30.10.2007
LE CLAN VIVIA S’AMUSE
De l’usage inhabituel d’une GT Ferrari
Le Clan Vivia, c’est un ensemble de personnages de fiction apparus dans une série de romans policiers écrits par Thierry Le Bras. Tous entretiennent des liens étroits avec les Automobiles Vivia dont l’histoire est évoquée dans les archives de ce blog, d’où l’appellation un peu mystérieuse de Clan Vivia. L’avocat-pilote David Sarel est le héros principal de cette série, mais plusieurs de ses proches sont aussi des personnages récurrents de ces scénarii dont plusieurs se déroulent dans le milieu de la course automobile.
Parmi eux, Éric Trélor et ses fils, Arnaud et Fabien. Éric est lui-aussi avocat et gentleman driver. Il a transmis ses passions de l’avocature et de la compétition à son filleul et neveu David ainsi qu’à ses enfants. David est déjà associé au sein du cabinet d’avocats « Éric Trélor – David Sarel – Stéphane Larivière et associés ». Le cabinet, installé originellement à Lorient dispose aussi d’une antenne à Paris.
Arnaud, avocat stagiaire, suit tout naturellement la voie de son père Éric et de son cousin David. Et Fabien s’apprête à le faire. Étudiant en droit à la faculté de Rennes, il court déjà, principalement en course de côte et en rallye sur un Coupé Vivia 2000 groupe N.
L’anecdote rapportée ci-dessous se déroule à la Brasserie Piccadilly à Rennes. Rentrant de Paris à Lorient en voiture, Éric s’est arrêté à Rennes dîner avec son fils. Jérémie, lui-aussi étudiant et navigateur de Fabien en rallye, a aussi bénéficié de l’invitation. Bien sûr, la conversation s’oriente rapidement vers l’automobile.
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- Quand j’étais gamin, raconte Jérémie, j’avoue que je ne connaissais pas trop la gamme Vivia. Les voitures qui me faisaient vraiment rêver, c’étaient les Ferrari rouges.
- Comme presque tous les gosses, intervient Fabien. Moi, ça a été différent parce que je suis tombé dans la culture Vivia quand j’étais petit. Mais j’avoue que je ne reste pas insensible au charme des belles italiennes non plus.
Éric sourit en laissant un morceau de foie gras fondre sur sa langue en réjouissant son palais. Il déguste une gorgée de Saumur Champigny et prend la parole à son tour.
- La première Vivia n’étant née qu’en 1977, alors que j’avais 23 ans, j’ai eu pour ma part tout le temps d’admirer des Ferrari sans les considérer comme concurrentes potentielles de ma marque favorite. J’ai adoré la Daytona et aimé aussi la GTO, même si je lui préférais la Cobra.
- Est-ce qu’à l’époque de votre enfance et de votre adolescence, vous voyiez davantage de Ferrari et de belles GT sur les routes qu’aujourd’hui ? interroge Jérémie. Après tout, il n’y avait pas de limitations de vitesses, l’essence coûtait moins cher, c’était plus facile de frauder le fisc, c’était l’époque des 30 glorieuses. Alors, pourquoi les gens ne se seraient-ils pas laissés tenter ?
- Tu sais, il y avait aussi moins de voitures en circulation qu’aujourd’hui. Et puis, la Ferrari représentait un signe extérieur de richesse que peu de chefs d’entreprises ou de membres de professions libérales s’autorisaient en Bretagne. Durant les sixties, la plupart des personnes ayant les moyens d’acheter une très belle voiture se limitaient souvent à des berlines rapides, style DS 21, Alfa Roméo, BMW, Mercedes ou à la limite Jaguar. C’était sans doute un peu différent sur la Côte d’Azur et à Paris, mais chez nous, les Ferrari étaient rares. D’autant qu’elles ne jouissaient pas d’une réputation de fiabilité à toute épreuve à l’époque et qu’elles étaient très chères. De temps en temps, on voyait une Jaguar Type E, une Mercedes 280 SL cabriolet ou une Porsche 356 ou 911, mais les Ferrari, c’était vraiment très rare.
- Quelque part, c’est dommage, regrette Fabien. Ceux qui pouvaient se payer ça à l’époque pouvaient en profiter tous les jours. Maintenant, ce n’est plus la peine de rouler avec une super auto. Dès que tu touches à l’accélérateur, tu joues à la roulette russe avec ton permis. Heureusement qu’il reste les courses pour nous amuser.
- D’autant que les routes étaient sinueuses comme des spéciales de rallye, ajoute Jérémie. Accélération, freinage, rétrogradage, appui, ré-accélération en montant les vitesses collé au siège dans la symphonie d’un échappement rugissant… Le bon temps.
Les trois convives se taisent quelques instants, le temps de laisser le serveur découper l’énorme côte de bœuf qu’ils ont commandée. Fabien et Jérémie se servent généreusement en frittes et arrosent copieusement leurs assiettes de sauce au poivre. Ils ont trop jeunes pour qu’un accès alimentaire se paye aussitôt sur la balance.
- Donc, pas de Ferrari à Lorient quand vous étiez enfant ? questionne Jérémie en s’adressant au père de son ami.
- Il paraît qu’il y en a eu une, répond Éric, mais je ne l’ai pas vue. Elle n’est pas restée longtemps. L’histoire remonte aux sixties, une époque qui fait fureur actuellement comme le prouvent le succès du dernier album de l’admirable Sylvie Vartan et les compilations d’autres vedettes de cette époque comme Sacha Distel, Petula Clark, Cloclo, et j’en oublie. Sans oublier les nombreuses biographies des vedettes qui ont fait cette période où la France vivait dans un espèce de tourbillon d’enthousiasme et d’insouciance. Sylvie Vartan, France Gall, Nana Mouskouri, Charles Aznavour, passent des rayons CD aux rayons livres avec le même bonheur. J’ajouterai entre autres Johnny qui évoque dans un album des voitures et des motos de légende dont plusieurs firent fureur ces années-là. Pour en revenir à notre Ferrari lorientaise, ce fut un garagiste qui raconta l’histoire à mon grand-père en 1965. Il paraît que la concession Fiat vendit cette année-là une voiture rouge issue des ateliers de Modène à un client qui sortait d’une DS 21. Cette Citroën n’était livrée qu’avec une boîte automatique. Lorsque le client prit livraison de sa Ferrari, le concessionnaire lui rappela qu’il ne fallait pas oublier de débrayer. Il ajouta qu’il ne devait pas rouler trop vite pendant le rodage et la ramener à mille kilomètres pour la première livraison. Le client est parti, fier comme Artaban. Qui sait si sa femme ne lui a pas reproché de se prendre pour Fangio à la première accélération ?
- Il réalisait sans doute le rêve de sa vie, observe Fabien.
- Pour lui, réaliser son rêve se révéla aussi cruel que le poursuivre en vain, enchaîne son père. Car quelques jours plus tard, le client revint, fort mécontent. La voiture n’affichait que sept cents kilomètres au compteur. Mais notre Ferrariste trouvait qu’elle n’avançait pas. « Je ne peux pas dépasser le 90 », se lamenta-t-il. Surpris, le patron du garage monta à côté de lui pour un essai. Et il comprit ce qui se passait. L’homme débrayait bien pour passer la première, démarrer, puis s’arrêter. Mais entre temps, il ne s’occupait que de l’accélérateur et du frein, persuadé que les vitesses passaient toutes seules. Il n’avait pas compris que la boite mécanique de sa Ferrari n’avait rien à voir avec la transmission automatique de la DS.
Fabien et Jérémie éclatent de rire.
- L’histoire rapportée par mon grand-père se termine par un divorce entre l’homme et sa machine, conclut Éric. Il aurait vendu sa belle GT rouge, dont le moteur était rincé après les sur-régimes quotidiens en première, pour racheter une DS 21. Je ne sais pas où la Ferrari a été vendue. En tout cas à l’époque, je ne l’ai jamais vue dans les rues de Lorient.
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Vous aimez les émotions que procurent les plus belles automobiles et la compétition ? Vous souhaitez les retrouver dans des fictions ?
Vous êtes curieux de retrouver Éric, Fabien et Jérémie aux côtés de David Sarel dans des aventures captivantes et pleines de suspense ?
C’est possible, découvrez les nouvelles et romans rédigés par Thierry Le Bras qui mettent en scène l’avocat –pilote David Sarel :
- des nouvelles (fictions courtes) et des docu-fictions sont en ligne dans les archives de ce blog ;
- les romans, pour l’instant « Circuit mortel à Lohéac », « Faits d’enfer à Carnac » et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » ont été édités par les Éditions Astoure (diffusées par Breizh).
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