30.09.2009
LE CLIN D’ŒIL DE PHILIPPE GEORJAN A LA R8 GORDE (1)

Héros d’une prochaine série de romans Vintage, Philippe Georjan est un personnage de fiction qui adore l’automobile et la compétition. Adolescent durant les sixties, jeune homme à la période des seventies, il s’avoue nostalgique de cette époque où les contraintes imposées à l’automobile et à ses conducteurs se révélaient bien plus souples qu’aujourd’hui. La R8 Gorde réveille quelques anecdotes croustillantes dans sa mémoire.
La R8 Gordini faisait forcément partie des voitures que j’aimais, se rappelle Philippe Georjan. Je m’en souviens avec d’autant plus de tendresse que j’ai commencé à courir en 1973 avec une R 12 G, sa descendante dans la lignée Gordini bien qu’elle ait adopté le mode traction et non propulsion.
D’extérieur, peu de choses distinguaient la R8 Gorde des voitures de tourisme traditionnelles qui promenaient les familles raisonnables sur les routes de France et de Navarre. Si ce ne sont une jolie couleur bleue et deux bandes blanches qui annonçaient ses prétentions sportives. La première fois que j’ai eu l’occasion de monter dans une Gorde, c’était en 1966, l’année de mes quatorze ans. C’était la voiture de Jean-Philippe, un journaliste auto qui écrivait dans « Chronomètre » et « La France au quotidien ». Il suivait de près la carrière de Xavier (1), ce qui nous donna l’occasion de sympathiser. A l’intérieur, la Gorde était un peu plus bruyante que la R8 ordinaire. Plus sèche et plus brutale aussi. Certains reprochèrent à Renault d’offrir aux jeunes une voiture dangereuse à prix abordable. Le même procès moral serait intenté quelques années plus tard à Simca au titre de la commercialisation des 1000 Rallye. Les critiques émises contre ces constructeurs m’ont toujours paru injustes. D’autant que les R8 G et les Simca 1000 Rallye bénéficiaient du savoir-faire de constructeurs expérimentés. Leurs machines se révélaient bien plus sûres que les voitures bricolées pour améliorer les performances sans que les freins et les suspensions suivent. Or à cette époque, beaucoup de jeunes ne se contentaient pas de chiffres constructeur de la R8 de papa. Une culasse rabotée un arbre à cames spécial, un nouveau carbu permettaient de gagner quelques chevaux dans des conditions de sécurité bien éloignées de ce qu’offrait une R8 Gordini.

Je me souviens d’une anecdote amusante avec la R8 G. C’était à la Course de côte du Mont-Dore 1966 que Xavier disputait sur l’AC Cobra du Team UTP. Le dimanche matin, Jean-Philippe nous a amenés dans sa Gorde, notre ami Christian, mon cousin Laurent et moi. Nous sommes partis du parc fermé pour nous rendre au haut du tracé. Il fallait faire tout un détour par Chambon sur Lac pour remonter le Col de la Croix Saint-Robert par le versant qui ne sert pas à la course. Là, nous avons rattrapé la DS 21 de Serge Tourquen, le frère de Jean-Jacques, un autre concurrent. Serge conduisait vite et bien. Il occupait le baquet de droite dans l’Alpine de son frère en rallye. Mais sa DS 21 était à l’agonie tandis qu’il freinait la R8 Gorde. Il a fini par nous laisser passer entre deux épingles. Jean-Philippe l’a immédiatement lâché. Nous l’avons revu plus tard dans la journée au virage de la carrière. « Quand je pense que la plupart des gens s’extasient en affirmant que la DS tient la route, a-t-il plaisanté. Elle la tient toute oui. Face à la Gorde, c’est un vrai bateau. »

Mon cousin Laurent n’était pas très content. Son père possédait justement une DS 21 et ne jurait que par Citroën. Mais il dut reconnaître que sur route sèche et sinueuse, la DS 21 rendait les armes face à la R8 Gordini.
Petite mais costaud, tel aurait pu être le slogan de la bombe mise au point par le sorcier italien pour le compte de Renault.
Outre la Coupe, la R 8 Gorde brilla également dans d’autres épreuves sur circuit, en rallye et en course de côte. Gérard Larrousse, Jean-Claude Andruet, Bernard Darniche, Jean-Luc Thérier, Jean-Pierre Nicolas, Marcel Grué, Hervé Knapick, Jean Rondeau, Jean-Claude Vaucard, Jakubowski, Jran-Claude Lagniez, Alain Cudini, Jean-Pierre Jarier, Roger Dorchy, Jean Ragnotti, Jean Todt, Hugues de Chaunac, Max Mamers, les frères Grobot, Roussely, Dany Snobeck, ils ont tous piloté une R8 Gorde à un moment ou l’autre de leur carrière, comme beaucoup d’autres qu’un ouvrage entier ne suffirait pas à citer.
La R8 Gorde était homologuée en « tourisme de série » et en « tourisme spécial », de telle sorte qu’il existe d’innombrables niveaux de préparation. Elle pouvait aussi courir en groupe 5. Lors de la seconde moitié des sixties et au début des seventies, les 8 Gorde étaient donc très nombreuses dans les rallyes et les courses de côtes de l’Hexagone.
L’âme humaine est ainsi faite que certains n’hésitent pas à frauder pour améliorer leur sort. Il en existe en sport auto comme ailleurs de ces petits malins resquilleurs qui pensent qu’un dixième de seconde se gagne aussi légitimement en préparant une voiture non conforme qu’en allant chercher au fond de ses tripes l’énergie de freiner au dernier centimètre possible, puis d’accélérer tôt et de prendre de gros appuis. L’année où j’ai commencé la compétition avec la 12 Gorde, un ancien pilote amateur dont je ne citerai pas le nom par discrétion m’a conseillé un truc qui m’a choqué. « Si tu restes conforme, tu vas risquer ta caisse à chaque virage pour arracher quelques millièmes à un peloton de furieux que tu n’es pas sûr de battre. Moi, j’ai un truc. Quand je courais, je faisais préparer mes voitures à l’étranger. Personne ne savait ce qu’il y avait dessus. J’avais une adresse en Belgique. J’ai fait monter des arbres à cames de groupe 5 sur une groupe 1 par exemple. Après, je pilotais propre, sans prendre trop de risques, et je disais que je gagnais parce que j’étais plus coulé que les autres. Ça a toujours marché. Quand je sentais que mes concurrents devenaient trop suspicieux, qu’on allait me démonter (NDLR : porter réclamation pour faire vérifier la conformité de la voiture par les commissaires techniques, ce qui entraîne le démontage de certaines pièces), je prétextais que j’avais cassé le moteur. Le temps que les choses se calment, j’allais à la pêche le dimanche plutôt que sur les courses.
Je n’ai pas voulu suivre ce conseil sordide. D’abord, tricher est insupportable dans ma conception du sport qui doit représenter un bastion de la loyauté et de l’honnêteté entre concurrents. D’autre part, je venais à la course après avoir été formé au pilotage par mon ami Xavier (1), pilote professionnel imprégné des valeurs morales des Juan Manuel Fangio, Stirling Moss, Jim Clark, Graham Hill, Jean-Pierre Beltoise et autres seigneurs de la course auto. J’étais encore étudiant. Si ma famille avait fait un geste généreux et appréciable pour le financement de la voiture, Xavier m’avait beaucoup aidé en faisant le forcing auprès de ses sponsors les plus fidèles (à commencer par UTP) pour qu’ils me soutiennent aussi. J’aurais eu l’impression de trahir toute le monde si j’avais utilisé des procédés douteux. Sans compter la catastrophe pour ma crédibilité future si je m’étais fait prendre. Tant pis si d’autres ne s’embarrassaient pas des mêmes principes. Je savais que j’allais vite et que je pouvais faire partie de ceux qui se battent pour la victoire de catégorie sans tricher. Je ne remporterais pas cent pour cent des épreuves auxquelles je m’alignerais. Mais tous ceux qui m’aidaient savaient qu’un pilote ne gagne pas à chaque fois.
Thierry Le Bras
(1) pour faire connaissance avec Xavier Ferrant, le copain pilote professionnel de Philippe, cliquez sur :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/08/25/ra...
A suivre …
12:34 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tags : r8 gordini, r 12 gordini, gorde, philippe georjan, xavier ferrant, triche en sport automobile, fiction, humour, vintage, seventies
25.09.2009
L’ALPINE A 310 V6 DE GUY FRÉQUELIN
1977, l’Écurie Armor fête ses 10 ans et entend célébrer l’événement en offrant une plus grande ampleur à son rallye disputé les 27 et 28 mars sur les routes de la région de Saint-Gouëno dans les Côtes d’Armor.
Pour moi, cette épreuve représente un souvenir particulier. J’ai envisagé de m’y engager sur ma Golf GTI groupe 1. Cela aurait été mon premier rallye car si j’ai débuté la course auto l’année précédente, je n’ai fait que quelques courses de côtes avec ma vaillante Opel Ascona SR qui me servira cette année de voiture de tourisme et de véhicule tracteur. Mon projet d’Armor comme pilote ne se concrétisera pas finalement. La voiture a été livrée trop tard. Elle est chez le préparateur qui n’a pas le temps de s’en occuper. Normal, il l’avait programmée plus tôt dans son planning. La semaine avant l’Armor, il a d’autres engagements. Il se débrouillera quand même pour travailler dessus la semaine suivante et je prendrai le départ de ma première épreuve en Golf une semaine plus tard à la course de côte d’Hébécrevon. C’est donc en spectateur avec les copains qui s’occuperont fidèlement de mon assistance que je vais au Rallye d’Armor. Armé de mon appareil photo, je vais suivre les exploits des pilotes au bord de la route avec mes amis. D’entrée, je manque de m’attirer les foudres de l’épouse d’un des membres de notre petit groupe. Elle hurle soudain de terreur et manque de me faire sursauter. Tout ça parce que m’étant trompé de route pour aller voir la spéciale, je fais un demi-tour au frein à main sur le bitume mouillé. Après m’être assuré que je ne dérangerais personne bien sûr. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il existe des passagers et des passagères qui s’affolent pour un rien. Bon, maintenant, je me suis assagi. Pas moyen de faire autrement de toute façon et ma BM série 3 n’est pas faite pour ce genre de fantaisies. Mais j’avoue qu’à l’époque, je ne roulais pas vraiment en père de famille au quotidien.
Au volant de mon Opel Ascona SR groupe 1 à Saint-Germain Sur Ille en 1976
Mais faisons fi de mes anecdotes personnelles qui ne sauraient représenter le même intérêt que les exploits de pilotes comme Guy Fréquelin. Car avant de devenir le patron de Sébastien Loeb en rallye et de prendre sa retraite, Guy Fréquelin fut un sacré rallyman. En 1977, son programme comprenait les 24 Heures du Mans (sur Alpine A 442 en équipage avec René Arnoux ainsi qu’avec mon pilote préféré, Didier Pironi), le championnat de France des rallyes sur l’Alpine A 310 V6 groupe 5 et quelques autres rallyes. Au Mans, ça se passerait plutôt mal. Guy n’eut pas l’occasion de prendre le volant en course. Didier Pironi assurait le premier relais au volant de la voiture qui avait servi de laboratoire à Renault durant les séances d’essais privés. Elle prit feu dès le premier tour et Didier dut s’arrêter à Mulsanne. Guy se consolerait par contre avec le titre de Champion de France des rallyes.
A l’Armor, il faisait figure de grand favori. La réplique viendrait de la Porsche groupe 4 de Maurice Ouvière, de celle engagée en groupe 3 par Dédé Ségolen, et d’une armée de Berlinettes groupe 4 et groupe 5 menées notamment par Hervé Poulain, Christian Coeuille, Pustelnick, La Ferté, Voisin, Maurice Nusbaumer… Sans oublier les groupe 3 d’un Pierre Desilles et d’un Marcel Grué toujours en verve.
Sortie de route le dimanche matin pour La Ferté
Le rallye comptait 180 kilomètres d’épreuves spéciales. Une ES de 4,9 km à parcourir trois fois dont une de nuit le samedi et une ronde de 24 km à courir 7 fois le dimanche. D’entrée, Guy Fréquelin prend la tête des opérations. Maurice Ouvière est sorti de la route dans la spéciale de nuit après un bon début de course. Le dimanche, la pluie risque de redistribuer les cartes. La Porsche de Ségolen n’y est pas très à l’aise malgré le talent de son pilote. Les problèmes mécaniques ou sorties de route commencent à clairsemer les rangs des poursuivants de l’Alpine A 310 V6. Hervé Poulain, Maurice Nusbaumer et La Ferté ne sont bientôt plus en course. Guy Fréquelin domine toujours les débats devant Christian Coeuille et un magnifique Pierre Desilles qui ne dispose que d’une Berlinette version groupe 3 bien moins affûtée que ses rivales préparées en groupe 4 et en groupe 5.
A l’heure du déjeuner le dimanche, Fréquelin occupe la première place devant Coeuille et Désilles. L’après-midi dans l’avant-dernier passage, la pluie va s’arrêter de tomber au moment du passage des groupe 3, ce qui va permettre à Ségolen de claquer un meilleur temps scratch. Il récidivera dans la dernière ES où Fréquelin assurera. Au final, Fréquelin l’emporte devant Coeuille, Désilles, Ségolen et Voisin. Fréquelin a remporté sept spéciales, Ségolen 2 et Coeuille une.
Guy Fréquelin est satisfait de sa course et plein d’espoirs pour l’avenir, d’autant que Michel Têtu, ingénieur de Renault Sports, est présent sur l’épreuve et évoque la préparation d’une Alpine A 310 V6 groupe 4. Cette version groupe 4 permettrait à ses pilotes de disputer des grands rallyes, des épreuves du Championnat du monde au départ desquelles les groupe 5 ne sont pas admises.
Le 19 août 1977, la groupe 4 fera ses premiers tours de roues sur le circuit de Croix en Ternois aux mains de Guy Fréquelin. Michel Têtu, Gérard Larrousse, Patrick Landon et Marcel Callewaert seront présents. Dès le premier regard, la différence de taille entre la groupe 4 et la groupe 5 suscitera bien des commentaires. « Hier soir à Dieppe, expliquait Michel Têtu, on a sorti la groupe 5 devant l’usine et on les a mises côte à côte pour voir. La différence est incroyable. La groupe 4 paraît minuscule. En fait, il y a 14 centimètres de différence en largeur. Je me demande comment faisait Guy pour passer l’arrière du proto dans les virages serrés… »
La première journée d’essais s’annonce encourageante. Même si les 45 chevaux de différence au préjudice de la groupe 4 par rapport à la groupe 5 donnent l’impression d’un manque de pêche et que la voiture sous-vire car l’autobloquant n’a pas encore été monté, Guy Fréquelin boucle des tous en 1’03’’ tandis que les meilleures Porsche groupe 4 tournent en 1’00’’ sur ce tracé. « Elle est facile à conduire, pas vicieuse, analyse Guy Fréquelin. C’est important en rallye. »
Quelques jours plus tard, Guy Fréquelin et Jacques Delaval disputent leur premier rallye en Hongrie avec l’Alpine A 310 V6 groupe 4. Ils allaient remporter l’épreuve lorsqu’un court-circuit les contraignit à l’abandon dans la toute dernière spéciale.
L’Alpine A 310 V6 groupe 4 n’irait pourtant pas jouer dans cour des grands contre les Lancia Stratos, Fiat 131 Abarth, Ford Escort RS et autres Porsche Carrera les saisons suivantes. « Nous l’avons faite essentiellement dans un but de commercialisation d’un kit, annonce déjà Gérard Larrousse. C’est pour ça que nous avons recherché des solutions simples. C’est la voiture qui remplacera les Berlinettes 1800 des amateurs dans les rallyes, peu à peu. » De fait en 1978, c’est au volant de R5 Alpine groupe 2 que Guy Fréquelin et Jean Ragnotti s’illustreront au Rallye de Monté Carlo.
CARACTÉRISTIQUES DE L’ALPINE A 310 V6 groupe 5
Moteur :
Type 6 cylindres en V à 90° dérivé du PRV, bloc et culasses aluminium, vilebrequin 4 paliers.
Distribution : 2 simples arbres à cames en tête (un par rangées de cylindres), soupapes commandées par culbuteurs.
Cylindrée : 2.849 cm3
Alésage course : 91 x 73 mm
Puissance maxi : 270 ch entre 7.200 et 7.500 tr/mn
Couple maxi : 26 mkg entre 5.000 et 6.000 t/mn
Rapport volumétrique : 11 à 1
Alimentation : 2 carburateurs triple corps inversés Weber 46 IDA 3 C
Lubrification : graissage par carter sec
Refroidissement : par carter d’eau placé à l’avant
Le radiateur d’huile moteur est également à l’avant. Tous deux sont de marque Chausson.
Vitesse maxi : selon rapports utilisés
Transmission :
Embrayage bi-disque
Boite de vitesses : ZF à 5 rapports
Pont : 8 x 42 autobloquant
Châssis :Types : tubes et tôles
Carrosserie : polyester fibre de verre
Dimensions :
Empattement : 2,27 m
Voie AV : 1,46 m
Voie AR : 1,57 m
Longueur : 4,18 m
Largeur : 1,90 m
Hauteur : 1,12 m
Pneumatiques : Michelin Racing 20/59 x 15 AV et 29/61 x 15 AR
Jantes : 8x15’’ AV et 12x15 AR
Poids : 956 kg
Direction :
A crémaillère Gemmer
Freins :
A 4 disques ventilés, double circuit par maître cylindre tandem
Suspension :
A 4 roues indépendantes par ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques Bilstein. Barre anti-roulis AV et AR.
Éclairage : 2 code/route et 4 longue portée Cibié
Capacités : essence 2 réservoirs Super-flexit centraux de 60 litres chacun
Divers :
Admission moteur par prise aérodynamique latérale.
Sécurité : extincteur habitacle 5 kg et moteur 2,5 kg à commandes intérieures et extérieures, arceau cage, harnais 6 points.
Texte et photos (sauf celle de l’Ascona SR) :
Thierry Le Bras
Une petite précision :
Ironie du sort, Renault se fait épingler dans une affaire de fraude gravissime au moment où je m’apprête à mettre en ligne 5 textes évoquant des modèles de la marque à l’époque des sixties et des seventies. Hasard encore, les prochains textes parleront d’une sale affaire de triche dont sera victime un jeune pilote honnête jusqu’au bout des ongles. Il s’agira d’une fiction réaliste largement illustrée de photos de R8 Gorde, de 12 Gorde et de Berlinettes.
L’issue sera bien différente de la parodie de justice sportive que nous a offerte le Conseil mondial cette semaine. Lorsque que j’ai écrit ces textes, mon but était simplement de rappeler des modèles attachants et des pilotes de talent qui choisirent de défendre la marque au losange, qu’ils aient été professionnels de grand talent, gentlemen drivers confirmés ou amateurs pleins d’espoirs. A l’époque, Renault misait sur des pilotes loyaux et honorables. La firme ne laissait pas les clés de la maison à un Franck Nitti grand exterminateur de toute une génération de pilotes français (n’est-ce pas messieurs Sébastien Bourdais, Franck Montagny, Loïc Duval ...), Personne n’aurait d’ailleurs admis que Jacques Cheinisse ou Gérard Larrousse offrent des courses truquées sur plateau de dés pipés à un Al Capone sot qui plante un fer dans l’dos du sport automobile que nous aimons tant. Voilà, c’était mon coup de gueule de la semaine tant la pantalonnade du Conseil mondial m’a choqué. Je la trouve insultante à l’égard de tous les pilotes amateurs qui ont subi des sanctions pour des fautes légères, voire parfois de simples erreurs involontaires.

A dire vrai, elle m’indigne mais ne me surprends pas. Elle est si conforme à la manière dont la FIA géra l’affaire du Stepney Gate. La même finalité a dicté les choix de la justice sportive. Les deux affaires présentaient un point commun, ou plutôt un homme commun il est vrai. De là à conclure que les sanctions de la FIA sont à la tête du client et que tous les pilotes ne sont pas égaux devant la loi du sport, il n’ya qu’un tour de roue qu’il est impossible de ne pas franchir.
Enfin, pour essayer de conclure sur une note d’humour cynique, je rappellerai qu’au début de la saison 2009 sur Europe 1, Flavio Briatore avait déclaré que Fernando Alonso resterait chez Renault car il savait que l’herbe y était plus verte pour lui qu’ailleurs. Ce n’est plus un scoop. Maintenant nous aussi on sait à quel point l’herbe était plus verte chez Renault qu’ailleurs pour le petit toro !
18:32 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : alpine a 310 v6, rallye d’armor, guy fréquelin, gérard larrousse, 1977, renault
19.09.2009
RALLY CROSS DE LOHÉAC : Flash-back sur l’édition 1978 (3)
La Lancia Stratos de Bentza rattrape la petite Daf d’Alain Guiheux
Pas question ici de porter un jugement de valeur sur les catégories de voitures qui animèrent les championnats du monde de rallye ni le Rallycross au fil des décennies.
Heinz Bubetz, un des défenseurs de la Porsche Carrera en Rallycross européen
Compte tenu de la configuration des pistes de Rallycross et des réglementations successives de la discipline, les machines qui s’y sont illustrées furent aussi des reines du rallye ou des modèles qui auraient pu y briller. Je pense par exemple aux modèles « esprit WRC » d’aujourd’hui qui ne sont pas forcément homologuées en WRC.
Bertrand Lenoir et sa Porsche Carrera 2,7 l furent de grands animateurs de la saison 1978
Lorsque nous nous replaçons dans le contexte de 1978, nous observons que les voitures dominatrices en rallye sont des « groupe 4 » issues de voitures de Tourisme ou de Grand Tourisme. La Porsche pilotés par Jean-Pierre Nicolas a remporté la première épreuve de la saison, le fameux Monte-Carlo. Les voitures conçues par la firme de Stuttgart sont encore capables de jouer les premiers rôles partout.
Kangas à l’attaque sur sa Porsche Carrera devant Marie et Albers
Rien d’étonnant donc à ce qu’aux côtés de l’impériale Lancia Stratos, les Porsche Carrera, les Alpine A 310 et Berlinettes aient été nombreuses au départ de l’édition 1978.
Jean de Moor et sa Berlinette, ça s’appelle de l’attaque
Alpine, Porsche, Lancia, ces voitures étaient des deux roues motrices, des propulsions qui glissaient généreusement sur la terre.
Solide, performante sur tous les terrains, les Porsche Carrera représentent une fraction significative du plateau en 1978.
De Saint-Germain sur Ille au Mans ou à Lohéac, peu importe la piste pourvu qu’on ait Raymond Tourroul et sa Porsche Carrera
Parmi elles, celle de Raymond Touroul, qui illustre la polyvalence du modèle. Avec cette voiture, le Grand Raymond avait couru en course de côte, en rallye, en circuit et même aux 24 Heures du Mans. En 1976, associé à Alain Cudini, Raymond avait remporté une formidable sixième place au général avec cette Porsche atmosphérique qui venait désormais compléter son palmarès sur la terre. L’essai serai d’ailleurs transformé par de nombreuses victoires dont celle de Lohéac en 1979 ainsi que par la conquête du titre de champions de France en 1981. Pour plus de détails sur l’histoire de Raymond et de sa Porsche, je vous invite à découvrir les trois articles suivants :
1976, une édition très chaude des 24 Heures du Mans
http://www.sportauto-comite12.org/index.php?option=com_co...
1976 : quelques photos des pilotes de l’Ouest
http://www.sportauto-comite12.org/index.php?option=com_co...
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/02/02/qu...

En 1978 à Lohéac, Bentza l’a emporté dans la catégorie des GT (division 2) Il devança la Porsche Carrera d’Andersson, la Berlinette de Saby, la Porsche de Lenoir, l’Alpine A 310 de Fassbender, les Carrera de Bubetz et Touroul… Lenoir aurait sans doute pu inquiéter la Lancia Stratos. Il avait réussi le meilleur temps des essais. Mais Andersson le poussa de manière plus que discutable en finale. Les manœuvres musclées, pour ne pas dire violentes, ne sont pas rares en Rallycross. Mais malgré cet incident regrettable, le spectacle avait été sublime, comme le serait celui offert par les pilotes à chaque édition du Rallycross de Lohéac.
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L’ambiance du Rallycross vous séduit ? Vous souhaitez la trouver dans une fiction ? C’est possible. Pour en savoir plus, cliquez sur :
http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/30/un...

Outre David Sarel, héros de fiction récurrent, vous retrouverez quelques acteurs réels du monde automobile qui joueront les premiers rôles ce week-end, à commencer par Stéphene Dréan, le pilote du Team Hervieux et Denis Vaillant, le patron du team.
Texte et photos
Thierry Le Bras
18:14 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rallycross de lohéac, 1978, écurie bretagne, raymond touroul, porsche carrera, lancia stratos, alpine berlinette, jean de moor, bentza, bertrand lenoir, kangas, alain guiheux, daf
11.09.2009
RALLY CROSS DE LOHÉAC : Flash-back sur l’édition 1978 (2)
Bruno Saby au volant de son Alpine en 1978
Bagarres intenses entre les pilotes, joies de la glisse et chances de bien figurer avec une voiture pas trop chère, tels furent les ingrédients du succès du Rallycross auprès de pilotes de notoriété.
Car des pilotes déjà connus du grand public issus de divers horizons, il n’en manqua jamais en Rallycross. Si récemment des pointures qui ont remporté des manches du championnat du monde des rallyes, François Duval et Marcus Grönholm, sont venus en découdre sur les pistes de Rallycross, l’édition 1978 ne manquait déjà pas de stars du pilotage qui s’étaient illustrées dans d’autres disciplines.
1978, Bruno Saby conquiert le titre de champion de France de Rallycross
Bruno Saby était de retour le week-end dernier sur le théâtre de ses exploits et il fit quelques tours de circuit en démonstration avec la superbe Berlinette Alpine qui lui permit de devenir champion de France de Rallycross. Ce titre, c’était justement en 1978 !
Mais Bruno Saby n’était pas le seul pilote à s’être distingué ailleurs et à se laisser séduire par le Rallycross.
Parmi les grands souvenirs de l’année 1978 en matière de sport automobile figure la victoire aux 24 Heures du Mans d’un équipage français particulièrement attachant aux commandes d’une voiture française. Le 11 juin à 16 heures, le prototype Alpine A 442 B piloté par le jeune loup débordant de talent Didier Pironi et le sage mais aussi très rapide Jean-Pierre Jaussaud affectueusement surnommé Papy recueillait les fruits d’une association qui avait fait merveille en passant sous le drapeau à damier en vainqueur. Papy Jaussaud rêvait encore de F1 et il piloterait d’ailleurs la Renault en essais privés au Paul Ricard l’année suivante avec la clé d’excellents chronos. Mais Papy n’avait pas l’âme d’une star capricieuse imbue de ses victoires. Il était avant tout un pilote éclectique qui savait aller vite partout avec n’importe quel type de voiture. Alors, il s’engagea au Rallycross de Lohéac avec une R 5 Alpine groupe 2. Imaginez qu’aujourd’hui un des petits protégés du sieur Briatore ou du Junior Team Red Bull s’engage en Rallycross. Son boss en ferait une jaunisse. Mais les acteurs et les patrons du sport automobile de la fin des seventies possédaient des mentalités toutes différentes des faiseurs de dollars qui règnent sut la F1 aujourd’hui. Un homme comme Gérard Larrousse, alors patron de Renault Sport, avait lui-même piloté la même année cinq ou six voitures différentes. Comment n’aurait-il pas encouragé ses pilotes à conduire le plus souvent possible, surtout s’ils défendaient les couleurs de Renault ?
La R 5 Alpine groupe 2 pouvait d’ailleurs espérer tirer son épingle du jeu sur la terre. N’avait-elle pas réussi l’exploit au Monte-Carlo en montant sur les deuxième et troisième marches du podium grâce aux talents de Jean Ragnotti et de Guy Fréquelin, deux garçons qui ne tarderaient pas à écrire eux-aussi quelques belles pages de l’histoire du Rallycross ?
Jean-Pierre Beltoise au volant de la Golf groupe 2 du Garage Cresson
Parmi les pilotes les plus capés de l’édition 1978 figurait aussi un certain Jean-Pierre Beltoise. Véritable icône du sport automobile français, Jean-Pierre s’était mis en valeur sur de nombreux circuits avant de découvrir le Rallycross. L’endurance, les courses de voitures de production et les courses de côtes bien sûr, mais aussi la Formule 1. N’oublions pas que le pilote français participa à 86 Grands-Prix entre 1967 et 1974, qu’il a marqué 77 points au Championnat du monde des pilotes, qu’il a terminé 5ème de ce championnat en 1969, et surtout qu’en 1972, il a remporté le plus prestigieux des Grands-Prix, celui de Monaco. Jean-Pierre Beltoise y triompha sous la pluie, dans des conditions difficiles, avec une BRM qui n’était pas la meilleure voiture du plateau, loin s’en faut. Il a montré ce jour-là qu’il faisait indéniablement partie des grands de la Formule 1. Alors quand un pilote de ce calibre vient poser les roues de la Golf groupe 2 du Garage Cresson en Rallycross deux ans seulement après l’arrivée de ce concept de compétition en France, on mesure le sérieux du travail des organisateurs pour créer une belle discipline et de belles épreuves.
Au départ, 2 Alpine A 310 contre 2 Porsche. Du spectacle e, perspective (de gauche à droite Touroul, Fassbender, Bubetz et Kruythof)
S’il ne prit pas le volant, une autre personnalité du sport automobile français suivit de près tout ce qui se passa sur la piste le dimanche après-midi. Gérard Larrousse honora en effet le 3ème Rallycross de Lohéac de sa présence. Il suivit avec beaucoup d’intérêt la prestation de Jean-Pierre Jaussaud et plus généralement celles de tous les pilotes de Renault. Papy Jaussaud ne cachait pas son plaisir sur la piste. « Vraiment, j’ai découvert une discipline passionnante et si l’an prochain, Renault venait en Rallycross… » Nul doute que Gérard Larrousse pensait déjà à ce que pourraient réaliser les A 310 dans un futur proche.

Christian Rio pilota une R5 Alpine groupe 2 dès 1978
Cette année-là, Christian Rio s’était lancé un nouveau défi. Après deux saisons exceptionnelles au volant d’une Alfa-Roméo 2000 GTV groupe 1, Christian avait vendu son coupé Bertone dépassé face aux Opel Kadett GTE et aux Ford Escort 2000 RS pour se lancer dans le Challenge Renault en rallye. Si la planche à roulettes de la régie (expression nullement ironique mais au contraire pleine de sympathie) se montrait efficace, l’autobloquant la rendait difficile à piloter. Monté sur une traction, l’autobloquant tend à optimiser l’efficacité en passant la puissance sur la roue qui ne cire pas. En règle générale, il amène la voiture vers l’intérieur du virage lorsque le pilote accélère et vers l’extérieur lorsqu’il décélère. Il favorise un pilotage propre, mais s’il est brutal comme c’était le cas sur la R5 Alpine groupe 2, il rend la tâche du pilote assez pénible et le soumet à une vraie séance de musculation des avant-bras à chaque spéciale. Christian profita de la présence de Gérard Larrousse pour l’interroger sur ce problème. Le surcroît d’efficacité justifiait-il les désagréments causés aux pilotes ? Oui, répondit Gérard Larrousse. Nous avons fait des essais avec et sans autobloquant et les pilotes vont plus vite avec. Jean-Pierre Jaussaud en disposait sûrement sur la R5 Alpine engagée pour lui par le Team hollandais Vielle.
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L’ambiance du Rallycross vous séduit ? Vous souhaitez la trouver dans une fiction ? C’est possible. Pour en savoir plus, cliquez sur :http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/30/un...

Outre David Sarel, héros de fiction récurrent, vous retrouverez quelques acteurs réels du monde automobile qui joueront les premiers rôles ce week-end, à commencer par Stéphene Dréan, le pilote du Team Hervieux et Denis Vaillant, le patron du team.
Avant Citroën avec ses challenges ouverts aux Saxo puis C2, avant la coupe Renault Logan, d’autres constructeurs s’impliquèrent en Rallycross, notamment Simca et Fiat. En 1978, le Challenge Fiat se déroulait sur des modèles 127. Fiat laisserait aussi les représentants de la presse en découdre sur ses voitures. La victoire reviendrait à un certain Segolen, mandaté par Ouest-France pour l’occasion je crois. Pilote pluridisciplinaire et sociétaire de l’Écurie Bretagne, il était déjà bien connu du public breton.

Segolen avait entamé la saison 1978 par une participation très brillante au Rallye de Monte-Carlo. Le mardi, il pointait en effet en tête du groupe 3 (GT de série) avec sa Porsche.
L’exploit était d’autant plus remarquable que notre Dédé Gahinet régional (dit Segolen) n’avait encore jamais piloté en course sur la neige et que le parcours commun se déroulait sur des routes fort enneigées. Dédé occupait la 14ème place du général, juste derrière les gros bras engagés par les usines et équipés de monstres du groupe 4 et du groupe 2. Parmi ceux qui le devançaient au scratch figuraient les Jean-Pierre Nicolas (futur vainqueur sur une Porsche certes privée mais tout de même engagée par les frères Almeras), Jean Ragnotti et Guy Fréquelin sur les R5 Alpine groupe 2 officielles, Walter Röhrl, Michèle Mouton, Jean-Claude Andruet, Verini, tous sur des Fiat 131 Abarth, Bachelli sur Lancia Stratos… Le lendemain, Segolen qui ne disposait pas d’un nombre suffisant de pneus neige rétrograda à la 3ème place du groupe derrière Rouget et Rouby. Largement qualifié pour le parcours final, la fameuse « Nuit du Turini », à laquelle seuls les 100 meilleurs étaient autorisés à participer à cette époque, il se classa finalement 28ème du classement général malgré une sortie de route dans le Turini justement. Il fut le seul pilote de l’Ouest à terminer. Tous les autres, parmi lesquels l’équipage Christian Galopin – Fabrice Malherbe sur Golf GTI ou encore Alain Beauchef sur Ford Escort 2000 RS durent abandonner. De la Porsche à la petite Fiat 127, sur le goudron, la neige ou la terre, Segolen savait faire claquer les chronos avec n’importe quelle voiture pourvu qu’elle ait quatre roues et un moteur…

La semaine prochaine, je reviendrai une nouvelle fois sur l’édition 1978 du Rallycross de Lohéac. Au programme quelques photos de GT en pleine glisse donc des Lancia Stratos, des Porsche et des Alpine !!!
Texte et photos
Thierry Le Bras
(à suivre …)
16:26 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rallycross de lohéac, 1978, écurie bretagne, jean-pierre beltoise, jean-pierre jaussaud, christian rio, golf cresson, r5 groupe 2, bruno saby, fiat 127, segolen
03.09.2009
RALLYCROSS DE LOHÉAC : Flash-back sur l’édition 1978 (1)
Le Néerlandais Piet Dam et sa BMW 320,, un tandem spectaculaire et diablement rapide.
Piet deviendra d’ailleurs 5 fois champion d’Europe (1981, 1982, 1984, 1985 et 1986), toujours au volant de BMW
L’édition 2009 du Rallycross de Lohéac se déroule ce week-end. L’occasion d’évoquer quelques souvenirs de cette superbe épreuve.
« Le Rallycross, ça ne se raconte pas, ça se vit », affirme Patrick Germain qui a succédé à Pierre Tollemer aux fonctions de Président de l’Écurie Bretagne et du Rallycross de Lohéac.
Lohéac se situe à quelques kilomètres seulement de la Forêt de Brocéliande. Qui sait si Merlin et la fée Morgane ne sont pas pour quelque chose dans la création de ce site magique ?
Car le terme de magie s’applique parfaitement à Lohéac et à son célèbre Rallycross. Lohéac, c’est un feu d’artifices de départs, de dérapages, d’attaques, de dépassements et de bonheur pour les pilotes et le public.
La Fiat 131 Abarth s’est illustrée en championnat du monde des Rallyes, notamment avec un certain Walter Röhrl au volant. La voici entre les mains de l’Autrichien Franz Wurz, le papa d’Alex Wurz qui pilota en F1 pendant plusieurs saisons et a remporté les dernières 24 Heures du Mans sur Peugeot 908. Franz termina 9ème à Lohéac en 1978
En France, tour commença en 1976 grâce à Michel Hommel, à l’Écurie Bretagne dont le Président était alors Pierre Tollemer et au comité des fêtes de Lohéac. L’association de l’Écurie Bretagne et des bénévoles de Lohéac dure encore aujourd’hui. La réunion des efforts, des compétences et de l’enthousiasme des habitants de Lohéac et des animateurs de l’écurie devaient faire de cette épreuve une véritable institution du sport automobile. Je ne sais pas encore quel sera le chiffre des entrées chaque année, mais Lohéac fut souvent le 3ème évènement français de sport automobile derrière les 24 Heures du Mans et le défunt Grand-Prix de France.
La Vauxhall Chevette de Douglas à la poursuite d’une BMW (si quelqu’un se rappelle du nom du pilote, qu’il n’hésite pas à laisser un commentaire)
Deux ans après le premier Rallycross dans l’Hexagone, la discipline jouissait déjà d’un championnat de France et notre pays accueillait une manche du championnat d’Europe de la discipline. Et ce fut naturellement sur le tracé de Lohéac que les animateurs du championnat d’Europe vinrent en découdre les 2 et 3 septembre 1978.
Au terme d’un week-end de bagarres, la victoire en division 1 et le titre européen allaient revenir à Martin Schanche au volant de sa Ford Escort RS.
Martin Schanche avait commencé sa carrière de pilote sur la glace et n’éprouva aucune difficulté à trouver le mode d’emploi du Rallycross.
Pour s’imposer, Martin dut venir à bout d’une meute de furieux qui lui donna une superbe réplique. Outre Piet Dam qui monta finalement sur la troisième marche du podium, des Volvo, des Golf GTI, des Saab et des VW Coccinelles défendirent crânement leurs chances. Sans compter de vaillantes petites Rallye 2 et bien d’autres modèles qui tinrent longtemps les spectateurs en haleine même si elles n’atteignirent pas les finales.
Walfridson et Engseth finiront respectivement 2nd et 7ème avec des Volvo 343 très spectaculaires mais manquant un peu de puissance

Teurlings remporte la 5ème place malgré une caisse qui a souffer
Brunetti et sa 1000 Rallye 2, suivis ici par la VW de Kraf, se sont battus comme des lions avec une petite auto. Ils finisssent 4èmes du classement de la manche du championnat de France pour lequel les pilotes européens ne marquent pas de points
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L’ambiance du Rallycross vous séduit ? Vous souhaitez la trouver dans une fiction ? C’est possible. Pour en savoir plus, cliquez sur :
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Outre David Sarel, héros de fiction récurrent, vous retrouverez quelques acteurs réels du monde automobile qui joueront les premiers rôles ce week-end, à commencer par Stéphene Dréan, le pilote du Team Hervieux et Denis Vaillant, le patron du team.
La semaine prochaine, je vous parlerai de quelques pilotes connus dans d’autres disciplines qui étaient déjà là en 1978, à commencer par Bruno Saby, Jean-Pierre Jaussaud et Jean-Pierre Beltoise. En attendant, si vous pouvez vous rendre à Lohéac ce week-end, n’oubliez pas que le Rallycross, ça se vit aux côtés des pilotes et que le parc fermé est accessible au public contrairement à ce qui se passe en F1 !
Texte et photos
Thierry Le Bras
(à suivre …)
15:59 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rallycross de lohéac, 1978, écurie bretagne, piet dam, martin schanche, wurz


