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03/12/2011

MONT-DORE 1977 : quelques souvenirs...

 d'un rendez-vous à ne pas manquer.

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La course de côte du Mont-Dore – Chambon-sur-Lac est un rendez-vous incontournable du Championnat de France et du Championnat d’Europe de la Montagne. Une institution dans le monde de la course de côte. Une fête pour les pilotes et pour les spectateurs.

 

Le cadre est superbe. Les téléspectateurs qui ont suivi la dernière heure de l’étape du Tour de France 2011 disputée le 9 juillet entre Aigurande  et Super Besse –Sancy auront pu s’en rendre compte. Le peloton empruntait le parcours de la course à l’envers. Il descendait le col de la Croix-Saint-Robert sur le versant que les pilotes montent.

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 Août 1977. J’ai vingt-deux ans. La vie est belle. Je viens de décrocher ma maîtrise de droit des affaires et mes premières victoires de classe dans l’Ouest à Saint-Germain sur Ille, Pouillé les Coteaux et Landivisiau. Me voilà inscrit au Mont-Dore avec ma Golf GTI groupe 1. C’est une photo de ma Golf le jour de la course qui figure en tête de la note. Et c’est notre petite équipe en train de dîner au parc fermé que vous découvrez  juste ci-dessus (je suis au premier plan à droite et ce n’est pas la peine de dire que depuis, quelques kilos et quelques cheveux blancs…).

 

Dans le même parc fermé que Jean-Pierre Beltoise

 

Cinq ans plus tôt, encore lycéen, j’avais vibré en suivant à la télévision la fantastique victoire de Jean-Pierre Beltoise au Grand-Prix de Monaco. Le pilote français était engagé sur une BRM qui n’était pas la meilleure voiture du plateau, loin de là.

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Mais sous la pluie, il avait piloté comme un dieu et franchi le drapeau à damier devant Ickx, Fittipaldi et Stewart. Quand j’étais gamin, mes héros, c’était les grands pilotes automobiles. Je sais naturellement que je n’atteindrai jamais le génie du pilotage de ces rois de la F1, mais ça me fait quelque chose de participer à la même course qu’un de ces champions, fût-ce avec des ambitions beaucoup plus modestes. Jean-Pierre Beltoise dispute l’épreuve sur une Porsche groupe 3 préparée par les frères Alméras. Nous ne courons pas dans la même catégorie.

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 La lutte sera acharnée dans tous les groupes. De nombreux pilotes de l’Ouest ont fait le déplacement. Certains figurent parmi les favoris de leur catégorie, notamment Jacky Ravenel (Commodore GSE groupe 1), Marcel Grué (Alpine 1600 SC groupe 3), Nossam et Postic (Rallye 2 groupe 2). D’autres feront le maximum mais savent qu’ils ne disposent pas de l’auto pour dominer leur catégorie, tout au moins sur le sec. Parmi eux Patrick Barthélémy dont la Kadett GTE manque cruellement de chevaux face aux Escort 2000 RS équipées des dernières homologations.  L’Escort de Stenger montrera sa redoutable efficacité en poussant les pilotes de Commodore dans leurs derniers retranchements. Cette voiture intéresse tout à coup de nombreux pilotes du groupe 1. L’excellent magazine Slick illustrera d’ailleurs sa première page de couverture du numéro d’octobre avec une photo d’Escort 2000 RS groupe 1 au Mont-Dore. Slick  est basé en Auvergne mais couvre  toutes les épreuves de l’Hexagone. Au Mont Dore, je fais partie des pilotes arborant son logo. Ses animateurs me renverront l’ascenseur en publiant deux mois plus tard une photo de ma Golf GTI (cf le lien en fin de note vers un souvenir personnel de victoire de catégorie la même année).

 

Le Mont-Dore, une atmosphère à part

 

Le tracé est superbe. Il comprend 46 virages sur 5 kilomètres. Mais il se révèle difficile à apprendre quand on le découvre. Marcel Grué me conseille efficacement,  comme toujours. Il faut reconnaître tronçon par tronçon pour se le mettre dans la tête.

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 Si dans la journée, tout le monde reste à peu près raisonnable, le rythme de reconnaissance s’accélère en soirée. Les pilotes garent les berlines de tourisme et montent dans les voitures de course. Nous roulons en slicks, pot piste et plaques masquées. Certaines des autos n’ont même pas de plaques en vérité. Des barquettes (donc d’authentiques prototypes) se mêlent allègrement au balai des voitures fermées qui, autorisées à rouler en rallye, ne resquillent finalement qu’un peu en prenant quelques libertés avec les réglementations routières. Ces reconnaissances sauvages seraient impossibles aujourd’hui. Le pilote qui oserait défier ainsi la réglementation routière serait immédiatement conduit en cellule et aurait bien du mal à en sortir.

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 Outre les rois de la montagne, les Mieusset, Debias, Pignard, Duby, Nesti, Bos, Jean-Marie et Jacques Alméras, Haldi, Fischaber, Göring, Alain Hérault, La Torche, Evrard, Delaloye, Pohlmann, Rossi (Giovanni), Chalus, Giroud, Poutot et d’autres encore, de jeunes pousses montrent les dents au volant de Rallye 2. Parmi ces espoirs de la discipline, Henri Vuillermoz et Francis Dosières. Le premier est sponsorisé par Haribo, la marque de confiserie. Non content d’afficher les couleurs de son partenaire sur sa voiture, il distribue des bonbons Haribo avant la course. Un moyen original de communiquer et de sensibiliser le public. Les amateurs de sport automobile et plusieurs pilotes peuvent remercier Henri car Haribo a été tellement satisfaite de son expérience avec lui qu’elle a accru son effort en sport automobile. Pour mémoire, Didier Pironi a porté la marque Haribo sur son casque en Formule 1 ! Moi aussi, je peux remercier le pilote marseillais. Son partenariat avec Haribo m’a inspiré des anecdotes dans un roman policier sur fond de course automobile (cf en bas de note le lien vers texte raconte le partenariat historique entre la biscuiterie Ker Etel et Éric Trélor, pilote historique du Team Vivia). Une fois en piste, pas de trêve des confiseurs pour Henri et Francis. Le second nommé l’emportera finalement de 5 dixièmes au terme des deux montées de course. La Rallye 2 a permis à des jeunes pilotes de s’illustrer. Francis et Henri en sont de beaux exemples. Ils feront l’un et l’autre partie des rois de la montagne pendant plusieurs décennies.

 

D’autres possesseurs de Rallye 2 se feront remarquer. Moins en vue à cette époque, le tout jeune Daniel Rossi débute en compétition. Je crois que c’est sa première saison. Il habite tout près du tracé de la course. La passion ne l’a jamais quitté. En 2011, il était encore au départ, dans le baquet d’une Rallye 3 groupe F ! A noter enfin la présence au volant d’une Rallye 2 du vétéran Maurice Trintignant, dont le palmarès s’enorgueillit notamment d’une victoire au prestigieux GP de Monaco de F1 1955 !

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 Quelques vedettes du Star Racing Team participent aussi au spectacle. Claude Michy organise une animation originale à laquelle il les a conviées. Il s’agit d’une course de côte à vélo sur les 5 kilomètres de l’épreuve. Bouttier, Marchand, Bertrane, Fouroux, Romeu, Michy sont venus en découdre avec des pilotes de notoriété, Ickx, Darniche et Depailler. Les trois pilotes monopoliseront le podium. Le rallyman s’imposera devant le multiple vainqueur des 24 heures du Mans et le pilote de Formule 1.

 

A suivre…

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Remerciements

A Alain Hérault qui m’a adressé les scans des extraits de pages d’ Échappement mis en ligne dans cette note. Je reparlerai bientôt de son Alpine. Ce sera début 2012, à l’occasion de la sortie de l’ouvrage d’Enguerrand Lecesne sur la Berlinette. Un livre dont Alain Hérault est un des sujets par ses victoires au volant d’Alpine et moi un des (modestes) apporteurs de photos d’illustration. Au Mont-Dore 1977, Alain remporta la classe  1600 – 2000 cm3 du groupe 5 avec sa Berlinette verte en photo ci-dessus.

 

NOTE MODIFIÉE LE 9 AOÛT 2014

 

La course de côte du Mont-Dore m’a inspiré un polar dans l’univers de la course automobile. L’histoire s’intitule LE PACTE DU TRICHEUR. Elle se déroule en Auvergne. La course emprunte le tracé de la route du Col de la Croix Saint-Robert. 

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Après la fiction, des annexes abordent la question des superstitions des pilotes en se fondant sur des anecdotes véridiques mettant en scène des pilotes d’hier et d’aujourd’hui.

 

Le livre est disponible en cliquant sur http://amzn.to/1jAhsoF

 

Je vous invite également à lire (gratuitement) cette courte histoire illustrée qui se déroule pendant une édition de la course de côte du Mont-Dore Chambon-Sur-Lac  http://0z.fr/U10ZB

 

QUELQUES LIENS QUE JE VOUS SUGGÈRE

 

Un souvenir personnel de victoire de catégorie en course de côte la même année

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/11/17/course-de-cote-de-neuvy-le-roy-un-bon-souvenir.html

 

A cette époque, je ne me doutais pas que j’interviewerais Jean-Pierre Beltoise au sujet d’une de ses apparitions à Lohéac, ni que je participerais 11 ans plus tard aux 24 Heures de Paris qu’il organiserait sur son circuit de Trappes, ni que je le verrais un jour en course au volant d’une Golf

http://circuitmortel.hautetfort.com/tag/jean-pierre%20beltoise

 

Pas besoin de retourner le patron de la biscuiterie Ker Etel comme une crêpe pour le convaincre de soutenir Éric Trélor, pilote historique du Team Vivia. Ker Etel, c’est un peu le sponsor fiable et durable dont tout gentleman-driver a rêvé. La nouvelle qui suit est en fait un bref extrait de Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans, un de mes romans policiers. Ce partenariat m’a été partiellement inspiré par celui conclu par Henri Vuillermoz avec Haribo

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/05/16/histoire-d-un-partenariat.html

 

Une des présentations de Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans sur le Net

http://www.endurance-info.com/article.php?sid=2844

 

D’autres histoires de voitures et de bateaux de course

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com

L’excellent site de Jean-Claude Besse, très riche en histoires et photos sur la course automobile en Auvergne : http://club-3ascollection63.blog.fr/

Thierry Le Bras

17/11/2010

COURSE DE CÔTE DE NEUVY LE ROY : un bon souvenir

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Dans les deux notes précédentes, j’ai raconté des week-ends agités à la course de côte de Saint-Gouëno 1977 et au Rallye d’Armor 1979. Changement de décor et d’ambiance à Neuvy le Roy la semaine suivant Saint-Gouëno en 1977. Cette épreuve se déroula sous les meilleurs auspices, de la première montée d’essai à la dernière montée de course. Comme le dit Olivier Panis, « en course automobile, un week-end qui commence bien continue souvent dans de bonnes conditions, tandis qu’un week-end qui commence mal se poursuit souvent par des problèmes ».

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Neuvy le Roy, c’est en Indre et Loire, à vingt-cinq kilomètres de Tours. J’aurai donc moins de supporters qu’à Saint-Gouëno, proche de mes bases rennaises et malouines. D’autant qu’une semaine plus tard, ce sera la course de côte de Montreuil sous Pérouse, tout près de Vitré, et que des amis rennais et malouins ont prévu de venir. Nous partons le vendredi soir. Guenael, son épouse Armelle et Hervé m’accompagnent. Nous embarquons tous dans l’Ascona SR - toujours vaillante après ses expériences en compétition l’année précédente - avec la Golf GTI sur le plateau derrière. Le matériel de camping et les bagages ont trouvé place dans la Golf, ce qui permet d’équilibrer les masses et de ne pas mettre trop de poids sur la flèche. Lors des longs parcours avec plateau, Guenael et moi avons coutume de nous relayer au volant. Nous avons tous les deux passé notre permis E qui nous autorise à tracter un autre véhicule immatriculé de plus de750 kg selon la législation alors en vigueur. Nous nous arrêtons dîner sur le pouce dans un routier. Il fait nuit lorsque nous arrivons à Neuvy le Roy. Nous montons donc les tentes à la lumière des phares de l’Ascona avant de partir en reconnaissance de ce tracé que je ne connais pas encore.

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Neuvy le Roy est une piste rapide avec une longue descente. En 1976, un pilote a trouvé la mort à cette course. Il pilotait une Fiat 128 groupe 2. Les organisateurs ne sont pas en cause. Quelles que soient les précautions prises, la course automobile comportera toujours des risques. Celui qui pratique ce sport les accepte. L’accident de 1976 était dû à un problème de fixation de l’extincteur. Celui de la voiture du malheureux pilote s’est détaché lors du choc. C’est ce qui a causé la blessure mortelle. Depuis, les commissaires techniques sont plus rigoureux sur la fixation des extincteurs lors des vérifications. Et une chicane a été mise en place dans la première ligne droite afin de ralentir les voitures avant les virages de la descente.

Tout le monde m’accompagne lors de mes montées de reconnaissance que j’effectue à un rythme de plus en plus soutenu. Ce tracé me plait. Je m’y sens à l’aise. Je suis satisfait lorsque, estimant avoir suffisamment appris pour ce soir, je gare l’Ascona SR auprès du campement et que nous allons nous coucher. Nous ne sommes qu’en septembre, mais il fait déjà frais. Nous nous en rendrons surtout compte le lendemain matin au moment de sortir des sacs de couchage.

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Le samedi est consacré aux vérifications et à une séance d’essais non chronométrés. Quoiqu’ils n’établissent aucune hiérarchie, ils valident la connaissance du circuit et le comportement de l’auto. J’ai remarqué un large bas-côté plein d’herbe à l’intérieur d’un virage au haut du circuit. Je me dis que s’il est possible de rouler dessus, j’améliorerai sensiblement la vitesse de passage dans cette courbe, ce qui signifie un gain de temps que j’évalue à un ou deux dixièmes de seconde. Le soir, nous allons donc subrepticement vérifier si le bas-côté est propre, s’il n’y a ni trou, ni bosse, ni pierre susceptibles de déséquilibrer l’auto ou de causer une crevaison. Puis, après une séance de « jardinage » jugée satisfaisante, nous allons tranquillement dîner au restaurant. Car, comme je l’ai déjà mentionné dans plusieurs notes, les gentlemen-drivers sont généralement des amateurs de bonne cuisine. J’ai d’ailleurs intégré cette dimension des pilotes amateurs à mon prochain roman, un polar vintage, automobile et gourmand qui se déroule en 1966 sur fond de meurtres et d’arnaques. A dire vrai, David Sarel, l’avocat-pilote lorientais héros récurrent de mes romans contemporains, est aussi un fin gourmet dont le goût pour le foie gras, la côte de bœuf saignante sauce poivre accompagnée d’un Saumur Champigny à température et le Général (Colonel servi avec un galon de vodka de plus, ce qui le promeut au grade supérieur en offrant des étoiles à celui qui s’y attaque) sont bien connus des lecteurs de ses aventures.

Le dimanche matin, ce sont les essais chronométrés. Je décide de ne pas utiliser ma botte secrète qui consiste à plonger largement dans l’accotement d’une courbe rapide pour la couper. Je la conserve pour la course, histoire de ne pas la divulguer à mes adversaires. Tout se passe bien. Je suis en tête de la catégorie et bien placé au groupe. Le pilote d’une Ford Escort 2000 RS jette l’éponge. Il ne cherche pas de fausses excuses. Il n’en a pas besoin. C’est un pilote rapide et un homme estimé et apprécié de tout le milieu. Il trouve le circuit dangereux. Il ne le sent pas. Il remet sa voiture sur plateau et rentre chez lui. Nous pensons que le souvenir de l’accident de l’année précédente est trop présent de sa mémoire. Nous comprenons tous sa décision. C’est un pilote amateur qui court pour le plaisir bien qu’il fasse partie des meilleurs de sa catégorie. Si le plaisir n’est pas là aujourd’hui, il a raison de ne pas se forcer.

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Je déjeune très légèrement les jours de course. Comme la plupart des pilotes. Un peu de viande froide avec de l’eau gazeuse et quelques gâteaux secs me suffisent. L’après-midi commence. Les voitures du groupe 1 se mettent en place, par ordre de numéros. Les Autobianchi, Simca Rallye 2 pour commencer, les autres voitures de la classe 1300 - 1600 cm3 ensuite. Puis les 2 litres et les 3 litres. Je suis le dernier à partir dans la classe 1300 – 1600. Juste devant Thierry Nauleau, le premier à prendre le départ dans la classe des 1600 – 2000 cm3. Thierry vient de racheter l’Alfa Roméo 2000 GTV de Jacques Coquet, une figure des courses dans l’Ouest. C’est le beau-frère de Jacques Letertre, habitué des épreuves de l’Ouest avec une autre Alfa décorée aux couleurs de KB Jardin. Thierry a à peu près mon âge. Nous avons sympathisé dès les essais. Je garde un bon souvenir de ce pilote plusieurs fois revu sur des épreuves de l’Ouest mais perdu de vue depuis. Au moment de prendre le départ de la première montée, nous ne pensons pas à échanger des anecdotes sur notre passion de la course. Je suis casqué et sanglé dans ma Golf GTI, aux ordres du chronométreur qui vient de lancer la voiture qui me précède. Il va m’appeler sur la ligne de départ pour le décompte des 30 secondes. J’ai l’habitude de la procédure. Mais au lieu de me faire signe d’avancer, il croise et écarte les bras, m’ordonnant au contraire de rester sur place. Un commissaire s’approche. J’ouvre la portière. Il me dit que je peux couper le moteur. Une sortie de route vient de se produire. Le directeur de course se rend sur place. Une interruption de plusieurs minutes est à prévoir. Je sors de la voiture et j’enlève mon casque. Thierry Nauleau fait de même. Ces moments sont toujours pénibles. Tout le monde se demande si un copain ne s’est pas fait mal. Surtout ici où l’accident de l’année dernière a rappelé que la course automobile est parfois dangereuse. Je bavarde avec Thierry. Je ne sais plus précisément de quoi. Trente-trois années ont passé depuis. Je crois que nous avons parlé de son Alfa et de nos projets pour la saison suivante.

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Les commissaires de course nous rassurent rapidement. La sortie de piste n’est pas grave. Pas de bobo pour le pilote. Il nous invite à nous préparer. La course va bientôt repartir. Nous remettons les cagoules, les casques, les gants, nous remontons dans les autos, attachons les harnais, remettons les moteurs en route. Je suis parfaitement concentré. Je sais contrôler mon émotivité (au moins depuis l’adolescence) et j’ai toujours eu une bonne capacité de concentration. Ça y est. Le décompte commence. Le starter me libère. Je sais ce que j’ai à faire. Je passe la chicane sans perdre de temps. Je franchis chaque virage comme j’avais prévu de le faire, y compris celui où je plonge très largement dans l’accotement. Contrairement à Saint-Gouëno la semaine précédente, tout se passe comme je l’ai voulu. Je m’arrête au parc d’arrivée. J’attends mon temps. Il me convient parfaitement. Premier de ma classe et provisoirement premier de groupe. Les 2 litres et les 3 litres vont arriver. Parmi eux, Jacky Ravenel et sa Commodore… Thierry Nauleau est arrivé. Son temps tombe. Il est derrière moi. C’est sa première course. Il apprend sans prendre de risque excessif. Il a raison. Il possède un potentiel certain. Ce serait dommage de casser l’auto à la première sortie. La seconde montée se déroule très bien aussi. J’améliore un peu mon temps. Finalement, je gagne largement ma classe et je termine 3ème de groupe, derrière la puissante Commodore GSE de Jacky Ravenel, un des rois de la montagne, et la Kadett GTE de Parenthoen qui est aussi dans une classe de cylindrée supérieure. Je me dis qu’en prenant plus de risques, j’aurais peut-être pu aller chercher Parenthoen, mais il ne faut pas oublier que le mieux est l’ennemi du bien.

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A la remise des prix, nous échangeons quelques plaisanteries avec Christian Debias, vainqueur au scratch avec sa Ralt F2. Christian est fortement enrhumé. Il raconte qu’au départ d’une des montées, il a éternué dans son casque et que pendant quelques secondes, il ne voyait plus grand-chose. Ça ne l’a pas empêché « d’enrhumer » ses adversaires. ! Quelques semaines plus tard, j’aurai la bonne surprise de trouver ma voiture en photo dans Slick, juste au-dessus de l’Alpine groupe 5 d’Hervé Poulain dont j’ai évoqué une des participations aux 24 Heures du Mans dans une note récente.
(cf. dans la liste des notes récentes, colonne de droite, celle intultée « LA BMW STELLA AUX 24 HEURES DU MANS)

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En fait, Guénael et Hervé ont rencontré un des journalistes de Slick au Mont-Dore. Il les a convaincus de mettre une pub pour le magazine sur la Golf. J’avoue avoir un peu hésité car je redoutais que cela me prive de retombées dans Échappement. Ceci dit, j’ai déjà eu les honneurs d’Échappement après ma première victoire de classe à Saint-Germain sur Ille (cf. les liens vers des articles en archive dans la note précédente). Puis j’ai accepté, trouvant le mag Slick sympathique et proche des pilotes amateurs. Slick nous a renvoyé l’ascenseur en mentionnant mon résultat à Neuvy-le-Roy. Je découvrirai l’article dans des circonstances moins jouissives que la remise des prix. Car le 1er octobre 1977 marque pour moi le départ au Service national. Pour les classes, je suis incorporé au 38ème RIT de Laval avant de rejoindre l’ESEAT à Cesson Sévigné. Et c’est un soir au foyer de la caserne à Laval que je découvre le dernier numéro de Slick au rayon presse. C’est pendant la première quinzaine des classes, celle où nous sommes bloqués au quartier. J’achète le mag et j’ai le plaisir d’y trouver ma photo. Un article qui augmente ma notoriété auprès de mes camarades de chambrée dont certains pensent peut-être que j’ai frimé et que j’en ai rajouté en évoquant ma passion de la course auto.

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Entre Neuvy le Roy et l’incorporation, il restait deux courses, Montreuil sous Pérouse et Saumur. Deux victoires de classe dont je reparlerai un de ces jours.

Vous pouvez également me retrouver sur http://circuitmortel.com , https://gotmdm.com/driver/ et http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/

QUELQUES LIENS VERS D’AUTRES SOUVENIRS (outre les deux notes précédentes) :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/01/04/les-spectateurs-sont-sympas.html

 

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/09/24/thierry-le-bras-raconte-des-souvenirs-de-course-automobile.html

 

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/02/19/une-pige-a-trappes.html

 

ET VERS LA PRÉSENTATION SUR D’AUTRES SITES D’UN DE MES ROMANS POLICIERS DANS L’UNIVERS DU SPORT  AUTOMOBILE :

http://www.ffsa.org/article.php?comite=comite12&titre_url=chicanes-et-derapages-de-lorient-au-mans&id=13352

 

http://www.leblogauto.com/2006/10/roman-de-course.html

 

Thierry Le Bras

13:08 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : courses de côtes, neuvy le roy, golf gti, opel ascona sr, 1977, slick |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Imprimer |