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09/10/2006

SOUVENIRS DU MANS : 1965 (2)

SOUVENIRS DU MANS 1965 (2) :

« Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,

la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, sera bientôt disponible. Rappelons que ce livre sera préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. Mais en attendant de découvrir ce roman, les personnages de l’univers de David Sarel vont évoquer sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.

SUITE DU TEXTE MIS EN LIGNE LE 7 OCTOBRE 2006

            Cette année 1965, les 24 Heures du Mans se déroule les 19 et 20 juin. Grand-père Victor a décidé d’organiser quelque chose de spécial pour son petit fils et son copain.

            - Je vais transformer la salle à manger et le salon en mini-circuit des 24 Heures, a-t-il annoncé à Régine quelques jours plus tôt.

            Habituée aux sympathiques excentricités de son compagnon, Régine n’a pas protesté. Elle s’est contentée de lui demander de préciser son idée.

            - Je vais leur monter dans le séjour une piste proche de celle du Mans à partir de leurs Scalextric. J’achèterai d’autres éléments de pistes s’ils n’en ont pas assez. Ils vont inviter deux copains. Comme ça, Éric et Freddy formeront une équipe et les deux autres une autre.

            - Prévois des pièces de rechange s’il y a de la casse, a conseillé Régine.

            Le samedi midi, tout était prêt lorsque Éric, Freddy, André Lebreton et Stéphane Paulin arrivèrent à l’appartement de la rue du Maréchal Foch à Lorient. Aujourd’hui encore, Éric et Freddy se souviennent de ce fabuleux week-end.

            - Non seulement mon grand-père avait monté une piste dans le séjour, se souvient Éric, mais il avait déménagé le salon pour installer un mini paddock. Il avait construit deux répliques de remorques de camions ateliers (sans les roues quand même) en contre-plaqué et en carton. Celle de notre équipe était peinte en bleu et blanc, et celle de nos copains en rouge. Il fait dire que Freddy et moi, nous étions pour Ford alors que nos copains préféraient Ferrari. Les répliques étaient à peu près de la taille de tentes canadiennes. Le jour, elles étaient censées nous servir d’atelier. La nuit, nous avons dormi dedans sur des matelas pneumatiques.

            Sur la piste du circuit électrique, Éric et Freddy pilotent une AC Cobra. Leurs copains André et Stéphane héritent d’une Ferrari GT.

            - Mon grand-père avait tout organisé, précise Éric. Nous disputions une manche d’un quart d’heure toutes les deux heures de 17 heures à 23 heures, puis de 9 heures à 15 heures. les pilotes se relayaient au milieu de chaque manche et nous profitions de l’arrêt pour changer de côte de la piste. Cela nous laissait le temps de suivre les reportages télévisés et radiophoniques consacrés à la course. De temps en temps, nous allions aussi jouer au ballon et au badminton dans la cour derrière l’immeuble. Freddy et moi étions assez passionnés pour passer tout le  week-end à ne nous occuper que de voitures, qu’elles soient grandes ou petites, mais nos camarades n’auraient sans doute pas apprécié.

« Nous avons passé un super week-end. Bien sûr nous avons gagné. Nous étions beaucoup plus entraînés au pilotage de mini-bolides que Stéphane et André.

Et la vraie course, direz-vous ? Éric s’en souvient encore.

            - Nous étions en plein duel Ford – Ferrari. L’ambiance était très chaude entre les deux marques. La bagarre dépassait la simple rivalité sportive. Ford avait voulu acheter Ferrari. Henry Ford II lui-même croyait l’affaire dans la poche. Mais les négociations avaient capoté, sans doute parce qu’Enzo Ferrari, le Commendatore, voulait rester le patron de l’activité compétition alors que Ford entendait la contrôler. Il se disait aussi qu’Enzo Ferrari n’avait jamais voulu vendre à Ford. Il se serait contenté de susciter une offre qui donnait un prix à sa marque, un prix qu’il demandera à FIAT s’il avait trop besoin d’argent pour maintenir son écurie au sommet. En tous les cas, à Détroit, Henry Ford II avait décidé qu’il écraserait Ferrari au Mans. Henry Ford voyait rouge à cause de Ferrari !

« Ce n’était qu’une question de temps. Ford gagnerait dans la Sarthe, soit dès 1965, soit douze mois plus tard. Pour l’heure, 6 GT 40 dont 2 à moteurs 7 litres allaient affronter 3 Ferrari 330 P2 officielles, 2 365 P2 confiées à des écuries privées, et 5 250 LM privées. Avantage à Ford aux essais et en début de course. La première Ferrari se fait même voler la vedette par la Maserati de Jo Siffert. Mais au bout de 6 heures de ronde, il ne reste plus de Ford. Elles ont toutes succombé à des problèmes mécaniques, boite, embrayage, joint de culasse… Les choses ne vont pas beaucoup mieux à la Scuderia. Les P2 sont à leur tour victimes d’avaries, de telle sorte que le jour se lève sur un duel de Ferrari 250 LM privées. Jochen Rindt et Masten Gregory sauveront finalement l’honneur de Maranello alors que personne ne les voyait sur le podium compte tenu de la différence de performances entre leur modeste 250 LM et les prototypes officiels. En GT, la Ferrari 275 GTB des Belges Mairesse et Beurlys l’emportent, suite à une hécatombe ayant frappé les fabuleuses Cobra.

«  Mais Ford avait bousculé le cheval cabré. Dès l’année suivante, les Ferrari céderaient lors de la partie de bras de fer engagée par leur adversaire américain doté de moteurs musclés et suffisamment résistants cette fois.

A suivre… Bientôt, les souvenirs d’Éric et Freddy au Mans 1968…

Au cas où vous ne connaîtriez pas encore David Sarel, le héros de fiction des romans policiers écrits par Thierry Le Bras et publiés aux Éditions Astoure ((cf : http://astoure.site.voila.fr ), il n’est bien sûr pas trop tard pour découvrir les deux premiers romans de la série, Circuit mortel à Lohéac et Faits d’enfer à Carnac.

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