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14/03/2008

F1 : PÈRES ET FILS (2)

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DOCU - FICTION

Fils d’ancien de la F1, un avantage ou non pour un jeune pilote ? L’ancien champion Freddy Vivien répond sans détour au journaliste Sébastien Ménier.
(suite du texte mis en ligne le 13 mars 2008)


Freddy et Sébastien appartiennent à un univers de fiction, celui de l’avocat-pilote David Sarel. Mais leurs propos s’appliquent aussi à la réalité.

Sébastien Ménier : la présence de la mère des pilotes te paraît-elle opportune ?
Freddy Vivien : c’est un peu compliqué. Le sport automobile comporte certains risques. Je me rappelle que la grand-mère de Kimi est venue sur une course l’année dernière et que le champion du monde 2007 n’a pas voulu qu’elle revienne sur d’autres circuits parce qu’il a considéré que c’était pénible et stressant pour elle. C’est trop dur pour une mère ou une grand-mère. Bon je parle des gentilles grand-mères. Ceux dont la grand-mère ressemble davantage à Tati Danièle qu’à Mamie Nova ou à la grand-mère qui sait faire du bon café ne se sentiront pas vraiment concernés. De toute façon, ce qui leur sert de grand-mère ne risque pas de porter beaucoup d’intérêt à leurs exploits. Mes propos s’appliquent donc aux privilégiés dont les familles fonctionnent selon des modèles harmonieux.

Sébastien Ménier : ton épouse t’accompagnait-elle lorsque tu courais en F1 ?
Freddy Vivien : ma femme, Daniéla, venait peu sur les circuits de F1. Elle disait, ça va trop vite. En plus, elle avait sa propre carrière dans le spectacle à gérer. Et aussi, surtout même serais-je tenté de dire, elle essayait de rester avec les enfants pour amortir le choc au cas où il m’arriverait quelque chose. D’ailleurs, si Aurélien vit pour la course, notre fils aîné Pascal n’a jamais voulu courir. Il a choisi le métier de sa mère. Je sais très bien qu’il a eu peur à chaque épreuve quand je courais en F1 et que maintenant, il craint pour son petit frère. Mais comme la sécurité a beaucoup évolué depuis l’époque où j’étais en F1, je m’efforce de rassurer ma femme et mon aîné. N’empêche qu’ils passeront un mauvais week-end jusqu’à l’arrivée de la course dimanche matin. La course auto, c’est un truc d’égoïste. Elle procure des plaisirs incomparables aux pilotes, mais elle fait trembler ceux qui les aiment.

medium_vivia.7.jpgSébastien Ménier : tu t’es trouvé à plusieurs reprises sur la même piste que ton fils. Qu’as-tu ressenti ?

Freddy Vivien : et même dans la même catégorie, au Mans et dans des épreuves du championnat LMS. En 2006 (1) aux 24 Heures par exemple, je partageais une Vivia Côte Sauvage LMGT2 avec Éric Trélor et son fils Arnaud – une histoire de famille décidément - tandis qu’Aurélien courait avec Stéphane Dréan et Didier Caradec sur une voiture identique engagée par le Team Hervieux. Je crois objectivement que ma présence mettait Aurélien sous pression. Inconsciemment, il avait envie de voir ce qu’il valait par rapport à moi. Il a scrupuleusement respecté les consignes d’équipe de Denis Vaillant, son Team manager. Mais quand Denis lui a laissé la possibilité de se lâcher aux essais du mercredi soir sous la pluie, il a réalisé quelques tours d’équilibriste pour se prouver qu’il allait très fort, qu’il était un futur champion.

Sébastien Ménier : et toi, père de pilote, comment analyses-tu les qualités de ton fils et où le situes-tu dans le peloton cette saison ?
Freddy Vivien : si on en croit les essais hivernaux, les Priceley semblent juste derrière les Ferrari et les McLaren et un peu mieux que les poursuivants, ou peut-être à la lutte avec les Williams, les BMW, voire d’autres voitures qui créeraient la surprise. Donc, les gros points semblent jouables rapidement. Aurélien a un caractère plus dur que moi à son âge. Je sens chez lui à la fois la hargne et la joie de piloter, un peu comme chez Nico. Ils sont tous les deux des pilotes intellos qui étaient brillants en étude et n’éprouvent aucune difficulté à mettre leurs facultés intellectuelles au service de la réussite en course. Aurélien veut tout bouffer. Moi aussi, mais je le montrais moins. Au niveau style de pilotage, c’est un attaquant, mais comme il sait réfléchir et se servir de sa tête, je suis persuadé qu’il saura se maîtriser comme il l’a fait dans les autres disciplines.

Sébastien Ménier : tu parles d’autres disciplines. Inclus-tu dans ta réflexion les courses autres que la monoplace ? Tu as en effet encouragé Aurélien à courir en GT et en proto.
Freddy Vivien : naturellement. Maintenant, la plupart des jeunes pilotes passent par les formules de promotion, font du GP2 et, pour certains, accèdent à la F1 sans avoir jamais couru dans une voiture fermée ni un proto. De mon temps, nous étions beaucoup plus éclectiques. Moi, j’ai commencé par la course de côte et le rallye et j’en ai fait jusqu’à la F2. J’ai aussi couru Le Mans en GT et en proto à cette période. J’ai retiré plusieurs enseignements de ce parcours. D’abord, gérer mes propres programmes, fût-ce avec une voiture du groupe 1 dont les budgets n’avaient rien à voir avec ceux d’écuries de F1. Ça t’aide à prendre les choses au sérieux. Pas à te prendre au sérieux, mais à réaliser que tu es responsable de prestations à servir à tes partenaires financiers, de salaires à verser à l’équipe, de frais généraux à honorer. Un pilote doit parfois penser aux intérêts de l’équipe avant les siens, à se taire quand quelque chose ne va pas, à aider son équipier à gagner dans l’intérêt de l’équipe si nécessaire. En endurance, tu te disciplines à ce niveau. Si ton équipier a placé la voiture en pole et que tu penses qu’il est inutile d’essayer de faire mieux, tu vas finir les essais sans chercher à le battre à tout prix. On ne met pas une voiture dans les rails pour satisfaire son ego. Ce serait stupide. J’ai donc favorisé la participation d’Aurélien à des courses d’endurance pour qu’il apprenne tout ça. J’avais fait la même chose avec Damien Brémant dont je suis aussi l’agent. Aurélien et Damien ont même participé à des courses de côtes quand ils avaient 19 ou 20 ans. Comme ça, ils se sont frottés à des tas d’autres pilotes, de tracés, de conditions météorologiques, ils ont parcouru des kilomètres en course, appris à se défoncer et constaté qu’ils n’étaient pas les seuls capables d’aller vite.

(1) cf Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans

A suvre ...
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La F1 nous offre parfois des scénarios pleins de suspense. Les enjeux financiers comme les stratégies d’investissement les plus sauvages y jouent un rôle considérable.

Vous aimez les émotions que procure la course automobile et vous souhaitez les retrouver dans des fictions ?

medium_186_1_.3.gifC’est possible, découvrez les romans rédigés par Thierry Le Bras qui mettent en scène l’avocat –pilote David Sarel.



medium_COUV_CHICANES_ET_DERAPAGES.12.JPGPour l’instant, les titres suivants sont disponibles : « Circuit mortel à Lohéac », « Faits d’enfer à Carnac » et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans » ont été édités par les Éditions Astoure (diffusées par Breizh).

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