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27/09/2014

Un plat saignant et une addition indigeste 3/3

Renseignez-vous bien sur la composition du menu avant de commander…

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Comme chaque année, chers amis, je vous invite à déguster un petit texte mijoté pour célébrer la Fête de la gastronomie. Amateurs de bonne chère, d’humour pimenté  et/ou d’automobile, ce menu de lecture  en 3 plats vous attend. Voici le troisième et dernier épisode. Le dessert en somme !

 

Les premiers épisodes de ce feuilleton culinaire sont racontés dans les 2 notes précédentes : 

ÉPISODE 1 : http://bit.ly/1rlBhnh

ÉPISODE 2 : http://bit.ly/1yuTHIC

 

Philippe, le narrateur de l’histoire, s’est réveillé troublé par un cauchemar terrible. Les Français, poussés par leur jalousie pathologique, avaient porté à l’Élysée Flan aux framboises, un nouveau chef qui les mettait au pain sec et à l’eau après avoir salé leurs impôts jusqu’à  lyophiliser la population. C’était la fin des haricots dans l’Hexagone. Une fois réveillé, il avait réalisé qu’il passait quelques jours de vacances au bord de la mer avec ses proches… Ils étaient en 1967. Le Général De Gaulle et son Premier ministre Georges Pompidou ne voulaient que du bien aux Français.

 

Flash-back

 

Sur la grande table de camping dressée entre les caravanes, il y avait du jus d’orange, du café, de l’eau pétillante, des croissants, des brioches, des tartines de pain grillé, du beurre salé, de la confiture de fraises, de la confiture de mûres. Laurent lui remplit son bol de café pendant qu’il étalait de la confiture sur un morceau de baguette grillée.

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Il entreprit de raconter la fin de sa nuit et fit rigoler les autres qui ne croyaient pas plus que lui à l’émergence de Flan aux framboises.

 

- Je vais consigner ton cauchemar dans un carnet, plaisanta sa cousine Christina qui travaillait à ‘occasion pour des journaux et des éditeurs. Nous pourrions  en faire un livre d’horreur à l’attention des gamins qui font des bêtises. Mangez votre soupe ou Flan aux framboises va venir vous punir. Je m’occupe de finaliser la rédaction et de prendre des contacts à Paris avec les éditeurs. Nous signerons tous les deux la couverture du livre et nous partagerons la galette des droits d’auteur.

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- C’est ça, fit mine de protester Philippe. Après, nous allons rester dans l’histoire de la littérature jeunesse comme les horribles monstres qui donnent des cauchemars aux enfants avec un Flan aux framboises encore plus terrifiant que le grand méchant loup, la marâtre de Cendrillon ou Barbe Bleue. Nous serons honnis par des générations de mioches traumatisés à vie !

 

- Peut-être admit Christina. Je garde quand même l’histoire. Nous en reparlerons un jour.

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Philippe avait déjà dévoré deux tartines et une brioche. Tout à coup, il avala de travers une bouchée de pain nappé de confiture de fraises. Il réalisait  avec horreur que ça pouvait se produire. Un incident lui revint en mémoire.

 

La saison des marrons

 

Quelques mois plus tôt, il était allé rendre visite à une camarade de collège qui était malade. Une intoxication alimentaire après avoir mangé une brandade de morue – une préparation facilement toxique -  plus tout à fait comestible vendue par l’amère Mullet, une épicière vorace d’oseille. La petite commerçante cupide nageait en eau trouble et écoulait sans scrupule des plats préparés à base d’ingrédients avariés. Après un bref passage à l’hôpital, Noémie, dernière victime en date de la sorcière, se voyait contrainte de passer quelques jours de  convalescence chez elle avant de reprendre les cours. Philippe et son cousin Laurent se relayaient pour lui porter les devoirs et la tenir informée des chapitres à étudier dans les manuels scolaires. Noémie souhaitait que sa famille déménage car elle ne sentait pas à l’aise dans le pavillon de la rue des Perdrix où elle habitait à Paramé. La plupart des voisins étaient plutôt gentils, mais aux dires de la jeune fille, « d’autres n’étaient vraiment pas de la crème. Pas le haut du panier, des vrais fruits pourris. »

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Philippe constata un mercredi après-midi que ces nouveaux Paraméens-là n’avaient pas les qualités des succulents gâteaux sortis de la meilleure pâtisserie du quartier. Sortant de chez sa camarade, il enfourchait sa mobylette Peugeot aux allures de moto lorsqu’un bras dodu le saisit par derrière. Le gars à qui appartenait le jambon plein de gras profita de son déséquilibre pour le faire tomber par terre. Malgré son apparence policée et bien élevée, Philippe était à peu près aussi doux et inoffensif qu’un régiment de chars blindés. Il pratiquait assidument le judo ainsi que l’escrime et s’entraînait tous les jours à la lutte en chahutant avec son cousin. Son agresseur n’eut pas le temps de le plaquer au sol comme il le prévoyait. Au moment où il se sentit déséquilibré, Philippe se jeta en arrière. L’autre recula, déséquilibré à son tour et surpris par la manœuvre. Philippe poursuivit un mouvement de retournement arrière. Son pied droit frappa l’arête du nez et l’œil de son agresseur. Philippe se félicita d’avoir choisi le matin de porter des chaussures de ville aux semelles protégées par des fers plutôt que des tennis  souples. Le gros lard saignait comme un porc. Sous sa pommette en marmelade, une étrange mixture ressemblait à la chair à saucisse qui garnit une paupiette. Philippe s’était relevé et avait fricassé quelques côtes du porc d’un coup de tatane  bien martelé. Il n’avait pas eu le temps de profiter de sa victoire éclair. Un gibier de potence ressemblant au premier voyou avec juste quelques centimètres de moins  l’avait cueilli par surprise en lui balançant une tarte dans la poire. Une grosse châtaigne. Le nouvel attaquant crut que Philippe était cuit. Il paraissait sonné et se laissa tomber en avant sur lui. Il le repoussa  et ne comprit pas ce qui lui arrivait. Philippe se projeta un arrière en exécutant un Sumi gaeshi qui fit voler l’autre dans les airs avant un écrasement  sur le macadam qui lui pela les mains, le menton et les genoux avec la sauvagerie d’une râpe à gruyer. Eh oui, rue des Perdrix, le perdreau de six semaines s’était fait rouler dans la farine. Encore un peu tendre pour un plat de résistance.  Au moment des  coups de pieds dans le ventre, le foie du veau se recroquevilla comme dans le beurre brûlant d’une poêle à frire.

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Philippe avait neutralisé les deux voyous en deux coups de cuiller à pot. Le dernier combattant ne se relèverait pas avant plusieurs minutes. Le premier paraissait tout blette aussi. Après avoir ajusté ses vêtements et remis ses cheveux en ordre, Philippe lui posa cependant une question.

 

- Pourquoi tu as voulu m’aplatir, gros lard ? T’as de la chance que je sois bonne pâte. J’aurais pu t’attendrir la couenne plus longtemps.

 

- Simple, avait gémi le plat de nouilles couleur sauce tomates. Je ne t’aime pas.

 

- Ah bon ? On ne se connaît même pas.

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- Mais moi, je sais qui tu es. Je sais ce que font tes parents. Je sais que ton père a une Taunus 20 M et que ton oncle roule en DS 21. Je sais qu’un jour, il pleuvra sur ton écuelle.  Mon frère et moi, on s’en fout que nos parents ne puissent jamais changer leur Ami 6 pour une Peugeot 204  ou même une 404. Ce qui nous ferait plaisir, ce serait que ton père et ton oncle, ils perdent leur Taunus et leur DS. Pour voir ça, j’accepterais volontiers que nous n’ayons plus qu’une 2cv, une vieille 4cv, et même plus de bagnole du tout. C’est pas grave que tu m’ais pété la gueule aujourd’hui. Un jour, un président nous permettra de te pendre à un lampadaire, ou mieux. de te couper tes noyaux d’olives. Tu voulais savoir pourquoi nous nous en sommes pris à toi ? Ça nous a couru sur les roustons de voir ton polo Lacoste quand tu es entré chez la Noémie. On avait l’intention de le mettre en pièces et de te tabasser jusqu’à ce que tu nous supplies en rampant de te laisser partir.

 

- Raté, avait rigolé Philippe. Toi et ton frangin, vous avez du jus de navet dans les veines. Si j’avais voulu, je vous aurais mis en miettes. Compte pas trop m’envoyer sucrer les fraises, minable. Je ne suis pas un lapin de six semaines et un jour, c’est peut-être moi qui te logerai un pruneau dans le buffet.

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Philippe avait observé dans le rétroviseur de sa mob que son visage rougissait à l’endroit où il avait pris un marron. Sa peau le brûlait et sa paupière le gênait. De retour dans la maison familiale à Saint-Servan, son cousin Laurent l’avait soigné avec le contenu du frigo en suivant deux vieux remèdes. D’abord l’application de glaçons placés dans un torchon. Puis une tranche de viande de la taille d’une escalope découpée dans un rôti de veau. Le soir, la marque de coup était atténuée. Le vendredi matin, jour de retour au collège, elle n’était pas décelable, à moins d’avoir eu connaissance de ce qui était arrivé à Philippe. Le bon usage des glaçons et de l’escalope  avaient évité au patient  de se faire mettre sur le grill par les questions saignantes de petits carnivores comme Brice, toujours prêt à appuyer là où ça faisait mal. Noémie étant de retour, il ne serait pas utile dans l’immédiat d’organiser une brigade pour aller la voir en toute sécurité…

 

Prémonition ?

 

Philippe avait déjà fait au moins un rêve prémonitoire. Il le rappela aux autres.

 

- Notre retraite, c’est dans longtemps, rassura Laurent.. En ce temps-là les gens auront évolué, ils ne seront plus assez naïfs pour se laisser berner par un candidat médiocre.

 

- Je me le disais aussi tout à l’heure, admit Philippe.

 

L’invitation de Xavier qui projetait un match de volley dissipa le malaise.

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Au même moment pourtant, dans une colonie de vacances à La Rochelle, un garçonnet rondouillard de  13 ans hurlait de douleur. Ses camarades l’avaient surnommé Flan aux framboises. Ils le méprisaient tous et le raillaient volontiers. Le petit gros venait de se faire mordre au mollet par Valentine Doberwoman, une petite fille à qui il faisait des bisous avant de donner son croissant à Juliette Gaté, une figurante du club de théâtre. Un liquide rouge ressemblant à du coulis de framboises coulait sur la jambe du petit gros. Il pleurait, l’air abattu, impuissant.

- Tu n’aurais pas dû lui dire que la crème au chocolat qu’elle t’a donnée, c’était de la daube, se moqua Andrée Comtesse, une brune à l’air dur qui lui plaisait au début de la colo. Elle s’est vengée. Je t’avais prévenu qu’elle avait la dent dure. »

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

Vous pouvez également me retrouver sur http://circuitmortel.com , https://gotmdm.com/driver/ et http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/

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Vous voulez partager de bons moments avec Philippe, Laurent, Christina et les autres ? C’est possible. Ils sont les personnages principaux de VENGEANCE GLACÈE AU COULIS DE SIXTIES, un polar vintage, automobile, humoristique et gourmand à consommer sans modération au prix très light de 3,55 €  http://amzn.to/1nCwZYd

 

Philippe, Laurent et Christina découvrent l’Estafette Gordini, premier véhicule rapide  de la Gendarmerie Française ? http://bit.ly/1gX19TJ

 

Quelques icônes des sixties  http://bit.ly/VKxBQ1

 

En 1967, Sylvie Vartan chantait Comme un garçon   http://bit.ly/1udNUV0

 

Un déjeuner bien peu convivial… http://0z.fr/PgIf4

 

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Thierry Le Bras

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