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Sport - Page 95

  • LA DAUPHINE DE « PILOTE DE COURSE »

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    « Michelop Colombelli, le pneu qui a les pieds sur terre », ça vous dit quelque chose ?

     

    Et les paroles de la chanson « Pilote de course » interprétée par Yves Heuzé ?

    «Pilote,

    Quand le drapeau tombe,

    Tu t’élances,

    Pilote,

    Il te faudra du nerf et de la chance,

    Si tu veux faire un jour le Tour de France »

     

    Il s’agit respectivement d’une pub fictive et de la chanson du générique du très bon feuilleton « Pilote de course » réalisé d’après le scénario et les dialogues de Guillaume de Saint-Pierre. Cette série fut diffusée au début de l’été 1975 sur Antenne 2.

     

    Malgré le nombre de ses adeptes, la course automobile n’est pas très bien représentée au cinéma ni à la télévision. Principale raison de ce manque, le coût des tournages. Mais la rareté justement contribue à rendre de telles initiatives d’autant plus remarquables et précieuses.

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    L’histoire tourne autour de la passion du jeune Alain Fory, mécanicien et surtout passionné inconditionnel de course automobile. Mais Alain ne dispose que de faibles moyens financiers. La semaine, il roule avec une vieille 2 cv Citroën. Pas question pour lui d’acheter une Porsche, une Alpine ou une CG, ni même une Alfa 2000 GTV groupe 1, une Opel Ascona groupe 2 ou encore une 12 Gorde avec toutes les homologations. Alors, Alain trouve un autre plan. Avec ses copains, il prépare une Dauphine proto (groupe 5). Une fois la voiture prête à tourner, la petite bande se départagera sur un parcours de course de côte improvisé dans la forêt voisine. Le meilleur disposera de la machine pour toutes les courses de la saison et les autres lui feront l’assistance.

     

    Naturellement, Alain remporte ce premier challenge. Normal, il est le plus passionné, le plus motivé, le plus doué, le mieux préparé de la petite bande.

     

    L’objectif d’Alain Fory est à la fois clair et compliqué. Il veut devenir pilote professionnel, transformer sa passion en métier, gagner des courses et en vivre.

     

    Seulement, la course automobile ne se limite pas à des duels titanesques  entre des seigneurs à l’âme de chevaliers des temps modernes. Les volants officiels sont rares. Certains (et certaines) tentent de les capter et chassent les sponsors en utilisant des arguments et des moyens qui échappent au jeune mécanicien passionné et loyal qui croit qu’il suffit d’être le meilleur pilote pour réussir.

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    Dans sa quête de la victoire, Alain connaîtra des temps forts, différents de ceux qu’il attendait. Les rêves et la réalité ne se rejoignent jamais. Il affrontera aussi quantité d’épreuves et verra les regards des autres sur lui changer – pas non plus comme il l’espérait. Sa passion, son travail et son talent seront finalement remarqués et récompensés au terme d’un parcours très différent de ce qu’il imaginait au départ de sa première course. Après la Dauphine, Alain pilotera notamment une Berlinette Alpine et une Ligier JS2. Le monde de la course auto comprend qu’il va vite et la confiance de Saint Mare, un des meilleurs pilotes français dans ce scénario, va lui permettre d’atteindre son objectif.

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    La réalisation ne ressemble pas au Mans de Luc Besson. Elle est beaucoup plus modeste, mais plus authentique et tellement plus fidèle à la réalité de la course automobile. Ceux qui ont couru en rallye, en course de côte ou en circuit et qui ont vécu les 24 Heures au sein d’une équipe comprendront mon propos, celui d’un authentique passionné qui sait ce que s’asseoir dans un baquet veut dire, l’avis d’un éternel fan de sport auto que « Pilote de course » a enchanté et que  la superproduction de Luc Besson  a franchement dérouté et déçu. En outre, Guillaume de Saint-Pierre prête à son héros, Alain Fory, des réflexions pleines de bon sens sur la compétition automobile.  Une partie du tournage fut réalisée lors du Tour de France Auto 1974. D’autres images furent prises à la Ronde d’Armor 1974 ainsi que sur d’autres rallyes. Ceux qui suivaient la course automobile dans l’Ouest à l’époque se réjouiront de revoir entre autres l’Alpine de Noël Guittet, la Scora de Maurice Ouvière, une jolie petite R5 TS et d’autres autos qui faisaient alors la joie des spectateurs. C’est d’ailleurs lors de cette Ronde d’Armor 1974 que j’ai pris les deux photos de la Dauphine d’Alain Fory mises en ligne pour illustrer cette note.

     

    Le rôle d’Alain Fory est interprété par François Duval, comédien éponyme du sympathique et rapide champion de rallye belge.

     

    Je reviendrai sur ce feuilleton dans quelques semaines après avoir effectué quelques recherches complémentaires sur son tournage.

    Vous pouvez également me retrouver sur http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/ , http://circuitmortel.com , https://gotmdm.com/driver/

    Thierry Le Bras

  • AMBIANCE GRAND NATIONAL TOUR AUTO 1973

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     Restons en 1973 comme dans la précédente note. 

    Les variétés respirent la bonne humeur et nos stars chantent sur des rythmes entraînants. Abba a enregistré Ring Ring. Les duos sont à la mode. Johnny Hallyday et Sylvie Vartan entonnent leur propre hymne à l’amour qui s’intitule J’ai un problème. Alain Delon et Dalida se montrent moins optimistes avec Paroles, paroles. Sheila et Ringo font partie des nouveaux mariés et choisissent un thème de circonstance, Laisse les gondoles à Venise.  Stone et Charden défendent une chanson sans prétentions mais distrayante, Made in Normandie. Michel Sardou occupe la tête des hit-parades avec La maladie d’amour. Si tu ne me laisses pas tomber, interprété par Gérard Lenorman lui oppose une belle résistance. Johnny Hallyday explique Toute la musique que j’aime. Hugues Auffray nous invite au voyage ; les paroles de Hasta luego résonnent dans nos têtes pleines de rêves. Pascal Sevran a composé Il venait d’avoir 18 ans pour Dalida qui l’interprète avec sensualité et talent.

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    Cette année 1973 riche de souvenirs marque aussi un événement moins agréable, la fin d’une période glorieuse pour l’automobile. Déjà, des limitations de vitesse sont entrées en vigueur au mois de juin. Elles sont alors de 110 km/heure sur les 4 voies et 100 sur route. La vitesse reste libre sur autoroute. Georges Pompidou est Président de la République. Il a cédé aux conseillers qui incitaient à limiter la vitesse dans un souci de sécurité routière. La rumeur prétend que son épouse Claude, qui adore conduire sa Porsche à vive allure, était opposée aux limitations et a tenté de le convaincre d’y renoncer, mais en vain. Ce dernier est resté inflexible. Mais les radars ne sont pas très nombreux. Les automobilistes se font des appels de phares. Il est possible de passer entre les mailles du filet.

     

    Le litre de super coûte à peu près 1,20 F. Alfa Roméo axe ses campagnes publicitaires sur le virus Alfa. BMW a utilisé peu avant un slogan qui serait qualifié de provocateur aujourd’hui. Une image montre une calendre BM dans un rétroviseur. Un slogan annonce « si vous voyez cette calendre dans votre rétro, laissez vous doubler ou rendez-vous dans une concession BMW ». D’autres voitures à tendances sportives fréquentent le réseau routier. DS 23 à injection électronique, Fiat 124 coupés et cabriolets, Lancia Beta, Opel Commodore GSE, Triumph Dolomite, Ford Capri séduisent les conducteurs qui ont le pied lourd tout en restant dans des prix certes plus élevés que les GS ou les 204, mais tout de même accessibles pour une clientèle de cadres, de membres de professions libérales ou de patrons de PME. Des sigles S, TS et TI rendent les caractères de braves berlines plus agressifs que les modèles de base. Les Simca 1100, R 16  Peugeot 504 par exemple bénéficient de telles versions un peu plus performantes et un peu plus gourmandes que leurs sœurs originelles.

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    Bientôt, le 6 octobre, les Égyptiens et les Syriens vont agresser Israël. La guerre du Kipour entraînera de nombreuses conséquences pour l’automobile. L’OPEP en profitera pour augmenter ses tarifs de 70% et limiter sa production. Le spectre du rationnement grandit. Les limitations de vitesse vont s’aggraver. Les conseils d’économie de carburant vont fleurir. Les courbes de ventes des modèles Diesel s’accéléreront. Celles des voitures intéressantes et vivantes s’infléchiront vers le bas. Le premier choc pétrolier et l’obsession de la sécurité routière commencent leur œuvre de destruction de l’automobile. Le lobbying des associations militant pour la sécurité routière s’appuie sur une imposture. Il vante les effets bénéfiques des limitations de vitesse sur le nombre des tués et des blessés en oubliant ceux, bien plus significatifs, du port de la ceinture de sécurité et des premières campagnes contre l’alcool au volant.

     

    Le Tour Auto se déroule en septembre, quelques semaines avant la guerre du Kipour. C’est une des dernières courses qui vivra une atmosphère de douce insouciance dans l’univers automobile.

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    Pour moi, le Tour Auto représente quelque chose de particulier. Je suis dans ma 19ème année à cette époque. J’ai suivi les éditions précédentes à la radio et dans les magazines spécialisés. Certaines voitures m’ont particulièrement marqué. Par exemple la Porsche 911 psychédélique de Gérard Larrousse en 1970, les Matra de Jean-Pierre Beltoise  et Gérard Larrousse en 1970 et 1971. J’adore le concept Tour Auto qui réunit des spéciales de rallyes, des tracés de courses de côtes et des épreuves en circuit. En plus, avec les vérifications, le Tour Auto dure une semaine. Autant dire que c’est une vraie fête de la course automobile.

     

    Et coup de chance, en 1973, le Grand National, sorte de doublure du Grand Tour  réservée aux licenciés nationaux, part de Dinard. J’ai obtenu mon bac en juin. J’habite Saint-Malo. La rentrée universitaire est programmée mi-octobre. Les lycéens sont en classe, mais mon statut de tout nouvel étudiant me permet de profiter du départ !

     

    Je passerai donc deux jours à admirer et photographier les voitures qui satisfont au rite des vérifications avant de s’élancer pour un parcours qui se terminera sur le circuit du Castellet. J’y vois des pilotes que j’ai déjà remarqués dans les courses de côtes et rallyes de la région, par exemple les frères Claude et Dominique Pigeon, Jean-Yves Gadal, Anne-Charlotte Vernay, « Yvonnick », Marcel Grué, Jacques Imbert.  Certains deviendront d’ailleurs de bons copains quelques années plus tard lorsque je courrai à mon tour, notamment Dominique Pigeon, Marcel Grué, « Yvonnick » et son fils Pierre-Yves avec qui je ferai d’ailleurs équipe à deux ou trois occasions.

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    Pour l’heure, je m’intéresse tout particulièrement aux Alfa 2000 GTV groupe 1. Mon père  possède un coupé 2000 Bertone. Il me laisse le conduire et me le prête de temps en temps. Un de mes copains m’apprécie tout particulièrement dans ces cas-là car il voit dans l’Alfa un moyen idéal pour épater  les nanas – plus classe, paraît-il  que mon Austin 1275 GT que j’aime bien aussi pourtant, mais qui ferait quand même un peu petite selon ce camarade. Il ne se soucie pas des réflexions et inquiétudes de  ma mère qui se demandera d’où viennent les odeurs de parfum et les longs cheveux de couleurs différentes des siens dans l’Alfa Roméo. Des soupçons ne vont pas tarder à peser sur mon père. Mais comme je me dénoncerai, nous éviterons les drames familiaux.

     

    Cette année-là, Dominique Pigeon se battra jusqu’à la dernière épreuve sur le circuit du Castellet pour la victoire en groupe 1. Des tonneaux le contraindront à l’abandon. Consolation pour la famille, son frère Claude associé à Jean-Yves Gadal remporte le scratch.

     

    Guillaume de Saint-Pierre, peintre, écrivain, scénariste et pilote se classe cinquième au volant d’une Apine 1600 S. Guillaume va bientôt participer à la réalisation d’un feuilleton télévisé pour la deuxième chaine qui s’appellera « Pilotes de course » et dont quelques scènes seront tournées au Rallye d’Armor 1974. Mais c’est une autre histoire. Avant, les amoureux du sport automobile auront eu très peur. Car début 1974, en pleine crise de l’énergie, les courses automobiles seront interdites et le Rallye de Monte-Carlo sera annulé.

    Vous pouvez également me retrouver sur http://circuitmortel.com , https://gotmdm.com/driver/ et http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/

    Thierry Le Bras  

  • SAGA POUR HONDA

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     1973 représente de nombreux souvenirs marquants pour moi : le permis, le bac, l’entrée en fac de droit, le sentiment d’appartenir vraiment à l’univers des adultes.

     Naturellement, à cette époque-là, j’étais déjà fou d’automobile et de compétition. J’aimais écrire des récits – j’avais fait partie fin 1972 des lauréats d’un concours de nouvelles qui m’avait  valu d’être publié chez Gautier Languereau dans le livre 15 histoires de moto - alors que j’étais encore lycéen. J’aimais aussi la photo, les animaux, les moments passés avec les copains. Je ne savais pas encore que quinze ans plus tard, le besoin d’écrire des romans  et des récits deviendrait irrésistible.

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     Cette passion incite souvent à se plonger dans le passé et à y rechercher des événements et anecdotes susceptibles d’égayer des scènes. Peut-être est-ce pour cette raison que je me souviens souvent mieux que d’autres de petits événements plaisants ou au contraire irritants.

     C’est un souvenir positif que j’ai envie de raconter aujourd’hui, un souvenir amusant de cette année-là. Il remonte au mois de septembre 1973 et intègre la marque Honda ce qui assure un lien avec l’automobile qui est au centre de ce blog. Le constructeur japonais faisait  une campagne de pub pour la Civic, alors commercialisée en France exclusivement avec la boite auto.

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      Le concessionnaire de Saint-Malo était un ami de la famille. Un jour où mon père et moi, nous nous étions organisés pour amener la voiture de ma mère en révision et que nous ne pensions nullement à emprunter une voiture durant le laps de temps de l’opération,  le garagiste  nous a prêté une Civic gris métal pour la journée. Il  espérait probablement  que nous convaincrions ma mère de la lui acheter en remplacement de son coupé Fiat 850. Une fois la Civic garée dans le jardin, nous l’avons tous examinée avant de partir l’essayer.

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    Et là, surprise. Si ma mère ne fut pas séduite, notre chienne Dogue de Bordeaux qui s’appelait Saga  craqua pour la Honda ! Elle en faisait le tour, voulait monter dedans, s’efforçait de nous montrer que la Civic la fascinait en pointant son museau avec insistance vers les portières. Elle qui se montrait totalement indifférente au coupé Alfa 2000 GTV Bertone de mon père comme à mon Austin 1275 GT jaune à toit noir et  au coupé Fiat rouge de ma mère aimait la Honda ! Achetez une Civic, la voiture qui fascinera votre chien, voilà un axe de com auquel  Honda n’a jamais pensé !

     

    Thierry Le Bras