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12/06/2006

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LE MENTAL D’UN PILOTE

         Le Team Vivia va vivre dans les prochains jours un épisode capital de son histoire. Outre le défi sportif qui fait partie du jeu normal de la compétition, le Clan Vivia doit gérer sa sécurité face aux menaces incessantes adressées à ses membres depuis six mois.

         Le journaliste Sébastien Ménier vivra la semaine du Mans à l’intérieur du Clan Vivia. David Sarel accepté de répondre à ses questions.

SM : Avant de parler plus précisément des 24 Heures, quelques questions sur ce que ressent un pilote. D’abord, qu’est-ce qui fait qu’un pilote va vite, qu’il est devant les autres ?

DS : Pour être devant, il faut d’abord avoir très envie de gagner, le vouloir plus que les autres. C’est largement une question de volonté.

SM : Mais tous les pilotes ont envie de gagner.

DS : Certains plus encore que d’autres. Il ne faut jamais se relâcher, se concentrer à fond, ne penser qu’à ça à partir du moment où tu arrives sur le circuit, te dire qu’il n’y a aucune raison pour que quelqu’un reste devant toi. Un pilote, c’est ¨par définition un égoïste. Dès qu’il arrive sur le circuit, il doit fédérer l’énergie de l’équipe autour de lui et donner le maximum.

SM : Qu’est-ce qui fera la différence entre plusieurs compétiteurs acharnés disposant du même matériel ?

DS : Cette volonté de gagner justement, comme dans tous les sports. Pourquoi un garçon comme Rafaël Nadal gagne-t-il autant de matchs ? Parce qu’il le veut plus que n’importe qui. Parce qu’il sait se faire mal pour aller gagner des points. Parce qu’il analyse le match et son adversaire. Parce qu’il montre à l’autre qu’il en veut et qu’il va le bouffer. C’est pareil en course auto. Tu dois montrer aux autres que tu es là pour gagner. La victoire, c’est d’abord une question de mental.

SM : Et les aléas ?

DS : Ils sont toujours possibles en sport mécanique. Tu n’es jamais à l’abri d’un incident technique. Ni d’une évolution d’une voiture qui offre à ton concurrent un matériel supérieur au tien. Mais même quand tu es dominé, il faut t’accrocher et te battre. Ton concurrent peut sortir de la piste, casser son moteur… Plus tu le pousses, plus tu vas l’amener à tirer sur la mécanique et à prendre des risques. Et dans une course d’endurance, si tu as pépin, tu peux toujours te dire que tant que la voiture roule, tu conserves des chances. Le sort frappera peut-être tes adversaires avant l’arrivée.

SM : La chance joue-t-elle un rôle ?

DS : Il faut bien reconnaître que oui. Elle intervient principalement avant la course, au moment du jeu des chaises musicales pour les baquets. La course aux sponsors conditionne le déroulement d’une saison. Et là, certains facteurs incontrôlables troublent le jeu. Si un pilote a rendez-vous avec un sponsor à 10 heures et qu’à 9 heures 30, le chef d’entreprise qui le reçoit s’est engueulé avec sa femme, s’est fait larguer par sa maîtresse, a perdu un gros marché ou vient d’apprendre par le représentant syndical qu’une grève s’annonce dans son usine, l’entretien sera difficile quelle que soit la volonté du pilote de convaincre son interlocuteur. Si au contraire, celui qui le reçoit vient d’apprendre que son fils sort major de sa promo, ça se passera beaucoup mieux. Mais de toute façon, celui qui décroche des contrats, c’est quelqu’un qui sait se battre pour convaincre. Il repart à la conquête de nouveaux partenaires quand il reste sur la touche. S’il garde la rage de vaincre et de convaincre, il aura cent fois plus de chances d’y arriver que celui qui se laisse vivre.

SM : Considères-tu que tu as eu ta part de chance dans le milieu du sport auto ?

DS : A l’évidence oui. Le Clan Vivia m’a donné ma chance de faire mes preuves en compétition quand j’étais encore étudiant. Maintenant, je cours régulièrement en GT au plus haut niveau. Mais dès que je monte dans la voiture, je fais tout pour gagner. Même quand je me bats contre la Corvette de Jan Magnussen ou l’Aston Martin de Stéphane Ortelli, je ne fais aucun complexe.

SM : La Vivia LM GT1 te semble-t-elle à la hauteur de tes ambitions ?

DS : C’est une excellente voiture. Je pense que nous pourrons tenir le rythme des Aston et des Corvette. Le Mans a changé. Il n’est plus question de faire une course d’attente en attendant que les autres cassent. Il faut rester au contact, accepter l’épreuve de force dès les premiers tours de roues. Je prévois une lutte de Titans en LM GT1. Tant mieux. On va se faire plaisir derrière le volant.

Nous ne vous en dirons pas beaucoup plus sur la prochaine aventure de David Sarel qui se termine aux 24 Heures du Mans 2006. Pour tromper votre impatience, nous vous invitons à lire ou à relire les premières aventures de David Sarel, le héros de fiction particulièrement attachant dont Thierry Le Bras raconte les aventures dans ses romans parus aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ) , notamment « Circuit mortel à Lohéac » et « Faits d’enfer à Carnac ».

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