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  • SOUVENIRS DU MANS : 1968 (10)

    « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,

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    la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, est disponible en librairie. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. En attendant de le lire, retrouvez certains personnages de l’univers de David Sarel qui évoquent sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.

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    Suite des textes mis en ligne depuis le 7 novembre

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                - Nous revînmes au bord de la piste vers 7 heures 30, se souvient Éric. Nous commençâmes par regarder le tableau de classement avant d’aller déguster un bon café accompagné d’un croissant chaud dans une buvette du village. La fréquentation ne ressemblait pas à celle du départ. Seuls quelques vrais passionnés étaient déjà sur le circuit à cette heure matinale. Une demi-heure plus tard, nous constatâmes que la nuit n’avait pas fait des ravages que sur les mécaniques, mais aussi sur certaines catégories de spectateurs. En progressant à l’intérieur de la piste du virage Dunlop jusqu’au niveau de la chapelle, nous vîmes nombre de spectateurs dormant dans des sacs de couchage vaguement protégés par des sacs en plastique ou des bâches. L’humidité et le froid ne les dérangeaient pas. Le contenu des bouteilles d’alcool (surtout de la bière) amassées autour de leurs campements improvisés les avait anesthésiés pour un bon moment.

                « La Ford GT 40 bleue et orange du Team Wyer menait toujours la danse devant la Matra.

                «  A 9 heures 30, nous avons retrouvé Régine et mon grand-père dans la tribune. Le public exultait et les applaudissements crépitaient à chaque passage de la Matra qui se maintenait à la seconde position. C’était une belle surprise. Freddy et moi commencions à nous prendre au jeu alors qu’au départ, nous nous intéressions assez peu à cette voiture et portions nos espoirs sur les Alpine 3 litres.

                «  Nous avons décidé de nous rendre au-dessus des stands. Avec les billets dont nous disposions, cette zone était accessible jusqu’à midi. Nous surplombions ainsi la zone où les voitures s’arrêtaient ravitailler. Devant certains boxes, l’ambiance semblait morose. Les mécaniciens travaillaient longuement sur les moteurs ou les transmissions. Les tours de retard s’accumulaient. Les équipes ne se battaient plus dans pour un beau résultat mais seulement dans l’espoir de repartir, de terminer et de figurer au classement.

                - C’est aussi ça la course, commenta Freddy. Parfois on gagne, parfois tout va mal et on galère tout le week-end…

                - Nous connaîtrons sûrement ça aussi, déclarai-je.

                - Et oui, reprit philosophiquement Freddy. Même des pilotes de la trempe de Jim Clark, John Surtees  et Bruce McLaren ont connu leur lot de déceptions et d’abandons.

                - D’autant que plus on tente des choses difficiles, plus on a de risques de se planter de temps en temps, intervint mon grand-père. La critique est aisée, mais l’art difficile. Seuls ceux qui ne tentent rien n’échouent jamais. En sport comme dans la vie, il faut se remettre en cause tout le temps. Le jour où vous perdrez une course, il ne faudra pas vous décourager mais seulement vous dire, comment puis-je faire mieux la prochaine fois. Qu’est-ce que je dois travailler en priorité ?

                - Je sais répondit Freddy ? Je ne veux pas devenir pilote pour ne pas travailler. Je sais au contraire que je travaillerai sûrement beaucoup plus que dans un métier traditionnel. Seulement, je ferai ce qui me passionne.

                - Et tu auras ton lot de déceptions comme les autres, compléta Régine. D’autant plus dures à supporter que tout le monde saura que tu t’es planté. Si un comptable se trompe dans une écriture, personne ne le saura, ou au plus trois ou quatre personnes. Si tu touches un rail au Grand prix de Monaco, tous les téléspectateurs le verront, ce qui inclut tous tes voisins et tous les gens que tu connais.

                - Sans oublier la jalousie, ajoutai-je. Si on compte ses amis devant les difficultés, je suis persuadé que c’est pareil dans le succès. Certains n’hésitent pas à critiquer les autres ou à les poignarder dans le dos tout en essayant de profiter d’eux.

                Freddy hocha la tête en signe d’approbation.

                - On ne peut faire confiance qu’à un clan très réduit, approuva-t-il.

                Nous nous sommes souvent rappelés cette conversation depuis. Son caractère prémonitoire s’est souvent révélé justifié…

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                A SUIVRE

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    Pour tout savoir sur les Automobiles Vivia et le Team éponyme, comme sur l’histoire de la famille d’Éric Trélor et de David Sarel, son filleul, ainsi que sur la carrière de Freddy Vivien, plongez-vous, si ce n’est déjà fait, dans la lecture des romans de Thierry Le Bras parus aux Éditions Astoure :

    Circuit Mortel à Lohéac ;

    Faits d’enfer à Carnac ;

    Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans.

  • SOUVENIRS DU MANS : 1968 (9)

    « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,

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    la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, est disponible en librairie. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. En attendant de le lire, retrouvez certains personnages de l’univers de David Sarel qui évoquent sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.

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    Suite des textes mis en ligne depuis le 7 novembre

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                - Fin septembre, la nuit tombe plus tôt qu’en juin, reprend Éric. C’est une évidence. Vers 21 heures, il commençait à faire très frais et la luminosité devenait très faible. Gand-père Victor nous amena dîner dans un restaurant installé sous un chapiteau. Bien que la cuisine n’ait sûrement pas égalé d’autres établissements où nous étions allés auparavant, les terrines de volaille et les steaks - frites nous semblèrent délicieux. Tout comme les éclairs au chocolat servis en dessert.

                « Nous sommes revenus au bord du circuit vers 22 heures 30. Frappées par des problèmes techniques, les Porsche 908 rétrogradaient. Les Ford GT 40 bleu et orange de John Wyer pointaient en tête du classement, devant la surprenante Matra V 12 de Henri Pescarolo et Johnny Servoz-Gavin. Les moteurs des Ford et de la Matra produisaient des sons très différents. Le V 8 Ford, directement issu de la série, émettait un bruit assez grave. Le V 12 français, conçu pour la course, montait en régime dans un hurlement plus aigu, un son absolument unique qui enchanterait toute une génération d’amoureux de course automobile.

                « Mon grand-père et Régine restèrent une heure dans la tribune couverte avant de décider d’aller se reposer dans la DS 21 dont les sièges mis en couchettes autorisaient un sommeil confortable. Je pris de nombreuses photos en pause B, l’appareil installé sur un pied fixe. L’obturateur ouvert pendant 4 à 5 secondes permettait de capter sur la pellicule la trajectoire des phares et des feux arrière des bolides. Ces clichés constitueraient d’excellentes images d’ambiance qui nous rappelleraient plus tard la formidable nuit mancelle.

                « Lorsque mon grand-père et Régine partirent dormir, Freddy et moi décidâmes de nous promener le long du circuit. Nous retournâmes au Esse du Tertre rouge. Le spectacle des phares déboulant dans cet enchaînement était fabuleux. Les moteurs rugissaient dans la nuit. Je fis une nouvelle série de photos, sans flash bien sûr afin de ne pas gêner les pilotes.

                « A minuit, une Ford GT 40 occupait la première place devant la Matra de Pescarolo –Servoz Gavin. Mais un coup dur frappa la voiture bleue. Son essuie-glace ne fonctionnait plus. Johnny Servoz Gavin s’arrêta au stand, jugeant impossible de rouler dans ces conditions.

                «  Henri Pescarolo le relaya. Non seulement le Grand Henri resta sur la piste, mais il parvint, sans essuie-glace, à tenir le rythme de ses rivaux. Le pilote français réalisa cette nuit-là un des exploits qui contribueraient à construire sa légende. Lorsque nous regagnâmes notre tente canadienne dans le parking à 2 heures du matin, la Matra s’accrochait à sa seconde place. Nous nous endormîmes bercés par les rugissements de la ronde infernale…

                « La Matra laisserait sa seconde place à l’Alfa Roméo de Galli à 5 heures du matin, mais elle la récupérerait au petit jour, lorsque Johnny Servoz Gavin recommencerait à relayer son camarade.

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                A SUIVRE

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    Pour tout savoir sur les Automobiles Vivia et le Team éponyme, comme sur l’histoire de la famille d’Éric Trélor et de David Sarel, son filleul, ainsi que sur la carrière de Freddy Vivien, plongez-vous, si ce n’est déjà fait, dans la lecture des romans de Thierry Le Bras parus aux Éditions Astoure :

    Circuit Mortel à Lohéac ;

    Faits d’enfer à Carnac ;

    Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans.

  • SOUVENIRS DU MANS : 1968 (8)

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    « Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans »,

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    la troisième aventure de David Sarel écrite par Thierry Le Bras, est disponible en librairie. Rappelons que ce livre est préfacé par Bastien Brière, pilote automobile qui a participé plusieurs fois aux 24 Heures, et que le lecteur rencontrera au fil des pages plusieurs autres pilotes et acteurs réels du monde de la course, notamment Caty Caly, Denis Vaillant, Stéphane Dréan, Didier Caradec et Julien Mouthon. En attendant de le lire, retrouvez certains personnages de l’univers de David Sarel qui évoquent sur ce blog quelques anecdotes relatives aux 24 Heures.

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    Suite des textes mis en ligne depuis le 7 novembre

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                - La piste était trempée et la pluie menaçait de recommencer à tomber. Stommelen est parti en tête devant trois autres Porsche 908, reprend Éric. L’Alpine de Mauro Bianchi pointait en sixième position, devant la première GT 40, celle de Mairesse. Hélas pour le pilote belge, sa course s’arrêta dès la ligne droite des Hunaudières par la faute d’une portière mal fermée qui entraîna sa sortie de route. Comme il n’avait pas bouclé son harnais, le pilote belge fut sérieusement blessé dans l’accident.

                « L’année suivante, Jacky Ickx traverserait la piste en marchant, monterait tranquillement dans la voiture et attacherait son harnais avant de démarrer. Parti après tout le monde, il remporterait la course, démontrant la futilité des quelques secondes gagnées aux dépens de la sécurité des pilotes. Conscients de la nécessité de modifier la procédure de départ, les organisateurs abandonneraient deux ans plus tard le fameux départ type Le Mans au profit d’une formule moins spectaculaire mais beaucoup plus sûre.

                « Au bout d’une heure de course, les Porsche menaient toujours devant l’Alpine. Nous avons quitté la tribune et nous nous sommes dirigés vers le Esse du Tertre rouge. Le spectacle était fabuleux. Les voitures émettaient des vrombissements rageurs en soulevant des gerbes d’eau dans leur sillage. J’ai réalisé quelques photos qu’aujourd’hui encore, je suis fier de montrer à mes fils et à ceux de Freddy. Au Tertre rouge à cette époque, les spectateurs étaient placés en hauteur mais tout près des voitures. Aucun grillage ne venait gâcher la vue ni séparer les spectateurs des acteurs de la course comme aujourd’hui. Les amateurs de photo travaillaient à leur aise.

                «  Bien que plus fermes que celles d’une voiture de série, fût-elle sportive, les suspensions des voitures étaient plus souples que celles des protos ou des GT d’aujourd’hui. Elles ne restaient pas à plat dans les virages. Nous les voyions bouger et glisser. Les pilotes corrigeaient la trajectoire en conte-braquant. Lorsque nous revînmes vers la ligne droite des stands puis au ralentisseur Ford qui venait d’être aménagé, le comportement des voitures dans la succession de virages à quatre vingt dix degrés nous fit apprécier le travail des pilotes. Les voitures de cette époque-là ne restaient pas soudées à la piste. Elles exigeaient sans doute moins de leur pilote au niveau de la résistance aux G, mais il fallait en permanence corriger leur trajectoire.

                « En soirée, l’Alpine et les Porsche commencèrent à rétrograder. Les 908 n’avaient pas encore fait leurs preuves sur 24 heures. Les Alpine non plus. Les ennuis des A 220 3 litres nous consternèrent. Nous aimions beaucoup ces voitures. L’histoire de la marque nous faisait rêver. Un petit artisan fabriquait dans ses ateliers de Dieppe des prototypes capables de faire trembler les géants mondiaux de l’automobile !

                - Tu vois que tout est possible, s’exclama Freddy. Si Jean Redelé y est arrivé, pourquoi pas nous ?

                - Bien sûr approuvai-je. Quand la petite GT sera lancée, nous pourrions faire fabriquer un proto et trouver des moteurs 3 litres pour le faire courir.

                - Peut-être le V 8 Renault, enchaîna Freddy. Ford vend bien des moteurs à des écuries privées. Ils peuvent le faire aussi.

                - Et nous le monterions sur un proto très profilé, un peu comme celui d’Alan Man, mais encore plus léger, plus bas et avec un capot arrière plus long qui favorisera la vitesse de pointe dans les Hunaudières.

                - Le tout peint en bleu nuit métallisé avec des filets orange, ajouta Freddy.

                - Notre voiture aura de la gueule, ai-je conclu. Et elle marchera très fort. Si ça se trouve, dans les années qui viennent, on trouvera parmi nos copains de lycée les ingénieurs et les mécaniciens qu’il nous faudra pour faire tourner l’écurie avec nous deux comme pilotes.

                Nous en étions fermement convaincus. L’idée rajeunissait grand-père Victor qui se voyait participer là l’histoire.

                - Moi, maintenant que je suis en retraite, je pourrai faire tourner l’atelier au quotidien sans avoir besoin de salaire.

                Régine riait de bon cœur à notre rêve, sans nous ramener sur terre, heureuse de l’atmosphère magique de fête qui régnait. Elle m’a avoué depuis que ce soir-là, elle y a cru elle-aussi.

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                A SUIVRE

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    Pour tout savoir sur les Automobiles Vivia et le Team éponyme, comme sur l’histoire de la famille d’Éric Trélor et de David Sarel, son filleul, ainsi que sur la carrière de Freddy Vivien, plongez-vous, si ce n’est déjà fait, dans la lecture des romans de Thierry Le Bras parus aux Éditions Astoure :

    Circuit Mortel à Lohéac ;

    Faits d’enfer à Carnac ;

    Chicanes et Dérapages de Lorient au Mans.