
C’est tout simplement Kimi the Best
Départ très chaud dans le chaudron malais. Kimi prend le meilleur envol. Mais Massa, auteur de la pole, défend sa position. Le petit Brésilien n’hésite pas à tasser son équipier. Une manœuvre qui aurait pu coûter cher à la Scuderia avec un pilote moins honnête et moins préoccupé des intérêts de l’équipe que le Champion du monde en titre.
Mauvaises nouvelles par contre derrière. Sébastien Bourdais se fait éjecter de la mêlée dès le premier tour et Nico Rosberg verra bientôt sa course ruinée par Glock. La remontée de Nico bute sur la seconde Toyota. Il doit rentrer au stand pour faire remplacer le museau de sa monoplace et repart en queue de peloton. Ce n’était décidément pas le week-end du leader du Team Williams.
Le fait d’armes du début de course est à mettre à l’actif de Nick Heidfeld. Après un départ manqué, il efface d’un coup Coulthard et la première Renault qui poursuivait le vétéran écossais.
Massa ravitaille avant Kimi. Ce dernier attaque très fort avant de rentrer au stand et repartira devant son équipier. Le Finlandais de la Scuderia enfonce le clou. Massa décroche. L’écart atteindra bientôt les cinq secondes entre les deux voitures rouges. Et une fois de plus, le petit Felipe ira à la faute. Un tête à queue le propulse dans un bac à graviers dont il ne resortira pas. Il eût été plus avisé de sa part d’assurer les points de la seconde place. Mais un pilote admet difficilement la supériorité de son équipier.
La victime de la première valse de ravitaillements, c’est Lewis Hamilton. Un problème sur la roue avant droite lui coûte au moins 10 secondes et le fait rétrograder à la onzième place. Voilà qui fait l’affaire de la BMW de Kubica, beau deuxième, et de la flèche d’argent de Heikki Kovalainen, troisième.
Nelson Piquet Jr, quant à lui, aura effectué un premier relais très long. Le pilote Renault est parti avec une énorme charge d’essence.
Les seconds ravitaillements ne modifieront pas la physionomie de la course.

Kimi s’affirme en grand patron du peloton. Il ne commettra pas une seule erreur malgré un rythme très rapide. Derrière, Kubica et sa BMW s’assurent la seconde marche du podium au terme d’un week-end parfait. Heikki Kovalainen signe son premier podium chez McLaren. Jarno Trulli décroche une très belle quatrième place devant un Lewis Hamilton lourdement pénalisé par sa rétrogradation de 5 places sur al grille de départ et l’incident du premier ravitaillement.
Comme en outre, sa monoplace semblait user ses pneus davantage que la concurrence, l’Anglais ne pouvait faire autre chose que limiter les dégâts aujourd’hui. Il y arrive d’ailleurs fort bien.
Nick Heidfeld décrochera finalement les points de la sixième place.
La première Renault finira seulement 8ème , derrière une Red Bull, celle de Mark Webber, équipée de la même motorisation.
Les images des pilotes descendant de leurs voitures démontrent que cette course fut très éprouvante à cause de la chaleur. Mais ni la sueur ruisselant dans sa chevelure et sur son visage, ni les 3 ou kilos perdus pendant l’épreuve n’empêcheront Kimi Räikkönen d’afficher un magnifique sourire, signe chez lui d’une intense satisfaction. Une nouvelle fois, le Champion du monde en titre a prouvé que lorsque sa Ferrari fonctionne bien et que la mécanique ne le trahit pas, il se montre carrément irrésistible.
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La F1 nous offre parfois des scénarios pleins de suspense. Les enjeux financiers comme les stratégies d’investissement les plus sauvages y jouent un rôle considérable.
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PREMIER GRAND-PRIX

C’était il y a 30 ans. Didier Pironi disputait son premier Grand- Prix au volant d’une Tyrell
A chaque début de saison, quelques rookies viennent conquérir leur place sur l’échiquier de la Formule 1. Sébastien Bourdais a réussi une entrée magnifique le week-end dernier au volant de sa modeste Toro Rosso.
Le 15 janvier 1978, il y a juste un peu plus de 30 ans, un autre pilote français découvrait des émotions uniques dans une carrière, celles du premier Grand-Prix. Didier Pironi, impressionnant dans toutes les formules de promotion, s’installait dans le baquet de la Tyrell 008 dont Ken Tyrell avait confié la réalisation à Maurice Philippe.
Une monoplace difficile
Autant l’avouer, la 008 ne sera pas la F1 de l’année. Elle se révélera lourde, difficile à régler comme à conduire. Mais Didier Pironi ne le sait pas encore au moment où il s’apprête à disputer son premier Grand-Prix en Argentine.
« Ma première séance d’essais officiels fut quelque chose d’assez exceptionnel, confesse-t-il. Il faut penser que je me suis retrouvé du jour au lendemain avec tous les gens qui me faisaient rêver quelques années plus tôt et que je considérais comme des héros. Je me retrouvais d’un seul coup avec eux sur la même piste lors d’une séance officielle et le circuit de Buenos Aires que je ne connaissais pas. Vis à vis de Tyrell, j’avais le devoir de me qualifier. J’étais coéquipier de Patrick Depailler. Nous nous sommes retrouvés tous les deux en dernière ligne. La voiture marchait en effet très, très mal. J’étais relativement surpris de ma performance par rapport à celle de Patrick. Il n’y avait pas que moi qui étais surpris. Bref, l’essentiel était de réussir à nous qualifier tous les deux pour la course. J’ai donc couru mon premier Grand-Prix. »
Un pilote méthodique et discipliné
Oncle Ken fixe un objectif clair à son poulain :
- Tu dois terminer cette course. Tu conduis à la vitesse que tu veux, mais je veux que tu termines la course .
Didier va s’efforcer de suivre la consigne.
« J’ai pris un départ très prudent. J’ai fait les premiers tours très sagement. Et puis j’ai vu qu’un Grand-Prix de Formule 1, c’était difficile. C’était long, surtout qu’il faisait très chaud et que la voiture avait une direction très lourde. J’ai beaucoup souffert ce jour-là. D’abord psychologiquement, en me disant que j’avais énormément à apprendre, beaucoup plus que je ne l’imaginais en tout cas. Et ensuite physiquement, parce que je n’étais pas très entraîné. J’avais fait très peu d’essais. Ce fut vraiment très dur. »
Andretti au volant de la fameuse Lotus 78 à effet de sol remporte la course devant Lauda. Didier Pironi remplit son contrat. Il termine son premier Grand-Prix à un tour des leaders.
Pour son équipe, Didier a mené sa tâche à bien. Mais lui ne se sent pas satisfait.
« Content de terminer, mais déçu pour plusieurs raisons. D’abord le sentiment d’avoir tellement à apprendre. J’imaginais que c’était un peu plus facile. De plus, ma relative mauvaise performance pas rapport à Patrick m’affectait aussi. Je pensais que je serais plus près des meilleurs. A ma décharge cependant, la voiture était mauvaise. C’étaient les premiers tours de roues que je faisais dedans, et je n’étais encore familiarisé ni à une F1, ni à cette voiture particulièrement difficile. J’avais donc pas mal de circonstances atténuantes. Mais j’étais vraiment déçu. »
S’il a encore beaucoup à progresser, Didier Pironi se montrera un élève appliqué et doué. Comme au lycée, comme à l’école d’ingénieurs, comme à l’école de pilotage, comme dans les formules de promotion , il apprendra méthodiquement, patiemment et intelligemment tout ce qui permet de s’affirmer parmi les meilleurs. Et les résultats ne tarderont pas à concrétiser son ascension vers les sommets.
D’ailleurs, le 29 janvier, le grand cirque de la F1 se retrouve au Grand-Prix du Brésil à Japarepagua. La Tyrell 008 de Didier Pironi se comporte bizarrement. Pourtant, il marque son premier point dans la discipline reine dès sa seconde course. Plus question de déception. A l’usine, les mécaniciens découvriront un problème de déséquilibre à l’avant de la voiture. Malgré ce handicap, le rookie a réalisé un exploit, d’autant qu’à cette époque, seuls les six premiers d’un grand-Prix marquaient des points !
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Didier Pironi, le petit prince de la vitesse, le site de Jan Möller, très intéressant, très complet, très bien illustré :
http://www.didierpironi.net/index2.htm -
PREMIER PODIUM F1 POUR NICO ROSBERG

Le flamboyant Nico réalise une course époustouflante à Melbourne
Auteur d’un magnifique départ, Nico Rosberg s’infiltre et se hisse d’entrée à la quatrième place.
Lewis Hamilton réussit également un superbe envol et s’installe en tête avec autorité. Les plus doués de la jeune garde ne souffrent pas de la suppression de l’assistance électronique. Pas plus que Kimi qui gagne 8 places dans le premier tour avant de se trouver bloqué par un bouchon Honda nommé Barrichello. Beaucoup moins rapide que le Champion du monde en titre, le Brésilien utilise toute la rouerie apprise en 250 Grand-Prix pour fermer les portes. Rubens s’est apparemment débarrassé du complexe développé du temps de sa cohabitation avec Schumi, l’époque où, lorsqu’il voyait du rouge dans son rétro, une voix autoritaire hurlait « casse toi » à la radio.
Kimi viendra finalement à bout du bouchon récalcitrant, mais après avoir perdu beaucoup de temps. Signalons toutefois que le Finlandais semble à cet instant précis sauver une situation compromise lors de la Q2 où une défaillance de sa machine l’avait immobilisé prématurément. Quant à Felipe Massa, il est parti à la faute depuis longtemps. Oubli de la suppression de l’assistance électronique ou pression trop forte pour un pilote qui espérait sans doute profiter des malheurs de Kimi pour prendre quelques points de marge ?
Nick Heidfeld occupe la seconde place. Il a réussi lui-aussi son départ contrairement à son équipier Kubica.
Profitant de la première valse de ravitaillements, Nico s’installe provisoirement à la deuxième place.
Un autre pilote mène une course incroyable qui l’amène vers l’avant de la course, le Français Sébastien Bourdais. Il pointe à la sixième position avec sa modeste Toro Rosso. Lui-aussi a été handicapé lors des qualifications. Une autre voiture immobilisée sur la piste a freiné son élan lors de son tour le plus rapide. Solide, rapide, sérieux, Seb confirme en course ce que ses supporters savaient déjà. Ce garçon méritait sa place en F1 depuis longtemps.
Pendant ce temps, Massa et Coulthard jouent aux autos tamponneuses, ce qui provoque une nouvelle entrée en piste de la voiture de sécurité. Serait-ce le moment de faire rentrer Kimi au stand pour ravitailler ? Chez Ferrari, on pense que non. Le Finlandais s’est installé à la seconde place après le deuxième arrêt de Nico Lorsque la voiture de sécurité libère les concurrents, Kimi attaque son compatriote Kovalainen mais, trop optimiste, il met une roue dans l’herbe et part dans une figure qui lui coûte quelques précieuses places. Le podium s’éloigne.
Nico, quant à lui, a récupéré la troisième place derrière la BMW de Nick Heidfeld. La bagarre entre le pilote BMW et celui du Team Williams s’est gagnée au stand. L’écurie allemande s’est montée plus efficace que sa rivale anglaise au moment du ravitaillement.
Et l’excellente surprise de cette fin de course, c’est l’incroyable 4ème place de Sébastien Bourdais qui devance à la régulière une Renault pilotée par un ex champion du monde et la seconde McLaren qui a rétrogradé après son ravitaillement. Les tours passent, et Sébastien ne concède rien à ses rivaux mieux équipés. Avec sa Toro Rosso, une voiture de la saison 2007 puisque la nouvelle monoplace de la petite équipe ne fera son apparition que dans quelques semaines, Sébastien Bourdais signe un authentique exploit. Nul doute que Flavio Briatore songe alors qu’il a raté un pilote de tout premier plan lorsqu’il n’a pas souhaité lui accorder sa chance en F1 après son titre en F 3000. Car ce champion-là, rapide, travailleur, loyal, aurait représenté un vrai plus pour une écurie de haut niveau, notamment Renault.
Plus que 4 tours, plus que 3 tours, et Sébastien Bourdais toujours au pied du podium ! La Ferrari de Kimi rend l’âme. Le champion du monde n’aurait-il pas eu le cœur de laisser son chat noir tout seul à la maison ? Ou les Ferrari souffriraient-elles encore d’un défaut de fiabilité ?
Soudain, à deux tours de l’arrivée, alors que tous les espoirs semblent permis tandis que la McLaren et la Renault qui chassent derrière la vaillante petite Toro Rosso ne lui reprennent rien, un nuage de fumée s’échappe de ses échappements. C’est fini pour Sébastien Bourdais.
La Renault qui le suivait hérite avec l’aide de dieux bien cruels d’une bien chanceuse quatrième place. Le sort joue donc un rôle en F1. Et il ne récompense pas toujours les plus valeureux.
Aucun incident n’entrave heureusement la progression du trio de tête. Lewis Hamilton franchit la ligne d’arrivée en vainqueur. Il démontre qu’il sait régler et développer sa voiture sans l’aide d’un aîné. Nick Heidfeld et Nico Rosberg s’emparent respectivement de la seconde et de la troisième places. Nico et Lewis qui se connaissent depuis l’époque du karting tombent dans les bras l’un de l’autre. Nick les félicite à son tour. La cérémonie du podium se prépare dans une ambiance très chaleureuse. Elle consacre trois pilotes méritants et particulièrement sympathiques, trois combattants qui dominèrent en leurs temps la dernière discipline avant la F1, F 3000 pour Nick, GP 2 pour Nico et Lewis.
" Je suis vraiment très heureux, s’enthousiasmera Nico quelques minutes plus tard. C’est étonnant d’être sur un podium de F1. C’est tout simplement génial. Mon dernier podium, c’était y’a trois ans je crois ou quelque chose comme cela, donc c’est vraiment sympa de retrouver le podium et je suis également heureux pour l’équipe parce qu’ils ont travaillés très durs au cours de l’hiver. Ils ont vraiment fait du bon boulot et nous avons bien progressé. »
" C’est la façon idéale de commencer la saison , enchaînait Lewis. Je viens de dire à Nico, qu’il y a exactement huit ans, nous étions ensemble sur le podium en karting à l’époque. C’est génial d’être ici encore avec lui… »
Sébastien Bourdais et Kimi Räikkönen qui ont abandonné tout près de l’arrivée se classent finalement septième et huitième et marquent des points. Moins qu’ils l’auraient souhaité et mérité bien sûr, mais en fin de saison, il arrive que chaque point compte. Ils le savent tous les deux.
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