillers mettant en scène David Sarel et son clan !

 DES LIENS GASTRONOMIQUES ET AUTOMOBILES A SUIVRE

Jenson Button inaugure son restaurant, le Victus

http://skiddplayer.com/video/42016/jenson-button-opens-the-new-vi

 Romain Grosjean, chef pilote et cuisinier

http://videos.tf1.fr/auto-moto/sport-romain-grosjean-bientot-de-retour-en-f1-6662102.html

 Jarno Trulli présente ses vins à Francorchamps

http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoaf2ehn.html

 Gare à la main du diable, mon dernier roman : il ne s’agit pas cette fois d’un scénario mijoté avec David Sarel. Le diable dans cette histoire, ce n’est pas la morue. Ce sont forcément des forces obscures qui ont distillé cette créature imbuvable et il n’existe aucune chance qu’elle bonifie en vieillissant car elle n’a vraiment rien d’un grand cru, mais elle ne saurait figurer à tous les menus. A défaut de morue sauce piquante, les lecteurs de Gare à la main du diable étancheront leur soif d’angoisse avec une autre mauvaise femme qui pourrait être l’amie de la morue, une certaine mademoiselle Bistro

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-g-83517093.html

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 La course, ça coûte bonbon, alors parmi ses premiers sponsors, le Team Vivia pour lequel pilote David Sarel avait trouvé un fabriquant de… galettes ! Une anecdote rapportée dans Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans (1), polar qui relate aussi comment la morue ne fit qu’une bouchée de son pigeon rôti, le père de David  http://www.endurance-info.com/article.php?sid=2844

 

66, cuisine sympathique

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/09/06/66-cuisine-sympathique.html

 

Une recette de morue

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/01/22/recette-de-morue.html

 

Thierry Le Bras 

22/10/2010

LA BMW STELLA AUX 24 HEURES DU MANS

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Que les plus belles voitures de compétition soient intrinsèquement des oeuvres d’art, les amoureux de la compétition en sont convaincus depuis longtemps. Les designers nous offrent des machines aussi belles à contempler qu’efficaces sur les circuits. Mais un gentleman driver audacieux est allé plus loin que les autres dans le mariage de l’art et de la compétition. Maître Hervé Poulain a en effet associé le génie de créateurs contemporains à des monstres mécaniques produits par BMW, McLaren, Venturi et Porsche.

Hervé Poulain est « un marteau de vitesse », comme il le rappelle dans son ouvrage « Le marteau et son maître » paru chez Plon. En fait, cette formule fut inventée par un journaliste du Figaro Magazine comme le mentionne fort loyalement le commissaire-priseur le plus rapide du monde.

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Tous les pilotes amateurs connaissent les difficultés à boucler un budget et à convaincre des sponsors. Hervé Poulain fut un gentleman-driver très rapide. Tous ceux qui l’ont vu en course de côte et en rallye le savent. En 1974, il faisait partie des meilleurs pilotes de R12 Gordini. Comme tout amateur de talent à cette époque, il avait envie de disputer les 24 Heures du Mans. Pour ce faire, il trouva une idée originale qui alliait sa connaissance des arts, son réseau relationnel et ses capacités au volant. Il s’agissait d’organiser une opération autour de la peinture d’une voiture de course par un artiste de renommée internationale. Calder s’enthousiasma pour ce projet. Hervé Poulain tenta de convaincre un grand constructeur français. En vain. La solution vint de Jean Todt rencontré par hasard à l’époque des premières démarches infructueuses du commissaire-priseur pilote. Jean Todt ne dirigeait pas encore une prestigieuse écurie ou la FIA. Il mettait sa personnalité et ses qualités exceptionnelles d’organisateur au service des pilotes qu’il naviguait en rallye. Et i connaissait beaucoup de monde dans le milieu de la course. L’idée d’Hervé Poulain le séduisit. Il le mit en relation avec Jochen Neerpasch, le patron de BMW Motorsport, dont la femme dirigeait une galerie d’art. Tel fut le point de départ de la saga des « Pop cars d’Hervé Poulain ».

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Après la 30 CSL Calder de 1975, le schéma se remit en place en 1976 avec la « Stella filante » (cf. les photos de cette note). Ce serait une « Silhouette » équipée d’un 6cylindres dopés par deux turbocompresseurs. Un monstre de 750 chevaux conçu pour atteindre 370 kilomètres/heure dans les Hunaudières. Le commissaire-priseur pilote serait associé à Brian Redman et Peter Gregg. Le papier millimétré zébré de lignes de force projeté sur la carrosserie du gros coupé BMW aux allures de lutteur symboliserait la science des ingénieurs et l’habileté des mécaniciens. Contrairement à la version atmosphérique de l’année précédente qui avait permis à Hervé Poulain de pointer un moment à la cinquième place du classement général et de rouler de concert avec la Ligier de Jean-Pierre Beltoise, la machine survitaminée de 1976 ne répondrait malheureusement pas aux espérances de ses pilotes. « Fais attention Hervé, c’est une voiture pour ingénieur, pas pour pilote », préviendrait Peter Gregg. Durant les séances d’essais qualificatifs, la BMW N° 41 connaîtrait de nombreux problèmes. Le premier jour, elle resta en panne à Arnage. Le second, son moteur martyrisa tellement le châssis que la custode arrière menaça de s’envoler. En course, elle abandonnerait rapidement. Mais Hervé Poulain reviendrait au Mans et connaîtrait la satisfaction intense de terminer parmi les équipages classés.

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Pour plus de détails et d’anecdotes sur les participations d’Hervé Poulain aux 24 Heures du Mans, je vous conseille vivement son dernier livre, « Le marteau et son maître ». L’ouvrage ne se limite pas au sport automobile. Vous y découvrirez les multiples facettes du métier de commissaire-priseur. Vous y croiserez Alain Delon, Mireille Darc, Alain Prost, Jean-Paul Belmondo, de nombreuses stars, des acteurs du monde politique… Un livre à lire absolument.

Pour ma part, je tiens à adresser à grand merci à Hervé Poulain. Il ne le sait pas encore, mais son parcours professionnel et sportif apporte de la crédibilité à un des personnages récurrents de mes romans policiers, David Sarel. Dans les polars où je le mets en scène, David exerce la profession d’avocat. Mais il est aussi un gentleman driver assez performant pour piloter des voitures d’usine en endurance, une discipline où il plaide parfaitement la cause de son écurie. Juriste et pilote d’usine, un cumul de fonctions vraisemblable grâce au précédent créé par maître Hervé Poulain !

 QUELQUES LIENS POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE MANS 1976 :

1976, une édition très chaude des 24 Heures du Mans

http://www.sportauto-comite12.org/index.php?option=com_content&view=article&id=377:1976-une-edition-tres-chaude&catid=1:circuit&Itemid=3

 

1976 : quelques photos des pilotes de l’Ouest

http://www.sportauto-comite12.org/index.php?option=com_content&view=article&id=378:1976-les-pilotes-regionaux-en-images&catid=1:circuit&Itemid=3

 

Didier Pironi et José Dolhem, deux frangins sur la piste :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/06/08/didier-pironi-et-jose-dolhem-deux-frangins-sur-la-piste.html

 

UN ROMAN QUE J’AI COMMIS DANS L’UNIVERS DE DAVID SAREL :

http://www.ffsa.org/article.php?comite=comite12&titre_url=chicanes-et-derapages-de-lorient-au-mans&id=13352

 

Texte et photos :
Thierry Le Bras

11:43 Publié dans Livre, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hervé poulain, bmw, pop cars, le mans, 1976, gentlemen drivers, david sarel |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Imprimer |

19/02/2010

UNE PIGE A TRAPPES

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24 Heures de Paris à Trappes 1988,

je fais équipe avec Ségolen au volant de cette  Visa groupe B

 

 « On n’a que de bons souvenirs en  course automobile », m’a déclaré un jour Jean-Luc Pailler. Le plus titré des pilotes de Rallycross français a raison. Quand je repense à mes saisons de courses de côtes, ma mémoire restitue effectivement quantité de bons moments. J’en ai d’ailleurs rapporté certains sur ce blog :

 

La Golf GTI, voiture passion :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/03/26/golf-gti-voiture-passion.html

 

Thierry Le Bras raconte des souvenirs de course automobile :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/09/24/thierry-le-bras-raconte-des-souvenirs-de-course-automobile.html

 

Les spectateurs sont sympas :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/01/04/les-spectateurs-sont-sympas.html

 

Outre des courses de côtes et des rallyes, j’ai aussi participé une fois aux 24 Heures de Paris sur le Circuit Jean-Pierre Beltoise à Trappes.

 

Une idée née au resto

 

L’idée de participer aux 24 Heures de Paris naquit de façon assez originale. Dédé Ségolen (de  son vrai nom André Gahinet), effectuait des remplacements comme médecin anesthésiste à l’époque. Parfois en Guadeloupe, parfois en métropole. Je le connaissais depuis 1976 en fait, l’année où j’ai débuté en course de côte. Dédé a participé à de nombreuses grandes épreuves comme le RAC, le Monte-Carlo, le Côte d’Ivoire, le Tour de Corse, et il a remporté le groupe 4 aux 24 Heures du Mans 1976 avec Alain Gadal et Maurice Ouvière.

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Dédé Segolen aux 24 Heures du Mans 1976

 

Il faisait partie de l’Ecurie Bretagne comme moi. Nous avions sympathisé. Un midi de février 1988, il est passé à Rennes en fin de matinée. J’habitais alors la capitale bretonne. Nous sommes allés déjeuner au resto avec lui et Didier Caradec, un autre ami qui courait aussi. Didier s’engageait aux 24 Heures de Paris sur une Porsche qu’il partagerait avec un préparateur de la région (Le Duigou). Il en a parlé. Dédé a dit qu’il avait reçu une invitation, mais qu’il ne pensait pas y aller. Puis il a eu une idée. Nous dégustions un bon whisky au Sévigné, une excellente brasserie de l’avenue Janvier alors tenue  par un couple de passionnés de sport automobile.

 

- Dis donc, m’a lancé Dédé, tu as l’habitude des tractions toi (j’avais couru plusieurs saisons en Golf). Si tu faisais équipe avec moi ? J’apporte l’auto et les mécanos. Tu payes l’engagement et l’hébergement sur place. Tu t’occupes aussi d’amener la voiture à Trappes et de la ramener en Bretagne. Je travaille en région parisienne en ce moment. Je ne vais pas pouvoir m’en occuper (la voiture était dans le Morbihan, pas très loin de Rennes). J’ai dit banco et c’est comme ça que je me suis retrouvé au départ des 24 Heures de Paris au volant de la Visa. Un super souvenir. Au plan financier, des partenariats avec un groupe de transport et un réseau de radios auxquels s’ajouta notre prix permirent finalement de couvrir à peu près le budget.

 

Un week-end à Trappes

 

La Visa des 24 Heures de Paris 1988 n’était pas une 1000 pistes mais une deux roues motrices en fait. Dédé l’avait depuis la saison 1982. Il avait couru en rallye et en course de côte avec. Il avait même disputé le Rallye de Côte d’Ivoire au volant de cette voiture. Notre Visa était équipée d’un moteur de 1440 cm3 qui développait 140 cv si je me rappelle bien. Elle n’était donc pas très puissante, mais son comportement m’a étonné. La Visa était d’une efficacité redoutable. Un plaisir à amener. Facile à se mettre en main tant elle inspirait confiance par son comportement sain. L’autobloquant ne me posa pas de problème car j’avais piloté des Golf qui en étaient équipées. La direction n’était pas assistée. Mais le circuit de Trappes ne comporte pas d’épingle. Objectivement, l’absence d’assistance ne m’a pas gêné quoique je n’aie rien d’un roi du bras de fer.

 

Les 24 Heures de Paris étaient ouvertes à des véhicules rassemblés en 3 catégories : les 2 roues motrices, les 4 roues motrices « esprit » groupe  B et les 4x4. Chaque catégorie de véhicules disputait 5 manches. Chaque pilote disputait une des deux premières manches, puis l’équipage se relayait lors des trois dernières.

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Dans mon roman Circuit  Mortel à Lohéac,

j’imagine une course se disputant en équipage sur la piste de Rallycross

 

La piste de Trappes était un circuit de Rallycross et les courses en peloton étaient musclées. Imaginez une manche de Rallycross avec 20 voitures au départ. Aux essais, aller vite tout seul ne me posa aucun problème, à part 2 tête-à-queue au même endroit après une bosse lors de mes premiers tours  à cause de freinages trop tardifs en appui à l’entrée d’un gauche en descente et en dévers. Mais lors de la première des manches où j’ai pris le volant, j’avoue que la nervosité du peloton m’a perturbé et que j’ai perdu des places au départ de peur de froisser de la tôle. Lors des trois dernières manches, nous avons décidé que Dédé, que la perspective de quelques frictions avec les rivaux n’angoissait guère, prendrait le premier relais et moi le second. Là, tout s’est bien passé, et je n’ai pas hésité à fermer les portes quand c’était nécessaire. J’ai ainsi eu le plaisir de boucler une manche en seconde position. Nous avons finalement terminé quatrièmes des 2 roues motrices. Peut-être aurions-nous pu monter sur le podium sans un problème moteur qui nous a contraints à abandonner dans la cinquième manche. En  tout cas, j’avais pris beaucoup de plaisir au volant de la Visa groupe B.

 

Le point de départ d’un roman

 

Ce concept de courses par manches avec relais m’a bien plu. Je m’en suis inspiré quelques années plus tard pour bâtir le cadre de Circuit Mortel à Lohéac, un roman policier dont l’intrigue se déroule durant une grande épreuve disputée sur la piste de Lohéac :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/30/un-roman-a-lohéac.html#comments

 

A Trappes heureusement, notre petite équipe put se concentrer sur la course sans avoir à dénouer d’intrigue policière. Pas de méchants romanesques dans les parages.

 

Dans d’autres épisodes de la vraie vie par contre, il m’est arrivé de rencontrer des personnages réels aussi foncièrement mauvais que les « méchants » qui pimentent Circuit Mortel Lohéac, J’ai par exemple croisé – hélas pour moi comme pour tous ceux qui eurent à faire à elle - une femme encore plus dangereuse et diabolique que celle connue sous le doux surnom de « la morue ». La morue de Circuit mortel à Lohéac aimerait s’accommoder à la sauce piquante. C’est une gourgandine aux instincts meurtriers, fraudeuse et escroc en jupon dont la seule existence suffit à polluer des âmes dans le roman. Elle fait de l’humour sans le savoir en appelant le mari qu’elle trompe et dévalise « mon petit sous à la crème d’oseille ». Si la réalité dépasse souvent la fiction, les vrais méchants, ceux qui jouent leurs rôles de nuisibles dans le monde réel, font rarement rire. Car il existe une différence fondamentale entre les méchants des fictions et ceux du monde réel. Les nuisibles de la vie réelle sont généralement insignifiants, un peu déficients mentaux, et totalement sans intérêt. Des vraies tâches ! C’est un improbable concours de circonstances qui a placé des êtres falots et pitoyables au cœur d’une intrigue alors qu’à part un hasard phénoménal, leur mesquinerie et leurs travers les auraient condamnés au mieux à l’indifférence, au pire à devenir la risée des autres. Dans les romans au contraire, il faut un « bon » méchant, un individu machiavélique, calculateur, qui se donne du mal pour élaborer les plans diaboliques qui feront frissonner le lecteur.

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Une morue accommodée en hachis.

Ce n’est pas celle de Circuit mortel qui n’est pas comestible

et dégage une odeur de poisson  pourri, un peu comme les poissons

de Cetautomatix dans les albums d’Asterix.

Il est vrai que l’endroit préféré de la morue de Circuit mortel à Paris,

c’est la rue Poissonnière !

 

Ainsi David Sarel lutte-t-il régulièrement contre un prédateur, la morue :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/01/22/recette-de-morue.html

 

Le « bon » méchant n’est pas si facile à construire pour le romancier ou le réalisateur de cinéma. Contrairement à ce que pensent parfois des lecteurs ou spectateurs, il ne suffit pas de s’inspirer d’un personnage existant ou ayant existé. Pourquoi ? Parce ce que la hargne des vrais méchants est tellement sans bornes qu’elle ne paraîtrait pas crédible dans une fiction. Pour rester dans les comparaisons culinaires et humoristiques évoquées récemment, la mayonnaise ne prendrait pas. Le vrai méchant est trop fade pour faire recette. Il faut le savoir-faire du chef scénariste pour lui donner une saveur.

 

Thierry Le Bras