29.11.2006
SOUVENIRS DU MANS : 1968 (9)
« Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,
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la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, est disponible en librairie. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. En attendant de le lire, retrouvez certains personnages de l’univers de David Sarel qui évoquent sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.
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Suite des textes mis en ligne depuis le 7 novembre
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- Fin septembre, la nuit tombe plus tôt qu’en juin, reprend Éric. C’est une évidence. Vers 21 heures, il commençait à faire très frais et la luminosité devenait très faible. Gand-père Victor nous amena dîner dans un restaurant installé sous un chapiteau. Bien que la cuisine n’ait sûrement pas égalé d’autres établissements où nous étions allés auparavant, les terrines de volaille et les steaks - frites nous semblèrent délicieux. Tout comme les éclairs au chocolat servis en dessert.
« Nous sommes revenus au bord du circuit vers 22 heures 30. Frappées par des problèmes techniques, les Porsche 908 rétrogradaient. Les Ford GT 40 bleu et orange de John Wyer pointaient en tête du classement, devant la surprenante Matra V 12 de Henri Pescarolo et Johnny Servoz-Gavin. Les moteurs des Ford et de la Matra produisaient des sons très différents. Le V 8 Ford, directement issu de la série, émettait un bruit assez grave. Le V 12 français, conçu pour la course, montait en régime dans un hurlement plus aigu, un son absolument unique qui enchanterait toute une génération d’amoureux de course automobile.
« Mon grand-père et Régine restèrent une heure dans la tribune couverte avant de décider d’aller se reposer dans la DS 21 dont les sièges mis en couchettes autorisaient un sommeil confortable. Je pris de nombreuses photos en pause B, l’appareil installé sur un pied fixe. L’obturateur ouvert pendant 4 à 5 secondes permettait de capter sur la pellicule la trajectoire des phares et des feux arrière des bolides. Ces clichés constitueraient d’excellentes images d’ambiance qui nous rappelleraient plus tard la formidable nuit mancelle.
« Lorsque mon grand-père et Régine partirent dormir, Freddy et moi décidâmes de nous promener le long du circuit. Nous retournâmes au Esse du Tertre rouge. Le spectacle des phares déboulant dans cet enchaînement était fabuleux. Les moteurs rugissaient dans la nuit. Je fis une nouvelle série de photos, sans flash bien sûr afin de ne pas gêner les pilotes.
« A minuit, une Ford GT 40 occupait la première place devant la Matra de Pescarolo –Servoz Gavin. Mais un coup dur frappa la voiture bleue. Son essuie-glace ne fonctionnait plus. Johnny Servoz Gavin s’arrêta au stand, jugeant impossible de rouler dans ces conditions.
« Henri Pescarolo le relaya. Non seulement le Grand Henri resta sur la piste, mais il parvint, sans essuie-glace, à tenir le rythme de ses rivaux. Le pilote français réalisa cette nuit-là un des exploits qui contribueraient à construire sa légende. Lorsque nous regagnâmes notre tente canadienne dans le parking à 2 heures du matin, la Matra s’accrochait à sa seconde place. Nous nous endormîmes bercés par les rugissements de la ronde infernale…
« La Matra laisserait sa seconde place à l’Alfa Roméo de Galli à 5 heures du matin, mais elle la récupérerait au petit jour, lorsque Johnny Servoz Gavin recommencerait à relayer son camarade.
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A SUIVRE
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Pour tout savoir sur les Automobiles Vivia et le Team éponyme, comme sur l’histoire de la famille d’Éric Trélor et de David Sarel, son filleul, ainsi que sur la carrière de Freddy Vivien, plongez-vous, si ce n’est déjà fait, dans la lecture des romans de Thierry Le Bras parus aux Éditions Astoure :
Circuit Mortel à Lohéac ;
Faits d’enfer à Carnac ;
Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans.
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27.11.2006
SOUVENIRS DU MANS : 1968 (8)
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« Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,
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la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, est disponible en librairie. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. En attendant de le lire, retrouvez certains personnages de l’univers de David Sarel qui évoquent sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.
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Suite des textes mis en ligne depuis le 7 novembre
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- La piste était trempée et la pluie menaçait de recommencer à tomber. Stommelen est parti en tête devant trois autres Porsche 908, reprend Éric. L’Alpine de Mauro Bianchi pointait en sixième position, devant la première GT 40, celle de Mairesse. Hélas pour le pilote belge, sa course s’arrêta dès la ligne droite des Hunaudières par la faute d’une portière mal fermée qui entraîna sa sortie de route. Comme il n’avait pas bouclé son harnais, le pilote belge fut sérieusement blessé dans l’accident.
« L’année suivante, Jacky Ickx traverserait la piste en marchant, monterait tranquillement dans la voiture et attacherait son harnais avant de démarrer. Parti après tout le monde, il remporterait la course, démontrant la futilité des quelques secondes gagnées aux dépens de la sécurité des pilotes. Conscients de la nécessité de modifier la procédure de départ, les organisateurs abandonneraient deux ans plus tard le fameux départ type Le Mans au profit d’une formule moins spectaculaire mais beaucoup plus sûre.
« Au bout d’une heure de course, les Porsche menaient toujours devant l’Alpine. Nous avons quitté la tribune et nous nous sommes dirigés vers le Esse du Tertre rouge. Le spectacle était fabuleux. Les voitures émettaient des vrombissements rageurs en soulevant des gerbes d’eau dans leur sillage. J’ai réalisé quelques photos qu’aujourd’hui encore, je suis fier de montrer à mes fils et à ceux de Freddy. Au Tertre rouge à cette époque, les spectateurs étaient placés en hauteur mais tout près des voitures. Aucun grillage ne venait gâcher la vue ni séparer les spectateurs des acteurs de la course comme aujourd’hui. Les amateurs de photo travaillaient à leur aise.
« Bien que plus fermes que celles d’une voiture de série, fût-elle sportive, les suspensions des voitures étaient plus souples que celles des protos ou des GT d’aujourd’hui. Elles ne restaient pas à plat dans les virages. Nous les voyions bouger et glisser. Les pilotes corrigeaient la trajectoire en conte-braquant. Lorsque nous revînmes vers la ligne droite des stands puis au ralentisseur Ford qui venait d’être aménagé, le comportement des voitures dans la succession de virages à quatre vingt dix degrés nous fit apprécier le travail des pilotes. Les voitures de cette époque-là ne restaient pas soudées à la piste. Elles exigeaient sans doute moins de leur pilote au niveau de la résistance aux G, mais il fallait en permanence corriger leur trajectoire.
« En soirée, l’Alpine et les Porsche commencèrent à rétrograder. Les 908 n’avaient pas encore fait leurs preuves sur 24 heures. Les Alpine non plus. Les ennuis des A 220 3 litres nous consternèrent. Nous aimions beaucoup ces voitures. L’histoire de la marque nous faisait rêver. Un petit artisan fabriquait dans ses ateliers de Dieppe des prototypes capables de faire trembler les géants mondiaux de l’automobile !
- Tu vois que tout est possible, s’exclama Freddy. Si Jean Redelé y est arrivé, pourquoi pas nous ?
- Bien sûr approuvai-je. Quand la petite GT sera lancée, nous pourrions faire fabriquer un proto et trouver des moteurs 3 litres pour le faire courir.
- Peut-être le V 8 Renault, enchaîna Freddy. Ford vend bien des moteurs à des écuries privées. Ils peuvent le faire aussi.
- Et nous le monterions sur un proto très profilé, un peu comme celui d’Alan Man, mais encore plus léger, plus bas et avec un capot arrière plus long qui favorisera la vitesse de pointe dans les Hunaudières.
- Le tout peint en bleu nuit métallisé avec des filets orange, ajouta Freddy.
- Notre voiture aura de la gueule, ai-je conclu. Et elle marchera très fort. Si ça se trouve, dans les années qui viennent, on trouvera parmi nos copains de lycée les ingénieurs et les mécaniciens qu’il nous faudra pour faire tourner l’écurie avec nous deux comme pilotes.
Nous en étions fermement convaincus. L’idée rajeunissait grand-père Victor qui se voyait participer là l’histoire.
- Moi, maintenant que je suis en retraite, je pourrai faire tourner l’atelier au quotidien sans avoir besoin de salaire.
Régine riait de bon cœur à notre rêve, sans nous ramener sur terre, heureuse de l’atmosphère magique de fête qui régnait. Elle m’a avoué depuis que ce soir-là, elle y a cru elle-aussi.
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A SUIVRE
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Pour tout savoir sur les Automobiles Vivia et le Team éponyme, comme sur l’histoire de la famille d’Éric Trélor et de David Sarel, son filleul, ainsi que sur la carrière de Freddy Vivien, plongez-vous, si ce n’est déjà fait, dans la lecture des romans de Thierry Le Bras parus aux Éditions Astoure :
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Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans.
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24.11.2006
SOUVENIRS DU MANS : 1968 (7)
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« Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,
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la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, est disponible en librairie. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. En attendant de le lire, retrouvez certains personnages de l’univers de David Sarel qui évoquent sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.
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Suite des textes mis en ligne depuis le 7 novembre
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- Nous ignorions ce que l’avenir nous réservait, raconte Éric Le temps a passé depuis ces 24 Heures du Mans 1968. Les choses se sont déroulées de manière bien différente de nos projets d’adolescents. Ni mieux, ni plus mal, simplement différemment. Enfin, dans les détails, car nous avons globalement atteint nos objectifs. Freddy est devenu champion de F1 et nous avons créé les Automobiles Vivia. Pour ma part, je suis avocat et je fais encore de la course automobile. Si je n’ai pas couru en proto, j’ai bien disputé plusieurs fois les 24 Heures du Mans sur des Vivia GT avec Freddy qui a terminé sa carrière en F1 maintenant. Et je compte bien récidiver en 2007 ! (1)
« Bien sûr, nous avons connu des coups durs, comme toute le monde. Imposer une marque automobile et une écurie à un haut niveau crée inévitablement des hostilités. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Sans compter les ennemis que me vaut mon métier, ni la seconde épouse du père de mon filleul David, une morue sortie du caniveau qui rêve d’assassiner son beau-fils pour le rayer pour de bon de la liste des héritiers de l’homme qu’elle a ensorcelé. (2)
« Mais j’ai retenu les préceptes que m’a enseignés mon grand-père Victor et je les ai transmis à mon filleul David et à mes fils, Arnaud et Aurélien. Dans la vie, il ne faut se laisser embêter - formule écrite que j’exprime parfois plus brutalement – par personne. Il ne faut pas tendre l’autre joue si on t’a giflé mais au contraire coller à l’agresseur un coup de poing qui lui retirera à jamais l’idée de recommencer. Par contre, vis à vis des gens qu’on aime, de son Clan, la solidarité ne connaît pas de limite. (3)
« Ce samedi 28 septembre, Freddy et moi ne savions rien des attaques qui nous attendaient dans le futur. Heureusement. Sinon l’angoisse aurait perturbé nos vies.
« Le midi, nous nous contentâmes de sandwiches avalés prestement à une buvette. L’excitation nous commandait de gagner au plus vite la tribune couverte en face des stands où nous disposions de places numérotées. Je me rappelle du regard de fierté de mon grand-père lorsque nous marchâmes du village à la tribune. Il tenait Régine par le cou. Sa compagne portait une tenue adaptée au temps menaçant. Un ciré noir brillant protégeait son pull à col roulé rouge et sa mini-jupe en tissu écossais. Un foulard Hermès recouvrait partiellement ses cheveux blonds mi-longs avec une frange que n’aurait pas reniée France Gall et Sylvie Vartan. Ses bottes en cuir noir semblaient issues de la collection d’Emma Peel, l’héroïne de Chapeau melon et bottes de cuir.
« La mise en place des voitures nous captiva. A cette époque, le départ s’effectuait encore avec les voitures en épi devant les stands. Placés sous les tribunes, les pilotes attendaient le départ pour courir jusqu'à leurs voitures, sauter dedans et démarrer. Cette procédure se révélait très spectaculaire mais terriblement dangereuse. D’abord, le majorité des pilotes ne prenaient pas le temps de boucler leur harnais de sécurité. Ils effectuaient donc tout le premier relais sans être attachés ! D’autre part, les voitures se jetaient dans la mêlée pour s’y frayer une place dans une fureur et un désordre où tout pouvait arriver. C’est un miracle qu’aucun accrochage sérieux ne soit intervenu au départ ces années-là. Comme quoi, les pilotes développent des réflexes de rois.
« A 15 heures (et non 16 heures comme les années précédentes), Giovanni Agnelli, président du groupe Fiat, baissa le drapeau à damier qui libéra la meute des concurrents…
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A SUIVRE
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(1) (2) Pour tout savoir sur les Automobiles Vivia et le Team éponyme, comme sur l’histoire de la famille d’Éric Trélor et de David Sarel, son filleul, ainsi que sur la carrière de Freddy Vivien, plongez-vous, si ce n’est déjà fait, dans la lecture des romans de Thierry Le Bras parus aux Éditions Astoure :
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Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans.
(3) c’est en se souvenant de ces principes que David échappera à une mort certaine dans les romans ci-dessus cités.
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22.11.2006
SOUVENIRS DU MANS : 1968 (6)
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la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, est disponible en librairie. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. En attendant de le lire, retrouvez certains personnages de l’univers de David Sarel qui évoquent sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.
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Suite des textes mis en ligne depuis le 7 novembre
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Mais ce samedi 28 septembre 1968 au Mans, nous ne nous préoccupions pas de problèmes existentiels. Nous regardions les voitures devant les stands en attendant le départ de la course avec impatience. Nous faisions aussi plein de photos. Mon grand-père m’avait confié son Kofak Rétina Reflex 4 équipé d’un téléobjectif de 135 millimètres. J’en ai fait bon usage.
« Bien que ne pouvant pas lutter pour la victoire au classement général, les GT recueillirent toute notre attention. Peut-être commencerions-nous nos carrières de pilotes par cette catégorie ? A cette époque, Freddy ne doutait pas qu’il parviendrait à piloter une Formule 1 (1). Moi, je pensais déjà devenir avocat. Mais je me voyais très bien concilier carrière professionnelle et courses de haut niveau en endurance. Des précédents existaient, Jean Guichet par exemple. Alors, pourquoi pas moi ? Je plaiderais la semaine et je partagerais le volant d’un proto avec Freddy les week-ends de courses d’endurance.
« Le projet semblait d’autant plus réalisable que les pilotes à cette époque étaient beaucoup moins spécialisés qu’aujourd’hui. Les pilotes de F1 couraient presque tous en endurance. Les pilotes de rallye disputaient Le Mans, et quelques gentlemen drivers doués trouvaient des volants dans des écuries de haut niveau. Tout était possible, tout était réalisable à condition d’être doué et de disposer de ressources de volonté. A ce niveau, les années 60 et 70 constituèrent vraiment une époque formidable. Lorsque je considère aujourd’hui le chemin parcouru, je me dis que Freddy et moi, nous n’aurions sans doute pas réussi le défi de la création et du développement des Automobiles Vivia (2) dans le contexte d’aujourd’hui, où notre société a sombré à la fois dans l’asepsie et la domination de la concentration financière qui tuent les projets audacieux dans l’œuf.
« Évitons de sombrer dans la nostalgie. Ce que nous avons construit existe bien et personne ne pourra jamais voler les souvenirs extraordinaires collectionnés depuis notre enfance !
Au Mans 1968, deux petites GT nous séduisaient bien qu’elles aient bien peu de chances de briller compte-tenu de leur modeste cylindrée. Il s’agissait des berlinettes Alpine pilotées par Nusbaumer et Bourdon. Nous ignorions alors que quelques années plus tard, nous retrouverions ces sympathiques pilotes dans des épreuves aux quelles nous participerions.
- Tu vois, me dit Freddy en adirant les berlinettes, si un jour, nous construisons notre coupé Vivia, qui sait si nous ne parviendrons pas à le faire courir au Mans.
- Oui, mais avec d’autres pilotes, répondis-je plein d’assurance. Nous, nous serons sur un proto, pour jouer la gagne !
- C’est comme ça que je l’entendais, confirma mon ami.
Régine sourit. Je crois qu’elle ne nous croyait pas. Mon grand-père souriait aussi. Mais je suis persuadé qu’il nous a crus. Aujourd’hui encore, je regrette qu’il nous ait quittés trop tôt. S’il existe un après et qu’il nous voit piloter des Vivia, je suis sûr qu’il est très fier de nous et qu’il raconte à ses copains, « regardez, c’est mon petit fils et son pote. Ils ont un sacré coup de volant, hein. C’est moi qui les ai amenés à leurs premières 24 Heures du Mans ».
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A SUIVRE…
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(1) (2) Pour tout savoir sur les Automobiles Vivia et le Team éponyme, comme sur l’histoire de la famille d’Éric Trélor et de David Sarel, son filleul, ainsi que sur la carrière de Freddy Vivien, plongez-vous, si ce n’est déjà fait, dans la lecture des romans de Thierry Le Bras parus aux Éditions Astoure :
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21.11.2006
SOUVENIRS DU MANS : 1968 (5)
« Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,
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la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, est disponible en librairie. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. En attendant de le lire, retrouvez certains personnages de l’univers de David Sarel qui évoquent sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.
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Suite des textes mis en ligne depuis le 7 novembre
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Régine observait aussi les bolides avec beaucoup d’intérêt, commente Éric. Contrairement à nous, elle ne rêvait pas de disputer les 24 Heures du Mans.
- C’est déjà bien de faire de la course de côte, du rallye et un peu de circuit, affirmait-elle. Et puis les écuries ne sont pas prêtes à confier une voiture performante à une femme au Mans. Les choses changeront un jour, mais il est encore trop tôt (1).
« Grand-père Victor arborait un large sourire. Ses yeux pétillaient de malice. Quoique moins amoureux de course automobile que Régine, Freddy et moi, je crois qu’il était encore plus heureux que nous parce qu’il se réjouissait du cadeau qu’il nous offrait en nous amenant aux 24 Heures.
« Nous nous aimions beaucoup, mon grand-père et moi. Je peux affirmer que j’étais de loin son préféré dans la famille. Mon grand-père n’avait pas été heureux avec ma grand-mère qui était presque aussi insupportable que ma mère et ma sœur, ce qui n’est pas peu dire. Heureusement, contrairement à mon père, mon grand-père savait se faire respecter. Il avait assumé ses obligations vis à vis de son épouse au plan financier. Même quand il partit vivre avec Régine, il assura un train de vie très confortable à sa première femme. Lorsque ma grand-mère était décédée en 1960, il l’avait faite inhumer dans le caveau de sa famille à Vannes et il ne manquait pas de faire fleurir et entretenir la tombe de sa belle-famille. Ses relations avec ma mère et ma sœur étaient épouvantables. Par leur faute ! Elles ne supportaient personne d’autre qu’elles-mêmes. Il faut avouer qu’en outre, elles ne pardonnaient pas à grand-père Victor sa liaison avec Régine. Moi, je m’en moquais complètement. A dire vrai, je n’avais jamais aimée ma grand-mère. Je ne savais pas pourquoi. Je l’ai peu connue ; elle est morte quand j’avais six ans. Je me rappelle simplement que je ne la supportais pas. Peut-être parce que ma grand-mère, ma mère et ma sœur formaient un espèce de clan de femmes justicières insupportables. Maintenant, malgré les 50 ans écoulés depuis sa mort, ma grand-mère ne trouve toujours pas grâce à mes yeux malgré. Mais j’ai compris pourquoi. Je la rends responsable – je devrais plutôt dire coupable sans aucune circonstance atténuante - par son comportement des troubles de la personnalité de ma mère et de ma sœur qui ont gâché tant de choses dans la famille.
« Lorsque j’étais gamin, ma mère et ma sœur n’osaient pas s’opposer ouvertement à mon grand-père. A la moindre remarque déplacée, il les renvoyait très sèchement dans leur surface de réparation. Le caractère fort de mon grand-père me permettait de passer toutes mes vacances chez lui dans le Morbihan malgré la désapprobation très forte de ma mère et de ma sœur. Mais je ne craignais rien. Grand-père Victor me disait que si elles essayaient de m’empêcher de venir ou de me faire payer ensuite mes séjours chez lui, il rappliquerait immédiatement à Avranches pour leur coller une fessée cul nu à toutes les deux et qu’elles s’en rappelleraient toute leur vie. Il en était bien capable et elles le savaient très bien. Je me promettais quant à moi de grandir très vite et de pousser mon père à la révolte contre le pouvoir matriarcal et tyrannique que sa femme et sa fille lui faisaient subir. En fait, j’ai commencé dès l’année suivante à imiter mon grand-père et à prendre la défense de mon père quand j’estimais que cela devenait nécessaire.
« Mon grand-père aimait aussi beaucoup Freddy. C’était le fils de son meilleur copain. Freddy était né de la seconde union de son père avec une jeune femme. La première épouse du papa de Freddy était décédée des suites d’une longue maladie sans avoir pu lui laisser de descendance. Grand-père Victor considérait que l’amitié d’un garçon solide et un peu plus vieux que moi comme Freddy m’aiderait à grandir plus vite. Je pense qu’il avait raison. (2)
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(1) les choses ont heureusement changé en 2006. Les lecteurs de Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans constateront en effet que quatre femmes pilotes de haut niveau participent aux 24 Heures du Mans au volant de Vivia.
(2) Pour tout savoir sur les Automobiles Vivia et le Team éponyme, comme sur l’histoire de la famille d’Éric Trélor et de David Sarel, son filleul, ainsi que sur la carrière de Freddy Vivien, plongez-vous, si ce n’est déjà fait, dans la lecture des romans de Thierry Le Bras parus aux Éditions Astoure :
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A SUIVRE
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16.11.2006
UN NOUVEAU ROMAN DANS LA REGION DE LORIENT
« Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » arrive en librairie.
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David Sarel, le personnage récurrent des romans policiers de Thierry Le Bras, habite à Ploemeur. Comme son créateur, le héros de fiction est très attaché au Morbihan. Aussi le lecteur suivra-t-il David et ses proches sur divers sites de la région, notamment :
- Larmor Plage, la petite cité balnéaire qui inspire la douceur de vivre ;
- Lanester, la ville où Thierry a passé son enfance ;
- Lorient, la ville qui abrite le Palais de justice où David, avocat, plaide toutes les semaines ;
- Kervignac, où se sont installés les Automobiles Vivia et le Team Vivia, dont David est un des pilotes ;
- Malansac, Rochefort en Terre et Malestroit, communes certes plus proches de Redon et de Vannes que de Lorient , dont le charme séduit Arielle (l’épouse de David) et ses amies ;
- la barre d’Étel, banc de sable impressionnant formé par les courants et lieu que les marins bretons franchissent avec prudence et respect ;
- le Pont Saint-Christophe au-dessus du Scorff, et bien d’autres lieux encore…
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Dans Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans, David et les autres membres du Clan Vivia se lancent à la conquête des prestigieuses 24 Heures du Mans. D’où le titre du roman ! Pourquoi des Morbihannais ne brilleraient-ils pas dans la plus célèbre course automobile du monde ?
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Pour vous entretenir avec l’auteur, rendez-vous dimanche 19 novembre 2006 au Salon du livre de Riantec sur le stand des Éditions Astoure. Thierry Le Bras y dédicacera ses trois
- CIRCUIT MORTEL A LOHÉAC,
- FAITS D’ENFER A CARNAC,
- CHICANES et DÉRAPAGES de Lorient au Mans, qui vient de sortir et arrive tout juste en librairie.
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Les Aventures de David Sarel, le héros de fiction des romans policiers écrits par Thierry Le Bras sont publiées aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ).
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14.11.2006
THIERRY LE BRAS DEDICACE A RIANTEC
Le dimanche 19 novembre 2006 au Salon du livre de Riantec, Thierry Le Bras , qui a passé son enfance dans la région lorientaise, dédicacera ses trois romans :
- CIRCUIT MORTEL A LOHÉAC,
- FAITS D’ENFER A CARNAC,
- CHICANES et DÉRAPAGES de Lorient au Mans.
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Ces trois livres mettent en scène un personnage récurrent, David Sarel, à la fois avocat et pilote automobile. Notons que Thierry Le Bras, qui adore la région de Lorient, y a installé son personnage récurrent. David habite à Ploemeur, et il est associé dans un cabinet dont les bureaux sont à Larmor Plage. Quant aux Automobiles Vivia et au Team éponyme, ils sont installés à Kervignac !
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David Sarel est un personnage attachant que ses fonctions et son histoire familiale mettent en danger permanent. Il doit notamment faire face à l’hystérie haineuse d’une marâtre sans scrupules, assoiffée d’argent, qui affirme souhaiter sa mort depuis qu’elle a réussi à se faire épouser par son père. Le passé sulfureux de cette horrible femme lui procure des complicités dangereuses. D’autres ennemis menacent David qui, en sa qualité d’avocat, doit dénouer des affaires délicates et se trouve au centre d’intérêts colossaux.
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Pour vous entretenir avec Thierry Le Bras, auteur des Aventures de David Sarel, rendez-vous dimanche prochain au Salon du livre de Riantec, stand des Éditions Astoure.
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Les Aventures de David Sarel, le héros de fiction des romans policiers écrits par Thierry Le Bras sont publiées aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ).
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13.11.2006
SOUVENIRS DU MANS : 1968 (4)
« Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,
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la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, sera disponible le 15 novembre. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. Dès à présent, les personnages de l’univers de David Sarel vont évoquer sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.
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Suite des textes mis en ligne depuis le 7 novembre
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- Déjà à cette époque, les 24 Heures du Mans se déroulaient dans une ambiance très particulière, poursuit Éric. C’était la fête de l’automobile.
« Dès le début de la matinée, la parking commença à se remplir. Nous ne prêtions pas beaucoup d’attention aux véhicules que nous croisions quotidiennement. A cette époque, les Peugeot 404, 504, Renault R 16, Citroën DS, Simca 1500, Opel Rekord et Ford Taunus constituaient l’essentiel des véhicules un peu au-dessus de la moyenne. Les Renault 4L, R8 et R 10, les Citroën 2 cv et Ami 6, les Simca 1000, les petites Fiat 500, 600 ou 850, recueillaient les suffrages des acheteurs plus modestes. Tous ces modèles étaient fortement représentés sur le parking car la course attire des personnes venues de tous les horizons. Mais nous nous intéressâmes surtout aux voitures sortant de l’ordinaire, celles qui ne circulaient pas souvent dans nos petites villes de province. Et nous ne fûmes pas déçus. Car si nous voyions assez souvent des R 8 Gordini, des Alfa Roméo, des BMW ou des Cooper, peu de Ferrari, de Maserati, de Mercedes 280 SL cabriolets, de Porsche 911, de Lotus, d’Austin Healey, d’Aston Martin ou de Jaguar Type E venaient croiser à Avranches ou à Larmor Plage. Nous vîmes même des AC Cobra, aussi monstrueuses en vrai qu’en photo !
« Au milieu de la matinée, nous sommes allés faire un tour au-dessus des stands. Nous surplombions les bolides qui allaient en découdre sur la piste quelques heures plus tard.
« La course promettait d’être disputée. 1968 marquait l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation. Finis les monstres de 7 litres de cylindrée engagés par Ford les années précédentes, tout comme les protos à moteur V12 4 litres de Ferrari. Désormais, la cylindrée des prototypes était limitée à 3 litres, et celle des Sport – voitures construites au moins à 50 exemplaires - à 5 litres. Résultat, les Ford MK II et MK IV ainsi que les Ferrari P3 et P4 étaient bonnes pour le musée. En désaccord avec les décisions de la Fédération Internationale, Enzo Ferrari boudait Le Mans.
« La lutte pour la victoire semblait devoir opposer Ford et Porsche. Plusieurs écuries privées, dont celle de John Wyer, engageaient des GT 40 5 litres en catégorie Sport. Face à elles, les Porsche 908 s’affirmaient comme de redoutables rivales. Pour notre part, nous éprouvions un faible pour les Alpine A 220 V8 3 litres, d’autant que nous suivions les performances de leurs pilotes, Mauro Bianchi, Gérard Larrousse, Henri Grandsire, Patrick Depailler, Jean-Pierre Jabouille, Jean Guichet… Nous observâmes avec curiosité la Matra 630 V12 de Johnny Servoz Gavin et Henri Pescarolo, sans oublier les petites Alpine A 210 1300 cm3 qui viseraient la victoire à l’indice énergétique et à l’indice de performance, ni les prototypes Alfa Roméo 2 litres dont la coupe agressive nous plaisait beaucoup.
Nous étions fous de joie de voir de près les bolides que nous admirions dans les magazines.
A SUIVRE
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10.11.2006
SOUVENIRS DU MANS : 1968 (3)
« Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,
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la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, sera disponible le 15 novembre. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. Dès à présent, les personnages de l’univers de David Sarel vont évoquer sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.
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SUITE DES TEXTES MIS EN LIGNE LES 7 et 9 NOVEMBRE 2006
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- Enfin, le grand jour arriva ; raconte Éric. Nous étions le vendredi 26 septembre. J’étais en classe de troisième dans un collège d’Avranches à cette époque, mes parents ayant décidé de vendre leur bijouterie de Lorient pour en acheter une autre à Avranches deux ans plus tôt.
« A 17 heures 30, la DS 21 de grand-père Victor s’arrêta devant la maison avec Régine au volant et mon grand-père à la place du co-pilote. Ils arrivaient de Lorient. Je mis mon sac à dos dans le coffre et m’assis derrière à côté de Freddy. Régine démarra en trombe sous l’oeil réprobateur de ma sœur qui la détestait cordialement et n’acceptait même pas de lui adresser la parole.
« Les conditions de circulation de cette époque n’avaient rien à voir avec celles d’aujourd’hui. Les routes étaient moins encombrées, la vitesse était libre sur la plupart des axes. Les contrôles, lorsqu’ils existaient, se produisaient le plus souvent en agglomération et s’effectuaient par chronométrage entre deux fils distants d’un kilomètre. Dès lors qu’on connaissait l’astuce, il suffisait de freiner après le premier fil de façon à respecter la vitesse moyenne avant le second fil.
« Ce système donnait lieu à des plaisanteries qui nous faisaient beaucoup rire. Régine, qui détestait les contraintes routières, s’amusait à piler sur les fils lorsqu’elle en repérait. La plupart du temps, le fil cassait. Lorsqu’un gendarme l’arrêtait, elle affichait une mine contrite et prétextait qu’elle avait cru voir un serpent. Elle avait lu qu’une femme pilote professionnelle s’amusait à ce jeu et le reproduisait. Jamais un membre des forces de l’ordre ne l’a verbalisée…
« Nous ne vîmes pas de fil entre Avranches et Le Mans. Le trajet ne dura pas longtemps. La DS 21 était une excellente voiture, rapide et confortable. Les sièges en cuir et la suspension spécifique des DS donnaient l’impression de voyager dans un salon, même quand le compteur indiquait une vitesse supérieur à 180 kilomètres à l’heure.
« Arrivés au Mans, nous nous dirigeâmes d’abord vers le Parking rouge où grand-père Victor avait réservé deux places numérotées l’une derrière l’autre. Il était prévu que Régine et Victor dormiraient dans la voiture (les sièges couchettes étaient confortables) tandis que Freddy et moi, nous nous installerions sous la tente. Nous montâmes rapidement notre canadienne sur un des emplacements pendant que mon grand-père plantait des piquets autour de l’autre afin d’éviter qu’un autre véhicule ne puisse s’y garer.
« Puis mon grand-père nous amena dîner en ville, dans un restaurant place des Jacobins dont je ne me souviens plus le nom aujourd’hui. Par contre, je me rappelle que la cuisine y était excellente. Nous espérions y apercevoir des pilotes connus. Hélas, aucun des champions que nous admirions ne vint prendre place à une table voisine.
« Nous rentrâmes au Parking rouge vers 23 heures. Quelques gouttes de pluie commençaient à tomber. Il ne faisait pas très chaud sous la tente mais il ne nus serait pas venu à l’idée de nous plaindre. Nous étions trop contents d’être là. D’ailleurs, une fois installés dans nos sacs de couchage, nous n’avions plus froid. Après avoir éteint la lampe électrique, nous discutâmes encore un moment avant que le sommeil nous gagne…
A SUIVRE
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09.11.2006
SOUVENIRS DU MANS : 1968 (2)
« Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,
la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, sera disponible le 15 novembre. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. Dès à présent, les personnages de l’univers de David Sarel vont évoquer sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.
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SUITE DU TEXTE MIS EN LIGNE LE 7 NOVEMBRE
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- L’été passa comme un éclair, se souvient Éric. Les journées se déroulaient au rythme des baignades, des jeux avec notre canot pneumatique, des parties de ballon sur la plage. Nous étions adolescents. Nos hormones commençaient à nous travailler. Nous mettions beaucoup d’ardeur à épater les filles. Je me rappelle qu’il y en avait une qui me plaisait particulièrement. Elle s’appelait Viviane, comme la fée. Un visage d’ange, des beaux cheveux blonds qui flottaient sur ses épaules, des yeux verts limpides… Nous nous embrassions sur la bouche. Je crois que Freddy est allé plus loin avec sa sœur aînée. Ils avaient deux ans de plus que nous. A cet âge là, ça compte.
« Ghislaine et Daniéla me pardonneront sûrement l’évocation de ces souvenirs lointains. Il y a prescription maintenant.
« Nous vivions l’insouciance de la jeunesse. Bien sûr, nous étions conscients qu’il se passait des choses graves autour de nous. Les assassinats de Martin Luther King et de Bob Kennedy ne nous laissaient pas indifférents, pas plus que le débarquement des chars soviétiques à Prague. Nous savions aussi que des jeunes Américains à peine plus vieux que nous tombaient sous les balles et périssaient atrocement dans les pièges de l’ennemi au Vietnam. A dire vrai, nous n’avions pas une conscience politique très développée et nous nous projetions dans l’avenir avec un optimisme infini. Quiconque aurait prévu la montée des nouvelles formes du terrorisme nous serait apparu comme un prophète sinistre et illuminé à l’image de Cassandre.
« Objectivement, l’événement qui nous marqua le plus cette année-là fut la disparition de Jim Clark dans une course de Formule 2 le 7 avril à Hockenheim. Pour nous, Jim Clark était un véritable héros. Il représentait le pilote parfait, à la fois rapide, intelligent, et gentleman. Deux fois champion du monde de F1, vainqueur à Indianapolis en 1965, auréolé d’une quantité impressionnante de victoires dans toutes les disciplines, il nous paraissait immortel comme tous les grands champions. L’avenir se chargerait de nous apprendre que nous nous trompions lourdement sur ce point.
« La mort de Jim Clark nous ayant bouleversés, Freddy et moi avions décidé d’adresser nos condoléances à sa famille. Nous avons rédigé notre lettre et l’avons traduite en anglais. Comme nous n’étions pas très sûrs de notre traduction, je l’ai faite corriger par ma prof d’anglais. C’était une femme charmante et je crois qu’elle était contente. Pas du décès de Jim Clark bien sûr, mais que nous nous rendions compte de l’utilité de faire un effort pour utiliser une langue étrangère. Nous avons adressé notre lettre à un grand magazine de sport automobile en demandant aux journalistes d’avoir la gentillesse de la faire suivre à la famille du pilote écossais. Ils l’ont fait, et quelques semaines plus tard, nous avons reçu des photos dédicacées de Jim Clark jointes à une lettre de remerciements des siens. Nous en fûmes très émus.
« Je me rappelle encore que durant l’été 1968, les radios diffusaient souvent « Si j’avais des millions », le dernier tube de Dalida.
Si j'avais des millions
Tchiribiribiribiribiribiriboum
Tout le jour à Bidibidiboum
Ah si j'étais cousu d'or,
Chantait la ravissante chanteuse.
Pour notre part, Freddy et moi savions parfaitement ce que nous ferions si nous étions cousus d’or. Le programme tenait en trois points, réalisables après l’obtention de nos permis de conduire. D’abord, nous suivrions les cours d’une école de pilotage. Ensuite, nous achèterions une GT avec laquelle nous nous engagerions en équipage dans les courses d’endurance. Enfin, nous lancerions la fabrication de la petite voiture sur les plans de laquelle nous planchions depuis deux étés. Une petite voiture deux places ultra-sportive à moteur avant et propulsion arrière qui ferait souffrir les Alpine, les Porsche et autres Cooper S, Alfa Roméo ou Lancia sur les routes de rallye.
A SUIVRE…
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