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25/05/2009

AMBIANCE GRAND NATIONAL TOUR AUTO 1973

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 Restons en 1973 comme dans la précédente note. 

Les variétés respirent la bonne humeur et nos stars chantent sur des rythmes entraînants. Abba a enregistré Ring Ring. Les duos sont à la mode. Johnny Hallyday et Sylvie Vartan entonnent leur propre hymne à l’amour qui s’intitule J’ai un problème. Alain Delon et Dalida se montrent moins optimistes avec Paroles, paroles. Sheila et Ringo font partie des nouveaux mariés et choisissent un thème de circonstance, Laisse les gondoles à Venise.  Stone et Charden défendent une chanson sans prétentions mais distrayante, Made in Normandie. Michel Sardou occupe la tête des hit-parades avec La maladie d’amour. Si tu ne me laisses pas tomber, interprété par Gérard Lenorman lui oppose une belle résistance. Johnny Hallyday explique Toute la musique que j’aime. Hugues Auffray nous invite au voyage ; les paroles de Hasta luego résonnent dans nos têtes pleines de rêves. Pascal Sevran a composé Il venait d’avoir 18 ans pour Dalida qui l’interprète avec sensualité et talent.

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Cette année 1973 riche de souvenirs marque aussi un événement moins agréable, la fin d’une période glorieuse pour l’automobile. Déjà, des limitations de vitesse sont entrées en vigueur au mois de juin. Elles sont alors de 110 km/heure sur les 4 voies et 100 sur route. La vitesse reste libre sur autoroute. Georges Pompidou est Président de la République. Il a cédé aux conseillers qui incitaient à limiter la vitesse dans un souci de sécurité routière. La rumeur prétend que son épouse Claude, qui adore conduire sa Porsche à vive allure, était opposée aux limitations et a tenté de le convaincre d’y renoncer, mais en vain. Ce dernier est resté inflexible. Mais les radars ne sont pas très nombreux. Les automobilistes se font des appels de phares. Il est possible de passer entre les mailles du filet.

 

Le litre de super coûte à peu près 1,20 F. Alfa Roméo axe ses campagnes publicitaires sur le virus Alfa. BMW a utilisé peu avant un slogan qui serait qualifié de provocateur aujourd’hui. Une image montre une calendre BM dans un rétroviseur. Un slogan annonce « si vous voyez cette calendre dans votre rétro, laissez vous doubler ou rendez-vous dans une concession BMW ». D’autres voitures à tendances sportives fréquentent le réseau routier. DS 23 à injection électronique, Fiat 124 coupés et cabriolets, Lancia Beta, Opel Commodore GSE, Triumph Dolomite, Ford Capri séduisent les conducteurs qui ont le pied lourd tout en restant dans des prix certes plus élevés que les GS ou les 204, mais tout de même accessibles pour une clientèle de cadres, de membres de professions libérales ou de patrons de PME. Des sigles S, TS et TI rendent les caractères de braves berlines plus agressifs que les modèles de base. Les Simca 1100, R 16  Peugeot 504 par exemple bénéficient de telles versions un peu plus performantes et un peu plus gourmandes que leurs sœurs originelles.

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Bientôt, le 6 octobre, les Égyptiens et les Syriens vont agresser Israël. La guerre du Kipour entraînera de nombreuses conséquences pour l’automobile. L’OPEP en profitera pour augmenter ses tarifs de 70% et limiter sa production. Le spectre du rationnement grandit. Les limitations de vitesse vont s’aggraver. Les conseils d’économie de carburant vont fleurir. Les courbes de ventes des modèles Diesel s’accéléreront. Celles des voitures intéressantes et vivantes s’infléchiront vers le bas. Le premier choc pétrolier et l’obsession de la sécurité routière commencent leur œuvre de destruction de l’automobile. Le lobbying des associations militant pour la sécurité routière s’appuie sur une imposture. Il vante les effets bénéfiques des limitations de vitesse sur le nombre des tués et des blessés en oubliant ceux, bien plus significatifs, du port de la ceinture de sécurité et des premières campagnes contre l’alcool au volant.

 

Le Tour Auto se déroule en septembre, quelques semaines avant la guerre du Kipour. C’est une des dernières courses qui vivra une atmosphère de douce insouciance dans l’univers automobile.

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Pour moi, le Tour Auto représente quelque chose de particulier. Je suis dans ma 19ème année à cette époque. J’ai suivi les éditions précédentes à la radio et dans les magazines spécialisés. Certaines voitures m’ont particulièrement marqué. Par exemple la Porsche 911 psychédélique de Gérard Larrousse en 1970, les Matra de Jean-Pierre Beltoise  et Gérard Larrousse en 1970 et 1971. J’adore le concept Tour Auto qui réunit des spéciales de rallyes, des tracés de courses de côtes et des épreuves en circuit. En plus, avec les vérifications, le Tour Auto dure une semaine. Autant dire que c’est une vraie fête de la course automobile.

 

Et coup de chance, en 1973, le Grand National, sorte de doublure du Grand Tour  réservée aux licenciés nationaux, part de Dinard. J’ai obtenu mon bac en juin. J’habite Saint-Malo. La rentrée universitaire est programmée mi-octobre. Les lycéens sont en classe, mais mon statut de tout nouvel étudiant me permet de profiter du départ !

 

Je passerai donc deux jours à admirer et photographier les voitures qui satisfont au rite des vérifications avant de s’élancer pour un parcours qui se terminera sur le circuit du Castellet. J’y vois des pilotes que j’ai déjà remarqués dans les courses de côtes et rallyes de la région, par exemple les frères Claude et Dominique Pigeon, Jean-Yves Gadal, Anne-Charlotte Vernay, « Yvonnick », Marcel Grué, Jacques Imbert.  Certains deviendront d’ailleurs de bons copains quelques années plus tard lorsque je courrai à mon tour, notamment Dominique Pigeon, Marcel Grué, « Yvonnick » et son fils Pierre-Yves avec qui je ferai d’ailleurs équipe à deux ou trois occasions.

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Pour l’heure, je m’intéresse tout particulièrement aux Alfa 2000 GTV groupe 1. Mon père  possède un coupé 2000 Bertone. Il me laisse le conduire et me le prête de temps en temps. Un de mes copains m’apprécie tout particulièrement dans ces cas-là car il voit dans l’Alfa un moyen idéal pour épater  les nanas – plus classe, paraît-il  que mon Austin 1275 GT que j’aime bien aussi pourtant, mais qui ferait quand même un peu petite selon ce camarade. Il ne se soucie pas des réflexions et inquiétudes de  ma mère qui se demandera d’où viennent les odeurs de parfum et les longs cheveux de couleurs différentes des siens dans l’Alfa Roméo. Des soupçons ne vont pas tarder à peser sur mon père. Mais comme je me dénoncerai, nous éviterons les drames familiaux.

 

Cette année-là, Dominique Pigeon se battra jusqu’à la dernière épreuve sur le circuit du Castellet pour la victoire en groupe 1. Des tonneaux le contraindront à l’abandon. Consolation pour la famille, son frère Claude associé à Jean-Yves Gadal remporte le scratch.

 

Guillaume de Saint-Pierre, peintre, écrivain, scénariste et pilote se classe cinquième au volant d’une Apine 1600 S. Guillaume va bientôt participer à la réalisation d’un feuilleton télévisé pour la deuxième chaine qui s’appellera « Pilotes de course » et dont quelques scènes seront tournées au Rallye d’Armor 1974. Mais c’est une autre histoire. Avant, les amoureux du sport automobile auront eu très peur. Car début 1974, en pleine crise de l’énergie, les courses automobiles seront interdites et le Rallye de Monte-Carlo sera annulé.

 

Thierry Le Bras

  

09/03/2009

ET SI LA CLASSE POLITIQUE SAUVAIT RENAULT ?

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Frappé de plein fouet par la crise, dubitatif quant à son avenir en F1, Renault pourrait relancer la marque Gordini et l’associer aux versions les plus sportives de sa gamme.  La R 8 Gorde et la R 12 Gorde furent des modèles attachants. Ils firent partie des modèles sportifs qui s’illustraient en compétition à l’époque où j’étais adolescent. Je me réjouis donc à la perspective de revoir ce sigle mythique réapparaître. En cette période difficile, je me permets modestement de suggérer une idée complémentaire à monsieur Carlos Ghosn et à ses collaborateurs. Pourquoi n’essaieraient-ils pas de relancer la croissance de Renault en attaquant un nouveau créneau, celui de la classe politique ? La marque au losange possède dans ses cartons un modèle qui répond aux désirs de vitesse des leaders du monde politique. Je pense à l’Espace F1.

 

Les femmes et les hommes politiques sont des gens pressés d’atteindre leurs objectifs comme leurs destinations. Au point d’oublier les limitations de vitesse alors qu’aucune ni aucun n’oublient d’intégrer à ses programmes une sécurité routière assortie de sanctions sévères ? Une réponse affirmative s’impose, même si cela  paraît inconcevable au commun des mortels…

 

Pour preuve, les résultats des  filatures organisées par le magazine AUTOhebdo en mars 2007, soit peu de temps avant les dernières élections présidentielles.

 

Plaidoyers pour la vitesse

 

Prenons par exemple celle que Nicolas Canteloup appelle mademoiseeeeeellle Royaaaal. Eh bien, elle fut surprise à 158 kilomètres/heure au lieu de 110. Espérons que malgré son port de tête altier, ses yeux percevaient encore le bitume et qu’elle ne lâcha pas le volant des deux mains pour ramener ses cheveux en arrière dans le geste que reproduit si  fidèlement son meilleur imitateur. Enfin, elle n’a pas provoqué d’accident, de telle que nous n’allons pas en faire un fromage du Poitou. Ses amis peuvent toujours boire un Pinault des Charentes à sa santé et c’est tant mieux.

 

D’ailleurs, au palmarès des excès de vitesse, madame Royal respecte ses habitudes et perd la compétition. Devinez qui la bat ? Entre autres Nicolas Sarkozy surpris à 130 pour 70. S’il en avait eu le temps dans sa jeunesse, notre Président de la République aurait peut-être aimé la course automobile comme son premier ministre, François Fillon, qui aspire encore à prendre le volant dans des épreuves de VHC.

 

Mais les finalistes de la présidentielle ne sont pas les seuls à faire fi des limitations qu’ils prônent. Monsieur Bayrou (prononcez Bail-rou) dont les véhicules font toujours partie des recettes électorales – rappelez-vous son bus au colza et son tracteur agricole - a le pied lourd quand il ne se sent pas surveillé. 120 kilomètres/heure dans un tunnel limité à 70. « C’est pas bien François, lancerait le PPD des Guignols de l’info s’il traitait ce sujet. Je vais appeler ta grand-mère à Bagneres de Bigorre. Tu sais bien que j’ai son numéro ». La menace se heurterait certainement à un vigoureux « Mais eueuhheuehhh ». N’empêche que si le tracteur à rénover du candidat centriste devint un vecteur de communication, il appartient à une catégorie de véhicules qui ne doivent pas dépasser 40 kilomètres/heures sur route. Il ne satisfera jamais la soif d’adrénaline de François Bayrou (n’oubliez pas de prononcer Bail-rou)  derrière un volant.

 

Les extrémistes ne sont pas en reste. Jean-Marie Le Pen laisse (ou incite ?) son chauffeur  (à ?) rouler sur autoroute à 185 kilomètres/heure warnings allumés et en s’ouvrant la route à coups d’appels de phares autoritaires. Pressée de s’adresser aux travailleurs et aux travailleuses à qui tout le monde ment sauf elle, Arlette Laguillier a délaissé la mobylette orange et la Fuego dont l’ont affublée les Guignols lors de précédentes campagnes. Son véhicule de 2007 la propulsait à 130 pour 90. Quant à son ami le facteur, il fut surpris à 135 pour 110. Pas sur son vélo. Il ne s’est pas musclé les cuisses à ce point là en arpentant les trottoirs de Neuilly. Non, au volant de sa voiture de tourisme.

 

Des débouchés pour un Espace Gordini

 

En Allemagne,  il existe des secteurs d’autoroute où la vitesse est libre. Ils ne sont pas plus accidentogènes que les autres. Les routes de la région Poitou-Charentes seraient-elles comparables à ces secteurs ? Sommes-nous autorisés à y rouler plus vite qu’ailleurs ? Franchement, je me suis posé la question. Madame Royal m’a toujours fait penser à Miss Marple. Le personnage d’Agatha Christie résout des énigmes en transposant les histoires de son petit village aux problèmes qu’elle rencontre ailleurs. Madame Royal imagine la France et le monde comme des reproductions agrandies de sa région Poitou-Charentes. Testerait-elle des vitesses plus élevées sur le réseau routier de son fief en rêvant de les exporter à d’autres échelles ? Je ne puis  inciter les lecteurs de cette modeste note à accélérer en Poitou-Charentes. J’ai déjà traversé cette belle région et les panneaux routiers m’ont semblé conformes à ceux du reste de la France. Je crois en fait que lorsqu’elle conduit, madame Royal compte ses kilomètres/heure avec la même approximation que ses voix au « P’rti S’cialiiiste » comme dirait le François Hollande des Guignols. Quand on n’est pas fait pour les chiffres…

 

Que conclure des petites infractions commises par nos politiques ? D’abord qu’ils  ne mettraient pas leurs vies ni celles de leurs concitoyens en danger inutilement. Ceux qui ne sont pas des extrémistes infréquentables sont des gens particulièrement responsables, raisonnables et avisés. Sinon ils ne brigueraient pas nos suffrages. Donc, ils considèrent purement et simplement que les limitations de vitesse constituent des mesures inutilement contraignantes  et ils ne prônent leur maintien que par pure démagogie électorale. Aucun des candidats suivis par AUTOhebdo ne croit manifestement que les limitations de vitesse  contribuent à la sécurité des Français. Sinon, ils mettraient tous un point d’honneur à les respecter.

 

Les Français sont majoritairement contre une aggravation des limitations de vitesse. Nos politiques aussi apparemment. Réjouissons-nous. N’oublions pas un élément complémentaire. L’industrie automobile française emploie 2 millions de personnes. Ce n’est pas rien, surtout dans le contexte actuel. Il faudrait peut-être se rendre compte que si l’automobile perd toute considération auprès de nos concitoyens et que personne ne l’associe plus à une notion de plaisir, elle se vendra de plus en plus mal. Et pour terminer ce texte d’un ton léger, suggérons à Carlos Ghosn de proposer un Espace F1 rebaptisé Espace Gordini F1 aux femmes et hommes politiques du monde entier. Ils aiment tant la vitesse. Ce véhicule devrait les séduire !

 

Thierry Le Bras