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19/02/2008

LE SPORT AUTOMOBILE CONTRE LE RACISME

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Lewis Hamilton a été victime d’injures racistes lors des essais privés à Barcelone


Les pilotes de F1 sont des stars. Leurs fans se passionnent pour leurs exploits. Certains d’identifient à eux. Mais lorsque des supporters vivent leur amour de l’idole comme un phénomène religieux, attention aux dérives et aux excès. Les religions souffrent des extrémistes. Le sport aussi. Et le fanatisme risque de les conduire non seulement à bâtir des cathédrales au « dieu » vénéré, mais aussi à brûler ceux qui, à leur sens, lui portent ombrage.



C’est ce qui s’est passé à Barcelone. Loin de moi l’idée de vilipender le public espagnol. Il se conduit généralement de manière très courtoise. Jamais par exemple les supporters de Rafaël Nadal ne se sont montrés irrespectueux, même lorsque leur joueur préféré était en difficulté. Roger Federer peut venir jouer en Espagne, il sera bien accueilli. Rafa, authentique seigneur du sport, donne d'ailleurs l’exemple à ses supporters en affirmant sa sympathie et son estime pour son plus redoutable rival et en se comportant en toutes circonstances en gentleman.

Sur le circuit de Barcelone, certains prétendus amateurs de F1 ont laissé transpirer leur haine du rival. Ils l’ont exprimée de la manière la plus basse qui soit, l’arme des imbéciles, le racisme.

Les stades de foot subissent trop souvent cette abomination. Jusqu’à présent, le sport automobile y avait échappé. Lewis est, il est vrai, le premier homme de couleur à courir en F1. En plus, il s ‘affirme d’entrée parmi les meilleurs de la discipline reine au point de se battre dès sa première saison pour le titre. De quoi ennuyer certains bien sûr. Ceux-là doivent enrager cette année en voyant une femme (Hillary Clinton) et un autre homme de couleur (Barack Obama) en position d’accéder à la présidence des Etats-Unis. Qu’ils ne déversent pas pour autant leur illégitime et stupide colère sur les stades ni sur les circuits, ni ailleurs ! A défaut de comprendre que le monde change, qu’ils réfrènent au moins leurs bas instincts.

La haine, un sentiment que décrivit fort justement Michel Sardou dans une chanson poignante :

Elle a la gueule d'un centurion,
Les yeux d'Hitler ou d'Attila,
Le masque de la religion,
Le sourire de Caligula.
Elle peut sortir d'une voiture,
Le poing levé sur la fureur,
Vomissant des torrents d'injures
En arborant le bras d'honneur.
Elle a le rictus de la hyène,
La haine, la haine, la haine.

Fille bâtarde de l'amour,
De la peur, de la jalousie,
Elle a engendré à son tour
La torture et la calomnie,
La haine.
Elle met des cagoules qui font peur,
La djellaba du black mosslem,
La haine, la haine.


Pas très belles les manifestations de la haine !

Malgré l’indifférence d’une partie de la presse (une observatrice obsédée par un autre pilote ne vit qu’un seul « agitateur » et s’amusa « des banderoles caustiques et teintées d’humour s’attaquant à McLaren et Hamilton »…), malgré le peu d’intérêt de Bernie Ecclestone, la FIA réagit.

Max Mosley fut avocat avant de se consacrer à d’autres fonctions. Le respect de l’être humain est sans doute plus cher à son cœur qu’à celui du grand argentier de la Formule 1.

La FIA lancera donc le 27 avril prochain, lors du Grand-Prix d’Espagne, une campagne « Racing Against Racism », Courir Contre le Racisme.

« La F1 est un sport global et multiculturel qui n’a jamais jusqu’alors rencontré ce type de problème, a annoncé un de ses porte-parole. Et la FIA ne le tolérera plus dans le futur. Nous encourageons tous ceux qui voudront soutenir notre campagne depuis les récents champions du monde jusqu’aux jeunes espoirs. »

Souhaitons en effet qu’aucun incident comparable à ceux de Barcelone ne se produise plus. A défaut, une solution existe, comme en football. Le retrait de points au concurrent dont les adorateurs dérapent et à son écurie.
_______
Compte tenu de la gravité du sujet, je ne terminerai pas cette note par un renvoi vers des sites et magazines que j’aime.

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Commentaires

le retrait des points ??
Non Thierry

impossible car trop facile.

Il suffit d'envoyer volontairement chez ton ou tes concurrents une armée d'imbéciles gracieusement rémunérés.

Et le tour est joué....

D'ailleurs c'est comme pour l'affaire de l'espionnage entre Ferrari et Mc Laren!

Difficile d'imaginer deux ingénieurs s'échanger 800 Pages pour aller lesxphotocopier comme le simple blaireau de base au copy top du coin et ce à l'heure ou les hommes de la technique ne vivent qu'avec leurs sacrées chéres informatique...

Non

Et les fameuses petites merveilles magiques qui permettent tout ABSOLUMENT TOUT.. Les clés USB !! Curieusement oubliées ?????

Ni vu ni connu, tu te l'échanges aprés une petite bouffe entre potes discrétos en allant par exemple faire ... pipi !!!

Écrit par : gilles gaignault | 21/02/2008

Il est toujours difficile d’appliquer une sanction, que ce soit en matière sportive ou pénale.

Le risque de manipulations existe, certes. N’oublions pas toutefois que les auteurs d’insultes racistes s’exposent aussi à des sanctions pénales très lourdes (peines d’emprisonnement) de nature à réfréner les ardeurs de faux agitateurs.

Il ne s ‘agirait bien sûr pas d’appliquer automatiquement un barème. Une telle sanction ultime supposerait une instruction réelle et un double degré de juridiction. En outre, supposer que les écuries s’en serviraient pour pénaliser des rivales signifierait leur accorder bien peu de crédit. Des déclarations de quelques acteurs de la planète F1 invitant leurs supporters à un comportement correct suffiraient sans doute à tuer le problème dans l’œuf. Seulement, elles ne viennent pas. A ma connaissance en tout cas. A défaut, nul doute que la menace de pertes de points n’aurait même pas à être invoquée devant une instance sportive. Chaque supporter « « « turbulent » » » se calmerait immédiatement dans l’intérêt bien compris de son idole.

Quant à l’espionnage dont fut victime Ferrari, il donne lieu à des enquêtes pénales qui nous apprendront sans doute des choses surprenantes.

Le fait que l’affaire se déroule dans le monde du sport et dans un contexte très passionnel a troublé la perception de la gravité de l’espionnage :
- n’oublions pas qu’actuellement un ex-ingénier de chez Michelin est en détention provisoire pour avoir proposé des informations à un concurrent – des faits quasi-identiques au Stepney Gate, mais dans le domaine de l’industrie - et que les infractions pour lesquelles il est mis en examen l’exposent à une peine maximale de 15 ans de rétention ;
- n’oublions pas non plus que l’espionnage en matière de F1 a pour finalité d’améliorer artificiellement les performances d’une écurie et de ses pilotes. Autrement dit, le but est exactement le même que celui du dopage dans d’autres sports comme le cyclisme et l’athlétisme. Seulement dans le cyclisme et l’athlétisme, la sanction sportive est généralement d’au moins deux ans de suspension, voire pire. L’athlète américaine qui subit en ce moment les foudres de sa fédération et de la justice de droit commun l’expérimente cruellement à ses dépens.

Quant à l’utilisation d’une méthode de transfert du fruit du piratage à l’écart des technologies de pointe, elle ne saurait constituer une preuve à la décharge des personnes mises en cause. Je rappellerai que c’est justement grâce aux petites merveilles de la technologie que l’affaire d’espionnage mettant en cause Renault a éclaté. Alors, le recours aux bonnes vieilles méthodes a sans doute du bon…

J’ajouterai encore que l’usage des mails se révèle fort intéressant en l’espèce. Et les mails échangés entre deus pilotes de l’écurie bénéficiaire des fuites d’informations révèlent qu’un ingénieur et ces deux pilotes connaissaient des données échangées entre Stepney et Coughlan et, pire encore, qu’ils en demandaient d’autres !

Je n’ai jamais cru à une quelconque responsabilité de Ron Dennis ni de Lewis Hamilton dans cette affaire. Je l’ai écrit plusieurs fois – et ça m’a souvent valu de vives critiques, que dis-je, des bordées d’insultes Je reste convaincu que le patron de McLaren est victime d’indélicatesses organisées dans son dos par quelques salariés indélicats. Mais par essence, la mission d’un patron le rend civilement – voire parfois pénalement – responsable de ses salariés.

J’ai déjà mis en ligne une analyse juridique de cette affaire, un peu longue, mais envisageant tous les aspects et conséquences possibles du Stepney Gate :
http://circuitmortel.blogs.myfreesport.fr/archive/2007/09/18/pour-comprendre-la-décision-du-conseil-mondial.html
(note du 18 septembre dans les archives du blog si le lien ne passe pas à l’écran)

Écrit par : Thierry | 21/02/2008

Ron Dennis??

Il semble acquis en Allemagne !!! que ses jours soient doréanavant comptés...

Il est vrai qu'il ne détient plus quez 15% de Mc Laren , le pauvre !!!!

Et que c'est le groupe Daimler Benz qui détient 70% , le reste étant propriété du groupe TAG ( Mansour Ojjeh)

Écrit par : gilles gaignault | 26/02/2008

Le sort de Ron Dennis à la tête de McLaren est-il scellé ? Peut-être. Pas certain pourtant. Loin s'en faut. Car écarter un patron de team en cours de saison ne relèverait sans doute pas de la meilleure gestion. Or celle de Daimlet Benz me semble - je dis bien, me semble - plutôt rigoureuse et avisée.

En tout état de cause, un éventuel jeu capitalistique aboutissant à la mise à l'écart d'un actionnaire minoritaire ne saurait constituer une quelconque preuve devant des juridictions pénales. Dans ces affaires judiciaires, Ron n'est évidemment pas le personnage le plus en danger.

Faut-il brûler ce que le monde de la F1 a adoré pendant tant d'années ? Un homme contre qui rien n'est prouvé et qui n'est mis en cause qu'en sa qualité d'employeur de salariés de luxe fort indélicats. Est-ce seulement cohérent dans une vision négationniste des actes d'espionnage contre Ferrari ? Personnellement, je ne le pense pas.

Comme je ne crois pas non plus que le discrédit qui a éclaboussé les Gris lui soit imputable. La seule manoeuvre que je lui reprocherai en 2007, c'est le recours après le Brésil.

En 2007 justement, c'est une autre tête au sein de ce team que réclamait The Bild en septembre. Quoi qu'il en soit, les éventuels "power games" au sein de McLaren fourniront sans nul doute matière à des développements, analyses, débats et combats fort intéressants.

Écrit par : Thierry | 26/02/2008

Ron Dennis sur le départ ?

De nouvelles informations sur le sujet viennent de tomber.

McLaren et Mercedes démentent. "Ce n'est que pure spéculation, déclare un porte-parole de Mercedes sur RTL en Allemagne. La situation actuelle est bien connue et ne sera pas modifiée. Cela veut dire que l'équipe de management ne changera pas,"

McLaren confirme la position de la firme à l’étoile.

Et Bernie Ecclestone déclare dans les colonnes du Mirror que Ron Dennis est un actionnaire qui a le soutien des autres actionnaires.

Devinez d’où venait la nouvelle rumeur dénigrant Ron ? D’Espagne bien sûr. Est-ce par hasard qu’elle est lancée par les compatriotes d’un ex-salarié de luxe du Team McLaren dont la présence n’était plus jugée utile ?

Il faudrait être bien naïf pour le croire.

En laissant ce salarié de luxe sous contrat partir où il voulait sans contrainte ni contrepartie financière, Ron Dennis a lancé un message clair au monde de la F1. Ce type m’a beaucoup déçu. Il n’apporte pas ce pour quoi il se fait payer une fortune. Il est globalement nuisible au sein d’une équipe. Croyez moi, j’ai payé assez cher pour le savoir. Si vous êtes un top team et que le voulez, prenez le, avec le bordel qu’il mettra chez vous, ça vous écartera de la lutte au plus haut niveau pendant un moment.

La pire humiliation que Ron pouvait infliger au triste sire.

J’avais cité des paroles de Michel Sardou, celles de la chanson LA HAINE dans ma note initiale consacrée au SPORT AUTOMOBILE CONTRE LE RACISME.

Alors, je vais recommencer avec un autre titre d’un des chanteurs préférés des Français, SELON QUE VOUS SEREZ, ETC, ETC …

Il y a la rumeur provinciale
Qui prend l'allure phénoménale
D'un drame humain considérable
Multiplié par Ies médias
Lorsque l'attaque et la défense
Se risquent au jeu de l'éloquence,
Il faut des hommes irréprochables
Ou dans le doute on s'abstiendra

Les adorateurs d’une personnalité pour la gloire de laquelle ils s’attaquent au dirigeant de McLaren et à son pilote vedette devraient se montrer circonspects.

Les injures racistes contre le pilote anglais qui est un homme de couleur ont indisposé les habitants du pays où le slogan « touche pas à mon pote » a fait un tabac.

Le dieu vivant de certains supporters espagnols, son nouveau patron, leurs fan-clubs, certain(e)s journalistes transformé(e)s en prédicateurs de SAS (son altesse sérénissime) auraient dû lancer un appel au calme. Ils s’en sont bien gardés. Pire, ils minimisent les faits. Et ça, c’est plus qu’une rumeur, ce sont des attitudes d’hommes qui ne sont pas irréprochables et qui dans le doute auraient mieux fait de s’abstenir.

Écrit par : Thierry | 28/02/2008

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