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brigitte bardot

  • Un plat saignant et une addition indigeste 2/3

    Renseignez-vous bien sur la composition du menu avant de commander…

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    Comme chaque année, chers amis, je vous invite à déguster un petit texte mijoté pour célébrer la Fête de la gastronomie. Amateurs de bonne chère, d’humour pimenté  et/ou d’automobile, ce menu de lecture  en 3 plats vous attend (suite dès demain matin) !

     

    Le premier épisode de ce feuilleton culinaire est raconté dans la note précédente :

    http://bit.ly/1rlBhnh 

     

    Philippe, le narrateur de l’histoire, a croqué la vie à pleines dents. Il éprouve  la nostalgie de sa jeunesse, une époque où,  avec son inséparable cousin Laurent. ils ont aimé les bolides, les jolies femmes, les bons petits plats, le sport, les vacances au bord de la mer, les musiques tourbillonnantes… Mais ça c’était avant, quand ils mangeaient leur pain blanc. Maintenant, le chef de l’Èlysée sert une soupe à la grimace…

     

    Chronique d’un assassinat annoncé

     

    Tout avait commencé un peu plus tôt, lorsqu’une courge à la tête de tomate farcie avait profité de deux accidents d’hôtel (l’un dans un beau quartier parisien, l’autre à New-York) pour tenter sa chance au plus haut niveau de l’État. Il avait annoncé d’entrée la manière dont il cuisinerait la France.

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    « Moi président, je combattrai l’inégalité du goût, la première injustice de la société française. Il n’est pas juste qu’avec la même somme d'argent, certains se contentent d’une boite de conserve NORMALE alors que d’autres, parce qu’ils ont reçu le privilège du goût de l’effort, du savoir cuisiner et de la culture gastronomique, se régalent insolemment d’une succulente omelette aux herbes accompagnée de délicieuses petites pommes de terre sautées, des patates de leur terroir, des patates différentes d’une région à l’autre. Moi président de la République, je ne supporterai pas cette arrogance des privilégiés du palais, des riches en facultés gustatives, vis-à-vis des plus pauvres en traditions culinaires.

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    Moi président, je veux une société alignée sur la plus mauvaise des cuisines. Moi président, je vous promets une société sans odeur et sans saveur. Moi président, je mettrai en place une société où aucun parfum de pintade rôtie ne viendra exciter votre appétit au moment où vous ouvrirez une boite de raviolis normaux. Moi président, je n’ambitionne  pas que les Français mangent à leur faim. Mais ce que je vous promets, c’est que les autres ne prendront pas plus de plaisir à table que vous. Je ne le permettrai pas. Je prendrai toutes les mesures nécessaires afin que la gastronomie disparaisse, que les bons petits plats soient définitivement éradiqués, que personne ne prenne plus de plaisir à manger.

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    « Moi président, je préparerai un menu spécial pour les vieux. Je l’appellerai la portion congrue. Ils n’auront plus le droit qu’à un bol de bouillie par jour. Ils n’ont pas besoin de plus, de toute façon ils n’ont plus de dents pour mâcher, alors… Elle est bien épicée ma blagounette, non ?

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     "Moi président, je combattrai aussi l’automobile. Moi président, je ne tolérerai plus que des Français roulent avec des cabriolets, d’autres avec des breaks, d’autres avec des berlines. Moi président, je ne tolérerai plus qu’un modèle unique d’automobiles en France. Ce ne sera pas la 2cv, non, car c’est un modèle subversif. Cette voiture a ses adorateurs et on n’adore que le Parti Sectaire (PS) qui m’a donné son investiture. Ce ne sera pas la DS, une voiture de riches, ni la R8, trop nerveuse, ni la 4L, trop joyeuse, ni la Simca 1000, trop sympa, ni la Panhard PL 17, trop originale, ni la 404, trop bourgeoise… Non, moi président, j’obtiendrai de l’Allemagne, celle de l’Est, celle dont j’aime le mode de vie sans luxe ni tentations, qu’elle nous livre les plans de la Trabant. J’exigerai ensuite de notre industrie automobile qu’elle ne fabrique plus qu’un seul modèle de voitures, des Trabant, toutes grises, avec une garniture intérieure rose, et des parechocs verts, des Trabant toutes pareilles, NORMALES, sans aucune option qui les distingue. Moi président, je ferai retirer de la circulation les voitures qui existent aujourd’hui. Moi président, je ne vous garantis pas que vous aurez votre Trabant française avant plusieurs années, que vous aurez des pièces pour la réparer, de l’essence à mettre dans son réservoir, des parkings où la garer. Mais moi président, je vous promets que personne n’aura une voiture plus belle que la vôtre, que personne ne vous doublera plus parce qu’il conduit mieux que vous ou qu’il a acheté un modèle plus puissant. Moi président, je vous promets l’égalité automobile dans la normalité, dans la médiocrité.

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    Oui, je vous promets de tenir mes engagements, car moi président, je vous garantis que ma priorité sera de combattre la cuisine et l’automobile qui sont les mamelles d’inégalité de notre société. Dans votre cuisine, avant, il y a un fait tout. Mais ça, c’était avant. A la tête de l’État, le changement c’est maintenant. Il y aura un gros Fait rien, rien sauf tout prendre à ceux que vous n’aimez pas, que vous enviez, qui ont quelques sous plus que vous. Je m’y engage et je ferai ce que j’ai dit, soyez en sûrs.

     

    Un nouvel appétit de vivre ?

     

    - Pourquoi tant de rage contre l’automobile et la cuisine alors que vous ne parlez ni des actions en bourse ni des biens immobiliers, ni des comptes secrets et que vous coptez dans votre entourage un spécialiste des Caïmans, s’était étonné un des collaborateurs du parti sectaire ? Est-ce pour nous protéger, nous qui avons engrangé du blé et le stockons dans des paradis fiscaux ?

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    - Ne vous inquiétez-pas, avait ricané le candidat. Les Français, je leur piquerai tout, à tous, aux plus riches comme aux plus pauvres. Je dévorerai ce qu’ils possèdent. Je réduirai les classes moyennes aux petits oignons. J’ai une recette pour ça et une idéologie finale qui dépasse nos frontières. Mais ces cons de Français, ils se gavent de la jalousie du voisin. Ils vomissent sur sa bagnole et ils salivent sur  ce qu’il a dans son filet à provisions. Il suffit de leur dire que je vais saler la note fiscale de leur voisin et le rôtir encore plus qu’eux  et ils voteront pour moi comme un seul homme Ils savent  que je vais leur retirer le pain de la bouche jusqu’à les mettre sur la paille, mais ils s’en foutent du moment que je tonde leur voisin comme un œuf. J’ai compris les Français. Ne vous en faites pas. Quand j’en aurai fini avec eux, ils n’auront plus un radis à se mettre sous la dent. Il n’y aura plus de blé en France. Mais les Français accepteront tout, ils me plébisciteront  du moment que je fais du mal à celui qui a dix centimes de plus qu’eux dans la fouille. Les Français sont des veaux, De Gaulle l’a analysé  depuis longtemps. Ils avaleront goulument mes salades. Ils iront à l’abattoir en courant sans se douter que je vais les dépecer sans anesthésie  et que mon objectif n’est ni leur appétit de bonheur ni leur soif de bien-être. Oh non…

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    Le programme du candidat sectaire n’ouvrait pas l’appétit. Il promettait de mettre les Français au pain sec et à l’eau. Car bien sûr, les vins et spiritueux étaient à la même sauce que les aliments solides, autrement dit normalisés, banalisés, réduits à la médiocrité. Malgré les supplications de son camp, terrifié par cette attaque contre un peuple connu pour son goût de l’alcool,  le candidat avait refusé de mettre de l’eau dans son vin.  Au début, un des poids lourds de son parti s’était gaussé en se tapant sur les cuisses. « Ce flan président, on croit rêver… ». Ses autres « amis » avaient surnommé le candidat « Flan aux framboises » à cause de son teint et de son air un peu simplet.

     

    Le candidat avait tenu bon, concédant tout de même l’eau de vie sans parfum particulier, histoire de convaincre une copine du Nord qui carburait aux alcools forts et bafouillait tant qu’elle n’avait pas chauffé le four avec une bonne dose.  Il s’était inspiré de son modèle, un type foncièrement proche de lui dont la recette tenait en quelques mots, taper sur le cul des vaches avec un air sympa.

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    Le grand Corrézien détestait l’automobile. A un salon de l’auto, il avait exigé que les voitures sportives soient sous bâches lors de sa visite. Le programme autophobe du candidat le ravissait. Il l’avait soutenu sans réserve  après avoir obtenu une inflexion sur un aliment et une boisson alcoolisée. Dans son dernier meeting, le candidat avait annoncé que, lui président, il tolérerait deux nouvelles exceptions à l’éradication du goût, la tête de veau et la Corona.  Le Corrézien et ses amis s’étaient rangés derrière le candidat. Mais pas sa femme, dotée, elle, d’un solide bon sens que le Corrézien perdait depuis qu’il jouait contre son camp. Le candidat s’était sournoisement  présenté comme le fils spirituel du Corrézien. Il avait  caressé le cul des veaux dans le sens du poil. Il leur avait promis ce qui les séduisait le plus, nuire à leurs voisins encore plus qu’à eux. Et ça avait marché, les veaux l’avaient élu, suivant leurs plus bas instincts, ceux de la jalousie, de la mesquinerie, de la haine excitée par l’envie. Tel un capitaine de pédalo, le candidat devenu président avait mis le cap sur le naufrage de la France.

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    Philippe sentit qu’on lui secouait l’épaule. Il sortit de sa torpeur et ouvrit péniblement les yeux. Une douce odeur de pain grillé et de café frais lui mit l’eau à la bouche.

     

    - Réveille-toi, marmotte, plaisantait son cousin Laurent. Le petit déjeuner est prêt. Je l’ai préparé avec Christina.

     

    Laurent avait l’apparence d’un adolescent. Bronzé par le soleil, vêtu d’un polo rouge et d’un short blanc, il semblait prêt à croquer la vie à pleines dents. Laurent n’était son aîné que de quelques jours. Mais alors, si Laurent avait une quinzaine d’années, il n’était pas lui, Philippe, au bord de la retraite ! Il avait fait un cauchemar.

     

    - Rejoins-nous dehors, lança Laurent en sortant de la caravane avec la cafetière d’une main et une corbeille de pain grillé de l’autre.

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    Philippe ouvrit le rideau de la vitre au-dessus de sa couchette. L’Alfa avec laquelle ses amis Xavier et Alain étaient venus en Bretagne stationnait tout près. La Mustang de Dany, le fiancé de sa jolie cousine Christina et l’équipier de Xavier dans les épreuves d’endurance aussi. Il se rappelait tout maintenant. Ils étaient en juillet 1967, en vacances au camping de La Guimorais sur la Côte d’Èmeraude.  Comme chaque été, ses parents et ceux de Laurent y installaient leurs caravanes. Il dormait dans l’une d’elles avec Laurent. Ils la partageaient avec Xavier et Alain qui étaient plus que des amis, de véritables grands frères. Christina et Dany avaient établi leurs quartiers dans l’autre. Ils passaient une semaine formidable. Le Général De Gaulle était Président de la République et Georges Pompidou Premier ministre. Ils ne voulaient que le bien des Français et œuvraient sans relâche pour les enrichir, pas pour les appauvrir. Mitterrand avait pris sa branlée aux présidentielles de 1965. Il ne reviendrait pas de sitôt. La veille au soir, la petite bande s’était régalée de moules marinières et de far breton au restaurant des Chevrets  à côté du camping. Rien de grave en vue. Toute la bande allait rire quand il raconterait son cauchemar. D’ailleurs, quand il arriverait à l’âge de la retraite, il n’y aurait plus de 2cv, plus de Trabant, et personne n’aurait plus l’idée de mettre la population au régime sec ni de l’écraser d’impôts…

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    En fond sonore, le transistor Philips diffusait  « Le soleil », chanson interprétée avec volupté par Brigitte Bardot, celle auprès de qui l'amère mademoiselle Monroe avait l'air d'un homme. Le soleil brillait. Ils passaient une semaine de vacances magnifique. Dans quelques jours, ils partiraient tous à la Course de côte du Mont-Dore. Xavier et Dany, pilotes automobiles professionnels, s’y alignaient. Le premier sur une Porsche 906, le second sur une Formule 3. La vie était belle ! Philippe  sortit du sac de couchage, enfila un short et un polo, puis se précipita rejoindre les autres.

     

    A suivre…

     

    QUELQUES LIENS A SUIVRE

    Vous pouvez également me retrouver sur http://circuitmortel.com , https://gotmdm.com/driver/ et http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/ 

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    Vous voulez partager de bons moments avec Philippe, Laurent, Christina et les autres ? C’est possible. Ils sont les personnages principaux de VENGEANCE GLACÈE AU COULIS DE SIXTIES, un polar vintage, automobile, humoristique et gourmand à consommer sans modération au prix très light de 3,55 €  http://amzn.to/1nCwZYd

     

    Le clin d'œil vintage du jour : « Le  soleil », interprété par Brigitte Bardot, au sommet de la célébrité en 1967  http://bit.ly/1mphDHH

     

    Philippe et Xavier au Rallye de la Baule (des émois inoubliables) http://bit.ly/1fWbM7x

     

    Une cuisine pas si festive, préparée avec soin, mais sans amour, alors… http://bit.ly/1juLvyH

     

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    Thierry Le Bras

  • RALLYE DE LA BAULE : DES ÉMOIS INOUBLIABLES

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    FICTION VINTAGE POUR LES GOURMETS

     69, année érotique, chantent Serge Gainsbourg et Jane Birkin.

     

    69, âge d’or de l’automobile aussi. Nous sommes à la fin du tourbillon des sixties. Les radars n’existent pas. La vitesse est libre sur la plupart des routes. Cela m’a donné l’idée de créer des personnages de fiction qui évoluent à cette époque. Les souvenirs de Philippe Georjan, le principal héros de ce monde Vintage, se situent au cœur des sixties et s’inspirent de cette période pleine d’espoir et d’optimisme. Philippe était adolescent. Il croquait la vie à pleines dents. Ses histoires savoureuses enchanteront ceux qui se rappellent qu’avant de devenir des adultes responsables, ils furent des adolescents turbulents. Et, cerise sur le gâteau, lls les replongeront  dans leur propre adolescence, un moment unique dans la vie de chacun, des années qui font généralement naître la nostalgie lorsqu’elles sont évoquées plus tard dans l’existence.

     

    En 69 justement, Philippe se souvient d’une émotion particulière, d’un émoi inoubliable à La Baule les Pins, juste avant le rallye. Une histoire légère, avec un discret hommage à une belle époque révolue, à Gainsbourg et Birkin, à la gastronomie française, à la Porsche 911, joyau éternel de la performance automobile et à … Baudelaire.

     

    “ Nous vivions la dernière semaine de juin 1969, se souvient Philippe Georjan. Georges Pompidou venait d’être élu Président de la République. Son épouse Claude, grande amatrice d’art, roulait en Porsche et adorait la vitesse. Le sculpteur Aslan décidait d’immortaliser Brigitte Bardot comme symbole de Marianne, figure de la République. La belle chantait qu’elle n'avait besoin de personne en Harley Davidson. Elle ne reconnaissait plus personne en Harley Davidson. Elle allait à plus de cent et elle se sentait à feu et à sang. Que lui importait de mourir les cheveux dans le vent… Dieu avait créé la femme en utilisant comme outil la main de Vadim.

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     « Moi, j’allais sur mes 17 ans. Je venais de passer mon bac de français. J’avais une confiance totale en l’avenir. Je me sentais en osmose totale ave le tourbillon des sixties, la croyance que tout irait de mieux en mieux, que rien ne me résisterait, que dans quelques années je partagerais ma vie avec une créature de rêve encore plus ensorcelante que BB.

     « Je me sentais parfaitement heureux. Et pour cause, le week-end suivant, j’allais disputer le Rallye de La Baule comme navigateur de mon ami Xavier Ferrant, pilote automobile confirmé malgré son jeune âge, 24 ans. A cette époque, les pilotes couraient encore dans toutes les disciplines. Ainsi, Xavier pilotait-il à la fois en endurance, en F1, et parfois en rallye. Nous courions à La Baule pour une raison précise. Xavier pilotait pour le team UTP (Univers Travaux Publics) créé par Mathieu Daramon. UTP faisait partie des leaders européens sur le marché des TP et de la construction. Monsieur Daramon avait décroché des marchés importants à La Baule et il en visait d’autres. Aussi voulait-il mettre son entreprise en valeur en engageant une voiture qui se battrait pour la victoire. Nous nous sommes donc retrouvés au départ dans une Porsche 911. Notre mission, tout faire pour remporter la course. » 

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     Certains s’étonneront que Philippe ait pu courir avant l’âge du permis. Pourtant, cette possibilité existe en rallye pour le co-pilote. Celui-ci ne prend pas le volant. Durant la course, son rôle consiste à annoncer à son pilote les notes sur le tracé de l’épreuve spéciale. Exactement ce que fait encore aujourd’hui Daniel Elena aux côtés de Sébastien Loeb. Daniel quant à lui possède son permis depuis longtemps. Mais il suffisait à Philippe, encore mineur, d’obtenir une autorisation parentale pour demander sa licence de navigateur à la Fédération. Cela ne lui posa aucun problème particulier. D’habitude lorsqu’il courait en rallye, Xavier faisait appel à Alain, un copain habitué à ce rôle. Mais Alain, tout jeune marié, ne souhaitait pas courir à La Baule. Une défection bien compréhensible qui faisait le bonheur du jeune Philippe.

     «  Nous disposions d’une Porsche 911 orange aux ailes magnifiquement galbées, raconte Philippe. C’était une voiture envoûtante. Sanglé dans le siège baquet du co-pilote, je sentais la fièvre monter en moi quand Xavier faisait rugir les chevaux sauvages du Flat 6 Porsche. Les dérobades du train arrière me plongeaient dans une extase totale. Quelques années plus tard, Jacques Henry, un Champion de France des rallyes, déclara qu’il ne connaissait qu’une sensation aussi forte que celle que procure une voiture de course, l’orgasme. Sans le formuler, j’ai ressenti cette impression magique au Rallye de La Baule cette année-là. »

     

    Le rallye se disputait le samedi et le dimanche. Mais Xavier et Philippe arrivèrent à La Baule le dimanche précédent en fin d’après-midi. Ils auraient le temps de reconnaître les spéciales et de profiter de la vie bauloise. En outre, monsieur Daramon organisait plusieurs manifestations pour la promotion de son entreprise, notamment un cocktail avec présentation de la voiture dans un restaurant installé sur le Remblais le mercredi soir et un dîner à l’attention de ses partenaires le jeudi. Naturellement, Xavier et Philippe assistaient à ces mondanités. Leur présence faisait partie de leurs obligations vis à vis du Team UTP. Ils y satisfaisaient bien volontiers tant  le couple Daramon se montrait charmant à leur égard.

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     Mathieu Daramon veillait d’ailleurs tout particulièrement au bien être de son équipage. Au même titre que le couple Daramon, le pilote et son navigateur bénéficiaient d’un hébergement avec vue sur l’océan à l’hôtel L’Hermitage. C’était une grande bâtisse blanche d’architecture anglo-normande, édifiée face à la mer. Xavier et Philippe dînaient chaque soir au restaurant avec leurs hôtes et se faisaient inviter à choisir les meilleurs mets, A la fin des sixties, la préparation physique des pilotes comportait moins de contraintes qu’aujourd’hui.

     « Le midi, nous nous contentions de sandwichs entre deux passages dans les spéciales à reconnaître, précise Philippe. Le soir, nous ne pensions pas à la diététique. Nous nous contentions d’éviter des plats qui nous seraient restés sur l’estomac le lendemain. A nos yeux, La Baule symbolisait la douceur de vivre. Alors, comment résister à la fraicheur d’huitres plates qui nous plongeaient dans la subtilité des saveurs océanes, à un homard dont la chair ferme se mariait avec volupté à une sauce armoricaine aux parfums emprunts de perfection, à un filet de bœuf si tendre qu’il fondait sur langue, à un soufflé au Grand Marnier dont la simple présence sur la carte des desserts attisait toutes les convoitises ?.La cuisine de qualité et la course automobile possèdent en commun la faculté d’exciter les sens. Pendant le rallye, nous dévorerions sauvagement tous nos adversaires grâce à notre recette mijotée avec des ingrédients de premier choix, le talent de pilote de Xavier et notre préparation minutieuse. Avant le goût de la victoire, nous dégustions en fins gourmets les performances du chef de L’Hermitage dans la convivialité qu’inspire traditionnellement la gastronomie.

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      « J’avais l’impression de flotter en plein rêve, poursuit Philippe. Mon seul regret était que mon cousin Laurent, parti quelques jours en croisière avec son père, ne puisse pas voir ça. Laurent  avait mon âge et nous étions comme des frères jumeaux. Je ne manquerais pas de lui raconter ma semaine de préparation du rallye dans les moindres détails ! »

     Philippe marque une pause. Ses yeux marron semblent se perdre dans la contemplation d’un horizon lointain. Puis il reprend la parole. « Le mardi en soirée, l’apparition d’un soleil confirma l’influence paradisiaque qui régnait sur ces jours magiques. Attablés à la terrasse d’un café de l’avenue du Général de Gaulle, Xavier et moi dégustions des oranges pressées agrémentées par un nuage de sucre et une glace pilée rafraichissante avant de rejoindre les Daramon pour le dîner. Soudain, la femme apparut dans mon champ de vision. Blonde à la peau bronzée et satinée, le regard mystérieux masqué par des lunettes noires, des jambes découvertes par une jupe blanche très courte, un chemisier assorti dont le décolleté découvrait juste les formes nécessaires à l’excitation de l’imagination, la perfection absolue de la création. Son sourire mutin accéléra encore mon rythme cardiaque. Une seconde plus tard, elle s’était évanouie, comme un mirage. »

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     Un poème de Baudelaire me revint en mémoire. A une passante, extrait des Fleurs du mal…

    La rue assourdissante autour de moi hurlait.

    Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

    Une femme passa, d'une main fastueuse

    Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

     

    Agile et noble, avec sa jambe de statue.

    Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

    Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,

    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

     

    Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté

    Dont le regard m'a fait soudainement renaître,

    Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

     

    Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !

    Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

    Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais

     

    « Ce poème, je l’avais commenté en cours de français au mois d’avril précédent, se souvient Philippe. J’avais reçu une excellente note, 17. Mais si j’avais  recommencé mon commentaire à cet instant précis, j’aurais décroché un 20/20 tant mon émoi rejoignait celui du poète. Une anecdote me revint. Karine, une copine de classe, m’avait demandé si Baudelaire se trouvait bien à la terrasse d’un café au moment de la scène. Je lui avais répondu par une boutade. Oui, bien sûr, il te dit qu’il buvait. Donc il était dans un café. C’était une blague. Ce que buvait Baudelaire, c’était la douceur qui fascine et le plaisir qui tue. A ce moment-là, j’imaginais plutôt Charles Baudelaire déambulant sur un trottoir, pris dans un flot de marcheurs parisiens stressés qui l’emportaient loin de la beauté fatale. J’avais tort. Karine voyait juste. Charles Baudelaire se trouvait forcément à la terrasse d’un café, comme moi, lorsqu’il vit cette femme sublime. Ma passante était différente de la sienne. Elle reflétait le bonheur, la plénitude, pas la douleur du deuil. Je ne l’oublierai jamais. Je sais que rien n’était possible entre nous. Je n’avais pas encore 17 ans. Elle avait au moins deux fois 17 ans. Mais qu’importe… »

    POCHETTE 69.jpg

    Cinq minutes plus tard, nous remontâmes dans la Porsche 911 de série que nous utilisions pour les reconnaissances du rallye afin de regagner l’hôtel. A la radio, Serge Gainsbourg et Jane Birkin chantaient :

     

    Gainsbourg et son Gainsborough

    Ont pris le ferry-boat

     

    De leur lit par le hublot

    Ils regardent la côte

     

    Ils s'aiment et la traversée

    Durera toute une année

     

    Ils vaincront les maléfices

    Jusqu'en soixante-dix

     

    Soixant'neuf année érotique

     

    Soixant'neuf année érotique…

     

    « Ma femme va me manquer tout à l’heure », plaisanta Xavier. 

     

    « Mon copain pilote  partageait la vie d’une speakerine de l’ORTF, se rappelle Philippe. Cette soirée était décidément celle des émois… »

     

    NOTE MODIFIÉE LE 22 SEPTEMBRE 2014

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    Philippe et Xavier sont désormais deux des personnages principaux de   VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES, LE polar vintage, gourmand automobile et humoristique. Plus de précisions et possibilité de lire gratuitement les premières pages en cliquant ICI  http://bit.ly/1zmPqE6

     

    QUELQUES LIENS A SUIVRE

     

    Une autre présentation de VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES  http://0z.fr/u88wT

     

    PREMIÈRE FAN, ou la face cachée de la célébrité. Confidences d’une star du sport qui a brisé le cœur de sa plus grande supportrice. L’amour, l’amour, l’amour… http://bit.ly/1rIFFzY

     

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    Thierry Le Bras

  • 1969, ANNÉE MÉCANIQUE ET ÉROTIQUE

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    69, année érotique pour Serge Gainsbourg et Jane Birkin…

     

    Sans oublier Brigitte Bardot dont la chanson « Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson fait toujours fureur »

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    69, année mécanique aussi, avec quelques temps forts comme l’apparition de la Porsche 917 en compétition, la victoire de Jacky Ickx sur Ford GT 40 aux 24 Heures du Mans dans des conditions très particulières puisqu’après avoir pris le dernier vrai départ type Le Mans en marchant, le pilote belge remporta l’épreuve après un duel roues dans roues jusqu’aux derniers mètre contre la Porsche 908 que Hans Hermann partageait avec Gérard Larrousse.

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    69, Jackie Stewart et Jean-Pierre Beltoise réussissent une super-saison sur les Matra-Ford de l’écurie de Ken Tyrell. L’Écossais remporte le titre. Le Français se classe cinquième.

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    69, vraiment une très belle année !!! 

     

    NOTE MODIFIÉE LE 21 AOÛT 2014

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    Thierry Le Bras