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19/02/2010

UNE PIGE A TRAPPES

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24 Heures de Paris à Trappes 1988,

je fais équipe avec Ségolen au volant de cette  Visa groupe B

 

 « On n’a que de bons souvenirs en  course automobile », m’a déclaré un jour Jean-Luc Pailler. Le plus titré des pilotes de Rallycross français a raison. Quand je repense à mes saisons de courses de côtes, ma mémoire restitue effectivement quantité de bons moments. J’en ai d’ailleurs rapporté certains sur ce blog :

 

La Golf GTI, voiture passion :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/03/26/golf-gti-voiture-passion.html

 

Thierry Le Bras raconte des souvenirs de course automobile :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/09/24/thierry-le-bras-raconte-des-souvenirs-de-course-automobile.html

 

Les spectateurs sont sympas :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/01/04/les-spectateurs-sont-sympas.html

 

Outre des courses de côtes et des rallyes, j’ai aussi participé une fois aux 24 Heures de Paris sur le Circuit Jean-Pierre Beltoise à Trappes.

 

Une idée née au resto

 

L’idée de participer aux 24 Heures de Paris naquit de façon assez originale. Dédé Ségolen (de  son vrai nom André Gahinet), effectuait des remplacements comme médecin anesthésiste à l’époque. Parfois en Guadeloupe, parfois en métropole. Je le connaissais depuis 1976 en fait, l’année où j’ai débuté en course de côte. Dédé a participé à de nombreuses grandes épreuves comme le RAC, le Monte-Carlo, le Côte d’Ivoire, le Tour de Corse, et il a remporté le groupe 4 aux 24 Heures du Mans 1976 avec Alain Gadal et Maurice Ouvière.

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Dédé Segolen aux 24 Heures du Mans 1976

 

Il faisait partie de l’Ecurie Bretagne comme moi. Nous avions sympathisé. Un midi de février 1988, il est passé à Rennes en fin de matinée. J’habitais alors la capitale bretonne. Nous sommes allés déjeuner au resto avec lui et Didier Caradec, un autre ami qui courait aussi. Didier s’engageait aux 24 Heures de Paris sur une Porsche qu’il partagerait avec un préparateur de la région (Le Duigou). Il en a parlé. Dédé a dit qu’il avait reçu une invitation, mais qu’il ne pensait pas y aller. Puis il a eu une idée. Nous dégustions un bon whisky au Sévigné, une excellente brasserie de l’avenue Janvier alors tenue  par un couple de passionnés de sport automobile.

 

- Dis donc, m’a lancé Dédé, tu as l’habitude des tractions toi (j’avais couru plusieurs saisons en Golf). Si tu faisais équipe avec moi ? J’apporte l’auto et les mécanos. Tu payes l’engagement et l’hébergement sur place. Tu t’occupes aussi d’amener la voiture à Trappes et de la ramener en Bretagne. Je travaille en région parisienne en ce moment. Je ne vais pas pouvoir m’en occuper (la voiture était dans le Morbihan, pas très loin de Rennes). J’ai dit banco et c’est comme ça que je me suis retrouvé au départ des 24 Heures de Paris au volant de la Visa. Un super souvenir. Au plan financier, des partenariats avec un groupe de transport et un réseau de radios auxquels s’ajouta notre prix permirent finalement de couvrir à peu près le budget.

 

Un week-end à Trappes

 

La Visa des 24 Heures de Paris 1988 n’était pas une 1000 pistes mais une deux roues motrices en fait. Dédé l’avait depuis la saison 1982. Il avait couru en rallye et en course de côte avec. Il avait même disputé le Rallye de Côte d’Ivoire au volant de cette voiture. Notre Visa était équipée d’un moteur de 1440 cm3 qui développait 140 cv si je me rappelle bien. Elle n’était donc pas très puissante, mais son comportement m’a étonné. La Visa était d’une efficacité redoutable. Un plaisir à amener. Facile à se mettre en main tant elle inspirait confiance par son comportement sain. L’autobloquant ne me posa pas de problème car j’avais piloté des Golf qui en étaient équipées. La direction n’était pas assistée. Mais le circuit de Trappes ne comporte pas d’épingle. Objectivement, l’absence d’assistance ne m’a pas gêné quoique je n’aie rien d’un roi du bras de fer.

 

Les 24 Heures de Paris étaient ouvertes à des véhicules rassemblés en 3 catégories : les 2 roues motrices, les 4 roues motrices « esprit » groupe  B et les 4x4. Chaque catégorie de véhicules disputait 5 manches. Chaque pilote disputait une des deux premières manches, puis l’équipage se relayait lors des trois dernières.

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Dans mon roman Circuit  Mortel à Lohéac,

j’imagine une course se disputant en équipage sur la piste de Rallycross

 

La piste de Trappes était un circuit de Rallycross et les courses en peloton étaient musclées. Imaginez une manche de Rallycross avec 20 voitures au départ. Aux essais, aller vite tout seul ne me posa aucun problème, à part 2 tête-à-queue au même endroit après une bosse lors de mes premiers tours  à cause de freinages trop tardifs en appui à l’entrée d’un gauche en descente et en dévers. Mais lors de la première des manches où j’ai pris le volant, j’avoue que la nervosité du peloton m’a perturbé et que j’ai perdu des places au départ de peur de froisser de la tôle. Lors des trois dernières manches, nous avons décidé que Dédé, que la perspective de quelques frictions avec les rivaux n’angoissait guère, prendrait le premier relais et moi le second. Là, tout s’est bien passé, et je n’ai pas hésité à fermer les portes quand c’était nécessaire. J’ai ainsi eu le plaisir de boucler une manche en seconde position. Nous avons finalement terminé quatrièmes des 2 roues motrices. Peut-être aurions-nous pu monter sur le podium sans un problème moteur qui nous a contraints à abandonner dans la cinquième manche. En  tout cas, j’avais pris beaucoup de plaisir au volant de la Visa groupe B.

 

Le point de départ d’un roman

 

Ce concept de courses par manches avec relais m’a bien plu. Je m’en suis inspiré quelques années plus tard pour bâtir le cadre de Circuit Mortel à Lohéac, un roman policier dont l’intrigue se déroule durant une grande épreuve disputée sur la piste de Lohéac :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/30/un-roman-a-lohéac.html#comments

 

A Trappes heureusement, notre petite équipe put se concentrer sur la course sans avoir à dénouer d’intrigue policière. Pas de méchants romanesques dans les parages.

 

Dans d’autres épisodes de la vraie vie par contre, il m’est arrivé de rencontrer des personnages réels aussi foncièrement mauvais que les « méchants » qui pimentent Circuit Mortel Lohéac, J’ai par exemple croisé – hélas pour moi comme pour tous ceux qui eurent à faire à elle - une femme encore plus dangereuse et diabolique que celle connue sous le doux surnom de « la morue ». La morue de Circuit mortel à Lohéac aimerait s’accommoder à la sauce piquante. C’est une gourgandine aux instincts meurtriers, fraudeuse et escroc en jupon dont la seule existence suffit à polluer des âmes dans le roman. Elle fait de l’humour sans le savoir en appelant le mari qu’elle trompe et dévalise « mon petit sous à la crème d’oseille ». Si la réalité dépasse souvent la fiction, les vrais méchants, ceux qui jouent leurs rôles de nuisibles dans le monde réel, font rarement rire. Car il existe une différence fondamentale entre les méchants des fictions et ceux du monde réel. Les nuisibles de la vie réelle sont généralement insignifiants, un peu déficients mentaux, et totalement sans intérêt. Des vraies tâches ! C’est un improbable concours de circonstances qui a placé des êtres falots et pitoyables au cœur d’une intrigue alors qu’à part un hasard phénoménal, leur mesquinerie et leurs travers les auraient condamnés au mieux à l’indifférence, au pire à devenir la risée des autres. Dans les romans au contraire, il faut un « bon » méchant, un individu machiavélique, calculateur, qui se donne du mal pour élaborer les plans diaboliques qui feront frissonner le lecteur.

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Une morue accommodée en hachis.

Ce n’est pas celle de Circuit mortel qui n’est pas comestible

et dégage une odeur de poisson  pourri, un peu comme les poissons

de Cetautomatix dans les albums d’Asterix.

Il est vrai que l’endroit préféré de la morue de Circuit mortel à Paris,

c’est la rue Poissonnière !

 

Ainsi David Sarel lutte-t-il régulièrement contre un prédateur, la morue :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/01/22/recette-de-morue.html

 

Le « bon » méchant n’est pas si facile à construire pour le romancier ou le réalisateur de cinéma. Contrairement à ce que pensent parfois des lecteurs ou spectateurs, il ne suffit pas de s’inspirer d’un personnage existant ou ayant existé. Pourquoi ? Parce ce que la hargne des vrais méchants est tellement sans bornes qu’elle ne paraîtrait pas crédible dans une fiction. Pour rester dans les comparaisons culinaires et humoristiques évoquées récemment, la mayonnaise ne prendrait pas. Le vrai méchant est trop fade pour faire recette. Il faut le savoir-faire du chef scénariste pour lui donner une saveur.

 

Thierry Le Bras

10/02/2010

PILOTE ET FIN GOURMET

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Dans le numéro 1737 d’AUTOhebdo, Jean-Luc Taillade a évoqué les talents culinaires de Romain Grosjean, presqu’aussi à l’aise au fourneau qu’au volant.

 

J’ai adressé au Forum-hebdo du magazine hebdomadaire qui sert de Bible à de nombreux passionnés de course auto un commentaire sur ce texte et j’ai eu la bonne surprise de le trouver publié dans le numéro 1738.

 

J’ai constaté moi-même quand, plus jeune, je courais en course de côte, que de nombreux gentlemen drivers étaient aussi des amateurs éclairés de gastronomie. Et pas seulement ceux dont les voitures arboraient les couleurs de produits alimentaires.

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En 1976 et 1977, la Rallye 2  de Stragliatti défendait les couleurs du Père Dodu

 

La tradition ne se dément pas et je me réjouis qu’elle perdure, y compris chez les meilleurs pilotes.

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Alors chers lecteurs, pour ne pas vous laisser sur votre faim, permettez moi de terminer cette chronique en roue libre par une cerise sur le gâteau, a kirch on the cake, sous forme d’anecdote mêlant expressions culinaires et carrière sportive à la sauce jeune pilote.

 

Il arrive qu’on reproche à un bébé requin tout juste sorti de l’école de pilotage de faire le cake. Mais le pire pour un pilote, c’est sans doute de se trouver chocolat après s’être fait rouler dans la farine par un team qui a piqué le blé de son sponsor, puis le fait mijoter aux petits oignons avant de le laisser au placard et de le griller. De quoi lui faire monter la moutarde au nez, fût-ce loin du circuit de Dijon. Il ne restera alors au pilote qu’à espérer que les carottes ne sont pas cuites et à tenter de se consoler auprès d’une jolie supportrice au cœur d’artichaut…

 

Pour  d’autres chroniques mêlant course automobile et gastronomie, rendez-vous sur :

 

MOULES AU CIDRE.jpg

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/08/25/rallye-de-la-baule-des-emois-inoubliables.html

 

ainsi que sur :

BOEUF AUX CAROTTES.jpg

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/11/06/le-retour-de-la-ds-citroen.html

 

et sur :

CHAMPAGNE LE NECTAR DE LA VICTOIRE.jpg

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-le-pere-noel-gate-ronnie-41311116.html

 

Thierry Le Bras

04/02/2010

Philippe Kruger tente l’aventure AUDI Quattro

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Tout le monde se souvient des exploits de Röhrl, Mikkola et Michèle Mouton au volant des Audi Quattro préparées par l’usine allemande.

 

D’autres pilotes ont engagé la Quattro en compétition. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer le  Suisse Claude-François Jeanneret, grand animateur du Championnat d’Europe de la montagne durant les années 80 et 90 :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/02/17/l-audi-quattro-de-claude-francois-jeanneret.html

 

Philippe Kruger s’était déjà illustré en rallye, notamment au volant de Golf GTI et de Talbot Lotus. En 1982, il s’aligna au volant de cette magnifique groupe B, loin de la préparation des voitures d’usine. Ici au Touraine, épreuve qui comptait pour le Championnat de France des rallyes, il espérait profiter des spéciales sur terre du samedi pour réaliser de jolies performances. Hélas, malgré une belle attaque, le pilote lorrain ne pourra jamais faire jeu égal avec les Porsche de Béguin, Fabre et Deyraut qui monopoliseront le podium. 1982 marquait une modification de la réglementation des groupes puisque ce fut la saison où apparurent les voitures des groupes N, A et B. Dans un premier temps en championnat de France, les machines des groupes 2 et 4 furent encore admises au départ à côté de celles des nouveaux groupes. Mais le changement de réglementation n’avait pas facilité la tâche des pilotes quant au choix d’autos performantes. Ce d’autant que les rallyes du championnat1982 intégraient à la fois des spéciales sur bitume et sur terre.

 

De tous temps, certaines voitures firent le bonheur des pilotes privés en rallye. Ce fut par exemple le cas de la Berlinette Alpine dans ses versions groupe 4 et groupe 5, des Porsche groupe 4 puis groupe B et groupe F, des Talbot Lotus groupe 2, des R5 Turbo groupe B, des BMW M 3 groupe A et groupe F, et de bien d’autres encore. Mais si des privés ont fait gagner des Quattro en rallycross, je pense notamment à Caty Caly et à Jacques Aïta, la grosse groupe B allemande n’apparut pas souvent sur les routes du championnat de France et encore plus rarement au départ des rallyes français sur bitume hors championnat. Probablement parce qu’une bonne préparation coûtait trop cher.

 

Quant à Philippe Kruger, si l’expérience Quattro ne lui apporta pas les résultats espérés malgré son excellent coup de volant, il enrichit plus tard son palmarès au volant de nombreuses autres bêtes de course parmi lesquelles des Samba groupe B, Toyota Celica GT 4, BMW M3, Peugeot 306 Maxi, Subaru Impreza WRX…

 

Texte et photo :

Thierry Le Bras

12:29 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : audi quattro, philippe kruger, critérium de touraine, rallye |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Imprimer |