Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/06/2012

7 NOUVELLES PIMENTÉES

un menu à la sauce d’origine automobile garantie

1 DE COUV.jpg

Mon dernier ouvrage est disponible. Il s’agit d’un recueil de 7 nouvelles cyniques à souhait. Une de ces aventures s’est déroulée près de chez vous, ou bien dans une région que vous connaissez.

 

Les saveurs se révéleront dramatiques, dérangeantes ou drôles. Dans les récits qui composent ce recueil, la vie quotidienne, l’école, le bureau, le voisinage, l’entreprise, la famille, le sport, déraperont sur des imprévus. Certains personnages ne réagissent pas conformément aux normes de la bonne société. Ils mettent du piment dans l’existence et alimentent une philosophie intemporelle et universelle, le cynisme !

 

L’automobile bien présente


Circuit Mortel étant un site consacré prioritairement à l’automobile, je vais vous mettre l’eau à la bouche en évoquant quelques voitures d’hier et d’aujourd’hui présentes dans le recueil.

ALFA GIULIETTA.jpg

 En accompagnant mes personnages au fil des récits, vous roulerez notamment en Dauphine Gordini, en Mini (modèle 1964), en Alfa Roméo Giulietta, en Fiat 500, en Citroën DS 21 et DS 3, en Vivia (à l’occasion d’une incursion dans l’univers de David Sarel), en Mercedes Classe S, en Audi…

JEEP WILLIS.jpg

 Vous ferez la connaissance d’Erwan, un jeune architecte fou de kayak de mer qui adore se promener dans la campagne au volant d’une vieille Jeep Willis que lui a laissée son grand-père en héritage. Et vous passerez par Nevers et le circuit de Magny-Cours.

DAUPHINE GORDINI.jpg

 7 NOUVELLES PIMENTÉES paraît chez Gaïa Villages Publications. C’est un livre électronique. Vous pourrez le lire sur un ordinateur, une tablette ou un Ipade, Iphone… Aux États-Unis, le livre électronique a dépassé le livre de poche. Ce n’est pas le cas en France, mais il y a de la place pour tous les livres, électroniques ou papiers. D’ailleurs, qu’importe le support pourvu que les personnages de fiction entraînent le lecteur dans l’univers où ils vivent. Mon éditeur, le président de Gaïa Villages Publications, s’appelle March, Pierre-Michel March. March, un nom prédestiné pour intégrer la passion automobile à une publication !

 

Une cuisine variée, du hors d’œuvre au digestif

 

Que les visiteurs non-amateurs d’automobile qui tomberaient sur cette note à l’occasion d’une visite occasionnelle sur ce blog se rassurent. Ils se régaleront en lisant 7 NOUVELLES PIMENTÉES.  Chaque nouvelle comporte un titre, puis un sous-titre inspiré de l’esprit de l’histoire et d’une recette de cuisine.

LOGO GAIA JPEG.jpg

 Voici le menu détaillé de ces sous-titres. Le livre est disponible sur le site de l’éditeur (cf. lien en fin de texte) pour le prix très raisonnable de 7,20 €.

 

La salade malouine (préparée rue de Toulouse)

***

La rondelle d’andouille de Guémené  avec sa purée de châtaignes

aux épices de Lorient

***

La terrine de campagne d’Armor (saveur du terroir)

***

L’assiette de requins vannetais aux parfums de mystère

***

La spécialité parisienne arrosée au Bordeaux

***

Le délice de coca à l’herbe (fort de café)

***

L’élixir amer de l’apothicaire nivernais

 

Conformément à ce que laisse prévoir le menu, le vocabulaire gourmand est bien présent dans la narration. Chaque plat est assaisonné avec des épices d’humour, de suspense et d’angoisse.  Je vous souhaite un excellent appétit de lecture et je vous assure que ces nouvelles sont tout à fait digestes !

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE :

 

Pour lire la présentation de l’éditeur et acheter le livre électronique

http://www.gaiavillage.fr/catalog/7-Nouvelles-pimentees,7923.html

 

Thierry Le Bras, auteur et chroniqueur : pour mieux me connaître

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-thierry-le-bras-auteur-et-chroniqueur-80508329.html

 

Thierry Le Bras

29/01/2008

POLITIQUEMENT INCORRECT

ALFA ST GOUENO 2005.JPGFICTION AUTOMOBILE
Éric Trélor, personnage récurrent des Aventures de David Sarel raconte quelques souvenirs de reconnaissances de courses de côtes à son fils Fabien et à son ami Jeremy

- Je me souviens par exemple de Plumeliau 1977 dans le Morbihan, expose le parrain de David. J’étais arrivé sur le site le vendredi soir avec Mikaël (1). La course se déroulait tout début juillet. Il faisait beau. Nous campions tous dans le parc fermé en bas du tracé. Ronnie et Luc étaient là aussi.
- Tu avais l’Alfa à cette époque ? interroge Fabien, le fils cadet d’Éric.
medium_ALFA_2000_GTV_2.2.jpg
- Oui, confirme son père. Un coupé GTV 2000 groupe 1. Ronnie courait sur une Simca 1200 S groupe 3 et Luc sur une 1000 Rallye 2 groupe 1. Nous figurions tous les trois parmi les favoris de nos catégories respectives.


medium_SIMCA_1200_S_RONNIE.jpg- Je suppose que vous avez commencé à reconnaître le vendredi soir ? demande Fabien.
- Évidemment. Nous avons d’abord fait quelques montées avec nos voitures de tourisme.

- Quels modèles ? questionne Jeremy, ami et navigateur de Fabien aujourd’hui. Je suppose que vous n’aviez pas des diesel qui se traînaient et sentaient mauvais.
- Moi, j’avais un coupé Alfa 1600, Ronnie un coupé Peugeot 504 et Luc une R 16 TS. Nous amenions chacun un navigateur qui nous annonçait les notes comme en rallye. Puis au bout de quelques montées, lorsque nous connaissions par cœur, il se taisait.
medium_504_COUPE.gif
Mais les voitures de tourisme, même performantes, ne donnaient pas la même impression que les voitures de course préparées et équipées de slicks. En fin de soirée, il était donc fréquent que les pilotes tournent avec leurs voitures de compétition. Plaques masquées, équipées de pots d’échappement libre et de pneus lisses, les machines qui allaient en découdre le dimanche investissaient la route encore ouverte à la circulation.
- Nous voulions préciser nos repaires de freinage, de trajectoire, préparer au mieux les montées chronométrées, précise Éric. Ce soir-là, nous nous sommes organisés conformément aux habitudes et usages. Nous montions les uns derrière les autres, nous faisons demi-tour en haut, nous redescendions la piste lentement en convoi, et nous repartions pour une nouvelle montée. Comme souvent, Luc s’est amusé à énerver Ronnie. Ils étaient très potes tous les deux, mais ils entretenaient une rivalité exacerbée. Alors, Luc se plaçait derrière Ronnie. Et au lieu d’attendre quinze secondes après le départ de la 1200 S, il démarrait juste derrière et lui montrait en le talonnant qu’il était un peu plus vite. De toute façon, les deux voitures n’étaient pas dans le même groupe.
medium_RALLYE_2_1.jpgEn plus la Rallye 2 était un peu plus performante que la 1200 S et Ronnie sans doute légèrement moins rapide malgré un super sens de l’attaque et un cœur énorme. Voyant le jeu de Luc avec Ronnie, Jacques Dumoulin qui courait sur une Alfa 2000 GTV blanche s’est mis en tête de jouer au même jeu avec moi. Objectivement, c’est super énervant et ça multipliait les risques dans un exercice déjà dangereux.
medium_ALFA_2000_GTV.2.jpgD’ailleurs, j’ai failli me sortir dans une grande courbe rapide. J’ai pris le bas-côté et je suis parti dans une série de travers que j’ai rattrapés par miracle. Merci Saint-Christophe. Du coup, Jacques a repris ses distances lors des montées suivantes. Ronnie par contre a fait croire à Luc qu’il s’arrêtait, puis il est reparti juste dans ses pare-chocs. Luc avait tellement peur de paraître moins bon que lui qu’il a fait des tas de petites fautes et que Ronnie a fini la montée collé à son pare-choc et persuadé qu’il allait lui coller une valise le dimanche. Ils ont parié sur leurs temps au scratch.
medium_ALFA_BEIGE.jpg
- Qui a gagné ? questionne Jeremy.
- Luc, comme à chaque fois – ou presque - qu’il pariait sur une course ou un défi sportif avec Ronnie.



- Trois semaines après, Luc lançait un nouveau défi à Ronnie. Faire la course à vélo sur le parcours de la course de côte. Ronnie était carrossier. Luc se préparait à devenir prof de sport. Il s’entraînait comme une bête dans des tas de disciplines, faisait du vélo l’été, du vélo d’appartement l’hiver. Ronnie n’en faisait pratiquement plus depuis sa première mobylette à 14 ans. Il a fait deux ou trois sorties pour se préparer, mais c’était insuffisant. Comme en plus il était très orgueilleux, il a voulu tenir à tout prix le rythme de son adversaire au départ.
medium_Copie_de_DUEL_CYCLISTES.jpg
Il s’est essoufflé et Luc l’a explosé sur la fin du parcours. Ils m’avaient demandé de venir les chronométrer, en contrepartie de quoi, j’étais aussi invité à dîner aux frais du perdant. Je me doutais bien du résultat et je ne m’en réjouissais pas parce que j’ai toujours beaucoup apprécié Ronnie. Luc était un copain, mais Ronnie était un véritable ami, un proche même.



- C’était bien dans le caractère de Ronnie d’accepter n’importe quel pari, commente Fabien qui a bien connu Ronnie.
medium_RALLYE_2_ORANGE.jpg
- Tout à fait, complète son père. Une fois redescendus, au moment de remettre les vélos sur la galerie, Luc a lancé un nouveau défi à Ronnie. Je te laisse une chance à la lutte, a-t-il proposé. Si tu gagnes, on considère que c’est moi qui ai perdu et c’est moi qui paye la bouffe tout à l’heure.
J’ai conseillé à Ronnie de ne pas tomber dans le piège. Il était costaud, mais Luc était plus fort que lui et ils le savaient tous les deux. Ronnie ne m’a pas écouté. Je n’ai pas insisté. Après tout, ils se mesuraient à la lutte, comme les lutteurs bretons qui s’affrontent dans le respect avant de partager le mouton dans la tradition d’amitié à la fin du tournoi. Ce n’était pas un combat de boxe ni un combat de rue. Personne ne se ferait mal. Ils s’aimaient bien tous les deux et ils venaient de faire équipe aux 100 tours de Magny-Cours sur la Rallye 2.
medium_LUTTE.jpgLuc a laissé Ronnie gagner la première manche, histoire de le mettre en confiance afin qu’il accepte d’autres défis dans l’avenir. Il était très sûr de lui à ce jeu. Il a fait durer la manche et entraîné Ronnie au bout de l’effort avant de se laisser immobiliser. A la seconde manche, il a fait toucher les épaules par terre à Ronnie après l’avoir littéralement asphyxié pendant quelques secondes. A la troisième manche, il n’y a même pas eu de combat. Après la montée à vélo et deux premiers affrontements à la lutte, Ronnie était rincé physiquement alors que Luc était encore assez frais. Ronnie s’est retrouvé immobilisé par terre, le bras tordu dans le dos, le tout à la première prise et sans avoir trop compris comment ça lui était arrivé. Il n’avait plus qu’à s’avouer vaincu. Lorsqu’ils se sont relevés, Ronnie et Luc se sont fait copieusement insulter par une petite vieille qui passait par-là à vélo. Elle les a traités de voyous, de blousons noirs de gangsters (elle prononçait gangesters), alors qu’ils ne faisaient que chahuter un peu dans un esprit sportif. Ça leur faisait de l’exercice. C’était bon pour leur santé. J’ai essayé de lui expliquer qu’ils ne se battaient pas pour de vrai, que son petit coin de paradis n’était pas envahi par une horde de barbares assoiffés de sang prêts à sortir les armes blanches, que mes camarades s’amusaient, que c’était du sport, de la lutte, que d’ailleurs tout le monde allait dîner ensemble comme après les tournois officiels. Mais elle n’a rien voulu entendre. Au contraire, elle a usé d’un vocabulaire fort étendu dans le domaine des gros mots.
- Le mari de la vieille n’a pas débarqué avec la fourche et le fusil ? s’enquiert Fabien.
medium_artphotoschutte_20_1_1_.jpg
- Pas de danger, répond son père. Le mari, il avait cassé sa pipe à mon avis. Elle l’avait usé et enterré depuis bien longtemps. La mort est une délivrance pour les hommes capturés par cette espèce de dragons. Et comme à cette époque, ils plongeaient dans l’alcool et le tabac pour oublier leurs bourreaux en jupons, leurs corps les trahissaient assez tôt et c’était finalement une bénédiction pour eux. Ces années-là, quelques dessinateurs humoristiques croquaient les mégères. Bichette, la femme de Lariflette, comme l’épouse de Hagar du Nord, faisaient un tabac dans Ouest-France. Et n’oublions pas les mémés de Jacques Faizant, ni Bonnemine, la femme du pauvre Abracracourcix, chef du fameux petit village gaulois qui résista vaillamment à l’envahisseur. En tout état de cause, la fureur de la vieille autochtone ne nous a pas troublés. Au contraire, nous étions morts de rire. Ronnie pour sa part était tout content d’avoir sauvé l’honneur en arrachant une manche à Luc, même si au fond de lui, il avait probablement compris le manège de son copain. Nous sommes allés dîner dans la bonne humeur, aux frais de Ronnie que ni la perte du défi ni la note du repas n’avaient traumatisé. A l’époque, tu faisais un très bon dîner au restaurant pour 50 Francs par tête, apéro et vins compris, soit moins de 8 euros.
medium_LOLA_LACAUD.jpg
- N’empêche que si nous reconnaissions les courses de côtes et les rallyes comme vous le faisiez à l’époque, on aurait des ennuis avec les riverains et les flics, plaisante Fabien.
- Tu veux dire qu’on finirait en taule, précise Jeremy.

- Sans doute, convient Éric. C’était une autre vie, une autre approche de l’automobile. Malgré nos folies, les riverains nous accueillaient bien, à part quelques exceptions comme la vieille sorcière. Certainement parce que les épreuves amenaient du monde sur les sites, faisaient fonctionner le commerce et créaient une atmosphère de fête. J’avais à peu près 22 ans à l’époque. Ronnie un an de plus, et Luc un an de moins. Nous étions un peu fous, insouciants, totalement inconscients du danger. Ronnie encore un plus que les autres, d’ailleurs. Luc et lui restaient un peu gamins, bien qu’intellectuellement et culturellement, ils étaient l’un et l’autre d’un bon niveau et qu’avec les filles, ils savaient y faire. Je ne conseillerais pas aux jeunes pilotes d’imiter nos comportements sur route ouverte, naturellement. Mais il faut reconnaître que nous avons vécu des moments complètement dingues et inoubliables, une belle jeunesse dans un temps où même « les un peu plus de vingt ans » pour parodier Aznavour ne se faisaient pas trop de soucis et ne doutaient de rien.
- La fin des trente glorieuses ? intervient Jeremy.
medium_PORSCHE_G_4.jpg- Oui, à peu près. Tout nous paraissait possible et beaucoup de choses l’étaient. C’était une très belle époque pour les gars qui en voulaient. Pas de problèmes avec les heures sup ni les primes au mérite. Des tas de gars qui exerçaient des jobs d’employés ou d’ouvriers arrivaient à courir. Ils n’étaient pas bloqués par des histoires de 35 heures ni le manque de travail. Du boulot et de l’argent pour ceux qui voulaient vraiment y arriver, c’était possible. Sale temps pour les feignasses, il faut bien l’avouer, mais une société ouverte et sympa pour les vrais battants. Nous nous sommes tous construit de belles vies à cette période. Je ne crois pas que nous pourrions réussir de la même façon aujourd’hui. Le coût de l’énergie, les contraintes de toutes sortes ont grippé beaucoup de mécanismes. Sans compter l’obsession des politiques pour une monnaie forte alors qu’un peu d’inflation a toujours boosté l’économie et la croissance. Sans oublier non plus les prétendues valeurs baba-cool qui commençaient à attirer la vindicte sur les plus actifs, ceux qui font marcher l’économie. Des non-valeurs qui produisirent des générations qui regardent ceux qui veulent réussir comme des illuminés nocifs.
medium_DE_TAMASO.jpg- C’est sûr que les temps ont changé, soupire Fabien. Au lycée, il ne fallait pas faire part de ses ambitions professionnelles et sportives sous peine d’être mal vu. Même en fac, la plupart rêvent d’un job qui ne bousculera pas trop leur petite vie personnelle… Pour certains, donner le meilleur de soi-même, se battre dans le but de faire partie des meilleurs, c’est vouloir écraser les autres. Nous sommes dans la société des limitations de vitesse à tous les niveaux, celle qui pénalise et sanctionne les plus rapides, se moque de ceux qui veulent réaliser quelque chose qui sorte de l’ordinaire, qui prône l’alignement sur le plus mauvais, qui érige la médiocrité en valeur intrinsèque.
- Vous avez l’air de considérer que les pilotes ont réussi mieux que les autres, constate Jeremy.
medium_CAMARO_NOIRE_GDE.jpg- Pas tout à fait, corrige Éric. Je dis simplement que la société des sixties et des seventies offrait de vrais possibilités aux battants et que réussir en sport automobile, ça a toujours été dur, même à l’époque. Ceux qui avaient la force mentale de s’imposer parmi les bons dans ce sport étaient capables de réussir aussi très bien dans la vie professionnelle. Ce fut d’ailleurs le cas de Ronnie et Luc.
 (1) Mikaël Mermant, navigateur d’Éric en rallye

david sarel,ronnie,vivia,polars,nouvelles,courses de côtes,vintage,7 nouvelles pimentées

Partagez une des plus grandes de joies de Ronnie dans une vie et une carrière sportive qui ne ressemblèrent pas à un long fleuve tranquille, malheureusement pour lui : http://0z.fr/DwoeM

NOTE MODIFIÉE LE 27 DÉCEMBRE 2014

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

david sarel,ronnie,vivia,polars,nouvelles,courses de côtes,vintage,7 nouvelles pimentées

LE PACTE DU TRICHEUR, un polar automobile que j’ai écrit pour vous avec Éric et son filleul David au Rallye des Volcans d’Auvergne :http://amzn.to/1jAhsoF

 

Suivez-moi sur Twitter

https://twitter.com/ThierryLeBras2

 

Et pourquoi pas sur Facebook ?

http://www.facebook.com/thierry.lebras.18

 

Thierry Le Bras

22/01/2007

RECETTE DE MORUE

COUV CHICANES ET DERAPAGES.JPG

L’avocat-pilote David Sarel est le héros récurrent d’une série de romans policiers écrits par Thierry Le Bras :

- Circuit mortel à Lohéac ;

- Faits d’enfer à Carnac ;

- Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans.

David apparaît aussi dans des nouvelles.

 

Comme de  nombreux gentlemen drivers, David Sarel est amateur de gastronomie et ne dédaigne pas d’accompagner les mets de choix d’un vin digne d’eux. Quoi de meilleur qu’une côte de bœuf saignante au poivre servie avec un Saumur Champigny à température ? David considère ce mariage comme un classique difficile à surpasser, fût-ce par les inventions fort intéressantes des tenants de la nouvelle cuisine.

david sarel,fictions,gastronomie

Une petite recette pour illustrer cette rubrique culinaire sauce polar autour de David Sarel.

 

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’une recette de la morue. Vous avez bien lu, je ne parlerai pas de recette de morue au sens générique du terme, mais d’une recette de l’immonde morue, c’est à dire de Soizick Pierret, la plus vieille ennemie de David Sarel.

 

Les lecteurs des Aventures de David Sarel connaissent déjà cette abominable mégère  qui épousa en secondes noces le père de David et l’acheva sans pitié après avoir capté la plus grosse part de sa fortune (1).

 

La vengeance, un plat succulent qui se déguste froid !

 

La morue est fort radine, c’est là son moindre défaut. Le poisson dont cette ancienne entraîneuse de bars à putes tient son nom (2) joue le rôle de prédateur d‘autres poissons. De fait, la morue a eu la peau de Grégoire, le père de David, que nombre de ses concurrents considéraient pourtant comme un vrai requin (3).

HACHIS DE MORUE.jpg

Depuis la mort de Grégoire, David a décidé d’assaisonner la morue aux petits oignons et d’en faire du hachis. Il récolte patiemment mais sûrement tous les ingrédients de sa vengeance. Une agence d’enquêteurs privés l’aide dans sa quête. La famille Delgano qu’a rejointe Benjamin Boden (3) a percé la plupart des secrets de Soizick Pierret Sarel, dite la morue. Au fil de leur enquête, Mario, Ange et Benjamin ont découvert de nombreux détails dont une des pires recettes de cette femme. Nous parlons toujours recettes de cuisine bien sûr, car les recettes financières de la morue (au sens de chiffre d’affaires) s’avèrent excellentes depuis qu’elle a pêché Grégoire dans ses filets.

 

Du vivant de Grégoire, la morue dépensait le moins d’argent possible dans ses repas. Si la mère, la fille et la copine de la morue dégustaient des petits plats, en l’absence d’invités, l’abominable femme soumettait son mari à un régime d’animal domestique martyrisé.

POUBELLES.jpg

- Plusieurs personnes témoignent de ce qu’elle lui faisait manger, rapporte Benjamin à David après quelques interrogatoires de connaissances de la morue. Elle se vante notamment de lui avoir préparé au moins une fois par semaine un plat qui ne coûtait rien. Ta belle-mère faisait le tour des poissonniers clients des agences ou sociétés de promotion de ton père pour leur demander des têtes de poissons. Elle prétendait que c’était pour ses chats. Or, la morue n’a évidemment pas de chats. Je vois mal quel animal elle aurait pu aimer, à part des serpents et des rats. Elle faisait cuire les têtes et accommodait les morceaux de chair en une sorte de terrine en gelée. Ton père faisait mine de se régaler. « De toute façon, il me mangeait dans la main mon petit sou à la crème d’oseille », se vantait la morue.

 

- Incroyable ! s’indigne David. Avec tout le blé que lui filait mon père, cette salope lui faisait bouffer des restes récoltés dans les poubelles des poissonniers ?

CHASSE A LA MORUE.jpg
- Oui, répond Benjamin. La chasse à la morue est un sport passionnant. Je savais que je découvrirais des horreurs en enquêtant sur cette pouf, mais ce que j’ai trouvé dépasse tout que j’attendais. Franchement, de toute ma carrière dans la PJ avant de passer au privé, j’ai rarement vu des criminels aussi foncièrement pourris que cette "pléripétassienne", comme elle dirait la Mado de Nice avé l'accent chantant des gens du sud.

 

- Pourrie, la morue ? ricane David. T'as raison, on peut dire qu’elle n’est plus trop fraiche aujourd’hui. Mais son goût pour la galette, il  reste intact.

 

Les Aventures de David Sarel ne manquent ni de sel, ni de piquant. Et rassurez vous, aucune arrête ne vous restera en travers de la gorge après la lecture.

 

Note modifiée le 8 août 2012 :

Retrouvez d'autres recettes épicées à souhait dans 7 Nouvelles pimentées, mon dernier recueil de nouvelles, publié en juin 2012 chez Gaïa Village Publications.

david sarel,fictions,gastronomie

Chaque nouvelle est associée à un plat inscrit à mon menu de lecture du jour. David et la morue assaisonnent l’avant dernier scénario, Le délice de coca à l’herbe (fort de café), une cuisine sans concession ni artifices mais digeste pour le lecteur :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2012/06/06/7-nouvelles-pimentees.html

 

Thierry Le Bras

 

(1) cf Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans

(2) cf. Circuit mortel à Lohéac

(3) cf. Faits d’enfer à Carnac