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30/06/2006

HYPOCHRISIE DANS LE MONDE DU CYCLISME

LE BILLET D’HUMEUR DE SÉBASTIEN MÉNIER

            Bien sûr, les valeurs du sport supposent une compétition équitable, ce qui conduit à prohiber tout dopage et toute triche. Il n’en demeure pas moins vrai que le monde du cyclisme constitue une exception déplorable dans la mesure où tous les concurrents ne sont pas traités avec la même sévérité. Loin s’en faut.

            Si on en croit les journalistes de L’Équipe Magazine et de L’Équipe, Lance Armstrong s’est bien dopé. Les doutes sur sa probité ne sont pas nouveaux. Il avait d’ailleurs été contrôlé positif aux corticoïdes lors du Tour de France 1999. La production a posteriori d’un certificat médical fort opportun l’avait sauvé alors que la stricte application du règlement aurait dû donner lieu à sanction.

            Depuis, nombre de nouveaux éléments se sont accumulés pour « charger » le sulfureux coureur injecté d’Outre-Atlantique dans le paysage du Tour. A commencer par l’ouvrage publié en juin 2004 par les journalistes David Walsh et Pierre Balleste. Sous le titre « Les secrets de Lance Armstrong », les deux auteurs dévoilent au grand jour le système Armstrong. Le procureur d’Annecy ouvrit une enquête judiciaire. Une nouvelle fois, Armstrong sauva sa peau en invoquant la prescription des faits.

            Nouveau coup dur pour l’Américain le 18 juillet 2005. Son assistant révèle la découverte d’une boite de stéroïdes dans la salle de bains de Lance Armstrong. Le collaborateur du cycliste avoue aussi sa conviction que l’homme a utilisé des produits interdits sur le Tour de France.

            Malgré cette accumulation d’indices concordants qui tendent à démontrer qu’il est un tricheur avéré, Lance Armstrong fut toujours le bienvenu sur le Tour de France. Pire, le tricheur – un mot que nous pouvons utiliser sans risque de contradiction au titre des faits survenus en 1999 – détient le record absolu du nombre de victoires devant d’authentiques champions tels que Anquetil, Indurain, Merckx !

            Aujourd’hui, une nouvelle affaire écarte Jan Ullrich, Ivan Basso et Francesco Mancebo de la Grande Boucle. Pourtant, aucune décision de justice ne les a condamnés. Ils sont présumés innocents ! Ces hommes se sont probablement sentis régulièrement volés par Armstrong. Ont-ils commis des erreurs ? Seule une procédure judiciaire en bonne et due forme au cours de laquelle leurs avocats pourront s’exprimer permettra d’établir une responsabilité qui, aujourd’hui, reste éventuelle.

            Quelle honteuse différence de traitement entre eux et Armstrong ! Je crois que je zapperai cette année toutes les informations relatives au Tour de France. A moins bien sûr que l’organisation de ce magnifique événement et l’Union Cycliste Internationale ne mettent en œuvre des procédures judiciaires visant à annuler les victoires d’Armstrong et à réclamer la restitution de tous ses gains en course. Dura lex, sed lex, affirme l’adage romain. Certes, mais à condition qu’elle soit la même pour tous !

                                                                                                                        Sébastien Ménier

Sébastien Ménier est un journaliste de fiction qui joue un rôle important dans les Aventures de David Sarel, la série de romans policiers que j’écris. Mais si ce coup de gueule est signé du nom d’un de mes personnages récurrents, c’est parce que ce blog a été créé pour traiter de la série. J’assume pleinement les propos que je prête à Sébastien.

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