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24/05/2014

JACK BRABHAM, pilote, ingénieur et entrepreneur

Un seigneur de la course nous a quittés

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Sa retraite de la  F1 remonte à la fin de la saison 1970. Auparavant, Sir Jack Brabham avait remporté trois titres de Champion du monde dans la discipline reine. Comme  Ayrton Senna, Nelson Piquet, Niki Lauda et Jackie Stewart.

 

Non content d’’être un pilote de premier ordre, Jack Brabham fut aussi un ingénieur talentueux et un entrepreneur audacieux.

 

Quelques souvenirs

 

Je ne me lancerai pas dans une biographie complète du champion australien. J’aimerais le faire, mais le temps me manque et de nombreux articles complets et bien conçus ont été publiés depuis le lundi 19 mai, date de son décès. Je préfère partager trois souvenirs qui m’ont marqué.

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Bien que faisant partie des personnes ayant incontestablement  réussi dans le milieu très rude du sport automobile, Jack Brabham était resté un homme simple et authentique. Pour preuve, cette anecdote lue à son sujet. Je ne me rappelle plus la référence, mais je suis certain de la fiabilité du souvenir. Pendant les années 60, un journaliste a rapporté avoir vu Jack Brabham quitter un circuit en tractant sa monoplace derrière une R 16. Comme un gentleman-driver rentrant chez lui après son week-end de course. Un autre esprit, une vision de la F1 que Bernie Ecclestone, qui rachèterait l’Écurie Brabham quelques années  plus tard, ne comprendrait sûrement  pas aujourd’hui…

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Un autre souvenir fort date du Grand-Prix de Monaco 1970. Ce GP était l’un des rares à être diffusé intégralement et en direct à la télévision à cette époque. Jack Brabham avait 44 ans. Un vétéran ! Pourtant, il avait remporté le premier Grand-Prix de la saison en Afrique du Sud. A Monaco, Jack entame le dernier tour en tête avec une seconde et demie d’avance sur Jochen Rindt. A l’amorce du dernier virage, Jochen  est revenu à vingt mètres de son rival. Malgré un dernier tour fantastique, il se trouve encore trop loin pour espérer surprendre Jack avant l’arrivée. Le dernier virage saute aux visages des pilotes. Piers Courage, en difficulté avec une voiture presque en panne, est devant l’homme de tête, au milieu de la piste. Jack doit le  dépasser pour éviter de se faire surprendre par Jochen. Il double, bloque les freins et touche le rail. Jochen est devant. Jack repart et sauve sa deuxième place sur la piste monégasque qui ne pardonne rien.

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La même année, en 1970, Jack Brabham court en endurance pour Matra. Aux 24 Heures du Mans, il est associé à François Cevert. L’équipage sera contraint à l’abandon. Mais en fin de saison, les deux hommes s’imposeront aux 1.000 kilomètres de Paris à Montlhéry.

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Avec les Jim Clark, Bruce McLaren, Jochen Rindt, Pedro Rodriguez (sans oublier Ricardo Rodriguez – ici avec son frère Pedro -  et Mike Hawthorn dont j’ai découvert l’histoire alors qu’ils étaient déjà disparus), Dennis Hulme, Jean-Pierre Beltoise, Dan Gurney et d’autres encore, Jack Brabham fait partie des champions qui m’ont fait adorer la course avant même mon dixième anniversaire. De sacrés pilotes, des hommes formidables !

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Portrait de Jim Clark http://0z.fr/PcnDN

 

Portrait de Ricardo Rodriguez http://bit.ly/1kwABJ1

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Quand j’avais 16 ans, les grands pilotes de cette génération étaient mes héros  http://bit.ly/1nAL6L2

 

Formule 1, de Jean Périlhon, un roman de course exceptionnel à l’époque des géants  http://bit.ly/1eCu0WU

 

L’art de courir sous la pluie, le roman que Patrick Dempsey veut adapter au cinéma  http://0z.fr/D1MlcV

 

Tom Cruise sera bientôt Carroll Shelby au cinéma http://bit.ly/LHGHst

 

F1, paris, restaurant de luxe… Rien ne va plus, les F1 tournent http://0z.fr/KXy1G

 

Thierry Le Bras

12/09/2011

LE MANS 68 (3) : Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi remportent la mise

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Dans les 2 notes précédentes (cf 1ère partie : http://bit.ly/1dqEzSG et 2ème partie : http://bit.ly/1llQF1U ), je vous ai raconté la course jusqu’au bout de la nuit mancelle. Le public français exultait toujours le dimanche matin. Pour la première fois depuis bien longtemps, une voiture bleu France figurait aux avant-postes. Les applaudissements crépitaient à chaque passage de la Matra qui se maintenait en seconde position.

La Ford GT 40 bleue et orange du Team John Wyer pilotée par Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi menait toujours la danse. Malmenée par les Porsche 908 sur les courses de 1000 kilomètres, la Ford GT 40 imposait sa fiabilité et la puissance de son moteur 5 litres sur la distance. Un constat qui conduirait Porsche à réaliser que pour gagner une épreuve très longue, une machine Sport 5 litres possédait des arguments de poids face à un proto 3 litres. Autant dire que ces 24 Heures 1968 ont influencé le développement de la Porsche 917 et de sa future rivale, la Ferrari 512.

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Chez Porsche, on avait souffert et on n’espérait plus la victoire du proto 908 3 litres. C’est aussi ça la course. Parfois on gagne, parfois tout va mal et on galère tout le week-end… Tous les team-managers et tous les pilotes connaissent ces moments pénibles.

Drame au Tertre Rouge

 « L’Alpine A 220 N° 27 de Mauro Bianchi est sortie de la piste au Tertre Rouge », annonça soudain le speaker officiel. Elle occupait la sixième position. Le silence qui suivit s’accompagna d’une angoisse intense.

 Le Tertre Rouge a éliminé beaucoup de voitures dans l’histoire des 24 Heures. Heureusement que ce n’est pas un enchaînement très rapide. Mieux vaut sortir là qu’à plus de 300 à l’heure à la fin des Hunaudières.

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Les nouvelles du pilote ne tarderaient pas à tomber. Mauro Bianchi – le grand-père de Jules Bianchi qui se faire maintenant un prénom dans le monde de la course automobile - souffrait de graves brûlures, mais ses jours n’étaient pas en danger.

 Que  ressentit son frère Lucien ce jour-là ?  Il était  en tête des 24 Heures du Mans et son frère était gravement blessé. Malgré tout, il devait continuer à piloter au même rythme. Et que pensa Pedro Rodriguez ? Lui qui était passé près de l’exploit 7 ans plus tôt avec son petit frère Ricardo ? Les deux Mexicains faisaient équipe au volant d’une Ferrari. Sans doute Pedro comprit-il mieux que personne l’angoisse de Lucien. Et peut-être, malgré son entente avec son équipier, songea-t-il qu’il aurait aimé courir à nouveau avec Ricardo, le petit frère disparu un jour de Toussaint, à l’âge de 20 ans, aux essais de leur Grand-Prix national, celui du Mexique 1962.

Victoire finale de pilotes éclectiques

 La série noire continua pour les voitures bleues. A 12 heures 20, un pneu de la Matra éclata dans les Hunaudières. Personne ne connaîtrait jamais l’origine certaine de ce problème, mais il n’est pas impossible que le pneu ait été détérioré en roulant sur les débris de l’Alpine A 220 au Tertre Rouge. La Matra prit feu et s’immobilisa sur le bord de la piste. C’en était fini des espoirs de voir une voiture bleue sur le podium des 24 Heures 1968. Il faudrait attendre 1972 avant que Matra réalise un superbe doublé, Henri Pescarolo et Graham Hill devançant François Cevert et Ganley. Les voitures françaises remporteraient aussi les deux éditions suivantes avec l’équipage Henri Pescarolo - Gérard Larousse.

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 Il restait deux heures trente de course. La GT 40 de tête n’avait plus de rivale. Seuls une sortie de piste ou un problème mécanique pouvaient la priver de la victoire. Mais en sport automobile, la première place n’est acquise qu’une fois le drapeau à damier franchi. La voiture de Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi tint bon. A 15 heures, elle inscrivit son nom au prestigieux palmarès des 24 Heures du Mans et apporta à Ford le titre de champion du monde d’endurance 1968. La Porsche 907 de Spoery – Steineman et la 908 de Stommelen – Neeparsch complétaient le podium.

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 La première Alfa, celle de Galli et Giunti s’empara de la quatrième place.

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A défaut de podium avec l’A 220, Alpine remporta l’indice de performance avec les sympathiques petites A 210. Leurs pilotes portaient des noms qui ne tarderaient pas à faire vibrer les amoureux de notre sport préféré : Andruet, Thérier, Wollek, Vinatier, Nicolas, tous de futurs grands pilotes et des personnalités particulièrement attachantes.

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 Pedro Rodriguez fut avec son frère Ricardo un des premiers « baby-pilotes » de l’histoire de la course automobile. Pedro, l’aîné, commença à courir au volant d’une Jaguar XK 120 à l’âge de quinze ans. Ricardo, son cadet de deux ans, devint Champion des courses de voitures de tourisme au Mexique à quatorze ans. Ils étaient des pilotes éclectiques, capables de jouer les premiers rôles dans toutes les disciplines. L’arrivée en F1 de leur jeune, fougueux et talentueux compatriote Sergio Perez cette année m’a rappelé leur souvenir. J’y reviendrai dans quelques semaines. Lucien Bianchi aussi était un pilote complet capable de s’imposer dans toutes les disciplines. En 1968, avant de remporter Le Mans, il était monté sur le podium du Grand-Prix de Monaco Et à la fin de l’année, il disputait le Marathon Londres – Sydney au volant d’une DS 21. Il était d’ailleurs en tête de ce rallye à quelques kilomètres de l’arrivée lorsqu’une voiture de touristes imprudents vint le percuter. La responsabilité de Lucien Bianchi n’était aucunement engagée dans l’accident. Sans cet aléa, il aurait remporté le premier Londres – Sydney.

Et les autres ?

Impossible de parler de toutes les voitures dans cette note sans bafouer les règles de base de l’écriture web avec lesquelles j’ai déjà pris quelques libertés en allongeant mon texte au-delà du raisonnable. Quand on aime – la course – on ne compte pas (les signes et espaces) avec la fonction « statistiques » du  traitement de texte.

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 Peut-être un jour l’idée de raconter la course d’un des pilotes non cités aujourd’hui après avoir recueilli un nouveau témoignage ou une nouvelle anecdote me conduira-t-elle à mettre en ligne un nouveau chapitre de l’histoire de ces 24 Heures 1968 pas tout à fait comme les autres. En attendant, deux infos complémentaires avant de conclure. En GT, le Belge Jean-Pierre Gaban associé à son compatriote Roger Van der Schrick imposait sa Porsche 911 T.

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 Les petites Alpine A 110 des hommes de l’Ouest  Bourdon – Nusbaumer – Pouteau (N° 61) et de Colomb – Lacarreau (N° 51) bouclaient vaillamment l’épreuve. N’ayant pas parcouru une distance suffisante, elles ne figureraient malheureusement pas sur le classement officiel. Qu’importe, les Berlinettes se vengeraient de cet affront sur les routes du monde entier en devenant les terreurs des rallyes nationaux et internationaux.

QUELQUES LIENS A SUIVRE

Les nouvelles publications de CIRCUIT MORTEL sont désormais mises en ligne sur http://circuitmortel.com

 Quand Pedro Rodriguez pilotait une Porsche 917

 http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/06/06/belles-de-course-les-porsche-917.html

 La Triumph Spitfire a couru au Mans

 http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/07/12/quand-la-triumph-spitfire-faisait-planer-la-jeunesse.html

 Un excellent site consacré aux Alpine dans l’ouest

http://www.alpine-grand-ouest.com/actu-ago/actu-alpine-grand-ouest.html

 

Quelques jeux de mots autour du sport automobile, de la cuisine et des sports de combat

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-question-de-vocabulaire-81262654.html

 Thierry Le Bras

16:04 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 1968, 24 heures du mans, rodriguez, bianchi, ford gt 40, alpine, matra |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Imprimer |