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28/04/2007

DAVID SAREL RACONTE UNE BONNE BLAGUE

D’AVOCAT

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Cette scène s’est déroulée l’été dernier dans la propriété de David à Ploemeur. Après une journée chargée au bureau, David Sarel, son parrain et associé Éric Trélor et Arnaud Trélor, fils d’Éric et avocat stagiaire au cabinet « Éric Trélor, David Sarel, Stéphane Larivière et associés » sortaient de la piscine et dégustaient un long drink dans le jardin avant de dîner.

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« Un client m’en a raconté une bonne ce matin, lança David. Une blague sur les avocats. »

- Un argument choc pour justifier que les clients ne payent pas leurs honoraires, plaisanta Arnaud qui, quoique jeune dans le métier, a déjà compris à quel point il faut se méfier de la rouerie des clients, spécialement lorsqu’il s’agit de petits patrons.

- Peut-être, au second degré, admit David. C’est l’histoire d’une querelle entre Saint-Pierre et le Diable. Contrairement à une croyance fort répandue, l’enfer ne se trouve pas sous terre, mais au ciel, aux frontières du Paradis. L’enfer et le paradis sont donc mitoyens.

- Il est vrai que déjà sur terre, il faut peu de chose pour passer du paradis à l’enfer ou vice-versa, intervint Éric en souriant.

- Et justement, Saint-Pierre et le Diable craignent que leurs pensionnaires s’influencent, reprit David. Les filles de l’enfer tentent les hommes qui sont au paradis. Les conditions de vie au paradis amènent les habitants de l’enfer à revendiquer auprès du Diable, notamment sur le fonctionnement de la climatisation. Ils menacent de créer un syndicat, d’exiger une convention collective. Les uns et les autres sont tentés de franchir la frontière de temps en temps. Un cauchemar pour Saint-Pierre comme pour le Diable.

- Ah, les problèmes de mitoyenneté, soupira Arnaud qui se souvenait encore des nombreuses jurisprudences étudiées en droit civil lorsqu’il était à la fac.

- Donc un jour, Saint-Pierre et le Diable se sont réunis. Après discussion, négociations et concessions réciproques, ils ont convenu et arrêté le principe de la construction d’un mur mitoyen entre l’enfer et le paradis. Chacun vivrait chez soi sans troubles de voisinage. Le mur fut rapidement édifié.

- Pas de retard dans la construction ni de malfaçons ? s’enquit Éric.

- Aucun. Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. La paix entre l’enfer et le paradis, pensa candidement Saint-Pierre.

- Pas pour longtemps je présume, déclara Arnaud. Le Diable est comme certains petits clients. Rien ne vaut moins que sa parole à part bien sûr sa signature.

- Exact ! renchérit David. Le Diable ne résiste pas au besoin de faire le mal. C’est une de ses faiblesses. Remarque bien que certains de nos adversaires et même quelques clients lui ressemblent. Sans parler de la morue, l’ignoble poufiasse qui servit de seconde épouse à mon père. Elle tentera sans doute de ravir la primauté à Satan dans le royaume du mal lorsqu’elle se décidera enfin à crever. Mais ne nous égarons pas. Je reprends mon histoire. Donc, une nuit de pleine lune, le Diable démolit le mur sous les hurlements fiévreux des loups garous venus marchander leur soutien.

- Aïe, dit Arnaud. Saint-Pierre a dû gueuler.

- Bien sûr, le lendemain matin, Saint-Pierre passe un savon au Diable. Il lui dit vertement sa façon de penser, lui assène que décidément, il ne changera jamais, qu’il restera toujours sulfureux, méchant, menteur, nuisible… Le Diable rigole. Plus Saint-Pierre hurle, plus son ennemi danse joyeusement, sa fourche à la main, crachant des flammes terrifiantes. « Tu vas me faire un procès, je suppose, ricane le Diable ». « Et comment, riposte Saint-Pierre. Je demande la reconstruction à tes frais plus des dommages et intérêts pour troubles de voisinage. » Le Diable rit toujours. «  Tu vas perdre, triomphe-t-il avec une assurance qu’il veut tous risques. Ici en enfer, j’ai tous les avocats et les juges avec moi. »

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David Sarel est le héros récurrent des romans écrits par Thierry Le Bras et parus aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ) . Avocat  durant la semaine, David défend la cause de ses clients devant les tribunaux. Puis le week-end, il enfile sa combinaison et son casque pour défendre celle des Automobiles Vivia sur les pistes. Pour découvrir ses aventures les plus palpitantes, n’hésitez pas à lire « Circuit mortel à Lohéac », « Faits d’enfer à Carnac », et « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans », les premiers romans qui le mettent en scène.

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Commentaires

la morale , c'est que je préfere prendre un petit café sympa , a st malo , et ne pas me faire illusion sur ce monde .
a ++ merci

Écrit par : brossault herve | 20/03/2009

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