31.07.2006

FAITS D'ENFER A CARNAC, UN LIVRE DE SAISON

Vous avez découvert sur ce blog des informations, nouvelles et anecdotes concernant David Sarel, un héros de fiction particulièrement attachant dont Thierry Le Bras raconte les aventures dans ses romans parus aux Éditions Astoure, notamment « Circuit mortel à Lohéac » et « Faits d’enfer à Carnac »

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Actuellement, Thierry Le Bras, l’auteur des Aventures de David Sarel, termine le troisième livre de la série qui conduira les lecteurs dans un suspense de tous les instants de la région lorientaise aux 24 Heures du Mans. La sortie est prévue au mois d’octobre prochain.

           

Mais en attendant, plongez vous, si ce n’est déjà fait, dans la fraîcheur de Faits d’enfer à Carnac.

Dans ce roman, le chemin de Sébastien Ménier, journaliste, croise celui de l’avocat David Sarel à l’occasion d’affaires judiciaires étranges dans la région de Carnac. Que découvriront-ils en enquêtant sur l’accident de la circulation provoqué par un homme d’affaires véreux aux mœurs incertaines ? Pourquoi, quelques jours plus tard, l’esthéticienne d’un centre d’amaigrissement revendique-t-elle le statut de prostituée après la mort suspecte d’un curiste ? A nouveau, Sébastien cherche la vérité. L’avocat David Sarel, avec qui il s’est lié d’amitié, lui prodigue conseils et assistance sans aucune réserve. Sera-ce suffisant pour échapper aux périls qui le menacent ?

Des questions mystérieuses. Une instruction menée en dépit du bon sens par un magistrat contesté. Des cadavres. Du suspense. De l’action. Des rebondissements. Des réponses stupéfiantes et pleines d’enseignements sur les arcanes de l’âme humaine.

            

Une histoire estivale, parfaite pour une lecture l’après-midi sur la plage ou le soir avant de s’endormir.

Dans ce livre, c’est le métier d’avocat de David qui sert de fil conducteur au scénario. Mais que les supporters de David, pilote, se rassurent. Deux scènes de course automobile trouvent place dans l'histoire !

28.07.2006

L'AMOUR DE LA COURSE

         La F1 fait partie intégrante de l’univers de David Sarel, le héros dont Thierry Le Bras raconte les aventures dans ses romans parus aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ) , notamment « Circuit mortel à Lohéac » et « Faits d’enfer à Carnac ».

         Freddy Vivien, un des héros de Circuit mortel à Lohéac, fut un des pilotes de Formule 1 les plus brillants de sa génération (il est né en 1952 et remporta plusieurs titres de Champion du monde). Le lecteur observera que héros de fiction issus du Clan Vivia et pilotes réels se mêlent dans l’univers des Aventures de David Sarel. Freddy répond ici une nouvelle fois aux questions du journaliste Sébastien Ménier, un personnage qui jouera un rôle important dans les prochains épisodes des Aventures de David Sarel.

SM : La course automobile a beaucoup évolué depuis tes débuts. Quel bilan tires-tu des changements intervenus ?

FV : Je te répondrai d’abord au niveau de la Formule 1. Je soulignerai un poste positif, celui de la sécurité. Les F1 contemporaines sont devenues très sûres. Rien à voir avec les monoplaces que nous pilotions dans les années 70 et 80. Tu te rends compte qu’à l’époque, nos pieds étaient devant l’axe des roues sans aucune cellule de protection. Ceux, comme moi, qui ont terminé leur carrière sans blessure sont des miraculés. Maintenant, les accidents graves sont devenus plus rares. Le pouvoir sportif a bien réagi après le décès d’Ayrton Senna. Cependant, il faudra toujours rester vigilent. Pour le reste, mon appréciation sera plus nuancée.

SM : Par exemple ?

FV : La F1 demeure un spectacle de grande qualité. Il reste des pilotes exceptionnels, à la personnalité attachante, dans le milieu. Je pense bien sûr à Damien Brémant, mais aussi à Kimi Raïkkönen, à Nico Rosberg, à Nick Heidfeld. Mais certains se prennent trop au sérieux. Ils s’éloignent de leurs supporters, des journalistes, jouent les stars inaccessibles, ne saluent même plus les journalistes quand ils les rencontrent le matin dans les couloirs de l’hôtel. Comment aimer un pilote comme Schumacher qui triche à la première occasion – rappelle toi de Monaco – et méprise ses adversaires – je pense à ses propos ridicules sur Jacques Villeneuve à Montréal ? En plus, les spectateurs ne peuvent plus approcher du paddock ni voir les pilotes de près. C’est dommage.

SM : Comment vois-tu la F1 au cours des prochaines années ?

FV : Elle restera longtemps un univers à part. Les grands constructeurs vont inévitablement y prendre une place de plus en plus importante. Les artisans disparaissent. Leur seule chance de survie est d’apporter leur expérience à des géants de l’automobile. C’est dommage, mais c’est inévitable dans le contexte économique actuel. L’évolution de la technologie génère une augmentation permanente des coûts qui amplifiera forcément le phénomène malgré les efforts du pouvoir sportif.

SM : Des conséquences sur les pilotes ?

FV : Le pilote représente désormais de grandes firmes. Cela lui impose un devoir de réserve, un respect des axes de communication de ses employeurs. Des garçons comme Damien Brémant, Nico Rosberg, Kimi Raïkkönen, Felipe Massa ou Nick Heidfeld l’ont bien compris.

SM : Comment juges-tu l’éviction par l’écurie Mclaren du flamboyant Montoya ?

FV : Amplement méritée. Lorsque j’au vu le pilote colombien percuter Kimi et créer un carambolage monstre à Indianapolis, je me suis dit que ce garçon mériterait de faire la pub de Crétin.fr. Pas le moindre respect de ses adversaires, inconscient des dangers qu’il fait courir aux autres, grossier au point de ne pas s’excuser après le carambolage, il ne méritait pas sa place dans la discipline reine bien qu’il faille lui reconnaître un fameux coup de volant.

(à suivre)

14.07.2006

20 ANS

Le Team Astoure a 20 ans.

L’événement se fêtera dignement le 15 juillet 2006.

A l’occasion de la Nuit des Arts et des créateurs à Plurien, l’éditeur, son épouse et tous les auteurs du Team Astoure dédicaceront leurs livres.

Rendez-vous à partir de 16 heures.

Une surprise attend les supporters du Team Astoure. Les pilotes du team se sont lâchés. Un recueil de nouvelles surprenantes sort le 15 juillet. Il s’agit d’un ouvrage surprenant, rare et numéroté !

A samedi prochain ! Venez nombreux !!!

Pour en savoir plus sur le Team Astoure, ses auteurs, leurs héros, rendez-vous sur http://astoure.site.voila.fr .

F1, GUEULE D'ATMOSPHERE

         La F1 fait partie intégrante de l’univers de David Sarel, le héros dont Thierry Le Bras raconte les aventures dans ses romans parus aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ) , notamment « Circuit mortel à Lohéac » et « Faits d’enfer à Carnac ».

         Freddy Vivien, un des héros de Circuit mortel à Lohéac, fut un des pilotes de Formule 1 les plus brillants de sa génération (il est né en 1952 et remporta plusieurs titres de Champion du monde). Le lecteur observera que héros de fiction issus du Clan Vivia et pilotes réels se mêlent dans l’univers des Aventures de David Sarel. Freddy répond ici une nouvelle fois aux questions du journaliste Sébastien Ménier, un personnage qui jouera un rôle important dans les prochains épisodes des Aventures de David Sarel.

SM : A Montréal, le Canadien Gilles Villeneuve a présenté un album et un single qu’il vient d’enregistrer. Schumacher s’est permis des remarques acerbes. Qu’en penses-tu ?

FV : Gilles Villeneuve est un personnage décalé dans le milieu de la F1. Il a souvent dénigré l’atmosphère. Ceci dit, il a tout de même remporté un championnat du monde ce qui démontre qu’il n’a pas usurpé sa place dans le peloton. Si Gilles aime la musique, je ne vois vraiment pas pourquoi il ne se ferait pas plaisir en enregistrant.

La F1 symbolise l’univers du luxe, pas forcément celui de la courtoisie. Schumacher est riche et il accumule les honneurs, mais il se comporte comme un voyou sur la piste et comme un beauf à l’extérieur. Ce n’est pas un exemple, loin s’en faut. Après le sale coup qu’il a tenté à Monaco, il ferait pourtant mieux de se montrer discret. J’ai entendu ses commentaires sur Gilles Villeneuve. Il a ricané quelque chose du genre : « j’ai cru comprendre qu’il entendait se reconvertir en chanteur. Pourquoi pas ? Dans sa nouvelle carrière, il sera peut-être compétitif. » C’est ridicule et mesquin, Schumi oublie que Villeneuve l’a battu au Championnat en 1997 malgré ses coups bas. Au dernier Grand Prix de la saison, Schumacher, dominé et désespéré, avait éperonné Villeneuve comme il l’avait fait avec Damon Hill trois ans plus tôt. Mais cette fois, c’est lui qui est allé au tapis et a tout perdu dans la manœuvre.

SM : je comprends mieux la rancoeur d’un Schumacher humilié...

FV : Le soir de ce Grand Prix, son agent était désespéré. L’image de gendre idéal qu’il vantait aux sponsors et qui faisait vendre des produits dérivés était méchamment écornée. Mais les gens ont la mémoire courte. Le chiffre d’affaires de la Schumi-Connection n’a pas été durablement altéré. Et puis le prestige Ferrari aide à protéger une certaine image. Quoiqu’il arrive, Schulmi restera toujours Schumi. Excellent au volant, mais capable de disjoncter sur la piste ou verbalement dès que quelque chose ne va pas dans sa tête. Rien à voir avec des seigneurs comme Senna, Stewart, Emerson Fittipaldi, Jim Clark, Graham Hill…

SM : Crois-tu que Gilles Villeneuve puisse réussir dans la chanson ?

FV : Je ne sais pas si Gilles veut simplement se faire plaisir ou s’il entend aller plus loin dans la pratique de sa passion pour la musique. Si tel est le cas, je pense qu’il y arrivera. Un sportif de haut niveau sait aller au bout de lui-même et se battre pour réaliser ses projets. Rien n’est impossible à un champion. Regarde Yannick Noah. Certains ont ironisé quand il a commencé à chanter. Il leur a donné une bonne leçon.

11.07.2006

MEMOIRES DE VIVIA (9)

Objets inanimés, avez-vous donc une âme, écrivit Lamartine ?

Oui, répond cette Vivia 1.600 S née en mille neuf cent soixante-dix huit  qui rapporte ici ses souvenirs, ses grandes joies, ses triomphes, ses peines, ses angoisses et sa retraite dorée.

Chapitre 9 :

            Je vis désormais au centre d’un groupe de voitures de sport et de compétition des années passées. Certaines, en raison de leur palmarès ou de leur naissance, jouissent d’un grand prestige. Cela ne me porte pas ombrage, car je suis toujours respectée et appréciée. Je sors de temps en temps, notamment à l’occasion des réunion du club des propriétaires d’automobiles de ma marque. J’y rencontre mes parentes et nous évoquons notre jeunesse dans un mélange de joie et de nostalgie.

            Éric et Mikaël sont venus me rendre visite dans le petit musée privé qu’a constitué mon nouveau propriétaire. Ils m’ont même amené faire un petit tour sur la route de Fort Bloqué. Bien sûr, nous n’avons pas roulé comme lors des reconnaissances de rallyes, mais j’étais tout de même très contente de les revoir et de passer un moment avec eux.

            Ma nouvelle vie me satisfait pleinement, quoique je sente parfois des fourmis dans mes roues. Peut-être plus pour longtemps d’ailleurs ! J’ai fêté mon vingt-septième anniversaire en 2005. J’ai cru entendre que Richard envisageait de m’engager alors dans des courses de V.H.C. (Véhicules Historiques de Compétition). Il s’est inscrit à une école de pilotage et ne parle plus que de trajectoires, appuis zones de freinage...

            Je crois que de nouvelles aventures m’attendent. Je ne manquerai pas de vous les raconter.

Si les automobiles Vivia jouent un rôle non négligeable dans les roman de Thierry Le Bras, le héros principal en est toute de même un être humain, David Sarel.. Plongez-vous sans attendre dans l’atmosphère de ses premières aventures parues aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ) , notamment « Circuit mortel à Lohéac » et « Faits d’enfer à Carnac ».

07.07.2006

MEMOIRES DE VIVIA (8)

Objets inanimés, avez-vous donc une âme, écrivit Lamartine ?

Oui, répond cette Vivia 1.600 S née en mille neuf cent soixante-dix huit  qui rapporte ici ses souvenirs, ses grandes joies, ses triomphes, ses peines, ses angoisses et sa retraite dorée.

(suite du texte mis en ligne le 5 juillet 2006)

Chapitre 8 :

            Quelques jours plus tard, un acheteur y répondit. Richard était d’origine italienne. Son enfance avait été difficile, celle d’un gosse de pauvres. Ses seuls jouets, il les fabriquait alors avec ses mains. Il jouissait désormais d’une fortune confortable acquise dans le bâtiment puis la promotion immobilière à force de travail, d’acharnement et de sacrifices. Il adorait les voitures, surtout les sportives, et les collectionnait. Je crois qu’il s’offrait en quelque sorte les jouets dont il avait longtemps rêvé sans pouvoir les acquérir.

L’histoire de Vivia le fascinait, surtout depuis qu’il avait fait la connaissance d’Éric et de Freddy et que les deux hommes lui avaient expliqué comment était née l’idée du premier modèle Vivia, le mien.

            Il aurait pu se satisfaire d’une automobile de prestige ou d’une sportive bénéficiant des derniers perfectionnements de la technologie, mais il préférait retrouver le charme et le bon goût qui caractérisaient notre génération. Il considérait que les nouvelles sportives, GTI, Turbo ou autres 16 soupapes, se montraient naturellement plus performantes et faciles à conduire que nous, mais beaucoup moins passionnantes. Ces jeunes athlètes se ressemblent toutes : traction avant, injection électronique, coefficient de pénétration dans l’air étudié avec soin, adaptation de l’échappement aux normes antipollution, intérieur aux couleurs tristes et règne de la matière plastique, telles sont leurs principales caractéristiques. La sagesse et la raison l’emportent aujourd’hui sur la joie de vivre et la passion...

            Richard voulait absolument un modèle de mon type, même en mauvais état. A l’exception de mon bloc moteur, et malgré la couche de poussière qui me recouvrait, j’étais encore séduisante.

            L’affaire fut rapidement conclue. Richard signa un chèque à Bernard, me fit enlever par un camion porteur et conduire chez un garagiste spécialiste de la restauration. J’y fus traitée avec respect, sympathie et compétence. Quelques semaines plus tard, j’en sortis aussi pimpante et vigoureuse que le jour de ma première livraison.

            Ma peinture avait été refaite, mes amortisseurs et mes freins étaient neufs, mes garnitures intérieures avaient été confiées aux soins d’un sellier expérimenté, et mes chromes scintillaient. On m’avait greffé un bloc moteur en excellent état, et ma transmission était entièrement révisée. Je me sentais une âme et un coeur de jeune fille.

(à suivre le 10 juillet 2006)

Si les automobiles Vivia jouent un rôle non négligeable dans les roman de Thierry Le Bras, le héros principal en est toute de même un être humain, David Sarel.. Plongez-vous sans attendre dans l’atmosphère de ses premières aventures parues aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ) , notamment « Circuit mortel à Lohéac » et « Faits d’enfer à Carnac ».

05.07.2006

MEMOIRES DE VIVIA (7)

Objets inanimés, avez-vous donc une âme, écrivit Lamartine ?

Oui, répond cette Vivia 1.600 S née en mille neuf cent soixante-dix huit  qui rapporte ici ses souvenirs, ses grandes joies, ses triomphes, ses peines, ses angoisses et sa retraite dorée.

(suite du texte mis en ligne le 3 juillet 2006)

Chapitre 7 :

            Je restais plusieurs mois sur le parc du garage. A cette époque, mes soeurs et moi n’étions pas très recherchées sur le marché de l’occasion. Trop coûteuses à entretenir, trop gourmandes, trop chères à assurer, tels étaient les reproches que nous entendions sans cesse. Triste et déprimée, je me sentais devenir vieille. Je regrettais avec amertume le temps où l’on m’admirait, où l’on s’intéressait à moi, ma jeunesse...

            Enfin, un acquéreur se présenta. C’était un mécanicien de vingt ans, prénommé Bernard. Mon âge et les réparations éventuelles ne l’effrayaient pas; il saurait m’entretenir. Bernard était bien différent de mes précédents propriétaires. Il se montrait extrêmement timide et semblait toujours un peu gêné. Il vivait dans la crainte de déranger. Les voyages ne l’attiraient pas et il ne se sentait heureux que dans la région lorientaise qui l’avait vu naître et grandir. Quoiqu’encore jeune, il était déjà prisonnier d’habitudes et d’horaires fixes. Il n’aurait envisagé pour rien au monde de quitter son employeur, malgré les offres alléchantes qu’il avait reçues. Il habitait chez ses parents, agriculteurs dans un petit village proche de Quimperlé... Il me traita avec beaucoup de douceur et de patience. A mon âge et avec mon kilométrage, je commençais à ressentir quelques petits problèmes de santé, notamment d’ordre électrique. Bernard ne s’énervait jamais, même si je ne démarrais pas le matin. Quand cela arrivait, il empruntait la voiture de ses parents en attendant de trouver le temps de me réparer, le week-end suivant. Alors, il me consacrait les heures nécessaires, sans jamais laisser paraître le moindre signe d’impatience ou de rancoeur. Lorsque je me remémore cette période, je pense même qu’il ressentait autant de joie à m’entretenir qu’à me conduire. D’ailleurs, il roulait très raisonnablement, sans solliciter outrageusement mes organes mécaniques. Je me sentais en sécurité entre ses mains, et j’atteignais un stade de mon existence où j’aspirais au calme. Je m’habituais donc sans peine à cette vie douce et paisible.

            Nous ne parcourions que des trajets assez courts (dix mille kilomètres seulement au cours de la première année).

            Malheureusement, j’allais connaître l’année suivante, en 1988, une panne grave, la panne avec un grand « P » : une bielle coulée. Je ne roulais plus. Il fallait trouver un nouveau bloc moteur pour me réparer.

            Cette panne se produisit à un très mauvais moment. Bernard fréquentait sérieusement depuis plusieurs mois une petite amie. Ils avaient décidé de vivre ensemble et de se marier. Très attachés tous deux à la terre et à la propriété foncière, ils avaient acquis ensemble, grâce à l’aide d’un emprunt, une fermette à restaurer. Bernard y consacrait tout son temps libre, ainsi que l’intégralité de son budget. Son amie possédait une petite voiture presque neuve et travaillait dans le même quartier que lui. Il pouvait dès lors se passer de moi.

            Il me gara dans une grange désaffectée de la ferme familiale, espérant me remettre en état dès que possible.

            Je me sentais une nouvelle fois abandonnée. Dieu que les journées semblent longues au fond d’un hangar sombre et poussiéreux. Je ne disposais pour me tenir compagnie que d’un vieux tracteur et d’une charrue hors d’usage. Mes seuls visiteurs étaient quelques mulots à la recherche d’un abri, et quelques chats intéressés par la nourriture potentielle représentée par lesdits mulots.

            Les mois puis les années s’écoulèrent, sans que Bernard ne trouve le temps, ni vraisemblablement l’envie de s’occuper de moi. Il roulait désormais dans un banal break Diesel et n’avait plus besoin de moi.

            Une crainte quasi obsessionnelle s’emparait de moi : la peur de la corrosion, qui constitue pour nous, automobiles, l’équivalent du cancer pour vous, les êtres humains. Ce fut véritablement une triste période. Je m’imaginais finissant mes jours en pièces détachées chez un casseur.

            Par bonheur, j’allais échapper à cette terrible fin. En 1994, Bernard ayant définitivement renoncé à me réparer et projetant de changer son break banal contre un bête monospace se souvint que je prenais de la valeur en vieillissant; Il décida de me vendre plutôt que de solliciter un crédit. Il fit paraître une annonce dans une revue automobile.

(à suivre le 7 juillet 2006)

Si les automobiles Vivia jouent un rôle non négligeable dans les roman de Thierry Le Bras, le héros principal en est toute de même un être humain, David Sarel.. Plongez-vous sans attendre dans l’atmosphère de ses premières aventures parues aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ) , notamment « Circuit mortel à Lohéac » et « Faits d’enfer à Carnac ».

04.07.2006

MEMOIRES DE VIVIA (6)

Objets inanimés, avez-vous donc une âme, écrivit Lamartine ?

Oui, répond cette Vivia 1.600 S née en mille neuf cent soixante-dix huit  qui rapporte ici ses souvenirs, ses grandes joies, ses triomphes, ses peines, ses angoisses et sa retraite dorée.

(Suite du texte mis en ligne le 30 juin 2006)

Chapitre 6 :

            Je fus achetée par Philippe, qui entamait ses études de sciences économiques à la faculté de Rennes. Je recommençais à circuler sur la route et en ville. Philippe conduisait vite et bien. Il se montrait très fier de moi et de mon palmarès sportif. J’étais toujours pimpante comme un modèle d’exposition au salon de l’automobile. Quoique moins glorieux que les années précédentes, les moments passés avec Philippe demeurent un excellent souvenir. Il était toujours gai, heureux de vivre, décontracté. Durant la semaine, nous restions généralement en ville et parcourions peu de kilomètres. La faculté, la bibliothèque universitaire, le bar où il retrouvait ses copains constituaient les buts de nos sorties journalières. Le vendredi, nous rentrions chez ses parents à Lorient, sans respecter les limitations de vitesse, c’est à dire en nous faisant plaisir.

            Le samedi soir, Philippe aimait sortir. Je ne passais pas inaperçue. Lui non plus d’ailleurs.

            De temps en temps, Philippe, qui s’intéressait énormément aux sports mécaniques, allait voir des compétitions et me ramenait ainsi sur les lieux de mes anciens exploits.

            Pendant les vacances universitaires, nous nous déplacions beaucoup. Philippe adorait les voyages. Nous avons parcouru les routes d’Irlande, d’Allemagne, de Suisse, d’Italie, de Yougoslavie, et même de Grèce. Comme il partait généralement avec deux ou trois amis – je ne pouvais accueillir que mon conducteur et un passager, donc nous partions à deux voitures - et que nous campions pour éviter les frais d’hôtel, j’étais toujours pleine comme un oeuf...

            La montagne et les bords de mer recueillaient le plus souvent les faveurs de Philippe. Nous évitions toujours les lieux de concentration des touristes et recherchions les endroits plus calmes et sauvages.

            Des plaisirs nouveaux et inconnus de mes précédents propriétaires me réchauffaient le coeur : Les longues discussions abordées autour d’un feu de camp le soir et qui durent tard dans la nuit, le réveil au bruit des vagues au bord d’une plage déserte à l’aube, le bien-être d’un soir d’été sur la berge d’un lac de montagne lorsque l’orage gronde au loin, le spectacle d’un coucher de soleil sur une mer agitée...

            Cette vie dura cinq ans ; le temps pour Philippe d’achever ses études et d’effectuer son service militaire. Puis il entra en qualité de collaborateur dans une société de communication basée à Versailles et spécialisée dans l’événementiel autour des sports mécaniques. Je crois que mon passé l’a influencé. Il allait devoir parcourir trente mille kilomètres par an à titre professionnel. La mort dans l’âme, il se résigna à me vendre et me remplacer par la dernière BMW 318. Une nouvelle fois, je retrouvais les locaux d’un concessionnaire.

(à suivre le 5 juillet 2006)

Si les automobiles Vivia jouent un rôle non négligeable dans les roman de Thierry Le Bras, le héros principal en est toute de même un être humain, David Sarel.. Plongez-vous sans attendre dans l’atmosphère de ses premières aventures parues aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ) , notamment « Circuit mortel à Lohéac » et « Faits d’enfer à Carnac ».

01.07.2006

MEMOIRES DE VIVIA (5)

Objets inanimés, avez-vous donc une âme, écrivit Lamartine ?

Oui, répond cette Vivia 1.600 S née en mille neuf cent soixante-dix huit  qui rapporte ici ses souvenirs, ses grandes joies, ses triomphes, ses peines, ses angoisses et sa retraite dorée.

(suite du texte mis en ligne le 28 juin 2006)

Chapitre 5 :

            Yannick était coiffeur dans une petite commune du Morbihan. La passion de la course automobile le dévorait depuis longtemps. A l’âge de vingt-cinq ans, il venait de parvenir au stade de la demi-finale d’une école de pilotage.

Il m’acheta en l’état, puis me confia à un ami carrossier qui me désossa et enleva le blackson posé par mon constructeur afin de m’alléger. J’appris que j’étais destinée à la compétition et que j’allais être préparée à cet effet. Mon châssis fut redressé ; je reçus des renforts de caisse, ainsi qu’un arceau cage destiné à assurer la sécurité de mon pilote en cas d’accident et à me rigidifier. Je fus transportée sur plateau chez un garagiste spécialisé dans la préparation des véhicules de compétition.

            Là, mon moteur fut démonté entièrement, mon vilebrequin rééquilibré, mes arbres à cames remplacés, ma culasse rectifiée, mon allumage et mon injection réglés avec soin. De nouveaux ensembles ressorts-amortisseurs, une boîte de vitesses dite « montagne », c’est à dire à rapports rapprochés, et un échappement libre complétèrent ma préparation. Yannick vint m’essayer. Il ne voulait désormais m’utiliser qu’en compétition et m’y déplacerait sur une remorque, derrière sa Renault 20.

            Je n’oublierai jamais notre première épreuve. C’était une course de côte en Normandie, sur une route très rapide. Avant le départ, Yannick semblait au bord de l’évanouissement et moi, je tremblais de toutes mes soupapes. Mon nouveau propriétaire débutait. Il ne possédait pas l’expérience, les méthodes de reconnaissance ni l’assurance d’Éric.

Nous étions paralysés par le trac. Je connus souvent cette sensation au cours de nos années de compétition. Quelques minutes avant la course, l’angoisse nous envahissait. Ce n’était pas la peur de l’accident, la crainte des dommages matériels ou corporels, mais l’inquiétude de mal faire, de ne pas être à la hauteur de ce que les spectateurs, les amis venus nous voir courir, le speaker et les journalistes attendaient de nous. Ce malaise disparaissait toujours comme par enchantement dès que le départ était donné pour laisser place à la concentration absolue et à l’exaltation de la course. Ce jour là, nous avons gagné notre catégorie après une lutte acharnée. Pendant deux ans, presque chaque week-end de la saison de compétition qui durait à peu près de mars à septembre, nous avons disputé des courses de côtes, des rallyes et même quelques épreuves en circuit. Yannick devint de plus en plus rapide et de plus en plus acharné au volant. Sa fougue et son adresse alliées à ma puissance nous permirent de remporter très souvent notre catégorie. Je vis souvent Éric; Il pilotait alors une Vivia groupe 4. Nous ne courions donc pas dans la même catégorie. Mais il venait souvent bavarder avec mon nouveau pilote et ne se montrait pas avare de conseils à notre égard.

Yannick s’affirmait comme un pilote de talent. La presse spécialisée lui avait consacré plusieurs articles. Les couleurs d’annonceurs publicitaires étaient venues orner ma carrosserie. Ma photo avait été publiée dans diverses revues. Hélas, malgré les révisions régulières, je commençais à vieillir. Une nouvelle réglementation allait entrer en vigueur. Elle m’interdirait de briguer de nouvelles victoires. D’autres modèles Vivia, jeunes et puissants, devenaient plus performants. Yannick songeait à me vendre et à acquérir une de ces voitures. L’heure de ma retraite sportive avait sonné.

(à suivre le 3 juillet 2006)

Si les automobiles Vivia jouent un rôle non négligeable dans les roman de Thierry Le Bras, le héros principal en est toute de même un être humain, David Sarel.. Plongez-vous sans attendre dans l’atmosphère de ses premières aventures parues aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ) , notamment « Circuit mortel à Lohéac » et « Faits d’enfer à Carnac ».

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