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15/04/2006

DAVID SAREL : AVOCAT, MAIS PAS NAÏF (6)

LES CLIENTS SYMPAS

         La scène rapportée ici se déroula un soir de septembre, quelques semaines après les aventures vécues par David et Sébastien dans le Morbihan. Rappelons que David Sarel est le héros récurrent d’une série de romans policiers écrits par Thierry Le Bras et publiés aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ). Cette série comprend pour l’instant deux livres : Circuit mortel à Lohéac et Faits d’enfer à Carnac

Sébastien et Romain avaient invité David et Nick à boire le digestif après le dîner. La conversation s’orienta sur la profession d’avocat qu’exerce David.

Suite des textes publié les 10, 11, 12, 13, 14 et 15 avril 2006

            - Heureusement qu’il existe quand même des clients sympas, observa Sébastien.

            - Bien sûr, approuva David. Quand je travaille pour Caroline Ducellier, la championne de tennis, je ne me fais jamais de soucis pour les honoraires. Pareil quand je m’occupe d’Olivier Motret, le comédien, ou d’Éva Soparof, le jet-setteuse qui s’occupe du placement de marques dans les films. Jamais de problèmes non plus avec les gens du vrai milieu, ils ont une parole et de l’honneur, contrairement à beaucoup de commerçants ou de patrons de petites boites pour qui une seule chose vaut moins que leur parole, c’est leur signature.

            - Tu es très dur dans tes observations, nota Romain.

            - Je sais, répondit David. Arielle me reproche souvent d’être méfiant jusqu’à la paranoïa avec les gens que je ne connais pas et ceux avec qui je n’accroche pas. Je n’y peux rien, je suis comme ça. J’ai appris que la vie est une jungle, un struggle for life quotidien. Si tu ne sais pas mordre, tu te fais bouffer. En outre, les méchants ne sont pas seulement ceux qu’on croit. Tu ne peux faire confiance qu’à ton clan. C’est dommage, mais c’est comme ça.

            - Comment tu perçois les nouveaux clients ? interrogea Romain.

            - Ça dépend du feeling et du dossier bien sûr. Si c’est une affaire judiciaire, je sais qu’il a l’intention de payer. Si c’est un dossier de consultation ou de rédaction d’acte, je jauge le client et je me dis deux fois sur trois, celui-là il se demande déjà quelle méthode il va employer pour essayer de me baiser et de ne pas payer ou tout au moins de jouir dans sa médiocrité en tirant sur les grosses ficelles du prix et des délais.

            - Mon père pense un peu ça aussi, reconnut Romain. Mais il dit qu’il faut prendre des risques pour progresser.

            - C’est vrai. Nous, on se garantit par les provisions. Comme le cabinet jouit d’une certaine notoriété et qu’on a la chance d’avoir du boulot de toute façon, on demande des montants importants dès qu’on sent que les choses risquent de déraper. Sincèrement, je plains les petits cabinets qui sont obligés d’accepter de négocier avec des clients de seconde zone. D’autant que la plupart d’entre eux sont des porcs. Ils payent mal et se permettent de te déranger n’importe quand, à n’importe quelle heure. Quand tu n’as pas les moyens financiers de les remettre à leur place, voire de les envoyer sur les roses quitte à les perdre, ce doit être l’enfer ce métier.

            - Quelles satisfactions ressens-tu à part l’argent ? demanda Romain.

            - Beaucoup, répondit David. Avec les clients du clan d’abord, je suis fier de participer à mon niveau à la vie des Automobiles Vivia, d’aider des gens comme Olivier Motret, Caroline Ducellier ou Damien Brémant par exemple à gérer leurs carrières. J’adore également le combat judiciaire, le match acharné que représente un procès, surtout au pénal. Catherine Deneuve a déclaré un jour que chanter, c’était un plaisir physique. Plaider, c’est pareil, c’est une joie fantastique. Par ailleurs, j’éprouve aussi une satisfaction immense quand je permets à quelqu’un victime d’injustices de s’en sortir, voire d’améliorer durablement ses conditions de vie (cf. Faits d’enfer à Carnac).

            - Tu ne regrettes pas d’être avocat alors, observa Sébastien.

            - Pas du tout. Je ne vois pas ce que j’aurais pu faire d’autre, à part pilote automobile à plein temps bien sûr. De toute façon, je ne supporte pas de vivre sans des challenges très forts. Le métier d’avocat la semaine et la course automobile le week-end constituent un cocktail qui comble mon goût des sensations fortes.

            - Tu aurais pu devenir pilote pro aussi, nota Nick.

            - Peut-être. Mais tenter une carrière de pilote pro est très hasardeux. Regarde le nombre de très bons pilotes qui se retrouvent sur la paille. Je préférais assurer un métier stable et me faire plaisir en course sans l’obligation d’en vivre.

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