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21/09/2012

RECETTE DE CRIME PARFAIT

le pilote prépare l’addition (salée) de la morue

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 Voici venue l’époque de la seconde Fête nationale de la gastronomie.

 

Circuit Mortel a toujours souligné le goût des gentlemen drivers et des amoureux du Vintage pour les plats de choix, les restaurants conviviaux et l’humour exquis qui marient le vocabulaire gourmand avec celui de la compétition automobile.

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 L’occasion rêvée de vous offrir une courte fiction épicée où l’avocat-pilote  David Sarel, héros récurrent de plusieurs romans et nouvelles, va très vite suspecter le crime parfait perpétré contre son père par sa seconde épouse, Soizick, une créature cupide qui fait des salades et ne saurait recevoir sobriquet mieux approprié que « morue à la sauce piquante ».

 

Dur à digérer


Cette année-là, le Championnat d’endurance auquel participait le Team Vivia comprenait une épreuve de 6 heures à Imola au mois de Mai. Bien que le circuit soit conforme aux normes de sécurité, il conserve une mauvaise réputation depuis le terrible week-end du 1er mai 1994 où Ayrton Senna y perdit la vie.

 

- Tous les pilotes y pensent lorsqu’ils roulent ici, avait avoué David quelques heures plus tôt à son ami Sébastien Ménier, journaliste au groupe GPMLP.

 

L’interview se déroulait par téléphone. Sébastien appelait depuis le siège de Total Infos à Paris. Les propos de David passeraient au JT de 20 heures avec pour illustration une photo de lui installé dans le baquet de la Vivia Super GT dont il partageait le volant avec ses équipiers Denis Grenier et Yvonnick Le Squernach.

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 Sébastien n’avait pas trouvé David dans son assiette lors de leur conversation. Nick Vareski, le meilleur ami de David, l’accompagnait à Imola. Lui-aussi avait observé que David semblait moins heureux que d’habitude sur le circuit. Le pilote avait reconnu se sentir un peu fatigué. Sans doute les conséquences de l’emploi du temps démentiel qu’imposait la compétition à un haut niveau tout en continuant à exercer son métier d’avocat.

 

Nick était très ouvert aux concepts de communication de pensée, de prémonition, de pouvoirs de l’esprit que la science ne permet pas encore de maîtriser bien qu’elle reconnaisse que les humains n’exploitent sciemment qu’une faible partie des potentialités de leur cerveau. Il redoutait confusément  que le week-end ne s’annonçât pas sous les meilleurs auspices.

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 Le vendredi après-midi, les pilotes participaient à une séance d’essais libres. Les qualifications auraient lieu le lendemain et la course le dimanche. Les trois pilotes se relayaient au volant pour parfaire la mise au point de leur GT avec laquelle ils comptaient bien bouffer les Corvette, Aston et autres Maserati. Lorsqu’il montait dans l’auto, David confiait son téléphone portable à Nick.

 

Nick décrocha avec une pointe d'angoisse mais sans méfiance particulière lorsque l’appareil sonna.

 

- Maître Sarel ? interrogea une voix molle et gênée.

 

- Non, mais je peux prendre un message répondit Nick en imaginant un interlocuteur aussi énergique qu’un plat de nouilles cuites à l’eau sans le génie des cuisiniers italiens.

 

- C’est délicat. Vous pouvez me le passer ?

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 Nick expliqua que c’était impossible. La participation de David à des compétitions automobiles n’était pas secrète. Au contraire, l’avocat l’utilisait subtilement comme un vecteur de communication afin de mettre en avant sa combativité et son sang-froid, qualités précieuses chez un avocat. Faire appel à Maître Sarel, c’était s’assurer le talent d’un chef qui cuisinait l’adversaire avant de le servir en hachis à ses clients assoiffés de vengeance.

 

- Je suis maître Lâne, notaire, se répandit le plat de nouilles. Je voudrais que maître Sarel me rappelle dès que possible. Si vous pouviez faire arrêter sa voiture…

 

- Hors de question ! répliqua Nick. Dites-moi ce qui se passe et je le préviendrai dès son retour au stand si c’est urgent.

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 - Monsieur Grégoire Sarel, son père, est décédé, lâcha Lâne. La délicieuse madame Sarel, sa veuve, organise les obsèques religieuses lundi. Je suis chargé de régler la succession. Malgré l’inexistence de relations entre eux, madame veuve Sarel m’a chargé de prévenir son fils et de le convier à la cérémonie.

 

Nick savait tout des relations difficiles entre David et ce père maintenant disparu. La manière dont Grégoire avait été retourné comme une crêpe par l’ex entraîneuse de bar à putes, surnommée la morue, qui lui servait de seconde femme, la façon dont il avait chassé de sa vie  tous ses proches, y compris son fils David, pour satisfaire l’appétit d’argent insatiable de la pilleuse de patrimoine, les tentatives d’assassinat (1) commanditées par l’horrible mégère contre David, ses manipulations, son manque total de respect de son mari, ses amants… La dernière madame Sarel ne méritait pas l’appréciation « délicieuse » employée par son interlocuteur. Ah non alors. Elle était pourrie jusqu’à la moelle, la bestiole.

 

- Comment Grégoire Sarel est-il mort ? questionna Nick, malgré tout ému par la nouvelle et conscient  qu’une fois de plus, ses mauvais pressentiments ‘étaient pas vains.

 

Le plat de nouilles pataugeait dans la choucroute. En outre, les hurlements rageurs des bolides déboulant devant les stands rendaient la conversation difficile. « Putain, David avait raison, songea Nick. Cette salope a fini par coller le bouillon de onze heures à son vieux mari pour s’en débarrasser. » Ce plat de soupe ne va rien me dire. De toute façon, pour avoir été choisi par la marâtre, c’est forcément un fruit pourri. Il va m’envoyer me faire cuire un œuf. Mais contrairement à ses craintes, le fossoyeur d’intérêts des héritiers légitimes ne le laissa pas mariner.

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 - Cancer du fumeur, finit-il par répondre, soulagé au fond de ne pas avoir à servir directement le plat amer à Maître Sarel. Ainsi, celui-ci aurait digéré la nouvelle s’il le rappelait et la conversation serait moins pénible.

 

- Je ne peux pas vous en dire plus, ânonna Lâne. Je dois tout de même réserver la primauté de certaines informations à Maître Sarel. Vous croyez qu’il tiendra le coup ? Ce serait bête, n’est-ce pas, qu’il ait un accident sur un circuit ce week-end et se tue juste après la mort de son père.

 

- Ne vous en faites pas pour lui, c’est un dur à cuire, maugréa Nick, toujours convaincu avec raison qu’un conseiller de l’ignoble morue ne pouvait être par définition qu’un ennemi mortel de son ami David. Tout le monde sait à quel point votre cliente aimerait voir son beau-fils aller sucrer les fraises, mais attendez-vous plutôt à ce qu’il lui serve un de ces jours sa spécialité, la vengeance, un plat succulent quand il se mange froid.

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 Après que Nick eût raccroché, Lâne s’envoya un Gin Tonic derrière la cravate. Le menu promis ne lui disait rien qui vaille. Il pressentait l’indigestion d’emmerdements.

 

Des salades pour l’avocat

 

Nick ne demanda pas à Yves Taden, chef mécanicien de la voiture de David, de faire arrêter la GT avant la fin de la série de tours prévue. Cela n’aurait servi à rien. Il était trop tard pour Grégoire Sarel parti vers un autre monde. Il laissa même son ami enlever tranquillement son casque, boire un peu d’eau et s’éponger le visage avant de l’entraîner derrière le stand.

 

- Je ne savais même pas qu’il était malade, soupira David. Il ne m’a pas prévenu. Personne de son entourage ne l’a fait non plus. Les familles recomposées nouveau modèle social ? Tu parles, des familles décomposées oui… Enfin, sans doute pas tout le temps non plus, mais au moins quand une trainée sortie du caniveau pêche un mec qui a réussi dans ses filets et le conditionne à sa sauce.

 

- Qu’est-ce que tu vas décider pour les obsèques ? s’enquit Nick. On y va tous avec nos femmes et nos amis ou tu boycottes ?

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 - Des obsèques religieuses, c’est une provoc à gerber ! s’indigna David. Moi, je suis croyant, mais n’oublie pas que Grégoire était athée. Les églises, c’était pas son truc. Tout le monde le sait. La morue veut insulter sa mémoire et lui infliger une humiliation de plus, fût-ce post-mortem. Comme quand elle l’avait amené à la Cathédrale de Rennes à la messe de minuit, juste histoire de montrer à toute la bourgeoisie du cru comme il lui mangeait dans la main. Si je ne me retenais pas, lundi, c’est des châtaignes que j’irais leur coller dans la poire, à elle et aux petits gorets qu’elle a sortis de ses entrailles depuis qu’elle a harponné mon père.

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 Quelques minutes plus tard, l’entretien téléphonique entre David et le notaire de sa marâtre fut agité. Comme la vinaigrette avant de la servir. L’avocat pilote reprocha vertement les salades qu’avaient préparées le vieux crabe et sa mandante. Le rond de cuir fit monter la mayonnaise. L’ébauche de la carte du notaire quant au menu de la succession, officiellement  aussi légère qu’une crème 0%,  confirmèrent  les magouilles que David prévoyait depuis toujours. Soizick, l’escroc en jupon, avait trouvé un aide de cuisine successorale complaisant pour mijoter ses malversations à petit feu.

 

Mais la colère monta au nez de David comme de la moutarde forte quand le notaire laissa filtrer d’un ton badin une information qui n’avait rien d’anodin.

 

- Rassurez-vous, votre père ne passera pas par l’église. Il a été incinéré. A l’heure qu’il est, ses cendres ont été dispersées dans une rivière des Côtes d’Armor. Je ne sais plus laquelle…

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 - Sans que j’aie été consulté ! rugit David d’un ton qui fit pressentir à son interlocuteur qu’un jour ou l’autre, il se trouverait sur le grill. C’est intolérable et je saurai m’en souvenir, n’en doutez pas. Grégoire s’est fait rouler dans la farine par ce monstre qui vous pétrit à sa façon, balança-t-il au plat de nouilles qui l’écoutait, désormais rouge comme une tomate. Elle l’appelait mon petit sou à la crème d’oseille et il n’en faisait même pas un fromage. Moi c’est différent, je vous préviens; Je n’avale pas n’importe quoi. Comme vous l’a annoncé mon ami Nick, j’adore la vengeance, ce plat exquis qui se déguste froid, quand certains tentent d’oublier qu’il reste au menu.

 

La recette du crime parfait cuisinée par un QI d’huître

 

Nick et David partageaient la même chambre à l’Hotel Cavalieri Viaggiatori, un établissement proche du circuit.

 

David ne trouvait pas le sommeil. Nick et lui discutèrent jusque tard dans la nuit.

 

- Quelque chose m’interpelle, confia David. Grégoire meurt mercredi et je suis prévenu aujourd’hui, c’est-à-dire deux jours plus tard. Le notaire a prétendu qu’il avait eu du mal à me joindre. C’est me prendre pour un lapin de six semaines. D’accord, il n’avait pas forcément mon 06 en mémoire, mais s’il avait appelé le cabinet en arguant d’un problème familial grave, j’aurais été prévenu sur le champ. Il pouvait me joindre immédiatement, mais il ne voulait pas m’avertir plus tôt.

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 L’avocat pilote appelait toujours son géniteur Grégoire ou mon père. Il était incapable de prononcer le mot papa.

 

- J’y ai pensé aussi, dit Nick. J’attendais un peu avant de t’en parler. Je crois que je devine ton raisonnement.

 

- Clair comme de l’eau de roche, reprit David. D’accord, avec son cancer, Grégoire était cuit. Mais d’après ce qu’a laissé échapper le notaire, il travaillait encore dans sa chambre d’hôpital une heure avant son décès et il n’avait jamais eu de perte de connaissance.

 

- Tu penses que…

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 - La morue a usé de son instinct de prédateur. Elle a voulu l’empêcher de mener des opérations auxquelles il tenait avant sa mort, sans doute une donation à mon demi-frère pour le mettre à l’abri de sa sœur et de sa mère, peut-être aussi quelque chose à Justine (2) pour qu’elle veille sur lui. La morue est si cupide qu’elle n’aura pas supporté de voir le moindre euro lui échapper. Elle lui a collé une overdose de calmants ou elle l’a étouffé pour l’empêcher d’exécuter ses projets.

 

- L’hôpital a laissé passer…

 

- Évidemment. Ils ont probablement eu des doutes. Mais ils se sont dit que Grégoire s’était suicidé avant la fin ou que sa femme l’avait aidé à partir avant la fin. Et surtout, ils ont eu peur du scandale. Un meurtre dans leurs murs, ça aurait fait désordre. Mieux valait couvrir une criminelle que risquer une enquête et des emmerdements avec des héritiers.

 

- Et tu n’y crois pas…

 

- Pas une seconde. La crémation expresse et la dispersion immédiate des cendres dans la foulée, c’est un aveu de culpabilité. Si la morue n’avait pas eu peur que je déclenche une autopsie ou une analyse des cendres, elle n’aurait pas pris la peine de me faire prévenir juste au moment où je ne pouvais plus provoquer l’intervention d’un médecin légiste ni de la police scientifique.

 

- Qu’est-ce que tu vas faire ? interrogea Nick.

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 - Faire mijoter la morue aux petits oignons. Me venger à petit feu. En toute légalité. Je vais recueillir des preuves, en utiliser quelques-unes, en conserver d’autres en réserve. Et tout à coup, au moment où elle s’y attendra le moins, lui servir ma vengeance, un plat qui se mange froid. Là, je mordrai comme un cobra. Je l’enverrai au placard et elle n’aura plus de blé, plus un radis. Le pire qui puisse lui arriver. Elle va déguster.

 

- Tu te sens en état de piloter ce week-end ?

 

- Oui, ne t’en fais pas. Michèle Mouton a pris le départ d’un rallye du championnat du monde alors que son père venait de s’éteindre. Bien, sûr, la disparition de Grégoire me fait de la peine. Mais je sais comment il était, comment il utilisait tout le monde et n’agissait que dans l’intérêt de la morue. Même ses meilleures copines, il les manipulait. Il faisait mariner des pauvres filles qui fondaient d’amour pour lui jusqu’au moment où elles se rendaient compte qu’elles comptaient pour du beurre et servaient d’ersatz à la morue … Je sais aussi que si c’était moi qui étais mort, juste après la surprise, sa première pensée aurait été « ma petite Soizick chérie va être contente ». Il n’aurait eu aucun scrupule à sabler le champagne avec elle pour fêter ça.

 

- Quand même pas, objecta Nick.

 

- Si, hélas, soupira David. Je ne dis pas qu’il n’aurait pas été attristé, mais je suis sûr qu’il aurait fait ce que voulait la morue, y compris fêter ma disparition et qu’au fond de lui-même, il se serait dit « Soizick est contente, donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».

 

Nick n’insista pas. Il savait que Grégoire, ensorcelé par la morue, avait été capable du pire. Cette créature démoniaque avait transformé un homme plutôt généreux à l’origine en authentique diablotin. Il préféra aborder un autre sujet.

 

- Toi, avocat, tu confirmes que le crime parfait existe et qu’il peut se passer tout près, à notre porte ?

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 - Bien sûr, conclut Nick. Le crime parfait, c’est celui qui ne provoque pas l’ouverture d’une enquête. Je suis convaincu qu’il s’en exécute plusieurs milliers par an, rien qu’en France. Dans l’inconscience due à son QI d’huitre, la morue a beau être bête à bouffer du foin, elle a trouvé une des recettes du crime parfait. Occire un être en état de faiblesse, un malade ou une personne âgée. Dans le doute sur ce qui s’est réellement passé et dans le souci d’éviter les complications et un scandale, le médecin délivre le permis d’inhumer sans provoquer d’autopsie. Il ne reste plus à l’assassin qu’à faire incinérer le corps et à disperser les cendres avant que les autres membres de la famille apprennent le décès. Ignoble, infâme, méprisable, vil et bas, mais efficace…

 

- Terrifiant, se désola Nick...

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

Vous pouvez également me retrouver sur http://circuitmortel.com , https://gotmdm.com/driver/ et http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/

(1) une des tentatives d’assassinat émanant de l’entourage de la morue est rapportée dans Circuit Mortel, un polar au cœur de la course automobile http://bit.ly/29fHooI

 

(2) Justine Sorbet, amie de Grégoire Sarel. Elle est un perosnnage du Retour du père proscrit, délice de coke fort de café, une des histoires composant 7 Nouvelles pimentées,

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-nouveaute-recueil-de-nouvelles-106512895.html

 

(3) les soupçons d’assassinat formulés par David contre sa marâtre deviendraient de plus en plus forts au fil du temps et parallèlement, la morue formerait avec un amant peu recommandable de nouveaux projets de meurtre ; Quelques scènes dans un autre polar mijoté à ma sauce rédactionnelle

http://sebsarraude.tumblr.com/post/23431276990/chicanes-et-derapages

 

La cuisine de la morue a toujours été indigeste

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/01/22/recette-de-morue.html

 

Quand les pilotes automobiles s’intéressent à la gastronomie

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2011/09/13/morue-sauce-piquante-au-menu-du-pilote-automobile.html

 

Une cuisine automobile et gastronomique sympathique au bon vieux temps vintage http://bit.ly/2cMh4XA

 

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@ThierryLeBras2

 

Thierry Le Bras

14/08/2009

SOLEIL, VROMBISSEMENTS, IMAGES ET VINTAGE

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Nous voilà au cœur de la période estivale. Cette semaine est probablement la période de l’année qui compte le plus de vacanciers. Le moment de profiter du soleil, des la plage, de la montagne, de se détendre, de faire la fête, de prendre le temps de laisser son imagination vagabonder aussi…

 Alors, avant de mettre bientôt en ligne quelques images du Rallycross de Lohéac à la fin des années 70 et au début des années 80, je vous invite à voyager dans un univers où l’automobile de course tient la vedette. Cet univers existe puisque, comme l’écrivit Serge Dalens, les personnages de fiction vivent, non seulement dans l’esprit de leur créateur, mais aussi dans un monde parallèle où ils entraînent les lecteurs.

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 Les habitués du blog Circuit Mortel le savent déjà. Les nouveaux venus vont le découvrir. Je suis auteur de romans policiers et mes personnages récurrents sont impliqués dans  le sport automobile. Je me suis donc amusé à écrire quelques nouvelles (au sens littéraire de courtes fictions) dans l’univers de la course de côte des seventies à nos jours. Les textes sont illustrés :

 Je vous invite à découvrir :

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 DUEL AU SOLEIL DES COTEAUX : l’histoire d’un duel entre deux pilotes d’Alfa Roméo 2000 GTV Bertone groupe 1 en 1977 à Pouillé les Coteaux, avec quelques anecdotes sur d’autres concurrents  (en quatre chapitres) :

 Le premier :

http://circuitmortel.blogs.myfreesport.fr/archive/2007/07/23/duel-au-soleil-des-coteaux.html

 

Le second :

http://circuitmortel.blogs.myfreesport.fr/archive/2007/07/25/duel-au-soleil-des-coteaux-2.html

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 Le troisième

http://circuitmortel.blogs.myfreesport.fr/archive/2007/07/26/duel-au-soleil-des-coteaux-3.html

 

Le quatrième :

http://circuitmortel.blogs.myfreesport.fr/archive/2007/07/27/duel-au-soleil-des-coteaux-4.html

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POLITIQUEMENT INCORRECT (à Pluméliau, dans le Morbihan, à la même époque)

Une courte fiction pleine d’anecdotes « course auto » dans l’insouciance des seventies, de la jeunesse et de défis sportifs de toutes sortes pourvu qu’ils soient un peu fous :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/01/29/politiquement-incorrect.html

 

L’HISTOIRE D’UN PILOTE AMATEUR « VINTAGE » en 4 épisodes :

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 Ronnie, un pilote amateur, pas le meilleur mais un bon, un attaquant, un gars qui a du cœur, qui évoquera sans doute à chaque amateur de course auto un ami qui l’a marqué :

le premier chapitre  :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/01/il-faut-sauver-le-soldat-ronnie.html

 

le second

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/02/le-choix-des-armes-de-ronnie.html

 

le troisième

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/03/ronnie-–-l-œil-du-tigre.html

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le quatrième

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/04/le-ciel-n-a-pas-de-préférés-pas-même-ronnie.html

 

MONT-DORE – CHAMBON SUR LAC, une sacrée course de côte

L’édition 2002 de l’épreuve vécue aux côtés d’un jeune pilote du Team Vivia  et de son frère :

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http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/12/mont-dore-chambon-sur-lac-une-sacrée-course-de-côte.html

 

J’espère que ces notes et les photos qui les illustrent vous procureront quelques moments de plaisir dans le monde passionnant de la course automobile et du Vintage.

 

Thierry Le Bras

 

17:27 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courses de côtes, fictions, nouvelles, team vivia |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Imprimer |

14/01/2009

LA LOTUS ELAN DANS L’UNIVERS MECANIQUE DE PHILIPPE GEORJAN

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« J’ai conduit de nombreuses voitures dans ma vie, certaines très puissantes,  raconte Philippe Georjan, héros récurrent d’une nouvelle série de romans que prépare Thierry Le Bras. J’ai piloté en course des autos considérées à juste titres comme emblématiques dans leurs catégories, des R 12 Gorde, des Ford Escort 2000 RS, des Golf GTI, des Sierra Cosworth et bien d’autres, jusqu’à une Focus WRC. Mais si je devais choisir celle qui m’a le plus enthousiasmé, je dirais sans hésiter  la Lotus Elan. »

 

Cela se passait en 1966. J’étais adolescent à l’époque où je l’ai découverte en réalité et un concours de circonstances (1) dont je n’aurais même pas osé rêver m’avait permis de sympathiser avec un jeune pilote de 21 ans, Xavier Ferrant, qui courait alors en F3 et débutait en endurance. Or, Xavier roulait justement en Lotus Elan au quotidien.

 

Elan de passion

 

Je me rappelle la Lotus Elan comme une petite bombe très agréable, très vive,  dotée d’une tenue de route extraordinaire, une voiture franchement ludique et passionnante. Je conserve des souvenirs impérissables de virées cheveux au vent sur les routes côtières de la région de Saint-Malo.  L’aiguille du compte-tours grimpait à la vitesse de l’éclair jusqu’à la limite de la zone rouge, La vitesse procurait un plaisir formidable, magnifiquement orchestré par les hurlements du moteur rageur et quelques crissements de pneus. Il faut dire que son groupe  propulseur d’origine Ford d’une cylindrée de 1.594 centimètres cubes développait 115 chevaux et propulsait la petite bombe qui pesait moins de 700 kilos à 180 kilomètres heure. A l’intérieur, le bois du tableau de bord et du volant associé au cuir des sièges et des garnitures créait une atmosphère à la fois chaleureuse et dynamique.

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La Lotus Elan de Xavier possédait un plus par rapport à ses sœurs sorties des mêmes ateliers. Mon copain pilote sortait avec une speakerine de l’ORTF qui adorait le 5 de Chanel. Ce parfum sensuel et somptueux l’accompagnait dans tous les instants de sa vie. Ses effluves délicieuses imprégnaient le cuir de l’intérieur du cabriolet. C’était très agréable, envoûtant.

 

Cours de conduite en Lotus !

 

Comble de plaisir, Xavier me permettait de conduire sa Lotus Elan sur des petites routes. Il serait mon moniteur de conduite particulier et m’apprendrait d’entrée comment placer mes mains sur un volant, rétrograder en faisant le talon-pointe, choisir les bonnes trajectoires, adapter ma conduite aux revêtements et aux conditions d’adhérence. Bien sûr, un adolescent qui apprend à piloter sur route ouverte au volant d’un petit bolide sans double commande, ça paraît fou aujourd’hui...

 

Mais c’était une autre époque. Il y avait moins de voitures sur les routes. Et nous choisissions tout de même des itinéraires dégagés. D’ailleurs beaucoup de jeunes apprenaient à conduire de cette façon. La seule différence, c’était qu’au lieu de le faire avec un de mes parents sur une 2 cv, une R8 ou une 404, je découvrais la conduite au volant d’une Lotus avec un pilote professionnel.

 

Une voiture insolente...

 

L’Elan était une voiture dans l’air du temps, celui de la légèreté, de l’enthousiasme, des chansons d’époque. Dans ma mémoire, je me vois encore écouter I get around avant de monter dans la Lotus, ou Johnny chantant « Les mauvais garçons » en la quittant. Car, si comme l’idole des jeunes, nous ne nous sentions pas méchants, nous avions le sentiment de provoquer la réprobation lorsque Xavier exploitait la vivacité de  la petite Elan pour doubler et laisser sur place des 2 cv, 4L,  R 16, 404 ou autres DS et Mercedes. La Lotus était si basse que capote installée, sa hauteur ne dépassait pas le bas de la vitre des berlines familiales. Mais avec l’insolence et l’insouciance de la jeunesse, nous imaginions les bobonnes d’au moins quarante ans – un âge qui nous semblait absolument canonique - installées à côté de leurs maris tourner la tête d’un air méprisant. Quant à leurs compagnons bedonnants, ils   nous traitaient sûrement de blousons noirs. Sans compter ceux que les feux de la politique dévoraient – le Parti communiste était très puissant à cette période – qui devaient nous qualifier de sales bourges er de fils à papa et nous vouer à une villégiature forcée dans les camps sibériens. A dire vrai, nous n’en avions cure.

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Un jour, nous avons rattrapé une Simca 1000 beige au niveau de l’Anse Le Guesclin entre Saint-Malo et la Pointe du Grouin. Un chien dodelinant la tête était installé sur la custode et donnait aux propriétaires l’impression de faire partie des français moyens parfaitement respectables. Avant que les hauteurs respectives des deux véhicules nous dissimulent l’intérieur de la Simca, nous avons eu le temps d’apercevoir que monsieur portait un béret et que madame, beaucoup plus large que lui,  arborait une permanente qui durerait au moins six mois avant de défriser. Quand la Lotus est passée devant, le klaxon de la Simca 1000 s’est bloqué, ses pleins phares de sont allumés. Je me suis retourné et j’ai aperçu une tête de mégère sortir pas la vitre droite du véhicule dépassé. Le masque semblait aussi agité que disgracieux. Je ne l’ai pas vu longtemps. Quelques secondes suffirent à faire disparaître la Simca 1000 loin derrière. Je jouissais déjà du plaisir de sentir la Lotus en appui, à la limite du dérapage, bondissant d’un virage à l’autre dans un enchaînement sinueux qui aurait trouvé sa place dans un tracé de course de côte.

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Une autre fois, nous avons doublé ma grand-mère maternelle sur la route de Rothéneuf. Je ne crois pas qu’elle ait eu le temps de me reconnaître. Nous roulions au moins à 120. Elle ne devait pas dépasser le 60, et encore, avec sa Fiat 1500 blanche. En fait, elle conduisait comme d’habitude, droite comme un I, dos décollé du siège, sa tête à manger des gâteaux secs – expression que j’emprunte à Fernand Reynaud tant elle s’applique bien à celle que j’évoque - fixant craintivement la route. Elle tenait le volant du bout de ses doigts alourdis par le poids de l’or, des diamants  et autres pierres précieuses offertes par mon pauvre grand-père qui avait passé l’arme à gauche six ans plus tôt. La grand-mère prétendait que son mari aurait vécu plus longtemps s’il avait moins aimé le whisky, la bonne chair, le tabac et les autres femmes. Je prétendais quant à moi que c’était elle qui l’avait tué tant elle était foncièrement mauvaise et nuisible. Mes propos faisaient beaucoup rire ma cousine, mon cousin, mon père et mon oncle. Beaucoup moins ma mère et ma tante, je l’avoue. Ma mère et sa sœur levaient les yeux au ciel et assuraient que leur père – c'est-à-dire mon grand-père – devait se sentir seul là-haut et se rendre compte à quel point sa femme était importante. Elles semblaient convaincues qu’il l’attendait avec impatience. Je ne disais rien pour ne pas envenimer la situation. Mais je plaisantais souvent à ce sujet avec mon cousin Laurent et ma cousine Christina. Nous pensions d’abord qu’il n’existait aucun risque que ma grand-mère aille polluer l’avenir de notre grand-père outre-tombe. Lui était un très brave homme qui méritait le paradis. Elle, était une sale peste qui, si les dieux du ciel possédaient un peu de bon sens, passerait l’éternité aux tréfonds des enfers. Nous souhaitions à notre grand-père la compagnie de femmes douces, gentilles, compréhensives, ressemblant à Brigitte Bardot, Sylvie Vartan, France Gall, Marie Laforêt ou Claudine Coster. Si notre abominable grand-mère réussissait à resquiller et à le rejoindre, nous espérions qu’il la virerait sur le champ. Nous avions de toute façon fait le serment que s’il ne le faisait pas – il avait très bon cœur, je l’ai déjà dit -, le premier d’entre nous arrivé là-haut chasserait la grand-mère sans pitié et l’enverrait à une distance infinie. Ça, nous n’en parlions pas devant nos parents. Nous étions en 1966. Déjà aujourd’hui, de telles idées – qui ne nous ont pas quittés – passeraient moyennement. Alors, imaginez à l’époque.

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Mon grand-père me manquait/ J’aurais aimé pouvoir lui offrir un tour en Lotus avec Xavier. J’étais certain qu’il aurait accepté et qu’il se serait bien amusé. D’ailleurs, il avait manifesté des velléités d’acheter un cabriolet Mercedes deux ans avant sa mort. Mais la grand-mère avait fait un tel scandale qu’il avait renoncé à son projet et s’était rabattu sur une berline. Il paraît que la décapotable, c’était un piège à trainées… Enfin, selon qui vous devinez.

 

La Lotus Elan symbolisait la jeunesse, une pointe d’arrogance et un défi aux trop bien pensants. Ce n’est pas par hasard qu’Emma Peal apparaîtrait au volant de ce joli petit monstre dans « Chapeau Melon et bottes de cuir ».

 

Après l’Elan, Xavier choisirait des Porsche 911, une 914/6 aussi, voiture mésestimée qui méritait bien mieux que la carrière commerciale et sportive qu’elle reçut. La 914/6, c’était une sorte de Lancia Stratos avant l’heure au niveau de la conception. Mais ça, c’est une autre histoire.

 

Les Lotus Elan de Jim Clark

 

La Lotus Elan représenta une étape marquante dans la vie de Colin Chapman. Elle consacra le passage de Lotus de l’artisanat à l’industrie. Sa tenue de route extraordinaire et sa vivacité la prédestinaient à la compétition. Colin Chapman avait homologué le modèle 26 R qui développait 178 chevaux pour 580 kilos. Une arme redoutable parfois freinée toutefois par des soucis de fiabilité.

 

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Jim Clark a possédé au moins une Lotus Elan. « Je conduis ma Lotus Elan par plaisir, pas parce que j’en ai besoin », déclarait le champion écossais.  J’ai lu que peu avant son accident à Hockenheim, il l’avait offerte à son ami Gérard Crombac chez qui il résidait lorsqu’il séjournait en France. La voiture a été récemment vendue aux enchères avec d’autres voitures de la collection de Gérard Crombac.

 

NOTE MODIFIÉE LE 3 AOÛT 2014

VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES, LE polar vintage, gourmand automobile et humoristique. Plus de précisions et possibilité de lire gratuitement les premières pages en cliquant ICI http://bit.ly/1zmPqE6

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C’est dans ce polar que Philippe, le narrateur, fait la connaissance de Xavier, son moniteur particulier de conduite sur Lotus, l'ami qui va l'aider à grandir plus vite.

Thierry Le Bras