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25/09/2014

Un plat saignant et une addition indigeste (1/3)

Renseignez-vous bien sur la composition du menu avant de commander…

 

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 Comme chaque année, chers amis, je vous invite à déguster un petit texte mijoté pour célébrer la Fête de la gastronomie. Amateurs de bonne chère, d’humour pimenté  et/ou d’automobile, ce menu de lecture  en 3 plats vous attend (suite dès demain matin) !

 

Philippe approchait de la retraite. Il se sentait dans une sorte de brouillard sinistre. Le temps avait passé depuis ses premières 24 Heures du Mans au bord de la piste. Cette année-là, Ford l’avait emporté pour la première fois.  Il était encore collégien à cette époque. Il avait vécu une belle jeunesse  avec son inséparable cousin Laurent. Avant,  ils avaient aimé les bolides, les jolies femmes, les bons petits plats, le sport, les vacances au bord de la mer, les musiques tourbillonnantes…

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Mais ça, c’était avant Tout avait changé peu à peu, au point d‘aboutir à une société sans odeur et sans saveur où la gastronomie comme l’automobile n’avaient plus droit de cité (ni de campagne non plus, d’ailleurs). Une société liberticide livrée aux desseins très flous d’un conducteur fou qui avait conditionné des QI d’huitres sans rien dans le citron.

 

La prohibition du goût et du plaisir

 

Les mots délice, saveur, arôme, parfum ainsi que tous leurs dérivés étaient rayés du dictionnaire. Des autodafés avaient été organisés dans toutes les communes de France afin de brûler tous les dictionnaires où ils figuraient encore, tous les ouvrages de cuisine, tous les recueils de recettes, tous les magazines traitant de gastronomie. Le chef de l’État voulait que tout soit NORMAL, ce qui excluait la recherche du meilleur, y compris et surtout en matière de cuisine et d’automobile, ses phobies.

 

Les régions ne se partageaient plus le gâteau de la gastronomie française. Sous l’empire de la normalité uniforme, elles devaient mixer leurs ingrédients en reniant leurs particularités comme leurs frontières. Personne ne savait plus très bien selon quelle recette elles seraient découpées et cuisinées.

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Les Bretons, qui avaient la tête près du Bonnet Rouge, vomissaient ce joug aussi lourd qu’un portique écotaxe qui leur interdisait la galette, aplatissait leurs portefeuilles devenus aussi fins que des crêpes. Le ministère de la gastronomie interdisait leurs plats préférés. Fini, les délicieuses  galettes à l’andouille, au jambon, aux champignons, au lard, à la saucisse, avec des œufs, du beurre, des tomates… La galette n’était tolérée que servie avec des ingrédients originaires d’ailleurs, de la choucroute, du riz, de la pimentade, du hareng… Une brave crêpière de Plouhinec avait tenté de sauver les traditions ancestrales en détournant l’esprit des lois. Elle avait imaginé accorder ses galettes avec du jambon de Savoie, du fromage suisse, de la charcuterie allemande, des moules d’Espagne, du rhum antillais, de la confiture d’oranges marocaines, des tomates d’Israël, des ananas cultivés à l’Ile Maurice… Elle était au placard pour 9 mois fermes sans possibilité de remise de peine ni de libération anticipée. « Le temps de la gestation d’un esprit civique », avaient écrit les magistrats aux ordres dans leur jugement. Elle aurait le loisir de réaliser que rien ne devait  plus mettre en valeur la cuisine française ni ses spécialités régionales. L’établissement de la cuisinière morbihannaise était confisqué par le fisc. En sortant de taule, elle n’aurait plus de blé, plus aucune possibilité de confectionner des crêpes ou des galettes.

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Les statuettes, photos, vidéos et autres reproductions de Saint-Laurent,  Patron des cuisiniers étaient interdites dans les églises comme chez les marchands de souvenirs ou autres commerçants. Il en était de même de celles de Saint-André, Patron des poissonniers, Saint-Antoine du Désert, Patron des charcutiers, Saint-Barthélémy, celui des bouchers, Saint-Honoré, protecteur des boulangers, Saint-Michel, ami des marchands de fruits et légumes, ainsi que d’autres encore rattachés directement ou indirectement à un métier de bouche. Le petit dictateur qui s’était approprié l’Élysée avait soumis une requête au nouveau pape. Il lui demandait de décanoniser tous ces saints, attendu qu’ils ne respectaient pas les préceptes religieux plus que ceux de son parti sectaire car ils favorisaient non seulement l’inégalité face à la jouissance culinaire, mais aussi la commission du péché de gourmandise. La gastronomie était en danger dans le monde entier, tout pouvait arriver.

 

Orage, eau, désespoir

 

Le Journal Officiel venait de publier un nouveau décret. Utiliser une expression culinaire synonyme de plaisir était désormais incriminé et sanctionné de 3 mois de prison ferme.

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Plus question d’appeler sa compagne mon petit sucre d’orge ni mon chou (car il existait des choux à la crème). Interdit aux femmes d’appeler leurs amants mon lapin (il pourrait être cuisiné chasseur ou à la moutarde), ni mon canard (suspect  d’être délicieusement accommodé laqué ou à l’orange). Des expressions plus triviales seraient également condamnables. Par exemple ma poule (il en existe au pot et à la crème) ou ma biche (la viande de biche ayant figuré à la carte de nombreux restaurants et traiteurs).

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Encore avocat, Philippe soupira en lisant le décret. Il avait hâte de quitter le métier qui lui avait tant plu avant que le nouveau pouvoir détruise son utilité. Maintenant que les juges n’étaient plus que des valets appliquant  comme des machines automatiques des textes ridiculement répressifs, servait-il encore à quelque chose ?  Depuis des mois, tous les procès au pénal se concluaient inévitablement par le marteau de la justice écrasant le justiciable des peines maximales. Les juges tapaient aussi fort que l’administration fiscale. Les journalistes encore en fonction avaient oublié depuis longtemps toute notion de déontologie et d’information. Ils travaillaient à la propagande du dictateur et bavaient sur ses contradicteurs, ne reculant devant aucune falsification ni aucune bassesse pour les salir. Ils  soutenaient la tambouille élyséenne avec l’obséquiosité  de larbins en queue de pie dans les réceptions officielles du tyran. Un pays foutu ?

 

- Il existe au moins une expression qu’il n’est plus nécessaire d’interdire, ironisa mentalement Philippe. Avant, on disait d’un bon vivant qu’il valait mieux l’avoir en photo qu’à table. Maintenant, avec ce qui nous reste dans les assiettes, avoir quelqu’un en photo ou à table ne change pas grand-chose. Personne ne risque de se resservir tellement les menus sont dégueulasses…

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Affamée par son  bourreau, la France était déprimée. Il ne lui restait plus qu’un seul modèle de voiture, une caisse insipide, et elle avait perdu son appétit. Quant à son économie, elle était congelée.

 

A suivre…

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

Vous pouvez également me retrouver sur http://circuitmortel.com , https://gotmdm.com/driver/ et http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/

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Vous voulez partager du temps avec Philippe, Laurent, Christina et les autres ? C’est possible. Ils sont les personnages principaux de VENGEANCE GLACÈE AU COULIS DE SIXTIES, un polar vintage, automobile, humoristique et gourmand à consommer sans modération au prix très light de 3,55 €  http://amzn.to/1nCwZYd

 

66, cuisine sympathique. Alain, personnage du roman, vous parle de ses recettes http://bit.ly/M3i5uT

 

Le clin d’œil Vintage. En 1967, Sandie Shaw remportait l Eurovision avec Puppet on a string  http://bit.ly/1rLFsYI

 

Le premier rêve prémonitoire de Philippe, une nuit de Noël  http://bit.ly/1cAXkvM

 

Une recette de crime parfait décryptée par  David Sarel  http://bit.ly/1l7SOft

 

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Thierry Le Bras

01/09/2014

MA PREMIÈRE FAN

Ou la face cachée de la célébrité…

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Freddy Vivien, ancien champion du monde de F1, est un personnage récurrent des Aventures de David Sarel. Tout comme Éric Trélor, à la fois parrain, mentor et associé de David.

 

Freddy raconte ici la passion qu’il inspira à une commerçante qui fait sans doute encore partie de ses fans inconditionnels et … un peu – comment dire – encombrants.

 

« C’est une anecdote que j’ai longtemps gardée secrète, raconte Freddy Vivien. Par égard pour la personne concernée. Seuls mes proches étaient au courant du plan de drague que m’a fait la patronne d’un Tabac Presse de Lorient en 1976, l’année où j’ai signé pour accéder à la F1 ».

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Originaire de Fort Bloqué, à côté de Lorient dans le Morbihan, Freddy conclut son premier contrat en 1976 pour courir la saison 1977. Les sportifs de haut niveau font fantasmer les femmes. Preuve en est apportée par la mésaventure survenue à Freddy cette année-là.

 

« 1976 fut une grande année pour moi, se souvient le pilote. Je réalisais le rêve de ma vie en signant avec une écurie de F1. J’ai rencontré la comédienne Daniéla Merle qui est devenue ma femme deux ans plus tard. Nous travaillions d’arrache-pied avec mon ami Éric Trélor et des industriels bretons au lancement du premier modèle Vivia programmé pour le début de l’année 1978.

 

« Je voyageais beaucoup entre le siège de mon écurie, les circuits où nous faisions des essais, Paris où habitait Daniéla, et le Morbihan où serait implantée l’usine Vivia. Mais bon, je me débrouillais tout de même pour ne pas perdre trop de temps dans les avions ni sur la route. »

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Si les limitations de vitesse existaient déjà à cette époque, les radars étaient peu nombreux et les forces de l’ordre compréhensives. Ainsi, un jour où Freddy se fit radariser tout près d’Hennebont à 212 au lieu de 110 au volant de son coupé Alfetta rouge un peu gonflé, les gendarmes à la réception eurent-ils une réaction stupéfiante et sympathique :

 

- Bonjour monsieur Vivien, déclara celui qui venait de le faire stopper d’un geste autoritaire auprès de l’Estafette bleue. Vous rouliez un peu vite. Si vous nous faites des autographes pour nos enfants, nous oublierons le PV.

 

- Merci, répondit Freddy qui parapha une bonne vingtaine d’autographes avant de repartir, car les gendarmes ne s’étaient finalement pas contentés des signatures pour les enfants et avaient aussi pensé aux cousins, aux copains et surtout aux simples relations qu’ils voulaient épater.

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« J’ai toujours été un gros lecteur, précise le pilote. Comme quoi, les sportifs ne sont pas forcément des illettrés qui ne s’intéressent à rien. Déjà à cette époque, je lisais beaucoup de magazines – pas seulement ceux traitant de sports mécaniques – et de romans, surtout des policiers. J’avais l’habitude, quand j’étais dans le Morbihan, de faire mes achats dans un tabac-presse de Lorient dont chacun comprendra que je ne puisse fournir l’adresse. J’en profitais pour acheter des cigares que j’offrais à mon père que je n’ai jamais pu convaincre d’arrêter de fumer. Je savais quelle marque lui faisait plaisir. La buraliste mettait le tout dans un sac que je posais généralement sur le siège passager. »

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Un jour, Freddy trouva un petit morceau de papier plié en quatre par-terre dans son Alfa. Il le déplia et trouva un texte éloquent.

 

« J’ai rencontré un homme qui me plait. Mais il n’est apparemment pas libre. J’aimerais quand même en parler avec vous. » Le texte se terminait par une signature illisible.

 

Freddy douta d’abord que le texte lui fût adressé. Il imagina que son ami Éric Trélor, alors avocat stagiaire, souvent passager dans sa voiture, en était le destinataire et l’avait perdu. C’était tout à fait le genre de message qu’une femme qui pensait divorcer - ou faire divorcer son amant - pouvait écrire à l’attention de son avocat.

 

- Je ne comprends pas, répondit Éric. J’ai des dossiers de divorce, bien sûr, mais aucune cliente ne m’a écrit ça.

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Freddy pensa alors que le message avait pu être glissé dans l’Alfa à un moment où elle était en stationnement avec la vitre légèrement ouverte. Mais ce scénario ne lui fournissait aucun indice quant à l’identité de la femme qui l’avait écrit.

 

Son père lui apporta quelques jours plus tard la réponse à cette question.

 

- Dis donc, j’ai trouvé un message bizarre dans la boite d’allumettes qui était avec les cigares que tu m’as offerts. C’est une blague ou quoi ?

 

Freddy reconnut immédiatement l’écriture.

 

«  Je suis follement amoureuse d’un homme. Je crois qu’il ne s’en rend pas compte. J’aimerais qu’il m’appelle au 97.--.--. Un jeudi où un lundi matin, ce sont les jours où mon mari n’est pas là. »

 

L’amoureuse transie, c’était la buraliste ! Une femme mariée et mère de famille d’une quarantaine d’années qui s’ennuyait avec son homme. Le premier message était tout simplement tombé du sac de journaux posé sur le siège. Puis croyant que Freddy achetait les cigares pour lui, la femme avait trouvé astucieux de placer la suite de sa prose dans une boite d’allumettes.

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Il faut dire que Freddy était plutôt beau gosse. Pas très grand, 1,76 mètre, adepte de la musculation. Il plaisait aux femmes. Les cheveux châtain clair, presque blonds, coiffés à la mode des années soixante dix - c’est à dire sensiblement plus longs qu’aujourd’hui – , le visage un peu rond, Freddy paraissait toujours calme, presque lymphatique. Mais une volonté de fer et un tempérament de feu se cachaient derrière cette apparence tranquille et bourgeoise. Son physique solide dégageait une force tranquille et une assurance inébranlable. En outre, il était naturellement élégant, qu’il porte un blouson de toile et un jean ou un smoking sombre.

 

Les semaines qui suivirent, Freddy ne mit plus les pieds chez la buraliste.

 

«  La situation était gênante, se souvient-il. En plus, je commençais à vivre avec Daniéla et je ne cherchais pas d’aventure, même si cette commerçante était plutôt belle femme, il faut bien l’avouer. »

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Puis Éric Trélor reçut à son cabinet une enveloppe à l’attention de Freddy.

 

« Je suis très lié avec Éric depuis l’enfance, raconte l’ancien champion de F1. Quand il m’a téléphoné qu’il avait un courrier pour moi, je lui ai demandé de l’ouvrir. Et là, surprise. »

 

En décachetant l’enveloppe, Éric découvrit une grande carte avec pour motif un cœur percé d’une flèche. Quant au texte, il dévoilait sans ambiguïté les sentiments de son auteur.

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«  Freddy Vivien, je vous aime, je t’aime. L’amour est une aventure. Cette aventure, j’aimerais la traverser avec toi, Freddy Vivien. J’en rêve jour et nuit. Pour toi, je serai prête à tout, à divorcer, à laisser mes enfants à mon mari, à partir n’importe où du moment que ce soit avec toi. J’ai lu dans la presse magazine que tu avais une liaison avec une comédienne, mon Freddy, mais j’espère que ce n’est qu’une passade ou un mensonge. Certains journaux écrivent vraiment n’importe quoi. Aurai-je une réponse ? Je t’aime, je t’aime, je t’aime mon Freddy. PS : je t’écris chez ton ami Éric Trélor car j’ai lu dans le journal qu’il était ton avocat et que je sais donc qu’il te fera suivre ma carte. N’ayant pas tes coordonnées personnelles, je n’ai pas d’autre moyen de communiquer avec toi pour l’instant. »

 

Freddy commençait à se demander jusqu’où irait son admiratrice amoureuse.

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« Avec Daniéla, nous avons subi bien pire depuis, rapporte le pilote. Nos poubelles sont régulièrement fouillées et des objets intimes nous ayant appartenu mis en vente sur le net. Nous avons appris par exemple qu’une petite culotte de ma femme a été vendue 750 euros à un de ses fans. Mais à l’époque, Daniéla débutait sa carrière de comédienne et moi j’arrivais juste en F1. Nous ne comprenions pas que certains fans nous adulaient et  nous ne réalisions pas du tout  les aspects négatifs de la notoriété ».

 

Bien sûr, Freddy évita le commerce de sa première fan afin de ne pas encourager son amour. Elle ne le relança plus. Mais cinq ans plus tard, elle demanda à Éric de l’assister lorsqu’elle vendit son fonds de commerce. L’avocat ne fit aucune allusion à ce qui s’était passé. Ce fut elle qui évoqua le sujet après la signature de l’acte définitif.

 

- Si vous saviez comme j’ai aimé votre ami Freddy Vivien, confia la pauvre femme. J’aurais tout quitté pour lui. J’allais jusqu’à prier pour qu’il arrive malheur à Daniéla Merle. Ce n’est pas bien, je sais. La prochaine fois que vous verrez Freddy, dites lui bien que je serai toujours sa plus grande fan…

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Une première victoire pour Freddy Vivien http://0z.fr/UJav0

 

Freddy supporter d’Èric et de Ronnie http://0z.fr/DwoeM

 

F1 : Freddy, Èric et David dans un monde sauvage http://0z.fr/2zYDt

 

Sensations F1 avec Freddy http://bit.ly/1hkn4Qu

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Un rallye périlleux pourÈric et David http://0z.fr/JHYvp

 

Freddy, Èric et David sont aussi les héros de CIRCUIT MORTEL A LOHÈAC, LE polar au cœur du Rallycross http://bit.ly/1lFFty7

 

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Propos recueillis par

Thierry Le Bras

08/03/2013

LE JOUR OÚ DAVID SAREL TRICHA

C’était à l’école de pilotage…

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Dans une finalité qui surprendra les habitués de la triche en sport auto

 

Les personnages de fiction ont un présent, un passé, un futur. Ceux qui ont lu Les Aventures de David Sarel, ou au moins certaines d’entre elles, ‘l’ont fréquenté de l’adolescence à l’âge adulte. Voici un épisode qui se déroula l’année de ses 20 ans, à l’école de pilotage.

 

Comme la plupart des pilotes de haut niveau, l’avocat pilote David Sarel forgea son coup de volant dès l’enfance sur les pistes de kart. Puis il s’inscrivit au volant PILOTE+ disputé sur la piste de Magny-Cours. David avait 20 ans lors de la finale disputée fin septembre 1992.

 

Pas tout à fait des débutants

 

J’avais beaucoup couru en kart, raconte volontiers David. Mon expérience des sports mécaniques se complétait de quelques rallyes comme navigateur de mon parrain Éric (*). Trois ou quatre fois pas saison depuis l’année de mes seize ans, Mikaël Mermant, son équipier habituel, me cédait sa place dans le baquet de droite.

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Comme Éric allait fort, j’ai connu les joies de la victoire au scratch sur de grosses autos  dès avant mon permis de conduire. Il était convenu que je piloterais un Coupé Vivia (**) 2000 groupe N en rallye et en course de côte en 1993. Je me suis donc inscrit à l’école de pilotage l’été 1992. Mon pote Denis Grenier suivait le même parcours que moi. Après une dizaine de saisons de kart et quelques rallyes comme navigateur de son père, il s’apprêtait à passer au volant d’une Honda Civic groupe N la saison suivante. A moins qu’il remporte le volant. Dans ce cas, il tenterait sa chance en Formule Renault et essaierait de devenir pro.

 

Des émotions contradictoires

 

David évoque parfois cette finale sur le circuit de Magny Cours avec ses proches.

 

- Les sélections se déroulèrent sous les meilleurs auspices. Au mois de septembre, Denis et moi passâmes le cap de la demi-finale. Nous nous retrouvions en finale avec deux autres jeunes acharnés, Jean-Baptiste Bannier et Bruno Felippini.

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« Denis et moi, nous nous tirions régulièrement la bourre en kart et nous étions aussi déterminés à gagner l’un que l’autre. Sur la piste, nous ne nous faisions pas de cadeaux. Pourtant, notre amitié n’eut jamais à souffrir de cette rivalité sportive. Peut-être parce qu’aucun d’entre nous ne prit jamais l’ascendant sur l’autre. Sans doute aussi parce que malgré notre volonté de gagner, nous ne nous montrâmes jamais aussi féroces dans les contacts entre nous qu’avec les autres concurrents. Je ne me suis accroché avec Denis qu’une fois en compétition. Et nous avons conclu à un incident de course.

 

« Le soir des résultats de la demi-finale, j’éprouvais des sentiments partagés.

 

« D’une part, j’étais fou de joie. Arriver à ce stade de la sélection démontrait que j’avançais fort, que je n’étais pas un mauvais. Y arriver avec Denis me rendait très fier. Nous étions un peu les rois du monde. Nos amis Nick et Simon se montraient encore plus joyeux que nous.

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« Mais d’un autre côté, les rêves qui se réalisent ne correspondent jamais tout à fait à nos aspirations. Le soir, en me couchant sous la tente que je partageais avec Nick, j’éprouvais un sentiment de mélancolie. Ce moment que j’attendais depuis si longtemps ne se passait pas exactement comme je l’aurais cru. Pour gagner la finale, il faudrait battre trois pilotes, dont Denis. Je ne connaissais pas Jean-Baptiste et Bruno. Je me moquais de ce qu’ils ressentaient. Nous étions là pour nous battre à la loyale. Je ne les détestais pas. Au contraire, je les estimais. Mais je voulais avant tout les battre. Par contre, si je gagnais, je brisais le rêve de Denis. Je me disais que nous aurions dû tenter notre chance dans des écoles différentes. Quelques jours plus tard, Denis m’avoua qu’il avait ressenti la même chose en cherchant le sommeil sous l’autre tente plantée à deux mètres de la nôtre.

«  J’ai toujours su gérer mes émotions et mon stress. N’empêche que je réalisais que la vie n’est jamais parfaite, quoi qu’on fasse, quoi qu’on réussisse.

Pourquoi David a levé ?

David dormit mal cette nuit-là. Mais au petit jour, les choses devinrent limpides.

- Nous avions convenu avec Denis que nous ne nous parlerions pas au petit déjeuner ni en nous préparant sur le circuit, rapporte-t-il. Je me concentrais avec Nick. Il faisait de même avec Simon. Nous ne jouerions pas l’intox non plus. Par contre, nous ne nous privâmes pas d’échanger des regards de défi avec Jean-Baptiste et Bruno. Un observateur ignorant des choses de la course auto aurait cru que nous allions leur livrer des duels à mort. Au dernier moment, avant de monter dans la voiture, je ne pus m’empêcher de répondre au dernier coup d’œil assassin de Jean-Baptiste par un sourire narquois.

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« Bruno passa le premier. Il réalisa des temps corrects, mais un peu en-dessous de son  potentiel. Craignant d’aller à la faute, il se retint et ne se livra pas à fond. Lorsqu’il s’arrêta, nous savions tous qu’il ne remporterait pas la finale.

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«  C’était à mon tour de m’élancer. Nous faisions quatre tours. Je pense faire mon meilleur chrono dans le troisième. J’assure les deux premiers. J’attaque comme un malade au moment prévu. Je retarde au maximum mon freinage à l’épingle d’Adélaïde, et je tire tout droit. Je passe dans l’herbe, je salis les pneus. J’ai fait mon Grosjean, comme on dirait aujourd’hui.  Enfin, pas tout à fait quand même parce que je n’ai mis personne en danger et je n’ai pas cassé l’auto. Mais c’est fini pour moi. Je le sais. Je reviens au stand.

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«  Denis se prépare. Je brandis le poing pour lui montrer qu’il faut qu’il y aille, que je veux qu’il gagne. Il attaque fort, très fort. Ses chronos sont meilleurs que ceux de Bruno. Malheureusement, il fait une amorce de travers à la sortie du 90 droite qui ramène à la ligne droite des stands puis bloque ses freins à Adélaïde. Il réalise tout de même une belle série de tours. Tout dépend maintenant de Jean-Baptiste. Nous savons que c’est un tout bon. Il nous a devancés de deux dixièmes en demi-finale où Denis et moi avons réalisé exactement le même temps.

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« Jean-Baptiste est en piste. Nos cœurs battent très fort. Il réalise la série de tours parfaite. Il gagne la finale devant Denis et Bruno. Ma sortie de piste me relègue à la quatrième place. Je suis déçu pour Denis. Mais participer à la finale, c’était déjà bien.

 

A ce stade de l’histoire, les interlocuteurs de David observent toujours qu’il était plus déçu pour Denis que pour lui.

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- Gagner la finale, ce n’était pas mon rêve, reconnaît-il. Je voulais courir, mais sans arrêter mes études. Mon rêve, c’était d’allier une carrière d’avocat au sein du cabinet de mon parrain Éric et de piloter à un haut niveau, en GT ou en tourisme, mais pas en F1. Comme Éric. J’étais persuadé que c’était possible. A titre d’exemples, Jean-Louis Bousquet fut simultanément avocat et pilote officiel Renault en Supertourisme. Fabien Giroix et Bob Wollek assurèrent la gestion de concessions automobiles tout en courant dans diverses disciplines très relevées. Jean-Pierre Malcher fut simultanément pilote et journaliste (NDLR : cf sur la photo ci-dessus Bousquet, Giroix et Malcher en pleine bagarre aux 2 Heures du Mans 1989). Donc, ce n’était pas grave que je ne remporte pas la finale. L’important était d’y arriver, de prouver que j’avais le niveau.

 

David n’a jamais avoué que par amitié pour Denis, pour ne pas risquer de le battre, il avait volontairement raté un freinage ce jour-là. Nick l’a deviné et le lui a demandé quelques heures après l’épreuve.

 

- Mais qu’est-ce qui te fait penser ça ? interrogea David.

 

- Avant le départ, tu avais le regard un peu vague, précisa son ami. Je ne t’ai pas senti déterminé comme sur les pistes de kart. Et ton petit sourire ironique à Bruno m’a laissé penser que tu roulais hors concours.

 

David ne répondit pas…

 

(*) Éric Trélor, oncle et parrain de David. C’est quasiment lui qui a élevé David dont les rapports avec des parents divorcés se révélèrent assez houleux comme le retracent p. ex. CIRCUIT MORTEL A LOHÉAC

 

(**) Vivia, marque automobile de fiction au cœur des romans qui rapportent les Aventures de David Sarel

  

NOTE MODIFIÉE LE 27 MARS 2014

 

 QUELQUES LIENS A SUIVRE

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 LE PACTE DU TRICHEUR, un polar cross-age avec David dans le premier rôle, est disponible au prix de 0,98 € sur

http://www.amazon.fr/LE-PACTE-TRICHEUR-Thierry-Bras-ebook/dp/B00H2042PU

 

  Pour ceux qui ne l’auraient pas encore lu, découvrez  CHICANES ET DÉRAPAGES DE LORIENT AU MANS, un scénario où David et Denis font équipe en endurance

http://www.ffsa.org/article.php?comite=comite12&titre_url=chicanes-et-derapages-de-lorient-au-mans&id=13352

 

ainsi que CIRCUIT MORTEL A LOHÉAC, la première aventure publiée de David

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/30/un-roman-a-loh%C3%A9ac.html

 

David Sarel a connu la F1 très jeune grâce à son parrain Éric Trélor ; retrouvez-le dans un rôle totalement décomplexé en Angleterre

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-david-joue-l-intox-101163259.html

 

Vous voulez savoir ce qu’est devenu Jean-Baptiste Bannier ? Un indice en cliquant sur :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/06/12/pneu-importe-le-choix-pourvu-qu-on-ait-la-vitesse.html

Vous le retrouverez en 2013 dans une nouvelle qui retrace l’épisode le plus hallucinant de sa carrière. Une aventure au cours de laquelle il a dû faire appel aux talents d’avocat de son ancien condisciple David Sarel…

 

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Thierry Le Bras