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28/04/2012

LAURENT BOURGNON PILOTE AUTOMOBILE

 notamment à Lohéac !

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 Tout le monde connaît Laurent Bourgnon, un des meilleurs skippers des dernières décennies, le double vainqueur de la Route du Rhum. Le plus français des Suisses est aussi un pilote automobile au coup de volant incisif !

« Mener un bateau de course moderne, c’est du pilotage », affirme Laurent. Ceux qui se souviennent de Laurent à la barre de Primagaz ne démentiront pas. Rappelez-vous  les premiers bords des Routes du Rhum 1994 et 1998. En équilibre sur une coque, le Primagaz de Laurent Bourgnon vole de vague en vague devant le reste de la flotte. Et il arrivera en tête à Pointe à Pitre.

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 Réflexes de roi, adresse diabolique, courage, détermination et rage de vaincre, des qualités qui caractérisent les coureurs au large comme les pilotes automobiles, des dons et des talents que possède Laurent Bourgnon.

 

De l’Andros au Dakar et au Rallycross


En 2000, Laurent Bourgnon a plusieurs projets parmi lesquels la construction d’un multicoque géant. Il aime tout ce qui va vite et procure des sensations. La course automobile fait donc partie de ses passions, comme l’ULM, l’avion et la voile. Laurent a testé son coup de volant au Challenge Andros quelques années plus tôt. Il s’est aussi lancé dans l’aventure du Dakar sur un Nissan du Team Dessoude. Il s’est classé 13ème. Un bon résultat pour une première participation. Le virus s’est installé. Il reviendra régulièrement en rallye-raid et rentrera dans le top 10 du Dakar dès 2001.

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 C’est justement au Dakar 2000 qu’est née l’idée de participer au Rallycross de Lohéac. A la rentrée des classes de la discipline, le week-end des 2 et 3 septembre, Laurent Bourgnon s’aligne au volant d’une Citroën ZX 4 roues motrices engagée en D1. L’auto est une des voitures de Michel Gambillon qui pilote quant à lui une nouvelle Xsara. La ZX est une vraie machine de course, une voiture d’homme. Elle développe 500 chevaux. Laurent n’éprouve aucune difficulté à la maîtriser et confirme ses qualités de pilote. Qui sait si nous ne le reverrons pas bientôt derrière le volant d’un bolide ?

 

Souvenirs de Lohéac 2000

 

Je me souviens encore très bien de de cette participation de Laurent au Rallycross de Lohéac 2000 pour des raisons personnelles. Cette épreuve coïncidait avec la sortie de « 20 ANS D’AVENTURES TRANSATLANTIQUES DE SAINT-MALO A POINTE-A-PITRE », une histoire de la Route du Rhum que j’avais écrite (sous le pseudonyme Thierry Georjan) avec la participation de François Thominet, grand passionné de course au large. Mon co-auteur a choisi de s’installer à Saint-Malo après avoir ressenti un coup de cœur pour la Cité corsaire en découvrant le Lada Poch de Loïc Peyron dans le port avant l’édition 1986 de la Route du Rhum.

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 J’avais demandé à Laurent de le préfacer notre livre consacré à la Route du Rhum. Il avait très gentiment accepté. Non seulement il rédigea une excellente préface, mais il nous invita à dîner à Carnac quelques semaines après la sortie.

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 Entre temps, j’avais aussi rencontré Laurent à Lohéac le jour de la présentation de l’épreuve et le week-end ou elle se déroulait. Lors du déjeuner servi à La Gibecière après la présentation, Laurent dédicaça à Patrick Germain, président du Rallycross et de l’Écurie Bretagne l’exemplaire de  « 20 ANS D’AVENTURES TRANSATLANTIQUES DE SAINT-MALO A POINTE-A-PITRE » que je lui avais offert quelques heures plus tôt.

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 Cette année-là, Patrick Germain m’avait chargé avec Didier et Jacques Caradec de trouver un pilote de notoriété qui prendrait le volant de la Formule France mise à la disposition de l’organisateur. La tâche se révéla plus compliquée que prévu. Le week-end de Lohéac, de nombreux pilotes couraient dans d’autres disciplines. Certains auraient volontiers répondu présents, à commencer par David Terrien (en photo ci-dessus), notre premier choix. Mais David courait en endurance pour JMB sur une Ferrari 333 SP (il remporterait avec son équipier Christian Pescatori le championnat FIA Sportscar en fin de saison) et n’obtint pas le feu vert de son team-manager qui redoutait un accident susceptible de gâcher sa fin de saison. Emmanuel Collard se heurterait au même problème. Ce serait finalement le rallyman Bertrand Ballas qui serait le premier à accepter la proposition. David Terrien nous rendrait tout de même visite au réceptif le dimanche. Il y déjeunerait et capterait l’attention des invités présents à notre table par son approche particulièrement intelligente et réfléchie de tous les aspects du sport automobile.

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 Pour moi, changement de décor le lundi. Je prenais la route de Paris dès 6 heures du matin. J’animais alors la rédaction du groupe GFD qui éditait notamment les magazines PME commerces et entreprises, L’Essentiel du Commerce Associé et un Spécial Vendée Globe 2000 - 2001 pour lequel nous avions conclu un partenariat avec Philippe Jeantot. Après une réunion à notre siège de la rue Robert Estienne sur des questions juridiques et financières le matin, j’avais rendez-vous avec Catherine Chabaud l’après-midi dans les bureaux de son agence de com. J’utiliserais l’interview réalisée pour finaliser son portrait dans le numéro spécial Vendée Globe dont la sortie était programmée quelques semaines plus tard. Les vents d’Ouest me portaient naturellement de l’ambiance des circuits à celle de la course au large.

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

GARE A LA MAIN DU DIABLE, un roman-jeunesse teinté de fantastique  dans le milieu de la course au large que j’ai publié (sous mon nom patronymique) en 2011

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-nouveaute-polar-81824882.html

et :

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-g-83517093.html

 

Des autos, des bateaux, des vinyles, des livres et des petits plats d’origine sixties garantie

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/07/26/vacances-sixties.html

 

Didier Pironi, vainqueur sur terre et sur mer

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/02/14/didier-pironi-alain-colas-deux-trajectoires-parallèles-iii.html

et

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/02/16/didier-pironi-alain-colas-deux-trajectoires-parallèles-iv.html

 

Le pif d’un skipper breton  au secours de pilotes automobiles (nouvelle)

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/06/12/pneu-importe-le-choix-pourvu-qu-on-ait-la-vitesse.html

 

Quelques réflexions sur l’aérodynamique, dont une anecdote vécue par David Terrien

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-gang-de-requins-le-retour-44474481.html

 

Thierry Le Bras

08/08/2011

GARE A LA MAIN DU DIABLE

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Ce roman est disponible depuis le mois de juin 2011. Je ne pouvais pas résister au plaisir de vous le présenter sur ce blog. Le scénario se déroule naturellement dans l’univers d’un sport mécanique…

 

D’accord, il ne s’agit pas de la course automobile pour une fois, mais de course au large. Je me fais fort de vous convaincre que les deux univers comportent bien des points communs. Et puis c’est l’été. Une histoire de voiliers de course, c’est sympa pour les vacances, non ? En outre, pour une fois, on ne reprochera pas à mes héros de polluer la planète, d’être de vilains méchants qui empoisonnent l’univers en produisant du CO2 et en brûlant du pétrole.

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Je vous invite à comparer l’univers des bolides terrestres et marins avant d’embarquer à bord d’Océans sauvages, le trimaran qui se lance à la conquête de la première édition de la Saint-Malo – Newport !

 

Au-delà de leurs différences…

 

Une voiture et un bateau de course intègrent une technologie de pointe. Les voiliers de course sont construits en carbone. L’écoulement de l’air sur les voiles est étudié avec le même soin que l’aérodynamisme dans les souffleries des grandes écuries. L’optimisation de la meilleure répartition possible du poids obsède les ingénieurs automobiles comme les architectes des F1 des mers. Concevoir les machines les plus rapides sur mer et sur terre représente un fabuleux défi. Ainsi, Adrian Newey, le créateur des fabuleuses Red Bull F1, confie-t-il  qu’il aimerait concevoir un voilier destiné à gagner la Coupe de l’America. 

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 Les deux mondes emploient souvent le même vocabulaire. Laurent Bourgnon affirme par exemple que « mener un bateau de course moderne, c’est du pilotage ». Laurent sait ce qu’il dit. Il a participé à deux Dakar, au Rallycross de Lohéac et à des épreuves du Challenge Andros.

 

Les skippers ont étudié l’univers de la course automobile et ils s’en sont inspirés. Vainqueur du deuxième Vendée Globe sur Bagages Superior, Alain Gautier est un grand passionné de Formule 1. « Dans tout sport qui nécessite l’utilisation d’un outil, la conception et la préparation de la machine constituent le premier pas vers la performance, confiait-il à cette époque. J’ai adopté dans mon équipe des méthodes de travail calquées sur celles des meilleures écuries automobiles ». Titouan Lamazou, vainqueur quant à lui du premier Vendée Globe quatre ans plus tôt, avoua lui-aussi que la F1 l’avait inspiré. « Lors d’une escale du Boc Challenge (tour du monde avec escales), j’ai été invité à assister au Grand-Prix du Brésil, témoigna-t-il plus tard. L’organisation des stands des meilleures équipes m’a impressionné. Elle représentait la mise en œuvre d’une méthode de travail idéale. J’ai décidé de d’appliquer ces enseignements pour mon bateau suivant, celui qui me permettrait de gagner le Vendée Globe. »

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 Les voitures de compétition et les voiliers de course procurent des sensations extraordinaires.  Certes, un voilier avance moins vite qu’une voiture, mais la mer décuple les sensations de vitesse. Le vacarme de la coque en carbone sur les vagues inspire la violence de la performance. « On se croirait dans le tambour d’une machine à laver », expliquait Tony Bullimore lors de la troisième édition de l’épreuve. « Si on réussissait à réduire le bruit de 10% sur un bateau, on augmenterait la performance d’autant, me confia Raphaël Dinelli avant le départ pour son deuxième Vendée Globe en 2000. Pourquoi, parce que le volume des bruits que produit un voilier qui fonce en bondissant sur les vagues donne l’impression au skipper qu’il va tout casser et l’incite à lever le pied (encore un terme applicable à l’automobile) trop tôt. » 

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 Pilotes et skippers partagent aussi de nombreuses superstitions. Chaque univers possède ses propres croyances et craintes. Pourquoi ? Parce que la passion de la vitesse sur mer comme sur terre s’accompagne hélas d’une notion de risque et que la superstition accompagne toujours le danger.

 

La compétition automobile et la course au large passionnent les foules. Elles représentent d’excellents vecteurs de communication. Heureusement d’ailleurs, car la préparation d’un bolide maritime ou terrestre coûte cher et que les écuries ont besoin d’argent - donc de sponsors - pour les financer. 

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 Course au large et course automobile  servent de terrain de jeu à d’authentiques champions qui sont prêts à tous les efforts pour assouvir leur passion et qui, quelque part, se ressemblent sang pour sang.

 

Gare à la main du diable

 

C’est le titre de mon roman. Terreur sur la nouvelle course transatlantique en solitaire Saint-Malo – Newport qui s’élance la Cité corsaire au début de l’été. Incidents et accidents s’abattent sur le jeune skipper malouin Florian Manach, engagé sur le trimaran Océans sauvages. Le jour du baptême du voilier, sa marraine, vedette d’une émission de téléréalité, n’a pas réussi à casser la traditionnelle bouteille de champagne à la première tentative.

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Pour les vieux marins, c’est un sinistre présage annonciateur de catastrophes et de naufrage dans des eaux sombres. Des malfaiteurs ont-ils saboté le multicoque ? Ou l’inquiétante légende maritime expliquerait-elle les fortunes de mer qui s’acharnent sur Florian ? Sébastien, Romain et Tatiana, trois adolescents inséparables qui sont les amis du skipper tentent de comprendre les mystères qui planent autour du bateau de course afin de le sauver.

 

GARE À LA MAIN DU DIABLE est un thriller cross-age teinté de fantastique. Il passionnera les adolescents qui s’identifieront aux héros. Il captivera les lecteurs de tous âges curieux des traditions maritimes et des phénomènes que l’état actuel de la science ne parvient pas à expliquer.

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Il surprendra les habitants de Saint-Malo ainsi que tous ceux qui connaissent cette ville car ils se rendront compte que les sites qu’ils fréquentent ont servi de théâtre à des événements extraordinaires. Outre sa participation aux préparatifs de la course et à la grande bataille sur la Manche et l’Atlantique, le lecteur partagera les joies des héros lors d’une sortie en Hobie Cat. Puis il frissonnera en découvrant certains lieux sous un jour inquiétant.

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 Le roman est suivi de véritables histoires de superstitions maritimes rapportées par Thierry Le Bras. Des anecdotes hallucinantes, angoissantes et parfois pleines d’humour.

 

J’écris pour communiquer ma passion du suspense et faire vivre aux lecteurs les mécanismes psychologiques qui guident les personnes les plus attachantes comme les plus dangereuses. Une petite anecdote pour terminer cette présentation. J’ai été un adolescent turbulent, comme mes lecteurs, Aussi ai-je choisi une photo du temps où il fréquentait le lycée pour illustrer la quatrième page de couverture de son roman.

 

GARE A LA MAIN DU DIABLE est édité par les Éditions MPE (Mon Petit Éditeur). Il est disponible en librairie au prix de 16 Euros ou en format numérique sur le site de l’éditeur au prix de 8 €. 

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NOTE MODIFIÉE LE 29 OCTOBRE 2014

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE :

 

GARE A LA MAIN DU DIABLE  est disponible en version papier et en Ebook http://0z.fr/XoXRA

 

Lisez gratuitement les premières pages de GARE A LA MAIN DU DIABLE http://0z.fr/XoXRA

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LE PACTE DU TRICHEUR, un autre polar automobile que j’ai écrit pour vous : http://amzn.to/1jAhsoF

 

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Le pif d’un marin breton au service d’un pilote aux 24 Heures du Mans

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/06/12/pneu-importe-le-choix-pourvu-qu-on-ait-la-vitesse.html

 

Thierry Le Bras auteur et chroniqueur

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/#

 

Bon appétit de  lecture,

 

Thierry Le Bas

08:05 Publié dans Livre, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fictions, romans policiers, course au large, pilotes, légendes |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Imprimer |

12/06/2009

PNEU IMPORTE LE CHOIX, pourvu qu’on ait la vitesse

PAGANI ZONDA.jpg

 FICTION

 Les visiteurs de Circuit Mortel connaissent David Sarel, l’avocat-pilote héros récurrent de mes romans qui court régulièrement en Championnat LMS, au Mans et dispute quelques rallyes. Ils connaissent également son entourage, notamment son parrain Éric Trélor qui lui a transmis sa passion de la course, Freddy Vivien, ancien Champion du monde de F1 qui a créé les Automobiles Vivia, Nick Vareski, ami d’enfance de David devenu designer de Vivia, Denis Grenier, autre ami proche de David qui fait équipe avec lui dans les épreuves d’endurance, Benjamin Bodin, ex-flic du 36  reconverti dans le privé qui assure la sécurité du Team et de David en particulier pendant les grandes épreuves…

 

En 2008, l’équipage David Sarel – Denis Grenier et Yvonnick Le Squernach disputèrent les 24 Heures du Mans au volant d’une Vivia Supet GT. Leur objectif, la victoire dans la catégorie LMGT1. A 35 ans, David et Denis auraient fait figure de vétérans en F1, tout comme Yvonnick, à peine plus jeune qu’eux. Mais en endurance où l'expérience est capitale, ils formaient un équipage solide. Voici le récit du moment le plus délicat de la course.

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 Dimanche matin,  4 heures 15.

 Nick  réveille David. Dans 40 minutes, il va reprendre le volant.  Le préparateur du team lui fait faire quelques exercices de réveil musculaire.  Dans cette phase, il profite aussi de la luminosité procurée par les wake-up lights qui ont pour propriété de baiser la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil.

 

- Sauf incident, Denis va te passer la voiture en tête des LMGT1, explique Nick. Mais la première Corvette est à 1 minute 30 et la première Aston à 2 minutes 12. Autrement dit tout reste à faire et il commence à pleuvoir. Denis est en pneus mixtes actuellement. Il va falloir que tu décides si tu repars en mixtes ou en full-rain.

 

David écoute. Il va devoir opérer un choix stratégique lourd de conséquences. La lutte est si serrée dans la catégorie que toute erreur se paiera au prix fort.

 

- André est dispo ? interroge David.

 

- Oui, il t’attend au stand, répond Nick.

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André Lebreton, c’est le joker, mieux, l’arme secrète du team en cas d’incertitude quant aux conditions météo. Car André, copain de longue date de Freddy Vivien et Éric Trélor, est un skipper qui s’est fait un nom dans les plus grandes épreuves comme la Transat anglaise, la Route du Rhum, le Vendée-Globe et bien d’autres courses. A 55 ans, il se lance encore dans des records transocéaniques et autour du monde à la barre d’un trimaran géant. Il faut dire qu’il ne fait pas son âge le marin lorientais.  Ses cheveux châtains foncés et son visage pigmenté de quelques taches de rousseur lui conservent une allure d’éternel adolescent. Mais André est un vieux loup de mer qui sent le vent, les nuages et les grains mieux qu’un appareil sophistiqué certifié par la Météorologie Nationale ou l’Administration des poids et mesures. La mission qui lui est confiée aujourd’hui, il l’a déjà exercée souvent pour le Team Vivia ainsi que pour Freddy quand il courait en F1. Les membres du Clan ont toujours fonctionné sur le modèle d’une famille. Certains sont d’ailleurs effectivement liés par des liens familiaux, tandis que d’autres se sont intégrés à cette famille de cœur, une famille choisie donc plus forte qu’une simple famille du sang où tout le monde ne s’aime pas forcément. André fait partie de cette famille. Déjà du temps de la F1, Freddy l’invitait sur certains Grands-Prix, notamment à Spa et en Angleterre quand il était disponible. Et André conseillait le pilote sur les choix de pneus lorsque l’équipe hésitait. « André m’a fait gagner au moins cinq Grands-Prix en sentant la pluie ou au contraire le retour du soleil avant les autres », s’enthousiasme toujours Freddy quand il évoque l’aide de son pote skipper.

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 David quitte l’espace repos, encadré par Benjamin et Nick. Il remarque que la pluie semble insistante. Il rejoint bientôt Jacques Dumoulin, le responsable des stands Vivia et André. Yves Taden se joint au groupe. Un peu plus jeune que David, Yves a commencé sa carrière comme mécano chez Vivia. Ce grand garçon blond un peu frisé au visage fermé comme beaucoup de Bretons possède toutes les qualités attachées à la ville d’Étel où il est né et où il habite encore. Franc, loyal, travailleur.  Affecté d’entrée à la voiture de David lorsqu’il commençait sa carrière de compétiteur en rallye et en course de côte, Yves a suivi l’ascension de son pilote avec qui il a noué une relation forte au fil des épreuves. Toujours l’esprit de Clan familial que Freddy, Éric, David et les autres se sont attachés à insuffler à l’équipe. Il est devenu son chef de voiture sur toutes les courses et veille à ce que la machine de David soit parfaite. Il commande les autres mécaniciens et organise leurs interventions. Yves joue un rôle particulièrement important dans l’équipe. Sans lui, les recherches des ingénieurs ne serviraient à rien. Une voiture bien conçue ne marche que si l’équipe de mécaniciens la prépare et la suit  avec minutie et rigueur.

 - Sans lui, il manquerait quelque chose dans l’équipe, confie David.

 

La discussion s’engage tout de suite sur le choix des pneus.

 

- Pour l’instant, nous sommes au point d’égalité parfaite entre les mixtes et les pleine pluie, annonce Jacques Dumoulin. J’ai pris des repères sur les temps de Philippe Tranech et Jean-Baptiste Bannier. Philippe est en mixte sur le proto Vivia LMP2. Jean-Baptiste a monté les full rain il y a un vingt minutes sur l’Audi R10. Ils ont bouclé les deux derniers tours dans le même temps à quinze centièmes près. Les tours précédents, Philippe était un peu plus vite.

 

- Donc la piste est de plus en plus mouillée, constate David. Le tout est de savoir si ça va continuer où s’éclaircir. Ton avis André ?

MODENA 2002.jpg

 - Pour moi, c’est parti pour durer et s’amplifier, répond le skipper. Le vent va continuer à apporter des nuages et il ne souffle pas assez fort pour les chasser. Je suis tenté de dire qu’il va pleuvoir au moins jusqu’au milieu de la matinée.

 - Combien de temps avant l’arrêt de Denis ? interroge David.

 

- A peu près douze minutes, précise Jacques.

 

-  Tu as encore un peu de temps pour faire ton choix, enchaîne Yves. J’ai fait mettre un train de mixtes et un train de full rain sous couvertures chauffantes. Tu as dix minutes.

 

Nick et Benjamin écoutent la conversation sans intervenir. C’est David qui va rouler à plus de 300 à l’heure sur la piste mouillée. C’est à lui de choisir. Le pilote réfléchit, attentif au moindre signe. Jacques lui communique les temps. Denis améliore de quatre dixièmes par rapport au tour précédent.  Jean-Baptiste et Philippe améliorent aussi. Philippe a repris une demi-seconde au pilote Audi. Dans un tour et demi, Denis va s’arrêter.

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 - Que dit Denis à la radio ? s’enquiert David.

 - Il ne peut plus dans les Hunaudières. Pour l’instant, la piste reste mouillée, mais moins que tout à l’heure.

 

- Dilemme, avoue David. André, toujours convaincu que la pluie va reprendre ?

 

Le skipper s’avance en dehors du stand, hume l’air, apprécie l’angle des gouttes qui tombent poussées par le vent. Il  s’imprègne des éléments.

 

- Oui. C’est toi qui décides, mais je suis sûr qu’il va se remettre à pleuvoir, et bien.

 

- Alors, full rain.

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 Yves prévient les mécaniciens. Ils savent maintenant quels pneus ils vont monter lorsque la voiture s’arrêtera. David met sa cagoule, son caque, ses gants. Il se sent serein, totalement confiant dans le conseil d’André. Nick mitraille la scène avec son appareil photo. Denis vient d’engager la Vivia LMGT1 dans l’allée des stands. Il l’immobilise devant son box, détache son harnais. Déjà, les mécaniciens dirigés par Yves ont commencé leur balai parfaitement réglé. David ouvre la portière. Denis sort de la voiture, enlève son baquet. David installe le sien, se glisse au volant. Denis l’aide à fixer son harnais. Il est prêt pour trois relais. Ça y est, il reçoit l’autorisation de démarrer. Au premier coup de démarreur, le V10 rugit dans le dos du pilote. La Vivia avance dans la voie des stands à vitesse règlementaire puis accélère franchement en reprenant la piste.

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Le revêtement est glissant. Il fait encore nuit. David doit se montrer vigilent et trouver le bon rythme. C’est dur de piloter sous la pluie. Les projections d’eau des autres concurrents forment un véritable écran devant les phares et  réduisent singulièrement la visibilité. Pourtant, il faut faire chauffer les pneus et ne pas laisser les autres éléments de la voiture refroidir. Une machine de course ne comporte pas comme une berline. Elle fonctionne parfaitement à un certain rythme, à certaines températures. En-dessous, elle devient vicieuse. David doit composer avec ces exigences et l’adhérence précaire de la piste. D’habitude, il se débrouille bien dans cet exercice ; il n’y pas de raison qu’il n’y parvienne pas aujourd’hui. Il élargit ses trajectoires par rapport à celles adoptées sur piste sèche, accélère un peu plus doucement, évite de monter sur les bordures, se tient prêt à corriger les  dérobades de la machine. Il prend confiance. A son second tour de piste, la pluie se met à tomber averse au virage du karting. David sourit. Merci André, il l’a guidé vers le bon choix de pneus. Sans doute les Aston et les Corvette feront-elles le même dès qu’elles s’arrêteront, mais au moins, il n’aura pas perdu de temps par rapport à elles. Mieux vaut être devant avec une faible avance que derrière, fût-ce dans les roues de son adversaire.

Il reste onze heures de course. Tout peut encore arriver. Bientôt, le jour va se lever sur la piste du Mans qui se transforme en patinoire. Ce relais qu’accomplit David est un des plus durs des 24 Heures, celui où la fatigue commence à se faire sentir, où la lumière pâle, sorte d’entre chiens et loups, favorise les fautes de pilotage. Combien de voitures ont-elles fini dans les rails à ce moment de la course lors des précédentes éditions ? Beaucoup sans aucun doute. David n’a pas l’intention de se laisser piéger. A la radio, Jacques Dumoulin l’informe que l’Aston qui le suit a aussi opté pour des full-rain mais que l’équipage de la  Corvette qui est troisième a parié sur les mixtes. Qu’importe, pour l’instant, David est le plus vite en piste dans la catégorie LMGT1.

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Bientôt, le jour va se lever. A Mulsanne, un clan composé d’amis, de membres de la famille, de sponsors et de supporters irréductibles des pilotes Vivia sont en place. Dans quelques minutes, David les apercevra pendant une fraction de seconde à la fin de son freinage. Il n’aura pas le temps de faire le moindre signe. Il est en piste. La voiture est en limite d’adhérence, prête à chahuter à la première imprécision de son pilote. A la sortie du droite, elle partira en dérive des quatre roues pendant que David dosera une accélération combinée à une amorce de contre-braquage. Complètement concentré sur son pilotage, il ne pense à rien d'autre. Mais leur  présence de ses proches au bord de la piste booste tout de même son subconscient et favorise sa sérénité

NOTE MODIFIÉE LE 10 JUIN 2014

david sarel,24 heures du mans,vivia

Retrouvez David Sarel quelques années plus tôt :

* dans un roman dont l’action se déroule pendant un rallye : http://0z.fr/JHYvp

* dans  le cadre d’un déjeuner aux saveurs douces – amères : http://bit.ly/1juLvyH

* dans l’univers plein d’intox de la F1 : http://0z.fr/2zYDt

 

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Thierry Le Bras