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DAVID SAREL : AVOCAT, MAIS PAS NAÏF (4)

LES CLIENTS SONT MENTEURS

         La scène rapportée ici se déroula un soir de septembre, quelques semaines après les aventures vécues par David et Sébastien dans le Morbihan. Rappelons que David Sarel est le héros récurrent d’une série de romans policiers écrits par Thierry Le Bras et publiés aux Éditions Astoure (cf : http://astoure.site.voila.fr ). Cette série comprend pour l’instant deux livres : Circuit mortel à Lohéac et Faits d’enfer à Carnac

Sébastien et Romain avaient invité David et Nick à boire le digestif après le dîner. La conversation s’orienta sur la profession d’avocat qu’exerce David.

Suite du texte publié le 12 avril 2006

            - Est-ce qu’il t’arrive de regretter d’avoir accepté des dossiers ? demanda Romain.

            - Franchement oui, quand le client a tellement menti que son inintelligence te met en difficulté. Je me souviens par exemple d’une réunion avec un confrère et l’adversaire. Mon client avait téléphoné au dernier moment pour se décommander en prétextant qu’il était malade. Je vais au rendez-vous tout seul. Le contentieux portait sur l’existence ou non d’une promesse de société entre deux individus pour monter un billard. Finalement, mon client avait monté l’opération tout seul en prétextant que la somme d’argent qu’avait fournie l’autre n’était qu’un prêt à régulariser. On commence à discuter avec le confrère et l’adversaire. Et là, il me sort des statuts de société signés par mon client et l’autre.

            - Surprise, dit Sébastien.

            - Tu peux le dire, approuva David. Non seulement mon client m’avait menti, mais il avait empoché à titre personnel le chèque que l’autre lui avait remis pour constituer le capital de la société qui n’était pas constituée. C’était purement et simplement de l’abus de confiance. Il risquait de la prison ferme.

            - Qu’as tu fait ? demanda Romain.

            - D’abord, j’ai engueulé mon client. Je lui dit qu’il me faisait passer pour une bille auprès du confrère et que je ne pouvais pas tolérer ça. Il m’a répondu qu’il croyait avoir repris tous les exemplaires de statuts à l’autre et qu’il avait détruit ceux qu’il avait de telle sorte qu’il ne pensait pas voir le document ressortir. Je lui ai demandé le versement immédiat d’un complément de provision de 15.000 € en lui faisant comprendre qu’il lui fallait un avocat de ma trempe pour se sortir d’affaire. Il m’a fait le chèque sans sourciller. Après, j’ai convaincu l’adversaire d’accepter la signature d’une convention de portage sur une partie des parts de la société qu’avait constituée mon client tout seul. Le portage s’appliquait aux parts souscrites avec les fonds détournés à l’adversaire. Le pauvre gars n’avait pas le choix. S’il déposait plainte, il ruinait mon client et il perdait son pognon. Son avocat a bien fait un peu de cirque. Je l’ai laissé gueuler. Après tout, mon client méritait bien de passer un seul quart d’heure. Puis quand le confrère a commencé à s’essouffler, j’ai pris la parole et j’ai asséné ma solution. Après, nous avons mis la société qui exploitait le billard en vente par l’intermédiaire d’une agence spécialisée dans la transaction d’entreprises avec laquelle le cabinet travaille. Tout le monde s’en est finalement tiré avec une plus-value.

            - Beau boulot, reconnut Sébastien, admiratif.

(A suivre le 14 avril 2006)

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