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romans - Page 15

  • RALLYE DE LA BAULE : DES ÉMOIS INOUBLIABLES

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    FICTION VINTAGE POUR LES GOURMETS

     69, année érotique, chantent Serge Gainsbourg et Jane Birkin.

     

    69, âge d’or de l’automobile aussi. Nous sommes à la fin du tourbillon des sixties. Les radars n’existent pas. La vitesse est libre sur la plupart des routes. Cela m’a donné l’idée de créer des personnages de fiction qui évoluent à cette époque. Les souvenirs de Philippe Georjan, le principal héros de ce monde Vintage, se situent au cœur des sixties et s’inspirent de cette période pleine d’espoir et d’optimisme. Philippe était adolescent. Il croquait la vie à pleines dents. Ses histoires savoureuses enchanteront ceux qui se rappellent qu’avant de devenir des adultes responsables, ils furent des adolescents turbulents. Et, cerise sur le gâteau, lls les replongeront  dans leur propre adolescence, un moment unique dans la vie de chacun, des années qui font généralement naître la nostalgie lorsqu’elles sont évoquées plus tard dans l’existence.

     

    En 69 justement, Philippe se souvient d’une émotion particulière, d’un émoi inoubliable à La Baule les Pins, juste avant le rallye. Une histoire légère, avec un discret hommage à une belle époque révolue, à Gainsbourg et Birkin, à la gastronomie française, à la Porsche 911, joyau éternel de la performance automobile et à … Baudelaire.

     

    “ Nous vivions la dernière semaine de juin 1969, se souvient Philippe Georjan. Georges Pompidou venait d’être élu Président de la République. Son épouse Claude, grande amatrice d’art, roulait en Porsche et adorait la vitesse. Le sculpteur Aslan décidait d’immortaliser Brigitte Bardot comme symbole de Marianne, figure de la République. La belle chantait qu’elle n'avait besoin de personne en Harley Davidson. Elle ne reconnaissait plus personne en Harley Davidson. Elle allait à plus de cent et elle se sentait à feu et à sang. Que lui importait de mourir les cheveux dans le vent… Dieu avait créé la femme en utilisant comme outil la main de Vadim.

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     « Moi, j’allais sur mes 17 ans. Je venais de passer mon bac de français. J’avais une confiance totale en l’avenir. Je me sentais en osmose totale ave le tourbillon des sixties, la croyance que tout irait de mieux en mieux, que rien ne me résisterait, que dans quelques années je partagerais ma vie avec une créature de rêve encore plus ensorcelante que BB.

     « Je me sentais parfaitement heureux. Et pour cause, le week-end suivant, j’allais disputer le Rallye de La Baule comme navigateur de mon ami Xavier Ferrant, pilote automobile confirmé malgré son jeune âge, 24 ans. A cette époque, les pilotes couraient encore dans toutes les disciplines. Ainsi, Xavier pilotait-il à la fois en endurance, en F1, et parfois en rallye. Nous courions à La Baule pour une raison précise. Xavier pilotait pour le team UTP (Univers Travaux Publics) créé par Mathieu Daramon. UTP faisait partie des leaders européens sur le marché des TP et de la construction. Monsieur Daramon avait décroché des marchés importants à La Baule et il en visait d’autres. Aussi voulait-il mettre son entreprise en valeur en engageant une voiture qui se battrait pour la victoire. Nous nous sommes donc retrouvés au départ dans une Porsche 911. Notre mission, tout faire pour remporter la course. » 

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     Certains s’étonneront que Philippe ait pu courir avant l’âge du permis. Pourtant, cette possibilité existe en rallye pour le co-pilote. Celui-ci ne prend pas le volant. Durant la course, son rôle consiste à annoncer à son pilote les notes sur le tracé de l’épreuve spéciale. Exactement ce que fait encore aujourd’hui Daniel Elena aux côtés de Sébastien Loeb. Daniel quant à lui possède son permis depuis longtemps. Mais il suffisait à Philippe, encore mineur, d’obtenir une autorisation parentale pour demander sa licence de navigateur à la Fédération. Cela ne lui posa aucun problème particulier. D’habitude lorsqu’il courait en rallye, Xavier faisait appel à Alain, un copain habitué à ce rôle. Mais Alain, tout jeune marié, ne souhaitait pas courir à La Baule. Une défection bien compréhensible qui faisait le bonheur du jeune Philippe.

     «  Nous disposions d’une Porsche 911 orange aux ailes magnifiquement galbées, raconte Philippe. C’était une voiture envoûtante. Sanglé dans le siège baquet du co-pilote, je sentais la fièvre monter en moi quand Xavier faisait rugir les chevaux sauvages du Flat 6 Porsche. Les dérobades du train arrière me plongeaient dans une extase totale. Quelques années plus tard, Jacques Henry, un Champion de France des rallyes, déclara qu’il ne connaissait qu’une sensation aussi forte que celle que procure une voiture de course, l’orgasme. Sans le formuler, j’ai ressenti cette impression magique au Rallye de La Baule cette année-là. »

     

    Le rallye se disputait le samedi et le dimanche. Mais Xavier et Philippe arrivèrent à La Baule le dimanche précédent en fin d’après-midi. Ils auraient le temps de reconnaître les spéciales et de profiter de la vie bauloise. En outre, monsieur Daramon organisait plusieurs manifestations pour la promotion de son entreprise, notamment un cocktail avec présentation de la voiture dans un restaurant installé sur le Remblais le mercredi soir et un dîner à l’attention de ses partenaires le jeudi. Naturellement, Xavier et Philippe assistaient à ces mondanités. Leur présence faisait partie de leurs obligations vis à vis du Team UTP. Ils y satisfaisaient bien volontiers tant  le couple Daramon se montrait charmant à leur égard.

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     Mathieu Daramon veillait d’ailleurs tout particulièrement au bien être de son équipage. Au même titre que le couple Daramon, le pilote et son navigateur bénéficiaient d’un hébergement avec vue sur l’océan à l’hôtel L’Hermitage. C’était une grande bâtisse blanche d’architecture anglo-normande, édifiée face à la mer. Xavier et Philippe dînaient chaque soir au restaurant avec leurs hôtes et se faisaient inviter à choisir les meilleurs mets, A la fin des sixties, la préparation physique des pilotes comportait moins de contraintes qu’aujourd’hui.

     « Le midi, nous nous contentions de sandwichs entre deux passages dans les spéciales à reconnaître, précise Philippe. Le soir, nous ne pensions pas à la diététique. Nous nous contentions d’éviter des plats qui nous seraient restés sur l’estomac le lendemain. A nos yeux, La Baule symbolisait la douceur de vivre. Alors, comment résister à la fraicheur d’huitres plates qui nous plongeaient dans la subtilité des saveurs océanes, à un homard dont la chair ferme se mariait avec volupté à une sauce armoricaine aux parfums emprunts de perfection, à un filet de bœuf si tendre qu’il fondait sur langue, à un soufflé au Grand Marnier dont la simple présence sur la carte des desserts attisait toutes les convoitises ?.La cuisine de qualité et la course automobile possèdent en commun la faculté d’exciter les sens. Pendant le rallye, nous dévorerions sauvagement tous nos adversaires grâce à notre recette mijotée avec des ingrédients de premier choix, le talent de pilote de Xavier et notre préparation minutieuse. Avant le goût de la victoire, nous dégustions en fins gourmets les performances du chef de L’Hermitage dans la convivialité qu’inspire traditionnellement la gastronomie.

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      « J’avais l’impression de flotter en plein rêve, poursuit Philippe. Mon seul regret était que mon cousin Laurent, parti quelques jours en croisière avec son père, ne puisse pas voir ça. Laurent  avait mon âge et nous étions comme des frères jumeaux. Je ne manquerais pas de lui raconter ma semaine de préparation du rallye dans les moindres détails ! »

     Philippe marque une pause. Ses yeux marron semblent se perdre dans la contemplation d’un horizon lointain. Puis il reprend la parole. « Le mardi en soirée, l’apparition d’un soleil confirma l’influence paradisiaque qui régnait sur ces jours magiques. Attablés à la terrasse d’un café de l’avenue du Général de Gaulle, Xavier et moi dégustions des oranges pressées agrémentées par un nuage de sucre et une glace pilée rafraichissante avant de rejoindre les Daramon pour le dîner. Soudain, la femme apparut dans mon champ de vision. Blonde à la peau bronzée et satinée, le regard mystérieux masqué par des lunettes noires, des jambes découvertes par une jupe blanche très courte, un chemisier assorti dont le décolleté découvrait juste les formes nécessaires à l’excitation de l’imagination, la perfection absolue de la création. Son sourire mutin accéléra encore mon rythme cardiaque. Une seconde plus tard, elle s’était évanouie, comme un mirage. »

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     Un poème de Baudelaire me revint en mémoire. A une passante, extrait des Fleurs du mal…

    La rue assourdissante autour de moi hurlait.

    Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

    Une femme passa, d'une main fastueuse

    Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

     

    Agile et noble, avec sa jambe de statue.

    Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

    Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,

    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

     

    Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté

    Dont le regard m'a fait soudainement renaître,

    Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

     

    Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !

    Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

    Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais

     

    « Ce poème, je l’avais commenté en cours de français au mois d’avril précédent, se souvient Philippe. J’avais reçu une excellente note, 17. Mais si j’avais  recommencé mon commentaire à cet instant précis, j’aurais décroché un 20/20 tant mon émoi rejoignait celui du poète. Une anecdote me revint. Karine, une copine de classe, m’avait demandé si Baudelaire se trouvait bien à la terrasse d’un café au moment de la scène. Je lui avais répondu par une boutade. Oui, bien sûr, il te dit qu’il buvait. Donc il était dans un café. C’était une blague. Ce que buvait Baudelaire, c’était la douceur qui fascine et le plaisir qui tue. A ce moment-là, j’imaginais plutôt Charles Baudelaire déambulant sur un trottoir, pris dans un flot de marcheurs parisiens stressés qui l’emportaient loin de la beauté fatale. J’avais tort. Karine voyait juste. Charles Baudelaire se trouvait forcément à la terrasse d’un café, comme moi, lorsqu’il vit cette femme sublime. Ma passante était différente de la sienne. Elle reflétait le bonheur, la plénitude, pas la douleur du deuil. Je ne l’oublierai jamais. Je sais que rien n’était possible entre nous. Je n’avais pas encore 17 ans. Elle avait au moins deux fois 17 ans. Mais qu’importe… »

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    Cinq minutes plus tard, nous remontâmes dans la Porsche 911 de série que nous utilisions pour les reconnaissances du rallye afin de regagner l’hôtel. A la radio, Serge Gainsbourg et Jane Birkin chantaient :

     

    Gainsbourg et son Gainsborough

    Ont pris le ferry-boat

     

    De leur lit par le hublot

    Ils regardent la côte

     

    Ils s'aiment et la traversée

    Durera toute une année

     

    Ils vaincront les maléfices

    Jusqu'en soixante-dix

     

    Soixant'neuf année érotique

     

    Soixant'neuf année érotique…

     

    « Ma femme va me manquer tout à l’heure », plaisanta Xavier. 

     

    « Mon copain pilote  partageait la vie d’une speakerine de l’ORTF, se rappelle Philippe. Cette soirée était décidément celle des émois… »

     

    NOTE MODIFIÉE LE 22 SEPTEMBRE 2014

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    Philippe et Xavier sont désormais deux des personnages principaux de   VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES, LE polar vintage, gourmand automobile et humoristique. Plus de précisions et possibilité de lire gratuitement les premières pages en cliquant ICI  http://bit.ly/1zmPqE6

     

    QUELQUES LIENS A SUIVRE

     

    Une autre présentation de VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES  http://0z.fr/u88wT

     

    PREMIÈRE FAN, ou la face cachée de la célébrité. Confidences d’une star du sport qui a brisé le cœur de sa plus grande supportrice. L’amour, l’amour, l’amour… http://bit.ly/1rIFFzY

     

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    Thierry Le Bras

  • UN MONDE VINTAGE

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    « Les personnages de fiction vivent, non seulement dans l’esprit de leur créateur, mais aussi dans un monde parallèle où ils entraînent les lecteurs », écrivit Serge Dalens. Philippe Georjan, le personnage principal d’une nouvelle série de romans « Vintage » que je prépare, existe donc bien. J’en suis certain et je compte bien vous en convaincre en rapportant quelques épisodes de sa vie sur ce blog !

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    Philippe était adolescent au cœur des sixties. Il rapporte ici un temps fort de sa vie, sa première voiture. Des souvenirs qu’il associe naturellement au contexte automobile « Vintage ».

    « Ma première voiture, raconte Philippe, j’en rêvais depuis … Depuis toujours en fait, ou tout au moins depuis l’époque où j’avais commencé à faire vroum vroum avec des petites voitures au 1/43ème. Les petites voitures, c’étaient mes jouets préférés si j’en crois ma mère, ma jolie cousine Christina de six ans mon aînée, et aussi mon cousin Laurent qui a mon âge, qui a toujours été comme un vrai jumeau pour moi, et que j’ai entraîné dans ma passion de l’automobile et de la compétition.

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     « Nous étions en 1970. Laurent et moi avions tout juste 18 ans. Bac et permis de conduire en poche, nous découvrions un sentiment formidable, celui de la liberté que procure la possession de sa propre voiture. J’avais choisi une Mini Austin 1000 rouge à toit blanc avec deux bandes blanches sur le capot avant. Pourquoi ? Pour reproduire le look des Cooper S qui avaient remporté le Rallye de Monte-Carlo en 1965 et 1967 bien sûr. Je voulais faire de la course auto et le plus tôt possible. Ce ne serait pas avec une Cooper S comme j’en rêvais au collège. Le modèle  n’était plus assez compétitif dans sa catégorie et je le regrettais beaucoup. Mais avant de choisir la voiture qui me permettrait de remporter mes premières coupes en course de côte, en circuit et en rallye (discipline où Laurent serait naturellement mon navigateur), je voulais à tout prix rouler en Mini.

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     « Mon Austin de 1970 n’avait pas grand-chose à voir avec les Cooper d’aujourd’hui, à part l’allure générale sympathique et craquante. La Mini d’époque était beaucoup plus petite, bien moins confortable, et elle faisait beaucoup plus de bruit à chaque coup d’accélérateur. Une Mini en ce temps-là, ça se conduisait à coups de pied. Compte tenu du manque de souplesse de l’accélérateur, la pédale d’accélérateur ne connaissait que deux positions, « on » ou « off ». D’autant qu’avec son gabarit, la Mini se faufilait partout dans le trafic et qu’à part les stops et les feux rouges, rien ne l’arrêtait. Bon, d’accord, j’en rajoute un peu dans la caricature. Mais vous n’allez pas m’en vouloir de conserver le meilleur de mes souvenirs !

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    « Bien sûr, le volant un peu à plat comme sur les camions surprendrait le conducteur aseptisé siglé XXIème siècle, tout comme le dossier du siège qui ne remontait pas bien haut dans le dos. Mais c’était une autre époque, plus ludique, plus originale dans ses créations mécaniques, une époque formidable en vérité. Ce n’est pas pour rien que les objets « Vintage » ont conquis la mode. Ils nous replongent dans la douce réalité de décennies d’enthousiasme et de bonheur. Un paradis embelli par l’insouciance de notre jeunesse, il est vrai, mais aussi la nostalgie d’un contexte général optimiste contrastant singulièrement avec la sinistrose et le défaitisme contemporains.

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    « Laurent avait choisi une première voiture originale lui-aussi. Il s’agissait d’un spider Fiat 850 jaune.

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    « Quant à Christian, notre meilleur ami, il roulait dans une NSU 1000 dont la couleur orange célébrait l’engagement du modèle 1200 TT en compétition.

     

    « Nos petites autos d’alors ne suivraient sans doute pas une bête Clio Diesel sur un parcours Saint-Malo – Le Mans, surtout en passant pas les quatre voies et l’autoroute. Elles n’affichaient pas des performances exceptionnelles, loin s’en faut. Mais à 130 (compteur) au volant de l’Austin Mini, je me croyais à la Coupe des Alpes. Et dans le spider Fiat 850 décapoté, cheveux au vent et lunettes noires sur le nez, nous nous prenions pour des stars lorsque nous roulions le long de la plage du sillon à Saint-Malo.

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    Les filles ne nous auraient pas davantage regardés si nous avions roulé en Lamborghini Miura comme Johnny Hallyday et Jean-Marie Périer.

    ***

    « La conduite ne me posait aucun problème. J’avais déjà parcouru pas mal de kilomètres sur route avant le permis. Ce n’était pas très légal, mais en ce temps-là, les contrôles routiers étaient moins nombreux. En roulant sur des petites routes, les risques de se faire arrêter par la maréchaussée étaient faibles. Bien avant l’auto-école, j’avais appris à conduire avec Xavier Ferrant, un pilote professionnel qui avait sept ans de plus que moi. J’avais eu la chance de sympathiser avec lui quatre ans plus tôt, en 1966. Xavier était devenu comme un grand frère pour moi. Il m’avait aidé à grandir plus vite que la plupart des copains. Et il m’avait initié à la conduite – je devrais même dire au pilotage – avec ses voitures de tourisme successives.

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    Mon moniteur particulier m’avait donc formé. D'abord   au volant d’une Lotus Elan.

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    Puis avec ses voitures suivantes, une Alfa Romeo 2600,  des Porsche 911 et  914/6.

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    J’avais aussi conduit les Triumph Spitfire de ma cousine Christina ainsi que de temps en temps  la Ford Taunus 20 M TS et le Coupé Opel Rekord successivement possédés mon père à cette période.

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    De quoi rendre jaloux les camarades qui se contentaient de manœuvrer les 2 cv ou les 204 familiales dans le jardin.

     

    « Mais pas notre ami Christian. Son père, garagiste spécialisé dans les VO récents, lui faisait essayer tout ce qu’il trouvait intéressant dans le stock

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    De la Mustang à la Jaguar

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    en passant par les BMW, DS, Coupé Peugeot 404

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     Simca 1200 S,

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    R8 Gorde, Matra 530, Coccinelles, Daf, Cabriolet Mercedes 280 SL, Coupé Volvo (le modèle du Saint dans la série télé),

     

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    Alfa Roméo, Opel Kadett Rallye,

     

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    Cabriolet Fiat 124,

     

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    Honda S 800,

     

    Christian avait conduit un joli pourcentage des modèles figurant dans l’Annuel Salon de l’Auto-Journal bien avant l’obtention du précieux papier rose légalisant ses essais.

     

    « Nos excursions routières n’étaient pas si dangereuses. Deux preuves à l’appui de mon affirmation. D’une part, aucun d’entre nous n’a connu de problèmes lors de cet apprentissage sauvage. D’autre part, le législateur a inventé depuis la conduite accompagnée qui s’apparente à ce que nous faisions en toute illégalité. Quand j’ai découvert cette mesure, j’ai beaucoup ri en constatant que Xavier n’aurait pas pu, de toute façon, être mon accompagnateur officiel. Il était pilote professionnel et faisait ce qu’il voulait avec une voiture entre les mains. Mais il aurait été trop jeune pour m’éduquer légalement dans le cadre de la conduite accompagnée ! Christina aussi d’ailleurs. Dans notre petit groupe, seul Christian aurait pu entrer dans ce système avec son père.

    ***

    « Aujourd’hui encore, notre ami Christian évoque ces modèles avec nostalgie quand il nous raconte l’ennui de l’essai  préalable à la vente d’un monospace Diesel équipé d’une boite automatique (et d’un régulateur de vitesse) par un client dont l’intérêt se limite au volume habitable et au taux du crédit avec assurance chômage au cas où... Un monospace gris ou beige bien sûr, une couleur qui ne se remarquera pas sur le parking de l’hyper ni dans le sous-sol des bureaux de la firme qui lui donne son chèque mensuel en attendant que le fonds de pension qui rachètera la boite un jour ou l’autre n’entende optimiser la valorisation de l’EBE et le vire parce qu’il gagnera trop au goût des financiers en costumes sombres qui ignoreront tout de son métier et des talents qu’il met au service de l’entreprise.

     

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    « Mon Austin Mini, le spider Fiat 850 de Laurent, la NSU de Christian, les américaines qu’affectionnait son père, la Triumph Spitfire de Christina, la Lotus et les Porsche de Xavier, l’Opel Rekord de mon père, la DS 23 de mon oncle, ces voitures que nous appelons désormais « Vintage », possédaient quelque chose en commun : leur diversité. Pas de recette unique, pas de design uniformisé, banalisé.

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    Certaines voitures sentaient bon le cuir. La chaleur du bois verni égayait quantité d’habitacles. Aucun pot catalytique n’étouffait le son magique des moteurs qui rugissaient en bandant leurs muscles avant de bondir vers les promesses envoûtantes et excitantes de routes sinueuses à souhait. Et tant pis si avec les suspensions de nos modèles préférés, nos vertèbres jouaient des castagnettes au moindre gravillon sur la route. Nous avions des muscles dorsaux pour amortir les inégalités des revêtements. Nous étions jeunes, sportifs, heureux de vivre. Nous aimions les voitures pleines de vie, pas les canapés  feutrés montés sur roues, des objets stupides dans lesquels on s’ennuie à mourir.

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    « Les experts expliquent souvent le succès de la littérature fantastique par le besoin de nos contemporains de s’évader d’une société  triste et affligeante  où l’individu a perdu le contrôle de son destin. Et si la mode du « Vintage » ressortait du même phénomène ? Le « Vintage » ne permet-il pas de s’échapper d’un monde aseptisé et insipide pour plonger avec enthousiasme dans un univers passionnant et propice à l’épanouissement de sa personnalité ? »

     

    NOTE MODIFIÉE LE 2 OCTOBRE 2014

     

    QUELQUES LIENS A SUIVRE

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    Vous voulez partager de bons moments avec Philippe, Laurent, Christina, Christian, Christina et les autres ? C’est possible. Ils sont les personnages principaux de VENGEANCE GLACÈE AU COULIS DE SIXTIES, un polar vintage, automobile, humoristique et gourmand à consommer sans modération au prix très light de 3,55 €  http://amzn.to/1nCwZYd

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    Les joies du camping à Larmor Plage en 1964  http://bit.ly/1iY1Yfh

     

    L’auto-école en Lotus Elan, ça vous dit ?  http://bit.ly/1sucixL

     

    Une dame, un chapeau, une Dauphine qui n’a rien d’une perdante  http://0z.fr/r8RvN

     

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    Propos recueillis par :

    Thierry Le Bras

    Le créateur des personnages, où plutôt celui qui croit en être leur créateur et se laisse en réalité conduire par lesdits personnages qui mènent l’histoire au gré de leur volonté…

  • LES FAUSSES FERRARI DE LA MAFIA SICILIENNE

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    DOCU-FICTION

    Les Ferrari photographiées en illustration de ces textes son vraies. Mais après les faux sacs Vuitton, les faux polos Lacoste, les fausses montres Roleix, les faux parfums de luxe, de fausses Ferrari apparaissent sur les routes transalpines. Les contrefacteurs osent tout.


    Si cette note est qualifiée de docu-fiction, c’est parce qu’elle se termine par une interview fictive de l’avocat-pilote David Sarel, héros récurrent de mes romans, par le journaliste Sébastien Ménier que les lecteurs des aventures de David connaissent bien parce qu’il fait partie des amis proches du personnage principal.

    Mais la police italienne a ibel et bien nterpellé récemment les membres d’un réseau qui fabriquait et commercialisait de fausses Ferrari 328 GTB – le modèle de Magnum et celui qui servait de véhicule de fonction à Didier Pironi et Gilles Villeneuve lorsqu’ils pilotaient pour la Scuderia. 21 voitures ont été saisies. 14 avaient déjà trouvé acquéreur, étant précisé que plusieurs acheteurs étaient au courant de la supercherie. Ils agissaient comme receleurs et entendaient sans doute réaliser de belles marges en revendant les véhicules à des clientss plus naïfs. Car ces malfaiteurs achetaient les vraies fausses Ferrari à un prix défiant toute concurrence, 20.000 €.

    Un fait divers qui ne pouvait laisser l’avocat pilote David Sarel et le journaliste Sébastien Ménier indifférents. D’où l’interview réalisée pour le magazine Édicourse.

    Sébastien Ménier : de fausses Ferrari débarquent sur les routes italiennes. Que t’inspire cette affaire ?
    David Sarel (il arbore un sourire cynique) : d’abord, force est de considérer que le milieu change. Ferrari représente un mythe, particulièrement dans la culture transalpine. Dans un passé encore récent, la Mafia respectait certains principes. Qu’elle ose profaner un symbole comme Ferrari signifie qu’elle s’éloigne des traditions, qu’elle perd le sens de l’honneur, les valeurs qui valaient aux grands truands une véritable reconnaissance sociale. Dans le monde économique, les capitaines d’industrie laissent la place à de vulgaires financiers. Dans le milieu du banditisme, une évolution parallèle sévit. Ceux que les flics appellent les beaux mecs se font supplanter par des magouilleurs opportunistes.

    Sébastien Ménier : de fausses Ferrari vendues comme des vraies, c’est une contrefaçon, non ?
    David Sarel : absolument. La contrefaçon touche de nombreux secteurs. On pense traditionnellement aux métiers du luxe, au prêt à porter, aux parfums, aux montres, aux chaussures, à l’équipement de la personne. Mais de nombreuses branches de l’économie sont touchées. Les pièces détachées automobiles, les médicaments, les équipements électroménagers, les jouets, et bien d’autres choses encore. L’imagination des contrefacteurs n’a pas de limite.

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    Sébastien Ménier : le fait que l’industrie du luxe soit piratée ne limite-t-il pas la prise de conscience du public vis à vis de la gravité de ces faits ?
    David Sarel : hélas, si. Une partie du public considère la contrefaçon avec dérision parce qu’elle offre une vitrine qui touche le luxe et les riches. Qu’un lycéen porte une fausse montre Time O’Clock et un faux polo Lacoste pour épater la blonde la plus populaire de la classe qui s’affiche elle-même avec un faux foulard Hermès et un faux sac Vuitton, ça amuse certains. Il se trouvera même des individus pour avancer qu’au fond, les contrefacteurs font œuvre de justice social en mettant le luxe, ou tout au moins son apparence, à la portée des masses. Mais il ne faut pas oublier que certains produits contrefaits sont purement et simplement dangereux. Un capot de voiture qui ne se déforme pas correctement en cas de choc risque de blesser les occupants du véhicule. Un médicament qui n’a pas subi les tests imposés par la réglementation peut tuer. Tout comme un jouet qui ne satisfait pas à toutes les normes de sécurité. La contrefaçon s’avère dangereuse. Certes, d’aucuns railleront dans un esprit guignolesque cher à la société française la naïveté de l’acheteur d’une fausse Ferrari. Quelques mesquins se réjouiront qu’une poignée de personnes un peu plus aisées que les autres aient perdu de l’argent dans l’affaire. Mais leur sourire s’effacera bien vite si un de ces véhicules artisanaux vient s’écraser contre leur propre voiture parce que son système de freinage ou sa tenue de route s’avèrent défectueux. Sans compter les conséquences économiques de la contrefaçon.

    Sébastien Ménier : peux-tu préciser ?
    David Sarel : le luxe, les marques de prestige, représentent une garantie de qualité, de savoir-faire, mise au service de l’acheteur. Au-delà même de sa clientèle, le luxe et les marques constituent une richesse pour un patrimoine national. Des salariés particulièrement compétents, exceptionnels dans leur secteur, travaillent pour les firmes qui exploitent des marques synonymes de grand qualité. L’acte de contrefaçon met leurs emplois en péril. Le contrefacteur n’est qu’un méprisable copieur incapable d’innover et de respecter les critères qui font le succès de la marque haut de gamme. La contrefaçon, c’est le contraire d’une économie loyale et saine, le piratage par des malfaiteurs des efforts, des talents et de l’investissement personnel de travailleurs d’élite.

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    Sébastien Ménier : n’est-ce pas un signe de réussite pour une marque de subir les assauts des contrefacteurs ? Les Automobiles Vivia sont copiées, je crois ?
    David Sarel : avoir sa marionnette aux Guignols signifie exister au plan médiatique. Il en est de même en matière de contrefaçon. Les auteurs de ces faits ne copient que les marques qui tiennent le haut du pavé, donc c’est effectivement un signe d’aboutissement des efforts de ceux qui oeuvrent à la promotion et à la pérennité d’une gamme. En ce qui concerne Vivia, une firme dont je défends les intérêts, nous nous inquiétons actuellement de contrefaçons en Chine et en Indonésie. De fausses GT Côte Sauvage ont été repérées dans ces régions. Nous ne connaissons pas de cas de fausses Vivia en Europe, ce qui ne signifie pas qu’il n’y en ait pas. Par contre, un vrai coupé 2000 sorti des usines Vivia a été impliqué récemment dans un accident grave. Le conducteur a freiné, il n’a pas pu ralentir son véhicule et il n’a pas évité l’accident. La cause du sinistre résulte des plaquettes de freins qui venaient pourtant d’être changées dans un garage non affilié au réseau des concessionnaires de la marque. L’expertise a révélé qu’elle étaient fabriquées en herbe concassée. Elles ne pouvaient pas résister à un gros freinage. Elles étaient arrivées chez des fournisseurs de pièces détachées qui ne savaient pas qu’ils vendaient des produits contrefaits et dangereux. Un accident qui démontre que la contrefaçon, ce n’est pas toujours drôle.

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    NOTE MODIFIÉE LE 20 septembre 2014

     

    Retrouvez David Sarel, quelques années plus tôt, aux prises avec d’autres dérives du monde automobile.  LE PACTE DU TRICHEUR.

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    Thierry Le Bras